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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

doug liman

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espionnage, #Doug Liman
Mr. & Mrs. Smith (Doug Liman, 2005)

Ca commence comme When Harry met Sally : un couple nous parle de sa relation. Mais alors que dans le film de Rob Reiner, il s’agissait d’histoires d’amour heureuses, on se rend vite compte qu’il s’agit ici d’un mariage qui s’enlise et que les deux membres s’éloignent progressivement.

Il faut dire qu’il y a de quoi : alors qu’officiellement, elle s’occupe d’informatique et intervient nationalement pour des interventions délicates de dépannage, elle est en réalité tueuse à gage pour une agence qui l’envoie par monts et par vaux liquider une cible encombrante ; de son côté, il n’est pas vraiment l’ingénieur annoncé et s’il déclare qu’il doit intervenir sur les dysfonctionnements d’un barrage, c’est surtout parce qu’on lui a assigné à lui aussi, une nouvelle cible dont il doit disposer dans un temps donné.

Et puis arrive LA cible : Benjamin Danz (Adam Brody), dit « Le Tank ». Elle (Angelina Jolie) doit l’éliminer, alors que lui (Brad Pitt) doit le protéger.

 

Un couple de tueurs à gage ? Déjà vu : Prizzi’s Honor (John Huston, 1985). Avec là encore l’un qui doit tuer l’autre. Un couple qui lutte physiquement l’un contre l’autre ? Déjà vu : The War of the Roses (Danny DeVito, 1989). Alors évidemment, ayant vu les deux premiers films, je ne pouvais qu’avoir un a priori devant ce film de Doug Liman. Surtout que malgré le thème (des époux qui veulent s’entretuer), ces deux films étaient des comédies. Et on sent que Liman a envie de faire basculer son propre film dans ce genre. Mais voilà : Liman est surtout réputé pour ses films d’action (1) plutôt efficaces (The Bourne Identity, Edge of tomorrow, etc.), et on comprend assez vite que la comédie n’est pas vraiment son rayon. Et c’est là que le bât blesse.

 

S’il arrive à manier sporadiquement l’ironie, on se rend compte que c’est là où l’action éclate (par son rythme et surtout ses explosions !) qu’il est le plus à l’aise, multipliant les prouesses de ses personnages, surtout qu’il a à sa disposition un couple qui va défrayer la chronique. Mais ceci est une autre histoire qui déborde de mon cadre. Toujours est-il que Brad Pitt et Angelina Jolie s’entendent à la perfection, interprétant deux êtres parfaitement semblables et donc inévitablement compatibles.

 

Mais on en revient aux deux films évoqué dans le paragraphe précédent : le film de Liman manque cruellement d'humour. Pire, son accumulation d’explosions, rafales de mitraillettes et autres coups de feu lasse (enfin surtout moi).

Difficile alors de croire à cette intrigue plus qu’improbable (2), où j’ai même décelé quelque(s) incohérence(s) (3). Et la séquence d’explication finale (à coups de flingues, cela va sans dire), forcément spectaculaire, aurait dû être le point culminant d’une parodie autour de cette situation qui s’y prêtait à merveille.

 

Mais ce n’est pas une parodie : à force d’osciller entre le comique et le sérieux, c’est ce dernier qui l’a emporté.

Dommage.

 

  1. Je sais, professeur Allen John, il n’existe que des films « d’action » : tout est animé, même chez  Godard…
  2. Je sais, nous sommes au cinéma et tout est possible. Mais malgré tout, il faut un minimum de crédibilité. Autrement, cela s’appelle un rêve.
  3. Je vous laisse seul(e)s juges de cet avis.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Doug Liman
Barry Seal : American Traffic (American made - Doug Liman, 2017)

Barry Seal (Tom Cruise) est pilote pour la TWA. En 1978, il rencontre l’agent Schafer (Domhnall Gleeson, le fils de) qui lui propose de travailler pour la CIA, et de prendre des photos dans installations militaires des différents pays d’Amérique Centrale.

Pour cela, on lui donne un appareil et un aérodrome.

Tout va bien jusqu’au moment où Jorge Ochoa (Alejandro Edda), Pablo Escobar (Mauricio Mejía) et Carlos Lehder (Fredy Yate) lui proposent de convoyer leur marchandise en rentrant chez lui.

Et comme l’argent se met à couler à flot, Barry ne voit pas pourquoi il refuserait…

 

Je l’ai déjà écrit ici, Doug Liman est ce qu’on appelle un réalisateur efficace. Il nous l’avait prouvé avec son formidable The Bourne Identity (2002), qui renouvelait un peu le film d’espionnage. Ici, il s’attaque à une histoire vraie, celle de Barry Seal (1939-1986) qui de 1978 à sa mort trempa dans des affaires on ne peut plus louches, travaillant donc pour la CIA et le Cartel de Medellin et s’enrichissant éhontément, tout en trafiquant à une échelle très haute, protégé par l’administration américaine.

 

C’est donc un récit d’une partie de la Guerre froide qui fut franchement réchauffée à la fin des années 1970s, sous Carter et surtout Reagan : des missions d’espionnage puis du trafic d’armes ainsi que du trafic de drogue.

Cela peut paraître énorme pour un seul homme, et le ton du film a tendance à nous induire en erreur : le parti pris ironique relativise la portée criminelle de ses (ex)actions, accentuant l’immoralité de cet homme au parcours si complexe.

 

Dès le début, on sent que ce que nous allons voir n’est pas commun : alors que s’installe le générique de l’Universal, on se dit qu’on a le temps de voir défiler les différentes compagnies partenaires avant que cela commence vraiment. Mais pas du tout, rapidement tout est interrompu et remplacé par un générique qui nous renvoie en 1978, du temps de l’administration Carter. Le ton est donné : je me répète pas la spécificité du personnage que nous allons suivre est fortement originale.

Ce parti pris est alors accentué par le côté cool de Tom Cruise, un sourire aux lèvres comme l’un des ados qu’il a pu jouer dans les films de ses débuts.

Cette attitude sympathique et le ton enjoué du film nous le font apprécier sans réserve, si ce n’est toutefois le scrupule énoncé plus haut : les différents trafics auxquels il se trouve mêlé sont des crimes graves, amenant des morts, violentes ou non.

 

Mais cet aspect hors-la-loi de Seal ne doit pas nous faire oublier que c’est au plus haut niveau de l’Etat que ces différents trafics trouvent leur origine. La séquence finale, qui voit (en partie) ce qu’il advînt après la mort de Barry, est des plus éloquentes, donnant une dimension non négligeable des responsabilités des différents acteurs de l’ombre de ces différentes affaires. Et encore elle  n’insiste pas beaucoup sur les différents rôles de ces gens « au-dessus de tout reproche », comme on dit...

Alors on peut reprocher au film son ton un tantinet léger, nous présentant un personnage plutôt abject (1). Mais on n’oubliera pas que les pays qui sont capables de mettre en scène de tels scandales politiques ne sont pas les plus nombreux. Et même si Reagan et Bush père (2) sont morts, de nombreux acteurs (pas de cinéma) de cette période sont toujours en vie.

Combien de pays sont-ils capables de dénoncer ce scandale cinématographiquement ?

 

 

PS : Le titre original – qu’on pourrait traduire par « fabriqué aux Etats-Unis » possède une teinte ironique (sinon sarcastique) quant aux différentes opérations racontées dans le film…

  1. Croulant sous les dollars, il est obligé d’en enterrer, tous les endroits de rangement de sa maison étant déjà pleins à craquer, une banque étant obliger de construire une extension à leur coffre-fort pour mettre en sûreté l’argent des autres clients !
  2. Directeur de la CIA en 1976-77, il fut vice-président de Reagan entre 1985 et 1989 avant d’être à son tour élu.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Doug Liman, #Science-Fiction
Edge of tomorrow (Doug Liman, 2014)

Encore une attaque extraterrestre !

Encore une bataille décisive !

Encore des soldats surentraînés prêts à en découdre !

Encore l'Amérique prête à sauver le monde (libre ?) !

Encore Tom Cruise le sauveur du monde !

 

Et pourtant, rien de tout ça. Enfin si , mais pas comme d'habitude.
Doug Liman a pris les commandes des opérations et nous emmène dans un film de guerre inhabituel. Inhabituel pas dans le sens film de guerre, mais plutôt dans la façon de le raconter.

Parce que c'est la narration la plus importante.

 

L'Europe est tombée aux mains des envahisseurs. La résistance s'est organisée de Londres et demain doit avoir lieu la grande bataille décisive pour bouter les extraterrestres hors du continent. L'attaque aura lieu là où on ne l'attend pas, sur les plages française, au petit matin. De cet engagement dépend la victoire finale.

Donc, ça commence comme Le Jour le plus long. Et finalement, on n'en est pas si loin. Surtout pour le Major Cage (Tom Cruise). Pourquoi ? En tuant un extraterrestre alpha, il a reçu une partie de son pouvoir qui lui donne la possibilité de revenir dans le temps. Il va donc revivre incessamment la même période, jusqu'à ce qu'il se fasse tuer.

Le major Cage est un drôle de soldat. Il n'a pas envie de se battre et de ce fait s'occupe de la propagande filmée. Sauf qu'il vient d'être transféré sous les ordres du général Brigham (Brendan Gleeson) qui a décidé de l'envoyer en reportage en première ligne. Cage n'est pas beaucoup d'accord et menace même le général s'il l'y envoie. Non seulement le général va l'y envoyer, mais en plus, ce sera en tant que simple troufion, dans la première vague d'assaut !

Et c'est là qu'il va tuer l'extraterrestre alpha, qui lui permettra de revenir dans le temps, au premier jour de sa nouvelle incorporation.

On pense tout de suite à Un Jour sans fin de Harold Ramis (1993). Il faut dire que Cage a une personnalité aussi désagréable que celle de Phil Connors (Bill Murray). Mais alors que Phil revit le même jour afin de s'amender et d'obtenir la rédemption si chère aux Américains, Cage n'est pas là pour s'amender, mais bel et bien pour trouver un moyen de combattre la menace extraterrestre.

Cela nous amène, bien entendu des situations assez cocasses, totalement en décalage par rapport à l'humour militaire - ça ne va pas bien ensemble, je sais - habituel dans ce genre de film.

Alors on suit, avec une certaine jubilation, les avatars de Cage. alors que Cage comprend qu'il doit s'amender pour sortir de son maelstrom, Cage, lui, voit rapidement qu'il doit se concentrer sur l'essentiel. Après avoir - vainement - tenté de sauver tous les autres autour de lui, il se rend à l'évidence. Ce n'est pas ça qui est important. Il laisse donc - cyniquement ? - mourir les autres et évolue égoïstement (en apparence), afin de remplir le grand objectif : éliminer les intrus.

Et, bien sûr, il va y arriver. Au terme d'un film d'action efficace, dont le montage est un tantinet moins rapide que d'habitude. On a le temps de souffler entre deux scènes, et même dans les moments les plus rythmés du film, on passe plus d'un centième de seconde par plan. Une prouesse  ! (?)

Et puis ils s'en sortent, comme d'habitude. Grâce aux soldats américains. Comme d'habitude.

 

A quand un film où les extraterrestres gagnent totalement ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Doug Liman, #Jason Bourne, #Espionnage

Avant, il y avait James Bond.

Maintenant, il y a toujours James Bond, mais Jason Bourne est passé par là.

Il n’est plus possible de faire un film d’ espionnage-agent-secret-avec-action-et-poursuite-en-voiture comme avant.

Car Jason Bourne, c’est le renouveau des films du genre.

Alors qui est Jason Bourne ?

 

Le problème, c’est qu’il ne le sait pas lui-même, ayant subi un choc traumatique amenant amnésie et s’est retrouvé au milieu de la Méditerranée (ou presque) avec deux balles dans le dos ainsi qu’un petit cylindre sous la peau. Si on s’en réfère au titre français, c’est sa mémoire. Sauf que…

Sauf que c’est un rayon laser qui donne un numéro de compte en banque, en Suisse évidemment, ça évite les formalités administratives (surtout quand on ne peut pas justifier de son identité, comme c’est suggéré dans le titre original), et on n’a pas le temps pour ça dans ce film. La preuve ? Il n’y a pas non plus de formalités dans l’ambassade américaine.

Alors, qui est Jason Bourne ?

 

Jason Bourne, c’est donc le renouveau. Il sait tout faire – même la cuisine, il faut voir son appartement à Paris – mais surtout échapper aux méchants qui veulent le tuer. Quand James Bond se sortait de n’importe quel guêpier avec son flegme et ses gadgets, Jason, lui, doit sans cesse improviser. Et dans chaque situation difficile, on met la caméra sur l’épaule pour ressentir ce qu’il vit.

Et puis on a le sujet en or : une organisation para-gouvernementale – située au cœur même de la CIA – tentaculaire qui fait exécuter les gêneurs par des ombres. Voilà pour le côté complot. Et quand cette organisation est démantelée, heureusement, il est question d’un autre projet similaire. Il y aura donc une suite (trois, en fait, et bientôt quatre !).

 

De plus, il y a tout ce qu’on attend de ce genre de film : une fille séduisante, une belle poursuite en voiture, une organisation secrète, des bagarres, des fusillades et un amnésique.

Parce qu’un amnésique, ça marche bien au cinéma. Surtout quand il n’arrive pas à se souvenir et que ce qu’il apprend lui fait entrevoir un passé peu glorieux…

 

Mais comme c’est Matt Damon, on ne peut pas imaginer un homme méchant. Ca aurait été Liam Neeson, j’aurais été moins catégorique.

Toujours est-il que même si le film se suffit à lui-même, ce personnage qui se réapprend est très sympathique et donne envie d’être rencontré à nouveau.

 

Vivement la suite !

 

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