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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

edward zwick

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Western, #Edward Zwick, #Anthony Hopkins
Légendes d'Automne (Legends of the Fall - Edward Zwick, 1994)

Comme me le répète mon ami Thierry : « quel gâchis ! ».

Parce que c’est un véritable gâchis qui nous est proposé ici, avec des morts (injustes, cela va de soi) qui s’accumulent et qui veulent nous prouver que le bonheur n’est pas de ce monde.
En tout cas, pas pour les Ludlow.

Après le père William (Anthony Hopkins), ancien colonel qui n’a pas supporté les « politiques indiennes » pratiquées par l’administration qu’il a longtemps soutenue, c’est au tour de ses trois fils de subir le poids de leur époque : Première Guerre mondiale et Prohibition.

Alfred (Aidan Quinn) deviendra politicien, élu au Congrès, avec toute la compromission que cela suppose. Samuel (Henry « Elliott » Thomas) mourra en Europe, en 1915, sur le Front. Quant à Tristan (Brad Pitt), il survivra à tout cela. Mais à quel prix !

 

Edward Zwick signe ici un très beau western, un tantinet particulier (1), servi par une distribution à la hauteur, ainsi qu’une équipe technique du même acabit. Nous y retrouvons les grands espaces qui en font un western, ainsi qu’une rencontre finale (2) qui n’est pas sans rappeler celle de certains classiques du genre, et tant pis si ce n’est ni à l’aube ni au crépuscule.

Et ce malgré l’aspect moderne de l’intrigue (les années 1910-20). Outre les deux éléments évoqués ci-dessus, on y retrouve une solide intrigue familiale avec en outre une très belle histoire d’amour, elle aussi (et surtout) gâchée par ces situations historiques troublées : on passe de la Guerre à la Prohibition, avec dans le deuxième événement des éléments injustes qui ne sont pas anodins : la guerre, elle, frappe sans discernement les pauvres conscrits qui sont venus plus ou moins volontairement (ici, les trois frères sont volontaires, malgré les réticences – légitimes – de leur père).

Par contre, que la belle Isabel 2 (Karina Lombard), épouse de Tristan, tombe sous les balles des caïds locaux n’a rien de juste.

 

Et cet événement tragique va tout de même être le déclenchement nécessaire qui va faire basculer l’intrigue et amener la résolution attendue, voire prévisible. Mais c’est, bien entendu, une résolution que nous espérions, surtout après la mort de la jeune métisse.

Parce qu’une grande partie de l’intrigue se joue sur les différences. Outre le colonel qui abandonne sa charge, déçu par une administration qui ne va pas assez loin, on trouve ici des éléments presque étonnants pour une histoire qui se passait voilà plus de cent ans : avant que Tristan n’épouse Isabel 2, il faut savoir que cette même jeune femme est issue d’une union mixte entre une Indienne (Tantoo Cardinal) et un cow-boy classique (Paul Desmond).

Sans oublier le personnage de One-Stab (Gordon Tootoosis), narrateur de ces légendes automnales, et enjeu d’une rixe entre les Ludlow et un barman raciste.

 

Décidément Edward Zwick sait lui aussi tout faire, et ce western en est une autre preuve. On retrouve les ingrédients indispensables du genre avec en prime une connotation humaniste (c’est – heureusement – le cas maintenant) et surtout un mélange heureux entre ce qui fit le western, tourné inévitablement vers le XIXème siècle, et cette nouvelle ère qui l’a supplanté (après la Guerre 14-18) sans pour autant lui retirer ses codes (la vengeance, l’affrontement final…).

 

Non, le western n’est pas près de mourir…

 

  1. Nous sommes dans les années1910 quand le film commence.
  2. J’aillais écrire un duel final, mais il y a plus de deux personnes concernées.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Edward Zwick
Blood Diamond (Edward Zwick, 2006)

Alors que Bill Clinton tente de se dépêtrer du « Monica Gate » (1999), la Sierra Leone vit une guerre civile sanglante (1991-2002), où les armes des rebelles sont financées par les diamants extraits du sol, extraits par des travailleurs qui ressemblent plutôt à des esclaves, sur lesquels les gardiens ont droit de vie et de mort.

Solomon Vandy (Djimon « Cinqué » Hounsou, formidable) se retrouve dans une de ces « mines », suite au raid meurtrier des RUF (Revolutionnary United Front) sur son village : esseulé, il va chercher des diamants pendant que sa famille s’exile et que son fils Dia (Kagiso Kuypers) est enrôlé dans les soldats de la Révolution.

 

Les différents films d’Edward Zwick traitent tous de l’engagement, et ce film ne fait certainement pas exception. Pourtant, Solomon n’est pas quelqu’un d’engagé : au contraire, il vit à l’écart, dans un village de pêcheurs, et encourage son fils à devenir autre chose : docteur, par exemple. Mais comme expliqué plus haut, l’engagement va le rattraper, ou tout du moins son fils qui va devenir un de ces enfants-soldats, tueurs shootés aux drogues dures, victimes d’un lavage de cerveau indispensable pour effectuer la tâche mortelle qui leur est assignée.

Mais si son fils peut être considéré comme un « malgré lui », Solomon ne s’engagera à aucun moment dans ce conflit fratricide, subissant la violence tout comme la majorité de la population de Sierra Leone.

 

Autre personnage engagé un peu malgré lui : Danny Archer (Leonardo DiCaprio, toujours  aussi bon).

Mais si Solomon est un personnage monobloc, Archer est un protagoniste complexe de cette intrigue terrible. En effet, son engagement remonte à l’âge de 19 ans quand il rejoint le colonel Coetzee (Arnold Volsloo) et ses mercenaires qui « font le ménage » en Afrique, au gré des gouvernements et des révolutions. Cet engagement précoce va justifier l’aptitude à survivre d’Archer à travers le conflit sierraléonais, et surtout les différentes séquences de violence du film.

Mais c’est la rencontre avec la journaliste Maddy Bowen (Jennifer Connelly, impeccable elle aussi) qui va modifier peu à peu son état d’esprit, passant du soldat mercenaire à la recherche de diamants à celui de soldat engagé pour une cause : celle de Solomon et à travers lui celle de ce pays ensanglanté.

 

Il faut dire que le personnage de Maddy Bowen est l’un des éléments-clés de l’intrigue, montrant qu’une autre voie est possible : on peut arriver à un résultat encore plus significatif ans pour autant utiliser les armes conventionnelles. Un stylo (1) et un appareil photo peuvent faire au moins autant de dégâts sinon plus qu’une kalachnikov.

Mais le véritable révélateur, c’est l’instituteur (Basil Wallace) qu’ils rencontrent. Benjamin Kapanay est lui aussi un homme engagé de par sa fonction et aussi les élèves qu’il sauve et enseigne : les amputés de la vie (et par le RUF, qui reprend à son compte une pratique coloniale instituée par le roi des Belges Léopold II).

 

Zwick décrit donc le processus qui va amener les engagements successifs de ses personnages essentiellement adultes tout en menant en parallèle celui de Dia et de ses congénères enfants. Et si les différentes séquences qui voient le RUF investir les villages et tuer les populations sont d’une grande violence, le parcours de ces enfants soldats est encore plus insupportable : outre le lavage de cerveau, la première exécution que Dia va effectuer est des plus traumatiques : elle va expliquer la rencontre – inévitable – avec son père venu le chercher et l’enlever de cet environnement mortifère.

 

Encore une fois, Edward Zwick nous propose un film choc où la violence n’est aucunement édulcorée (2), et la réalité aucunement occultée : on y suit les différents rouages d’un trafic international qui prend ses racines dans la vie et surtout la mort de femmes et d’hommes. Cela va de l’extraction dans des conditions terribles jusqu’à l’hypocrisie de la maison Van de Kaap qui régule le marché mondial du diamant et qui finance en sous-main ce trafic qu’elle est censée dénoncer – ce qu’elle fait bien sûr.

 

Bref, un film choc où les personnages ne sont pas les seuls engagés : dénoncer ces pratiques est aussi un engagement.

 

  1. En anglais, prendre une photo se dit aussi shoot, comme tirer pour une arme.
  2. Même si nous sommes au cinéma, et que par conséquent ce que nous voyons n’est pas « pour de vrai ».

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Edward Zwick
A l'Epreuve du feu (Courage under Fire - Edward Zwick, 1996)

Février 1991 : Guerre du Golfe.

Le lieutenant-colonel Serling (Denzel Washington) fait tirer par erreur sur un de ses chars.

Dans le même temps, la capitaine Walden (Meg Ryan) meurt au cours d’une mission de secours.

Il n’y a aucun lien entre ces deux affaires, sauf que Serling se voit charger d’enquêter sur ce sauvetage afin de décerner la Médaille d’Honneur (1) à la jeune femme, à titre posthume cela va sans dire.

 

Il y a dans les films d’Edward Zwick une constante : l’engagement. Qu’il soit moral ou physique, ses films tournent très souvent (pour ne pas dire tout le temps) autour des différentes responsabilités que vont (ou non) assumer ses héros.

Il est donc évident qu’il allait se tourner vers l’armée, là où la majeure partie de ses membres se sont engagés.

Et ici, l’enjeu est double même si la résolution est la même : la vérité.

On a d’un côté cet officier qui fait une « bavure », et cause la mort involontairement de certains de ses hommes (dont un ami proche) ; et de l’autre une femme qui est morte suite au crash de l’hélicoptère qu’elle dirigeait (2).

 

C’est donc une enquête que nous offre Zwick, qui s’avère dans le même temps – et c’est un peu toujours comme ça avec les films américains – une quête de rédemption pour Serling qui a du mal à vivre avec son erreur meurtrière.

Laissons de côté cette rédemption et concentrons-nous sur l’enquête. Bien sûr, il y a une version officielle. Mais comme il y a un enjeu symbolique – la première Médaille d’Honneur décernée à une femme (3) – l’enquête est inévitable et cela nous permet une jolie part narrative. En effet, Nous allons revivre ces mêmes instants selon des points de vue différents :

  • Les premiers que nous voyons nous raconter les faits sont les soldats au sol que l’hélicoptère devait secourir ;  ils posent le décor et racontent l’arrive de l’hélicoptère jusqu’à ce qu’il soit touché et aille s’écraser plus loin, hors champ (pour eux comme pour nous, puisque nous voyons tout selon les différents points de vue des narrateurs).
  • Puis ce sont les différents membres de l’équipe de secours : Rady (Tim Guinee) qui a été blessé et est depuis dans un fauteuil roulant ; Ilario (Matt Damon) qui se drogue depuis cet épisode ; Altameier (Seth Gilliam) qui meurt doucement d’un cancer ; et Monfriez (Lou « Ritchie Valens » Diamond Philips), qui est maintenant instructeur.

 

Bien sûr, c’est le deuxième groupe qui nous intéresse. Surtout celle de Monfriez qui diffère des deux précédentes. A partir de là, la recherche de la vérité devient primordiale pour Serling, alors qu’elle le devient de moins en moins pour sa hiérarchie. Pourquoi ? Parce qu’il va falloir dire la vérité, ce que toutes les armées du monde ont du mal à avouer (4).

Et au final, nous – spectateurs – savons ce qu’il s’est passé. Quant aux supérieurs de Serling, j’en suis beaucoup moins sûr.

Toujours est-il que cette quête indispensable de la vérité est le catalyseur de la rédemption de Serling : trouver cette vérité lui permettra d’affronter sa propre conscience et d’avouer aux parents de son ami qui est mort par sa faute.

 

Cette vérité ? Je vous laisse le soin de la découvrir.

 

PS : je vous vous évite le final et son côté rédempteur auquel sont accrochés quelques dizaines de violons pour une happy-end émouvante – un peu trop à mon goût, mais moins tout de même que pour Titanic (la minute de trop) – mais j’attire votre attention sur la performance de Matt Damon, alors acteur de second plan avant Will Hunting l’année suivante. Le beau Matt nous apparaît un tantinet décharné : normal, il s’est imposé un régime (très) sévère (peu de nourriture, beaucoup de café, du sport) qui le mettra en danger et il lui faudra environ deux ans pour s’en remettre complètement.

 

PPS : Le sergent Patella qui tire sur le char sur ordre de Serling est (encore) un obscur acteur californien : Sean « Samwise » Astin !

 

  1. Medal of Honor : plus haute distinction militaire américaine.
  2. Elle n’est pas morte dans l’accident mais dans ce qu’il s’est passé ensuite avant que l’équipe au sol soit à son tour secourue et la région nettoyée au napalm.
  3. C’est faux, bien sûr. Nous sommes au cinéma. Toutefois, la seule femme ayant reçu cette médaille est Dr Mary Edwards Walker pour son action pendant la Guerre de Sécession. Elle lui fut retirée en 1917 parce qu’elle n’était pas militaire, mais heureusement Jimmy Carter la lui rendit, à titre posthume, évidemment (1977).
  4. Pour rappel, l’armée française est surnommée – à juste titre – la « Grande Muette ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Edward Zwick
Les Insurgés (Defiance - Edward Zwick, 2008)

C’est d’abord une main, au bout d’un bras tendu qui ouvre le film. Mais cette main et ce bras ne sont pas destinés à aider quiconque : il s’agit de ceux d’Hitler, alors que la Wehrmacht et les SS envahissent la Biélorussie, le 22 juin 1941.

Avec la guerre, c’est aussi la répression et le massacre des Juifs qui s’installent dans ce pays.

Parmi les Juifs de Biélorussie, les frères Bielski ont organisé un camp dans la forêt, sauvant jusqu’à 1200 personnes d’une mort assurée, résistant par la force à l’ennemi allemand.

C’est la création de ce camp et de sa vie pendant une année qui nous est racontée ici.

 

Après Steven Spielberg (Schindler’s List, 1997), Roman Polanski (The Pianist, 2002), ou encore Jon Avnet (Uprising, 2004), c’est au tour d’Edward Zwick de participer à la mémoire des Juifs pendant la Deuxième Guerre Mondiale au cinéma.

A nouveau, c’est un épisode tragique qui nous est décrit ici, d’une résistance désespérée mais pourtant pleine d’espoir : celui de vivre toujours comme des êtres humains.

Et dans sa façon de diriger le film, Zwick illustre la survie de ce peuple déraciné au milieu de nulle part, avec le sort du peuple juif dans l’Ancien Testament.

 

La première référence concerne les deux aînés : la Genèse.

D’un côté nous avons Tuvia (Daniel « My name is Bond » Craig), et de l’autre Zus (Liev « Cotton » Schreiber). On ressent tout de suite une barrière entre ces deux hommes qui semble remonter à loin mais doit s’estomper dans cette heure grave où les deux autres plus jeunes frères – Asoel (Jamie « Billy Elliott » Bell) et Aron (George « Bedovan » McCay) – ont plus que besoin d’eux puisque leurs parents sont morts.

Mais l’affluence toujours plus forte des réfugiés juifs renforce leur différent et on arrive alors à un combat fratricide. Si Tuvia peut être identifié à Abel de part son côté accueillant et donc Zus à Caïn du fait de son « égoïsme » compréhensible, c’est tout de même Tuvia qui manque de tuer Zus, et comme son prédécesseur biblique à l’aide d’une pierre.

 

Autre référence importante : l’Exode.

Alors que l’Exode concerne le départ des Juifs d’Egypte, menés par Moïse, ici ce sont les membres du camp qui sont emmenés loin du fait de l’arrivée des Allemands qui viennent liquider le camp. On retrouve alors l’analogie avec le peuple hébreu quand ils se retrouvent arrêtés par des marais à perte de vue, leur « Mer Rouge ». On retrouve à ce moment le même découragement devant cette barrière naturelle semble-t-il infranchissable. Mais si Tuvia ne va pas partager les flots, ils réussiront tout de même à passer.

La dernière partie de ce « passage » (1) concerne la nouvelle menace allemande qui les attend de l’autre côté : alors que Tuvia-Moïse est las de tout cet effort, c’est Asoel qui prend sa suite, remotivant ses compagnons d’infortune, à l’instar de Josué qui prit la suite de Moïse.

 

Autre référence biblique : le bouc émissaire.

C’est un soldat SS allemand qui est capturé peu avant l’exode qui va payer pour tous les autres qui, comme lui, ont tué les autres Juifs de Biélorussie, leurs familles, leurs amis, leurs coreligionnaires. Les membres du camp vont s’acharner et le tuer, lui rappelant leur peine et leur désespoir engendré par l’arrivée de ces méchants hommes (étaient-ce encore des hommes ?).

Cet épisode, malgré tout, amène un certain malaise : il n’est jamais agréable de voir des hommes et des femmes s’entretuer, et par cette action, l’humanité s’efface tout de même un peu, malgré les circonstances – ô combien – atténuantes dont peuvent bénéficier ces meurtriers occasionnels.

 

 

Mais malgré tout, Edward Zwick, malgré ces références bibliques évidentes, continue son récit, illustrant les différents états d’esprit qu’on put voir ou lire pendant cette période sombre :

  • le Judenrat (Conseil juif) de Baranavitchy qui refuse de croire à l’élimination totale des Juifs par les Nazis, persuadés de leur importance dans ce système avant tout barbare ;
  • la supplique un tantinet blasphématoire de Shamon Haretz (Alan Corduner) à la mort de deux hommes, qui demande à Dieu de ne plus être considérés comme le « Peuple béni », cette bénédiction n’amenant que des catastrophes ;
  • L’attitude plus qu’ambiguë de l’Armée Rouge vis à vis des Juifs.

 

Cette dernière assertion s’illustre dans le film par le passage à tabac d'un de ses compagnons dans le camp des partisans russes.

Il ne faut pas oublier que les Juifs furent beaucoup persécutés en Europe de l’Est et en Russie : pogrom est d’ailleurs un mot russe qui signifie détruire. On retrouve d’ailleurs mention de cet antisémitisme dans l’un des premiers dialogues entre Shamon (encore lui) et Isaac Malbin (Marc Feuerstein) quand ils comparent les deux dictateurs à moustaches : à l’ouest celui qui a une petite et à l’Est celui qui en a une grosse.

 

Au final, nous avons une fresque humaine d’un épisode fort méconnu de l’histoire juive pendant la deuxième guerre mondiale. Et Edward Zwick filme avec beaucoup de conviction cette histoire atypique : rarement on n’a vu les Juifs résister au cinéma, si ce n’est dans le cadre du Ghetto de Varsovie.

On retrouve aussi dans ce film l’engagement qui est cher à Zwick et qui s’exprimait dans son film précédent Blood Diamond (2006). Ici l’engagement des frères est le moteur du film et donne un sens à leur vie, les faisant se révéler : aux autres comme à eux-mêmes.

 

 

(1) le terme hébreux « Pessa’h » peut être ainsi traduit, même si je ne suis pas spécialiste.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Edward Zwick
Couvre-Feu (The Siege - Edward Zwick, 1998)

Vingt ans.

Ca fera vingt ans le 6 novembre prochain que le film est sorti aux Etats-Unis. En plus d’une distribution prestigieuse et impeccable, le film possède un aspect prémonitoire incroyable.

Cette histoire de terrorisme qui fit scandale à sa sortie : les Musulmans sans aucune distinction étant tous assimilés à des terroristes fut reproché et le film fut un échec.

Moins de trois ans plus tard, ce film fut l’un des plus visionnés.

Entretemps, deux avions étaient entrés en collision avec les Tours Jumelles du World Trade Center. C’était le 11 septembre 2001.

 

La séquence d’introduction nous présente les conséquences d’un attentat meurtrier au Proche-Orient, mêlant habilement images d’archives et images recréées, avec en prime une intervention de Bill Clinton, alors président des Etats-Unis.

Puis nous passons à une opération organisée par des Américains (Cia ? Autres ?) qui aboutit à l’enlèvement d’un chef religieux musulman, présenté comme un chef prônant le Jihad.

Suite à cet enlèvement, une vague d’attentats va s’abattre sur New York, amenant le président à mettre en place des mesures extraordinaires : la loi martiale sur la ville.

 

Avec ce film, c’est un sujet extrêmement sensible que traite Edward Zwick. Sensible pour le côté réducteur qu’on lui a reproché à sa sortie, mais sensible parce que comme écrit précédemment, le film ne faisait qu’anticiper l’avenir des spectateurs.

Cette prémonition est assez étonnante quand on le regarde avec des yeux de 2018. Non seulement Zwick nous montre un avenir terrible où la peur qu’on redoute (1) est bel et bien là, et la description du fonctionnement des cellules terroristes indépendantes les unes des autres est d’une grande justesse et malheureusement on ne peut plus actuelle.

 

Mais nous sommes en 1998 et la situation qui est décrite est avant tout un film où Zwick part d’une situation réelle et l’exploite de la manière la plus vraisemblable possible, avec les dérives que cela peut amener. Mais là où Zwick va plus loin (trop ?), c’est en introduisant cette fameuse loi martiale. Au « pays de la Liberté » cette procédure d’exception va à l’encontre des valeurs américaines et donc définit les limites du film et semble dire en extrapolant ainsi : « Nous sommes au cinéma, c’est une fiction, nous attirons seulement votre attention sur une éventualité que nous ne souhaitons pas. »

Certes, cette approche a tendance à user de stéréotypes réducteurs. Mais il faut reconnaître que la réaction des habitants de New York est la même que celle qu’eurent les Parisiens après le 7 janvier 2015 et surtout le 13 novembre de cette même année quand des terroristes se sont attaqués à Charlie Hebdo d’abord, et à leur mode de vie culturelle ensuite : le Bataclan, les terrasses de café des Xème et XIème arrondissements, et le Stade de France.

Partout, les gens affirmaient que leurs habitudes ne changeraient pas, que comme les New-Yorkais, ils n’avaient pas peur.

 

Mais si le film se termine sur cette note optimiste, il ne faut pas rêver : nos modes de vie ont changé. La peur est bel et bien là et même Roosevelt n’y pourrait rien.

En France (2), depuis le 13 novembre, l’Etat d’urgence a été décrété et dura près de deux ans avant d’être levé, une loi nouvellement votée renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme. Ce n’est plus « l’état d’urgence ». Mais la liberté en a quand même pris un coup, et qu’on le veuille ou non, les modes de vie ont changé.

 

Mais si le film se termine (à peu près) bien, la vraie question reste la même : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour notre sécurité ?

La réponse n’est pas pour demain.

 

 

  1. « La seule chose que nous avons à craindre est la peur elle-même » annonçait Franklin Roosevelt peu après son investiture (4 mars 1933). Cette déclaration perd bien sûr à la traduction : « the only thing we have to fear, is fear itself ». Si le contexte est totalement différent, cette déclaration s’applique à cette nouvelle situation avec – hélas – beaucoup d’à propos.
  2. Etant français, cet exemple me vient plus facilement, mais n’importe quel nouvel attentat m’amène la même réaction d’horreur.

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