Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

danny boyle

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Catastrophe, #Danny Boyle
28 Semaines plus tard (28 Weeks later - Danny Boyle, 2007)

Vous vous souvenez de Jim (Cillian Murphy) et Selena (Naomie Harris) et cette histoire de virus (28 Jours plus tard, 2002) ?

C’est au tour de Don (Robert « Begbie » Carlyle) et sa femme Alice (Catherine McCormack) d’être les victimes de ces espèces de zombies modernes, dans leur retraite campagnarde, pendant que leurs enfants – Tammy (Imogen Poots) et Andy (Mackintosh Muggleton) sont éloignés.

Don réussit à s’enfuir, laissant son épouse se faire infecter et donc passer du côté obscur des zombies.

Alors, quand les enfants reviennent et sont accueillis par leur seul père, ils sont déçus. Profitant d’une faiblesse dans la surveillance, les deux enfants retournent dans leur ancienne maison. Et là, ô surprise : Alice est là. Et elle semble tout à fait normale !

Bien entendu, elle porte en elle le virus et le cauchemar va reprendre.

 

C’est donc une suite, sans en être une puisque nous ne retrouvons personne du premier opus. Et surtout, Danny Boyle a laissé la barre à Juan Carlos Fresnadillo, qui a aussi participé au scénario. C’est tout aussi efficace que le premier film, mais, à l’instar de nombreuses séries de films, on y perd en qualité. Pas beaucoup, peut-être, mais assez pour regretter Boyle.

En effet, la différence réside essentiellement dans le traitement des infectés. Alors que Boyle les traitait avant tout en personnes humaines, Fresnadillo les considère uniquement comme des monstres : le virus fait immédiatement effet et les conséquences sont aussi rapides que spectaculaires et surtout sanglantes. Et c’est ce dernier aspect qui a tendance à prendre le pas sur le reste.

 

Mais malgré tout, le film se tient et on a un plaisir un tantinet morbide à regarder cette suite horrifique. S’il n’y a plus le côté découverte du premier film, on y trouve tout de même un autre intérêt : le rôle des militaires.

Ce sont les véritables maîtres du monde concerné : ce sont eux qui installent les rescapés (non infectés) dans un quartier officiellement sécurisé. Mais les humains étant ce qu’ils sont, et les règlements faits pour être enfreints, ce qui semblait une situation protégée devient un nouveau lieu d’horreur. Et cette famille centrale de l’intrigue devient, à plusieurs niveaux, l’instrument du destin inéluctable : le retour du virus.

 

C’est donc là qu’interviennent pleinement les militaires !

Comment ? En faisant ce pourquoi ils (se) sont engagés : tuer. Et ce, en deux phases :

  1. Des tireurs d’élite (les fameux snipers) qui sélectionnent avec beaucoup d’attention leurs cibles (les infectés) ;
  2. Quand il n’est plus possible de distinguer qui est sain et qui ne l’est pas, on retrouve les vieux réflexes militaires de base : ils tirent dans le tas, sans aucune distinction, jusqu’à extermination totale des protagonistes.

Mais, malgré tout, Fresnadillo laissent une fenêtre d’espoir dans ce corps soldatesque : Scarlet (Rose Byrne) et surtout Doyle (Jeremy « Hawkeye » Renner). Tous deux font partie du corps militaire mais chacun, à sa manière a déserté : Scarlet malgré elle dans la cohue qui a suivi le retour du virus, et Doyle parce qu’il ne pouvait plus tirer au hasard, surtout avec la présence d’un enfant.

Les autres, par contre, ne s’embarrassent pas de détail !

 

Au final, malgré les réserves énoncées plus haut, ce film est une bonne suite du premier, développant un autre aspect entrevu brièvement lors de l’épisode précédent : comment une famille réagit face à cette calamité.

Et, décidément, Robert Carlyle sait tout faire !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Musique, #Danny Boyle, #Robert Carlyle
Yesterday (Danny Boyle, 2019)

Imaginez un monde sans les Beatles (1). Un monde où il n’y a ni champs de fraises, ni longue rue venteuse, ni sous-marin jaune, ni guitare qui pleure. Une horreur !

C’est pourtant ce » qu’il arrive à Jack Malik (Himesh Patel) qui est renversé par un bus pendant une panne d’électricité mondiale de 12 secondes. Quand il se réveille à l’hôpital, il se rend compte que personne n’a jamais entendu des Fab Four. Alors lui qui est un musicien un tantinet raté, c’est l’occasion d’accéder au succès avec des chansons qui, plus de cinquante ans après, ont conservé toute leur force.

C’est donc Yesterday qui ouvre le bal, rapidement suivie par Let it be, et les autres.

Bien entendu, le succès est là. Mais avec l’amertume de celui qui sait qu’il endosse le talent des autres…

 

Si vous n’avez pas (encore) vu ce très beau film de Danny Boyle (2), je vous conseille de revenir demain, une grande partie de l’intrigue va être révélée ici: difficile en effet de faire autrement que d’en parler tant elle baigne l’esprit du film. Je m’explique : il est très difficile de disserter dessus sans révéler des éléments essentiels de cette semi supercherie. Parce que d’une certaine manière, il s’agit bel et bien d’une arnaque morale mais qui se retourne contre son instigateur : Jack sait que ce qu’il fait est malhonnête et une fois l’opération enclenchée son malaise va aller de plus en plus grandissant.

Vous voyez, je n’y arrive pas. Sauvez-vous pendant qu’il est encore temps. Enfin, ce que j’en dis…

 

A nouveau, Danny Boyle continue son œuvre originale, réussissant à dérider les spectateurs avec des sujets pas toujours très réjouissants. Et un monde sans Beatles est une idée là encore assez terrible, n’en déplaise à leurs détracteurs. Parce que sans Beatles, pas non plus d’Imagine ou de Mull of Kintyre, My sweet Lord… Bref, quelques très belles chansons (à mon avis, mais qui est partagé) en moins, et donc un recul culturel.

Mais, et c’est là qu’est aussi le côté réjouissant du film, malgré l’absence de John Paul George et Ringo (3), leurs chansons s’inscrivent tout de même dans ce monde décalé : Jack est celui qui leur permet d’exister (aux chansons).

 

Et c’est là que Danny Boyle réussit le tour de force du film : actualiser ces chansons. EN effet, pas une fois nous n’entendons l’un des 4 de Liverpool (4), Himesh Patel chantant tous ces grands succès (et en jouant des instruments, s’il vous plaît). Mais ils restent malgré tout très présents, jusqu’à presque faire une apparition : on a beau l’attendre, cette apparition, elle ne viendra jamais.

Par contre, celui qui apparaît et qu’on n’attendait (presque) pas, c’est John. Tout comme la première apparition d’Ed Sheeran (qui joue son propre rôle), celle de John est tronquée et c’est au tout dernier moment qu’elle a lieu : les spectateurs ont la même surprise que Jack en voyant un John vieilli ouvrir la porte. Juste avant on avait droit à un plan sur un dessin coloré : les dessins de John sont actuellement très prisés, comme le montre ce site.

 

Mais la rencontre – logique et magnifique – avec Lennon, est à mon avis l’un des plus beaux hommages qui ait pu être fait à ce musicien hors norme : avec Jack, c’est l’ensemble de ses fans qui l’enserrent dans leurs bras pour un câlin (hug) posthume. C’est celui qu’on voudrait lui faire, tellement il nous a manqué » depuis le 8 décembre 1980.

Et pour l’interpréter, Boyle s’est tourné vers son vieux complice Robert Carlyle qu’il venait de retrouver pour T2 deux ans plus tôt. La ressemblance est frappante et la séquence qui s’ensuit est magnifique de subtilité et de sensibilité.

 

Alors, Yesterday, une comédie ? Pas totalement, parce que le principe posé après l’accident de Jack est des plus tragiques : que serait un monde sans les Beatles et leur musique ? Mais une comédie tout de même parce que le film se termine bien : comme écrit plus haut, malgré l’absence des musiciens dans ce monde parallèle (5), les chansons sont là, amenant toujours le même bien-être à ceux qui les écoutent ou/et les chantent (séquence finale).

 

PS : J’aurais pu parler des différentes références du film mais vous pouvez les trouver sur n’importe quel site expliquant le film.

 

  1. Pas facile, même en essayant…
  2. Pléonasme, en ce qui me concerne, j’aime (très) beaucoup son œuvre !
  3. Tout du moins à un niveau de célébrité mondiale.
  4. A part…
  5. Il y manque aussi d’autres éléments que je vous laisse énumérer (ou découvrir si vous n’avez pas vu le film ni suivi mon conseil initial)…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Danny Boyle, #Aaron Sorkin
Steve Jobs (Danny Boyle, 2015)

1984.

Steve Jobs (Michael Fassbender) lance le Mac(Intosh) pour la firme Apple. Echec.

1988.

Steve Jobs lance NeXT, en free lance. Nouvel échec.

1998.

Steve Jobs, de retour à Apple lance l’IMac. Un succès.

14 ans pour en arriver là. Quatorze années d’incompréhension, d’erreurs et surtout de solitude.

Parce que Steve Jobs est seul (1). Mais peut-il en être autrement avec un tel personnage ?

 

Nous sommes quatre ans après la mort du personnage principal quand sort le film de Danny Boyle. Et ce qu’on peut dire c’est que le (peu de) temps qui a passé n’a pas vraiment estompé les souvenirs. Et le scénario d’Aaron Sorkin n’est pas vraiment une hagiographie. Au contraire, cette période de quatorze années dans la vie de Jobs, à travers trois dates emblématiques nous montre un homme dur, toujours (trop) sûr de lui, persuadé d’avoir raison quoi qu’il arrive. Et franchement, c’est un personnage qu’on n’a pas tellement envie de rencontrer tant son entêtement est grand et sa relation aux autres difficile.

 

Mais nous sommes au cinéma, et Danny Boyle réussit malgré tout à en faire un personnage attachant, s’appuyant sur l’interprétation impeccable de Michael Fassbender. Mais pas seulement. Tous ceux qui gravitent autour de lui font ce qu’il est et comme je le dis régulièrement ici : c’est parce que les seconds rôles sont réussis que la vedette peut donner le meilleur de lui-même. Outre Kate Winslet (Joanna Hoffman) toujours aussi magnifique, on retrouve un Michael Stuhlbarg (Andie Herzfeld) – grand second rôle du cinéma américain s’il en est – tout aussi formidable, tout comme Seth Rogen (Steve Wozniak).

Bref, une interprétation au meilleur niveau pour servir un destin singulier.

 

Et Danny Boyle va prendre son temps pour raconter cette descente aux enfers annoncée avant qu’éclate pleinement le génie de Jobs en 1998. Et bien qu’il soit britannique, Boyle réussit un film totalement américain : dans les thèmes abordés ainsi que dans la résolution de son intrigue, amenant son personnage à la Rédemption inévitable.
Parce que Steve Jobs sera sauvé, tout comme il va sauver Apple du désastre initié en 1984 (2). Et cela va passer par une certaine remise en question, chose peu commune pour cet homme : se serait-il trompé ?  Toujours est-il que tout s’efface d’un coup, comme le suggère John Sculley (Jeff Daniels), ancien PDG d’Apple : même si Jobs ne reconnaît pas ouvertement – un bel échange avec Rogen/Wozniak par ailleurs – qu’il s’est trompé, on peut penser qu’il y songe et qu’il va changer.

C’est en tout cas ce qui est suggéré.

 

Dernière chose : j’aime beaucoup le parti pris de Danny Boyle de ne choisir de montrer un Steve Jobs à son meilleur niveau – dans le succès comme dans l’échec – laissant de côté sa maladie et sa mort : parce que c’est cela qui a fait de Steve Jobs cette légende de l’informatique moderne, accessible à tous (3).

 

  1. L’affiche du film montre un Steve Jobs petit et seul sur un fond blanc : une très belle illustration de ce personnage.
  2. D’un autre côté, s’il avait amené – malgré lui – le déclin d’Apple, il était normal qu’il remette la firme sur les rails…
  3. Par contre, les produits de sa firme ne le sont pas toujours, financièrement parlant…

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Danny Boyle
127 Hours (Danny Boyle, 2010)

Between a Rock and a hard place.

Tout de suite, vous pensez, comme moi, à un tube des Rolling Stones. Sauf qu’ici il n’en est pas question. Il s’agit de l’aventure arrivée à Aron Ralston (James Franco – rien à voir avec la belle Jobina) dans le Blue John Canyon en 2003 quand un rocher lui est tombé sur le bras et l’a immobilisé pendant plus de 5 jours (127 heures) jusqu’à ce qu’il s’ampute de son avant-bras droit pour s’en sortir.

Le film est l’histoire de ces heures perdues (?).

 

Encore une fois, Danny Boyle nous gratifie d’un film magnifique à propos d’une expérience des plus solitaires. Aron Ralston s’en va en weekend dans les canyons pour tenter éventuellement de battre un record. Pourtant dès son périple à vélo pour rejoindre le théâtre de ses (més)aventures, un élément nous prévient que tout ne se passera pas comme il faut : il fait une chute à vélo. Mais son enthousiasme va au-delà de cette prémonition et nous assistons à une randonnée qui se présente sous les meilleurs auspices, surtout avec la rencontre des deux randonneuses perdues – Kristi (Kate Mara) & Megan (Amber Tamblyn, la fille de ). Mais comme le destin est farceur, Aron continue sa route jusqu’à l’accident.

 

Comme tous les accidents, il est bête (1), et il va permettre à Aron de faire un retour sur lui-même. Et en cela, Aron n’est pas sans rappeler lé héros (?) précédent de Danny Boyle : Jamal Malik (Dev Patel). Tout comme lui, il a un destin exceptionnel, mais surtout, nous allons assister aux différents événements qui l’ont amen&é là où il est, même si la conclusion n’’est pas aussi glorieuse : perdre un avant-bras n’est pas une situation rêvée…

Et pour ce faire, Boyle s’est adressé à un acteur formidable : James Franco. Ce dernier est capable de tout, comme on le voit quand on déroule sa filmographie. Il est ici un Ralston très convaincant (euphémisme) qui oscille entre les moments de désespoir et les fantasmes, jusqu’à la résolution inévitable et tragique.

Il y aune sobriété dans son jeu qui donne à son personnage la dimension humaine nécessaire sans en arriver à un surjeu qui aurait plombé l’intrigue (inutilement) : l’accident est là et il faut vivre avec.

 

Nous allons alors accompagner Aron dans ses moments de désespoir – les plus nombreux- tout comme dans ses moments d’espoir et ses fantasmes ; comme l’orage salutaire qui s’abat sur lui. Mais si c’était si simple, ça se saurait…

Comme je le disais plus haut, ces 5 jours (c’est très long !) vont être un moment de mise au point dans sa vie et nous allons assister à ces différents moments importants de sa vie qui ont fait de lui ce qu’il est. Mais alors que nous pénétrons dans l’esprit de Jamal Malik , ici, le côté geek d’Aron va laisser une trace objective de son expérience : caméra, photos…

Cela explique (en partie) les partis pris subjectifs de la caméra pendant l’évolution d’Aron avant son accident : il a recours à, ses appareils pour capturer un moment particulier  ou une rencontre significative.

 

Nous devenons alors témoins (voyeurs ?) de sa vie précédente, avec en ligne de mire un futur incertain – fans le film – que nous envisageons facilement : il n’est pas question qu’un personnage qui a pu avoir une telle expérience en meure…

Et donc, non. Nous terminons d’ailleurs sur des images du réel Aron Ralston avec sa femme Jessica et son fils (2).

 

  1. Sinon, ce ne serait pas un accident…
  2. Né en février 2010, soit quelques mois avant la sortie du film.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Danny Boyle, #Robert Carlyle
Trainspotting (Danny Boyle, 1996)

Pour un vieil angliciste comme moi, le terme Trainspotting me renvoie directement aux Monty Python – encore eux ! – et leur sketch qui voyait John Cleese interviewer Eric Idle qui faisait de l’observation de chameaux – en Angleterre – mais qui en fin de compte avait plutôt observé des trains, espèce plus fréquente au Royaume-Uni.

Mais ne nous y trompons pas, le « trainspotting » dont parle le titre n’est que le titre du roman d’Irvine Welsh dont il est issu.

Quant à un quelconque train, il ne faut pas compter en voir ici, le thème le plus important étant l’héroïne et surtout son addiction.

[Le terme Trainspotting vient du fait que les lieux privilégiés d’échanges (argent contre drogue) se faisaient principalement sur les quais de gare.]

 

Mark « Rents » Renton (Ewan McGregor) est un junkie qui traîne avec une bande de copains presque aussi défoncés que lui : Spud (Ewen Bremner), Sick Boy (John Lee Miller), Tommy (Kevin McKidd) et Begbie (Robert Carlyle).

Et cette dépendance – forte – l’héroïne n’empêche bien évidemment pas les abus qui vont avec comme la délinquance, ni les périodes de sevrage plus ou moins volontaire.

 

Il est bien évident que l’intrigue – minimaliste – importe beaucoup moins que les comportements des différents protagonistes : c’est plus une chronique qu’une narration habituelle qui nous est ici proposée, le temps n’étant que distorsion, surtout dans les esprits plus ou moins ravagés – dont celui de Rents qui est le narrateur – des différents personnages.

Et d’une certaine façon, on peut déceler quelques similitudes avec le personnage d’Alex Delarge (Malcolm McDowell) dans Orange mécanique (1).

En effet, Alex est un drogué de violence (2), qui amènera la même déchéance et le conduira en prison, ce qu’évite de justesse Rents ici.


Et Danny Boyle, dont c’est le deuxième film, ne nous épargne aucun détail de ce qu’est une vie de drogué.

Il reprend d’ailleurs ici Ewan McGregor qu’il avait dirigé dans sa première réalisation : Petits Meurtres entre amis (3). Et McGregor est un Rents formidable, superbe interprète de ce jeune homme ravagé par la drogue et qui passe d’un état à l’autre ave beaucoup de conviction. Ce fut d’ailleurs le film qui lança véritablement l’acteur.

En plus des différents trips de Rents, nous avons droit à une séquence – inévitable – de sevrage avec angoisse à la clé : c’est magnifique et à mon avis peu éloigné de certaines réactions au sevrage. La pièce prend des dimensions terrifiantes et l’apparition de Dawn (Lauren & Devon Lamb), le bébé d’Allison (Susan Vidler) accentue l’effroi de Rents et donne à cette séquence une dimension surréaliste là encore inévitable.

 

Bref, c’est avec un film comme Trainspotting – plus que Petits Meurtres entre amis – que Danny Boyle va s’imposer comme un réalisateur anglais d’importance, participant grandement au renouveau du cinéma anglais qui prendra son véritable essor dans la décennie suivante.

A voir.

 

PS : Je reviens au Monty Python et leur Camel/train Spotting. Une courte séquence nous montre Rents et Sick Boy faisant de l’observation avec jumelles. Mais à la différence d’Eric Idle, ils ont une carabine à plombs qu’ils utilisent pour toucher l’arrière-train (eh oui !) d’un chien, qui va se ruer sur son propriétaire du fait de l’énervement provoqué par la douleur.

 

PPS : Bien sûr, Lou Reed apparaît dans la bande originale du film. Mais ce n’est pas avec Heroin, c’eût été trop facile…

 

  1. La fin du film (dernière intervention de Rents au public) n’est pas sans rappeler la fin du livre de Burgess, différente du film de Kubrick et qui amena une brouille entre les deux créateurs.
  2.  Il prend d’ailleurs lui-même de l’héroïne avant d’écouter le 2nd mouvement de la 9ème de Beethoven.
  3. Et aussi Keith Allen dans le rôle du dealer.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Danny Boyle
Slumdog Millionaire (Danny Boyle, 2008)

Un homme est interrogé par la police de Mumbai : il est soupçonné d’avoir triché à un jeu télévisé.

En effet, Jamal Malik (Dev Patel) a répondu juste à toutes les questions proposées : il ne lui reste que la question finale, celle qui rapporte 20.000.000 de Roupies.

Mais un jeune homme qui sort d’un taudis (1) de Mumbai et qui sait répondre à toutes les questions, c’est louche.

Alors il est interrogé. Brutalement d’abord – des coups – puis avec une technique plus moderne – gégène – et finalement, le policier chargé de l’enquête (Irfan Khan) lui demande comment il a vraiment fait.

Alors Jamal raconte : chaque question le renvoie à un moment de sa vie, terrible, erratique et dangereuse, jusqu’à un dénouement qui, s’il est prévisible est tout de même inattendu.

Quoi que…

 

Danny Boyle adapte donc le roman de Vikas Swarup publié trois ans plus tôt, et qui fut déjà repris pour la radio.

C’est une plongée dans la misère de l’Inde, celle qu’on ne nous montre jamais et qui pourtant concerne de très nombreux Indiens : celle des quartiers où la misère s’accumule, avec les ordures et la délinquance.
Et l’art du réalisateur (sur une très bonne adaptation de Simon Beaufoy) est de mélanger cette Inde miséreuse avec les images idylliques de l’Inde : c’est donc un festival de couleurs, de très beaux paysages, avec bien entendu, un passage obligé au Taj Mahal.

 

Mais surtout, c’est une description de l’errance deux jeunes garçons – Jamal (Ayush Mahesh Khedekar puis Tanay Chheda) et Salim (Azharuddin Mohammed Ismail – Ashutosh Lobo Gajiwala – Madhur Mittal) – qui ont eu la malchance de naître dans un quartier désolé de Bombay, et d’être musulmans  de surcroît.

Cette dernière caractéristique est le déclencheur des années d’errance des deux garçons : une descente des Hindous dans le quartier musulman de la ville avec tabassages, incendies et meurtres des habitants qui n’ont pas la même religion qu’eux : ils perdent alors la seule famille qu’ils avaient, leur mère.

 

Mais si cet épisode tragique, d’une grande violence, les condamnent à errer seuls, il faut y voir aussi les conséquences heureuses – pas tout de suite, bien sûr – qui vont en découler.

Il y a chez Jamal – plus que chez Salim – une acceptation de son sort qui transparaît dans toutes les situations : il est persuadé que les choses s’arrangeront, et qu’il retrouvera celle qu’il aime : Latika (Rubina Ali – Tanvi Ganesh Lonkar – Freida Pinto).

 

Parce que toute l’intrigue du film repose sur elle : Jamal va remuer ciel et terre pour la retrouver après chaque séparation, jusqu’aux retrouvailles finales (2), mais dans quelles conditions !

Latika est avant tout comme eux et va vivre la même errance qui l’amènera de faux orphelinat à une vie de marginale où elle sera utilisée pour la seule richesse qu’elle possède : son corps.

Certes, ce n’est pas une prostituée, mais son sort n’est pas enviable.

Mais à chaque fois qu’elle sera séparée de Jamal, ce dernier, inlassablement partira à sa recherche, qui s’apparente aussi à une quête du bonheur.

 

C’est beau, c’est grand, c’est magnifique.

Quant à la dernière question, celle qui doit le faire entrer dans la légende, c’est avant tout un concentré de toute sa vie : c’est la réponse absolue qui justifie toutes ces années d’errance.

Avec malgré tout un dernier tribut à acquitter avant d’accéder à ce bonheur tant désiré.

 

 

  1. « Slum »en VO
  2. L’affiche du film ne laisse aucun doute sur une issue heureuse. Tant mieux, d’ailleurs.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Danny Boyle, #Science-Fiction, #Catastrophe

En 2002, c’était au tour de Danny Boyle de nous proposer sa vision post-apocalyptique du monde.

Du monde ? Non, seulement de l’Angleterre, et de Londres en particulier. Et là, ça déménage.

Londres est vide. Pas un chat. Des souvenirs gisent sur le pont de Westminster : des petits Big Ben à la pelle. Et puis des rues vides. Désespérément vides. Et au milieu de ce désert urbain : Jim (Cillian Murphy). Imaginez un jeune homme qui se réveille après environ un mois de coma… Seul ! Nu, intubé, hirsute, mais seul, complètement seul.

Enfin pas vraiment. Il y a aussi les autres, les infectés.

Tout a commencé vingt-huit jours plus tôt. Ce jour-là, un commando contre l’expérimentation animale investit un centre de chimpanzés. Après avoir pris les photos témoignant des tortures infligées, ils décident de libérer les animaux.

Un seul suffira. On lui avait inoculé une forme de rage. Dès lors, le virus va se propager.

Danny Boyle exploite ici la grande peur des insulaires britanniques : l’épidémie.

Quelle ironie : alors que pour introduire un animal sur l’Ile, il faut passer par tout un protocole de quarantaine, ici, libérer un chimpanzé infecté d’un virus létal suffit à rendre obsolète tout le système.

Parce qu’en plus, Danny Boyle colle à l’actualité en utilisant un commando pro-animaux. Ce qui, à l’origine, part d’une intention louable – libérer des animaux maltraités – devient la cause d’une véritable élimination humaine. Parce qu’il existe des groupes qui agissent ainsi. [D’ailleurs, Terry Gilliam les avait utilisés dans la sous intrigue de L’Armée des 12 singes]

Boyle se déchaîne en nous présentant les conséquences tant redoutées de cet acte (cf. campagne « Keep rabies out of Britain »).

Cinq ans plus tard, Francis Lawrence nous proposera Je suis une Légende, sur un canevas similaire d’élimination virale. « Déjà vu » pourra-t-on penser en le voyant, tant la situation décrite est similaire : solitude, attaque de personnes infectées.

Mais la force de Boyle est de toujours montrer des humains, qu’ils soient sains ou non. On est proche de La Nuit des Morts vivants dans la séquence du siège, mais là où les zombies avançaient gauchement et un peu malgré eux, ici, les enragés sont très alertes et loin d’être idiots. Le personnage le plus humain étant Frank (Brendan Gleeson, toujours impeccable) qui, infecté, repousse sa fille afin de la protéger pendant ses derniers instants de lucidité.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog