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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

george clooney

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Joel & Ethan Coen, #George Clooney
O'Brother, where art thou? (Joel & Ethan Coen, 2000)

Mississipi, Grande Dépression.

Ulysses Everett McGill (George Clooney), Pete (John Turturro) & Delmar O’Donnell (Tim Blake Nelson) s’évadent du bagne afin de retrouver le trésor du premier, avant son engloutissement  prévu une semaine plus tard (1).

Les trois hommes vont déambuler pendant ces quelques jours, poursuivis par la police, s’insérant dans une élection (celle du gouverneur de l’état), rencontrant des personnalités plus ou moins recommandables – Pappy O’Daniel (Charles Durning), George « Baby Face » Nelson (Michael Badalucco) – et bien sûr Penny Wharvey/McGill (Holly Hunter), la femme légitime d’Ulysses (2).

 

A nouveau, c’est le début d’une nouvelle collaboration fructueuse : celle des frères Coen et d’un de leurs acteurs fétiches, George Clooney. Et dès ce premier film ensemble, le ton est donné : ne cherchez pas un personnage distingué aux manières élaborées et à l’intellect supérieur. Ulysses Everett McGill n’est rien d’autre qu’un abruti, aussi intelligent que ses deux comparses. Le seul atout de cet homme, c’est son bagout. Mais c’est aussi son défaut : il faut qu’il parle, quitte à ne faire que du vent, ce qui est tout de même souvent le cas.

Sans oublier l’autre aspect indispensable des personnages de Clooney pour les Coen : le ridicule. Ici, cela passe par l’usage continuel de brillantine (de la Dapper Dan, pas une autre !) pour être bien coiffé, ainsi qu’un filet pour protéger ses cheveux la nuit.

 

D’une manière générale, McGill n’est pas vraiment ce qu’il prétend, et ce sera un immense mensonge qui va se dérouler sous nos yeux, entrecoupé de moments de vérité : ils sont tout de même recherchés par la police parce que prisonniers en fuite. Ce long mensonge a aussi d’autres collaborateurs eux aussi hauts en couleurs : Big Dan Teague (John « Walter » Goodman), Homer Stookes (Wayne Duvall).

Mais si McGill est ainsi, c’est surtout parce qu’il est inspiré d’un personnage beaucoup plus célèbre et lui aussi beau parleur : Ulysse (3), celui d’Homère. Mais cette Odyssée est passée à la moulinette des frères Coen pour en devenir l’une des plus belles parodies. Et on va s’amuser à retrouver les éléments mythologiques dans cette comédie débridée (et absurde, cela va de soi) : les Lotophages, le Cyclope, les Sirènes (les plus faciles à identifier) ou encore le passage chez Circé (plus dur, déjà)…

 

Et on s’amuse d’un bout à l’autre, les Coen jouant sur tous les niveaux de comiques sans toutefois sortir de la période qui elle, n’encourageait pas vraiment la rigolade. Et à travers ces pérégrinations, on va retrouver les éléments du Sud traditionnel : les bayous, la musique noire, et le Klan ! C’est l’occasion d’une séquence un tantinet déjantée elle aussi avec chorégraphies inspirées de celles qu’on pouvait hélas voir quelques milliers de kilomètres plus à l’Est à la même époque (Le Triomphe de la volonté, 1935).

Et à l’arrivée, nous avons un road-movie inoubliable, avec en prime la Rédemption inévitable et donc le salut. Mais une question demeure tout de même : ont-ils vraiment changé entre leur départ précipité (et pour cause) et cette drôle de happy end ?

Pas sûr…

 

  1. Il est sur la zone inondable d’un barrage.
  2. Penny, pour Penelope, bien entendu.
  3. D’Où son premier prénom.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #George Clooney
The monuments Men (George Clooney, 2014)

1943.
Pendant que les nazis pillent l’Europe, Frank Stokes (George Clooney) est investi d’une mission : retrouver les œuvres d’art pillée par ces affreux personnages. Il va engager un groupe de six hommes autour de lui : James Granger (Matt Damon), Richard Campbell (Bill Murray), Walter Garfield (John Goodman qui interprète à nouveau un Walter), Jean-Claude Clermont (Jean Dujardin), Donald Jeffries (Hugh Bonneville) et Preston Savitz (Bob Balaban), tous spécialistes des arts, si pas des armes.

Ils vont remonter les différentes routes prises par les œuvres d’art avant une éventuelle destruction, programmée en cas de défaite allemande et surtout de disparition de son guide suprême.

Un mois après le Débarquement, les Monuments Men arrivent en France et commencent leur travail, qui les mènera jusqu’à la fin de la guerre, et même après.

 

C’est au film de guerre que George Clooney s’attaque pour son cinquième film, encore une fois inspiré d’une histoire vraie (1). Cette traque permit tout de même de retrouver une très grande partie des œuvres pillées, même si elles ne purent pas toutes être restituées : beaucoup de leurs propriétaires ayant été tués par les nazis.

On peut considérer cette quête un tantinet déplacée par rapport aux véritables combats qui eurent lieu dans le même temps, tuant des centaines de milliers d’hommes. Et cette réflexion point à différents moments du film jusqu’à sa conclusion. Et la meilleure justification de cette mission incongrue en apparence est donnée par Stokes avant que commence pour eux les recherches : on ne détruit totalement un peuple ou une civilisation qu’en s’attaquant à sa culture qui en fait sa grandeur.

 

Si le film n’eut pas le succès escompté, il n’en demeure tout de même un bel hommage à ces hommes et femmes qui se sont battus à leur manière contre  les nazis. Et les interprètes e ces Monument Men sont à la hauteur de leurs rôles. Et Clooney, qui traite ici un sujet grave, réussit à placer quelques touches comiques qui éclairent ce film parfois sombre, surtout dans son rapport à la guerre.

Sans oublier l’indispensable émotion qui nous étreint à certains moments, dans les bons comme dans les mauvais moments.

 

Les bons moments, c’est quand Richard Campbell se lave et que Savitz lui passe le message enregistré par sa fille sur le haut-parleur du camp, qui lui chante un émouvant Have yourself a merry little Christmas, qui va mêler les larmes d’émotion de ce dernier avec l’eau de la douche, le tout pendant qu’à des dizaines (des centaines ?) de kilomètres de là, Stokes et Epstein (Dimitri Leonidas) ramènent un homme blessé à l’hôpital de campagne.

Les mauvais, c’est la destruction au lance-flamme des œuvres d’art dirigée par le colonel Wegner (Holger Handtke) : c’est une attaque terrible pour un amateur d’art comme moi que de voir ces chefs-d’œuvre réduits à néant inutilement. On retrouve le même gâchis que lors de ces autodafés géants qui voyaient les livres brûler par le fait de ces mêmes personnes répugnantes.

 

Et puis il y a la guerre. Si nos héros n’en sont pas des foudres, elle demeure tout de même omniprésente : par ses dégâts (des ruines innombrables) et ses incursions dans l’histoire de ces hommes. Tous ne reviendront pas vivants (je vous laisse découvrir qui y reste), donnant une nouvelle raison d’existence à ce fantastique projet.

On y retrouve aussi quelques éléments déjà vus dans d’autres films : je pense notamment cet enfant qui se bat comme un soldat et qu’on peut trouver dans The Horsemen de John Ford ou plus près de nous The big red One de Samuel Fuller. Bien sûr, on pense aussi au Train de Frankenheimer, et on retrouve Cate Blanchett (Claire Simone) interprète un avatar de Rose Valland (Suzanne Flon chez Frankenheimer) qui fut conservatrice au Musée du Jeu de Paume et qui participa à ces Monuments Men, ou plutôt au projet : Monuments, Fine Arts, and Archives program. Puisque nous n’avons pas droit à des « Monuments Women »…

 

Bref, un film aussi nécessaire que les personnes et leurs actions décrites dedans. Où la guerre s’oublie le temps d’une émotion, surtout due aux œuvres d’art, mais revient toujours plus dure, rappelant que cette mission était avant tout militaire et surtout très périlleuse.

Et si vous trouvez que le vieil homme qui conclut le film a un faux air de George Clooney, c’est tout à fait normal : c’est son père, Nick Clooney.

 

  1. Les noms des différents membres des Monuments Men (les vrais) ne sont pas repris ici : nous sommes au cinéma.
The monuments Men (George Clooney, 2014)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Sport, #George Clooney
Jeux de Dupes (Leatherheads - George Clooney, 2008)

« Jeux de Dupes ». Quelle traduction (1) !

Le titre original est Leatherheads, qu’on peut traduire par « tête de cuir », du fait des casques utilisés dans les années 1920s pour le football (américain, cela va de soi).

Parce que c’est un film sur le football, au moment où le jeu va se professionnaliser, avec les contraintes et surtout les règles que cela implique.

Nous suivons deux joueurs emblématiques : un jeune qui monte – Carter Rutherford (John Krasinski) et un autre qui est sur la fin – Jimmy « Dodge » Connelly (George « What else » Clooney), alors que le sport est en pleine mutation.

C’est d’ailleurs Dodge qui va initier cette mutation, utilisant Carter « The Bullet » Rutherford pour promouvoir le jeu et éviter à son club (les Duluth Bulldogs) de disparaître.

Mais cette initiative va échapper au contrôle des principaux concernés et l’état va donc y mettre de l’ordre en nommant un responsable national, entérinant la professionnalisation de ce sport.

 

Encore une fois la troisième), George Clooney nous invite à un voyage dan le temps, dans cette histoire des Etats-Unis que nous Européens ne connaissons pas vraiment.

Après les années 1970s (Confession of a dangerous Mind) et les années 1950s (Good Night, and good luck), nous plongeons en plein cœur des années 1920s. Et en plus on s’y amuse beaucoup, l’équipe des Bulldogs n’étant pas vraiment une équipe comparable à celles qu’on peut voir chaque année au Superbowl, l’un des rares événements retransmis sur les chaînes européennes.

Ni d’ailleurs leur façon de jouer qui se rapproche plus du combat de rue que du sport. Il faut dire qu’à cette époque, les règles étaient on ne peut plus floues et plutôt sujettes à l’appréciation de l’arbitre – quand celui-ci réussissait à finir le match en un seul morceau.

 

Ajoutez à cela une sous-intrigue concernant Carter sur son expérience pendant la Grande Guerre – il aurait capturé les soldats de toute une tranchée seul – et vous avez l’élément manquant de l’intrigue : la femme.

Elle est journaliste et s’appelle Lexie Littleton (Renée Zellweger) et enquête sur les conditions de la reddition de la tranchée ; embarrassant grandement Carter qui aurait préféré des échanges un tantinet plus légers (2).

Cela nous amènera à un rapide épisode dans la tranchée, expliquant comment Carter a réellement contribué à la reddition de cette tranchée.

 

Mais bien sûr, c’est avant tout l’aspect sportif qui nous intéresse le plus ici, même si la reconstitution est encore une fois bien réalisée : Clooney prend un soin minutieux à recréer l’atmosphère de cette époque, usant de photographies en noir et blanc rappelant très bien l’importance des journaux à cette époque,

Et surtout, il renoue avec la tradition hollywoodienne de ces comédies (presque) intemporelles (3), qui vont surtout s’épanouir dans les années 1930s avec en particulier Frank Capra.

Parce qu’en plus, on s’amuse.

 

On s’amuse de cette équipe de bras (presque) cassés obligés de louvoyer et prendre certaines libertés pour emporter la victoire, contraints par l’évolution des mœurs de jouer « proprement », sous peine d’éviction (pour Dodge, surtout). Bien évidemment, Dodge n’en fera qu’à sa tête, mais s’il jouait réglo, où serait l’intérêt et surtout le plaisir ?

Mais derrière cette comédie brillante, pointe une réalité entrevue, noyée dans les différentes sous-intrigues du film : les joueurs de cette époque n’étaient absolument pas considérés : quand les Bulldogs doivent mettre la clef sous la porte, tous les joueurs (sauf Dodge) doivent réintégrer la « vie active » et s’affairer à des métiers non qualifiés et surtout pénibles : la mine, le ramassage des fruits, l’usine…

Dodge échappe à cet univers pénible mais pour se retrouver dans une situation qui n’dst guère plus enviable : la fonctionnaire de l’agence du chômage ne peut le classer dans une rubrique en rapport avec ses qualifications. Normal, il n’en a pas : jouer au football est un loisir, pas un gagne-pain.

 

Bref, Clooney réalise ici une comédie subtile, alliant avec bonheur les éléments comiques plus ou moins faciles, rappelant sur certains côtés le cinéma burlesque (muet) de l’époque, soutenu par la musique contemporaine à cette période. Parsemant son intrigue de quelques éléments d’actualité : la Prohibition et surtout les speakeasy et leur alcool de contrebande ; la radio et le langage réglementé…

Comme quoi on peut faire un saut dans le temps sans oublier de rire, même avec des sujets pas si comiques que ça.

 

Un plaisir, encore une fois.

 

  1. Encore !
  2. Le charme de Renée Zellweger incite plus à cette inclination.
  3. Si ce n’est le contexte, les éléments sont toujours les mêmes

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #George Clooney
Confessions d'un Homme dangereux (Confessions of a dangerous Mind - George Clooney, 2002)

Chuck Barris (Sam Rockwell) était un homme de télévision qui imagina des émissions de télévision, surtout à partir de la fin des années 1960s, jusqu’au début des années 1980s. Parmi elles, certaines qui ont connu des adaptations dans d’autres pays comme The dating Game (1965) ou encore the Newly Wed Game (1966)…

Mais parallèlement à cette profession, il travaillait sous contrat pour la CIA, exécutant des indésirables, le tout bien sûr, pour la défense de l’Amérique et de son mode de vie…

 

Pour son premier film en tant que réalisateur, George Clooney fait déjà appel à un second rôle éternel et prestigieux : Sam Rockwell (1). Et déjà, c’est le monde de la télévision qui lui sert de cadre d’intrigue, même si de nombreuses séquences sont censées se passer dans quelques régions du globe où son personnage doit y exécuter de contrats.

Mais alors que dans Good Night, and good luck il rend hommage à une certaine forme de journalisme à l’éthique irréprochable, ici celle de Chuck Barris (1929-2017) peut présenter quelques lacunes voire être carrément remise en question.

Le titre original est, à ce propos, des plus intéressants : c’est d’un esprit dangereux qu’il est question, ce qui ne réduit pas Barris à un simple tueur à gages (2). Et si la mort fait partie de son mode de vie, il lui est d’un autre côté reproché d’abêtir les foules en proposant des émissions idiotes voire méprisantes (the Gong Show, 1976).

 

Encore une fois, le fait que le film soit réalisé par quelqu’un qui est avant tout un acteur amène un film où ceux et celles qui sont de la même catégorie vont avoir la part belle. Et Sam Rockwell est impeccable dans le rôle de ce personnage pas si lisse que ça, ou tout du moins de ce qu’il montrait au public. Et cette interprétation passe par une évolution de l’intrigue qui démarre comme n’importe quelle comédie mais va progressivement se muer en tragédie.

C’est Barris, tout comme dans son livre d’où est tirée cette histoire, qui raconte : debout, nu devant une télévision allumée, il fait un retour sur sa vie, de l’enfance jusqu’à ce moment de 1981 qui le voit au début devant le serment présidentiel de Ronald Reagan, autre acteur de cinéma.

 

Et cette longue narration va jouer sur les effets visuels, rapprochant les gens éloignés comme peut le faire le téléphone, mais sans franchement couper l’écran en deux comme on peut le voir habituellement : ici, le décor inclut la personne qui est au loin comme si elle était dans une pièce ouverte adjacente.

De même, nous allons assister à une détérioration du personnage principal, comme si cet esprit dangereux du titre original avait gangréné le corps de Barris : le niveau de ses émissions baisse à mesure qu’il avance dans son métier parallèle de tueur.

Sans oublier bien sûr l’utilisation de substances qui, sans être montrée, ont un impact sur le comportement de Barris (drogue ? Alcool ? Autre… ?).

 

De plus, tout comme le sera Ed Murrow dans le film suivant de George Clooney, Chuck Barris est seul. Il est seul aussi du fait de son travail supplémentaire pour la CIA : l’anonymat et la discrétion sont les deux principes de base d’un tueur efficace.

Et si Murrow avait Friend pour l’épauler, ici, c’est Penny (Drew Barrymore) qui permet à Barris de ne pas sombrer dans la solitude absolue. Certes, elle n’a pas le même rôle : Friend était surtout un collègue pour Murrow, alors qu’il y a une dimension amoureuse dans la relation qu’entretient Barris avec la jeune femme.

 

Mais cette solitude s’arrête au moment où Barris va finir son autobiographie dans laquelle il reconnaît n’avoir pas été un homme de télévision irréprochable.

Je vis encore vous parler de rédemption, mais je n’y peux rien : c’est un film américain…

En effet, nous assistons alors à une nouvelle naissance – la nudité du personnage quand il raconte en est un élément important, (quand on naît, on est rarement habillé…) – provoquée  toutes ces confessions peu brillantes : c’est un nouveau départ pour lui car, comme toujours, l’absolution suit immanquablement la confession. C’est alors un être nouveau qui en sort, libéré de ses péchés ou/et ses travers, prêt à une nouvelle vie (3).

 

 

PS : le film, situé entre deux épisodes de la trilogie Ocean’s nous permet de retrouver quelques personnalités. Outre Steven Soderbergh qui produit, et Julia Roberts qui est un des contacts de Chuck pendant ses missions, Brad Pitt et Matt Damon font une apparition remarquée et savoureuse : je vous laisse la découvrir…

  1. Il en fera de même pour Good Night and good luck comme nous l’avons déjà vu ici même.
  2. Ses contrats sont assez lucratifs.
  3. Enfin, c’est ce qui doit se passer dans l’absolu…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #George Clooney
Good Night, and good luck (George Clooney, 2005)

Des visages de gens attablés, en noir et blanc, qui passent du bon temps ensemble (1). C’est ainsi que commence le film, lors d’une célébration du journaliste de télévision Edward R. Murrow (David Strathairn), pour son travail à CBS. Nous sommes en 1958, et Murrow revient sur son combat antérieur contre le célèbre sénateur Joseph McCarthy et son acharnement à trouver des agents soviétiques dans tous les corps de métier du pays.

 

« Bonne nuit, et bonne chance », c’est ce que répétait à la fin de chacune de ses émissions ce même Ed Murrow (1908-1965) sur la chaîne CBS dans les années 1950s. Quand le film commence, nous sommes en 1953, et il semble que McCarthy a fait un pas de trop dans sa croisade/chasse aux sorcières : un soldat a été mis à pied parce que son père, d’origine serbe, lisait un journal dans sa langue maternelle. Et comme le soulignait le discours de Fulton (par Churchill le 5 mars 1946), l’opposition Est-Ouest est des plus effectives, réduisant le monde en deux camps sans aucune nuance.

 

Trois ans après Confessions d’un homme dangereux, George « What else » Clooney retourne derrière la caméra et nous propose à nouveau comme cadre la télévision américaine. Mais cette fois-ci, l’intrigue reste essentiellement dans les studios de CBS, où on assiste à une forme de joute oratoire entre Murrow et McCarthy, amenant dans le même temps des dommages collatéraux (2). Sans oublier que cette campagne va fragiliser la chaîne, après le retrait d’un de ses sponsors le plus important, amenant une série de licenciements, semble-t-il inévitables.

 

Il était tout de même temps que David Strathairn, éternel second rôle du cinéma américain ait pour une fois la vedette dans un film de relative importance. Et qui d’autre est le mieux placé pour mettre en valeur un acteur qu’un autre acteur, en l’occurrence le beau George. De plus, l’utilisation du noir et blanc permet l’insertion d’archives de la commission – HUAC (3) – dirigée par « Big Joe ».

C’est donc un film d’acteur(s) où Strathairn campe un Murrow très fidèle à son modèle, proposant des émissions de qualité et surtout où on ne prend pas le spectateur pour un imbécile. Cela ne vaut bien sûr que pour les émissions elles-mêmes, la réclame (on appelait ça ainsi en France à la même période) qui y est diffusée ayant tendance à en prendre le contrepied (publicité pour les cigarettes). 

Et avec le développement de l’intrigue qui nous amène à la veille de la chute du sénateur, c’est toute une époque qui est retracée dans ces noirs et blancs superbes dus à la caméra de Robert Elswitt.

 

Certains diront que cette période est définitivement révolue et j’aurai du mal à objecter le contraire, tant le sérieux montré par Murrow/Strathairn est bien loin de la démonstration actuelle qu’on peut trouver sur certaines chaînes à grande audience, préférant se focaliser sur l’image au dépend de l’information.

De plus, la posture que prend le journaliste devant la caméra est des plus impensables aujourd’hui : la présence d’une cigarette qui plus est allumée dans sa main pendant les émissions en étant la première cause.

 

Mais surtout, ce qu’on peut aujourd’hui regretter en voyant ce film, c’est le professionnalisme  et l’éthique qui ont tendance à se galvauder de nos jours, les puissants interviouvés ou les journalistes qui le font ayant recours à ce qu’on appelle des « fake news », américanisme qui cache un terme beaucoup plus crû et définitif : le mensonge. Et cette éthique d’un autre âge est d’autant plus remarquable que les téléspectateurs de l’époque n’avaient pas la même possibilité de vérifier les informations qu’on leur apportait.

Et je pense tout de même qu’il existe encore des journalistes de la trempe de Murrow ou Fred Friendly (George Clooney), son complice pendant toutes ces années, mais qu’il est toujours plus facile d’entendre un mensonge rassurant qu’une vérité dérangeante, sans oublier dans le même temps la paresse de ces mêmes spectateurs qui prennent pour argent comptant tout ce qu’on leur dit.

 

Mais ce débat n’a pas sa place dans cette chronique, même si à travers Murrow & C°, George Clooney rend hommage à ce qu’était le journalisme d’investigation d’après-guerre, et son film s’inscrit dans la même lignée que d’autres traitant de ce même sujet – l’information : les inoubliables All the President’s Men ou encore The Post (4).

 

 

PS : A noter la présence de Grant Heslov qui joue et a coécrit le scénario avec Clooney. Heslov tournera avec ce dernier The Men who stare at goats.
PPS : Ainsi que celle – involontaire mais inévitable – de Joseph N. Welch dans son propre rôle, lui qui fut le juge dans le magnifique Anatomy of a Murder (Otto Preminger, 1959)

 

  1. On y reconnaît les différents interprètes sans pour autant deviner où nous ni quand sommes. Un élément pourtant permet de dater ce film dans les années 1950 : un appareil photo qui capture certains de ces instants plutôt festifs.
  2. Outre la déchéance de McCarthy après le blâme qu’il reçut du Sénat en décembre 1954, Don Hollenbeck (1909-1954) se suicidera, suite aux différents articles qui seront publiés pendant la même période, surtout ceux d’un journaliste des plus conservateurs du New York Journal American, soutien farouche du sénateur du Wisconsin.
  3. House Un-American Activities Committee.
  4. Pour ceux qui ont du mal avec la langue de Shakespeare (!) : Les Hommes du Président (Alan J. Pakula, 1976) et Pentagone Papers (Steven Spielberg, 2017)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Grant Heslov, #George Clooney, #Guerre
Les Chèvres du Pentagone (The Men who stare at goats - Grant Heslov, 2009)

Robert Wilton (Ewan McGregor) est un obscur journaliste d’un quotidien local qui interviouve un jour Gus Lacey (Steven Root). Celui lui dévoile l’existence d’un bataillon parapsychologique à l’intérieur de l’armée américaine, dirigé par un allumé de première, Bill Django (Jeff « el Duderino » Bridges).

En Irak pour oublier sa femme qui l’a quittée, il rencontre alors le mythique Lyn « Skip » Cassady (George « What else » Clooney) qui fut un membre très actif de ce corps d’armée.

Ce bataillon très « peace and love » avait pour mission de faire la guerre de façon pacifique : bref, beaucoup d’argent dépensé pour des résultats on ne peut douteux…

 

La première séquence donne le ton :

Nous voyons le visage d’un homme (le général de brigade Hopgood/Stephen Lang) concentré sur un élément (le mur en face de lui) avant de se décider : il va sortir de son bureau. Il prend son élan, se concentrant une dernière fois et il s’élance… Contre le mur !

Et bien sûr, il n’arrive pas à passer à travers…

 

On n’a plus beaucoup l’habitude des films comiques prenant pour cadre la guerre. De plus, le film évite – facilement – l’écueil des films de bidasses à l’humour lourdingue et de mauvais goût.

Or, il se trouve que ce bataillon a réellement existé, comme cela est annoncé au début du film et rappelé à la fin (1).

Mais le traitement qui en est fait se met en place très rapidement, baignant le spectateur dans une atmosphère un tantinet déjantée que même l’arrivée du maléfique Larry Hooper (Kevin Spacey) n’arrive pas à complètement détruire.

Il faut dire que le titre original – Les Hommes qui fixent les chèvres – a de quoi dérouter : c’est d’abord le hamster de Lacey puis une chèvre qui tombent raides morts suite à un regard fixe appuyé.

Sans oublier le regard brillant qui permet à Lyn de dissiper les nuages…

 

Il n’est pas étonnant que ce film ait reçu un accueil des plus mitigés, surtout qu’à la même époque, les soldats américains étaient toujours en guerre en Irak suite aux annonces (fausses) de présence d’armes de destruction massive (2).

Mais c’est surtout la distribution qui fait de ce film qu’on s’y amuse beaucoup : le quatuor (Clooney-McGregor-Bridges-Spacey) est à la hauteur (3), amenant une dimension antimilitariste inévitable, due surtout à l’utilisation de LSD dans la nourriture. Quant à Jeff Bridges en gourou lebovskien, on en redemande !

 

Bref, c’est un film foutraque où le sérieux ne l’est pas beaucoup et où les références abondent. Celle aux guerriers « Jedi » pour les différents membres de ce bataillon (4) est d’autant plus savoureuse que Ewan McGregor avait interprété Obi-Wan Kenobi par trois fois entre 1999 et 2005…

 

  1. Il faut d’ailleurs rester jusqu’au bout du générique de fin pour découvrir une annonce qui n’est pas piquée des vers, dernier avatar comique de ce film.
  2. La guerre se finira officiellement le 18 décembre 2011.
  3. Avec une mention spéciale pour George Clooney
  4. La création a eu lieu en 1978, un an après le film de l’autre George (Lucas)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #David O. Russell, #George Clooney
Les Rois du désert (Three Kings - David O. Russell, 1999)

1991.

La (première) Guerre du Golfe est terminée. Les soldats américains célèbrent leur victoire en attendant le retour au pays.

Parmi eux, quatre hommes découvrent un plan menant au bunker où Saddam Hussein a entreposé l’or volé au Koweït : le major Archie Gates (George Clooney), Troy Barlow (Mark Wahlberg), le sergent-chef Elgin (Ice Cube) et Conrad Vig (Spike Jonze, dont c’est la première participation en tant qu’acteur dans un film).

Subrepticement, ils quittent leur base pour mettre la main sous les lingots.

Bien sûr, tout ne se passe pas comme prévu, et loin de là !

 

David O. Russell dit avoir été inspiré par Kelly’s Heroes (Brian G. Hutton & Co, 1970) et on y retrouve une similitude dans l’action : les lingots allemands sont remplacés ici par ceux du Koweït. S’ensuit alors une aventure rocambolesque où ceux qui étaient partis chercher tranquillement de l’or, pendant la période désorganisée qui suivit le cessez-le-feu (février-mars 1991).

 

Dès la séquence d’ouverture, le ton est donné : ce que nous allons voir n’est pas bien sérieux, les quatre soldats ressemblent plus à des pieds nickelés qu’à autre chose. Sauf que le seul facteur qu’ils ont oublié dans leur expédition, c’est le plus important : le facteur humain !

Alors pas étonnant que toute cette histoire parte en quenouille.

Mais d’un autre côté, tant mieux : ces quatre zozos ne sont pas de vrais bandits, et surtout ils sont en Irak pour sortir de leur routine professionnelle peu intéressante.

Et si les lingots restent tout de même l’enjeu premier de leur expédition, les complications leur vaudront une rétribution qui elle, n’a pas de prix.

 

En effet, alors que tout est OK et qu’ils vont pouvoir repartir avec l’intégralité du butin, ils prennent conscience de ce que la fin de la guerre signifie, surtout que Saddam Hussein n’a pas (encore) été chassé du pouvoir, et que les « rebelles » qui soutenaient la Coalition vont être tout simplement massacrés une fois les troupes rentrées chez elles.

Alors ce qui n’était qu’une simple expédition de pillage devient une opération de sauvetage aux conséquences qui sont loin d’être anodines : rupture du cessez-le-feu et convoi de réfugiés à la frontière iranienne ne font absolument pas partie de la feuille de route de l’armée américaine (ni des autres armées de la coalition d’ailleurs).

 

Et progressivement, le sérieux va prendre la place du comique, sans toutefois en laisser un peu, le soldat Vig étant un numéro bien particulier.

Et ça marche. On se réjouit autant du changement d’attitude de ces quatre hommes qui voient pourtant leur magot fondre comme neige au soleil, tandis que leur engagement se précise de plus en plus jusqu’à mettre en péril les opérations officielles (négociations, tractations, etc.) pour ce qui n’est rien d’autre qu’une entreprise criminelle, de haut vol certes, mais tout de même criminelle.

 

Bien sûr, cette histoire est improbable. Mais tout d’abord, je vous rappelle qu’on est au cinéma, et puis si ion a envie de croire à cette belle expédition. Surtout quand on sait que finalement, l’opération Tempête du Désert n’a pas fait beaucoup évoluer les choses : Saddam a continué de diriger son pays d’une main de fer, profitant de la fin des conflits pour régler quelques affaires intérieurs en massacrant les Kurdes et les Chiites qui s’étaient rebellés.

 

Bref, un film de guerre particulier, mêlant humour et émotion, avec tout de même quelques piques contre cette intervention de type Guerre Mondiale qui ne changea pas grand-chose en vérité.

 

PS : le titre original Trois Rois vient d’une chanson interprétée par l’un des quatre, et représente aussi la réalité finale de l’intrigue. Je vous laisse donc découvrir qui n’ira pas jusqu’au bout...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Jodie Foster, #George Clooney
Money Monster (Jodie Foster, 2016)

Money Monster, c’est une émission de télévision en direct, présentée par le célèbre Lee Gates (George Clooney) et produite par Patty Fenn (Julia Roberts).

Le sujet de ce soir (-là) : IBIS, une société dirigée par Walt Camby (Dominic West), qui vient de subir une perte record – 800.000.000 $ (1) – du fait d’un bug informatique, le célèbre glitch.

SI c’est un coup dur pour une société, c’est un coup certainement au moins aussi dur sinon plus pour ceux qui ont tout misé sur cette société.

C’est le cas de Kyle Budwell (Jack O’Connell), qui a perdu 60.000 $ (1). C’est pourquoi ce même soir, il entre dans le studio de l’émission et prend en otage Lee Gates, responsable selon lui de sa banqueroute.

 

Cinq ans après Le Complexe du castor à propos de la dépression, Jodie Foster s’attaque à un autre fléau de la société : la finance. A travers cette histoire dramatique de cet homme qui n’a plus rien à perdre (IBIS s’est chargé du reste), c’’est tout un système qu’elle pointe du doigt sans toutefois privilégier un camp ou un autre. En effet, si IBIS a causé de grands dégâts chez les petits porteurs, le système est-il mauvais seulement quand on perd ? Jamais on ne voit le côté défendu par Camby : quand on amasse, personne ne se plaint jamais. Et si on peut (doit ? pour moi oui, mais ce n’est pas de moi qu’il s’agit) condamner cette pratique qui spécule sur la vie d’autrui (2), on ne peut pas ignorer ces (ses) arguments.

 

Mais encore une fois, le personnage principal de cette histoire n’est pas celui qu’on croit : si Gates est une espèce de requin, valet des capitalistes et tout ce que vous voulez d’autre, c’est tout de même Kyle le personnage qui nous intéresse le plus. Même si Gates est la cible première de Kyle, on ne peut que le comprendre : Gates représente cette haute finance qui daigne partager ses miettes avec les petits, donnant l’illusion que tout le monde est gagnant et que l’Amérique, décidément, est une véritable terre d’opportunité(s). A moins que ce soit d’opportunisme…

 

Kyle est le pauvre type qui a tout raté, qui tente de survivre et voit en Gates un allié » formidable : il boit comme du petit lait ce que ce dernier raconte à la télévision. Mais c’est justement quand il s’aperçoit qu’il a tout raté, même cette expédition, que la vérité lui saute aux yeux : Gates a beau motiver ses spectateurs, il ne met pas un cent dans les affaires qu’il recommande…

Mais ce monstre titulaire (du film comme de l’émission éponyme) n’est finalement pas celui qu’on croit : non, Gates a beau être un rapace au sourire carnassier (3), il n’est pas le vrai salaud de l’histoire. Et encore une fois, Kyle, comme tous ceux qui lui ressemblent, se trompe de cible. On ne doit pas condamner le messager, même s’il est aussi retors que Lee.

Pourtant, il est un fait qui n’est jamais clairement dit, c’est que Lee est avant tout une espèce de journaliste, spécialisé dans la finance et qui analyse la situation avec une grande régularité et très certainement une forme d’honnêteté.

En prenant en otage ce curieux individu, Kyle va lui rendre un sacré service : il va le réformer, et amener, encore une fois, sa rédemption. En effet, avec (grâce à) cette prise d’otage, Patty Fenn et Lee Gates vont – enfin ? – exercer réellement leur métier. Car si IBIS a perdu de l’argent, on ne peut pas se contenter d’un « glitch ». Il y a obligatoirement quelque chose derrière tout ça.

Et Patty, ainsi que Lee – son bras armé en quelque sorte – vont fouiller le contexte de cette faillite (fuite ?) de capitaux. Ils sont pressés par le temps et surtout la menace de Kyle qui a décidé de tout faire sauter s’il n’est pas entendu par le(s) responsable(s) de son marasme.

 

Alors on a cette quête de la vérité qui devrait toujours être le but recherché à partir du moment où on informe. Chaque déclaration, chaque action a ses répercussions. Et c’est le cas pour celui qui présente le journal comme celui qui annonce le temps du lendemain. Ses déclarations ont un impact, et cet impact peut devenir une arme terrible, dans les mains de n’importe qui.

 

Je terminerai en remarquant un certain timing dans la sortie de ce film. En effet, en 2016 se tenaient les élections présidentielles américaines, où l’information fut encore une fois l’un des facteurs les plus déterminants de ce scrutin. Mais si en 1960, Kennedy fut aussi élu parce que Nixon avait une allure de mal rasé à l’écran, en 2016, ce sont des informations pas toujours vérifiées qui ont inondé les télévisions et le net mondial, amenant un résultat qui me semble peu glorieux pour un pays comme les Etats-Unis. Maintenant, qui suis-je pour critiquer alors que je vis dans un pays où celui qui a été élu le fut essentiellement parce qu’on ne voulait pas de l’autre ?

 

Quoi qu’il en soit, ce film reste (et restera très certainement) très actuel : combien de personnes vérifient réellement l’information qu’elles reçoivent, par facilité, paresse ou même conviction ? Parce qu’il est toujours plus facile de croire ce qu’on a envie d’entendre que cette « affreuse vérité », qui n’a plus rien à voir avec celle de Leo McCarey (4)…

 

 

  1. C’est toujours plus impressionnant en chiffres !
  2. Les marchés sont ainsi faits : quand quelqu’un gagne beaucoup, c’est que quelqu’un d’autre perd autant. Il s’agit tout simplement du principe des vases communiquant.
  3. C’est l’image traditionnelle qu’on se fait de ce genre de personnage…
  4. The awful Truth (Cette sacrée Vérité, 1937)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Thirteen (Steven Soderbergh, 2007)

Et de trois !

 

Danny Ocean (George Clooney) revient une dernière fois pour un nouveau coup du siècle (que va-t-il rester pour les braqueurs suivants ?). Avec lui, sa fine équipe de monte-en-l’air le suit dans une aventure qui nous ramène aux origines : Las Vegas.

Mais cette fois-ci, il n’est pas question de s’attaquer à Benedict (Andy Garcia). Il existe un autre genre de patron de casino, de la pire espèce : Willy Bank (Al Pacino).

Al Pacino est un ami de Reuben (Elliot Gould). Mais si ce dernier n’est pas toujours du bon côté de la loi, il a un sens de l’honneur qui fait cruellement défaut à Bank. De plus, ils sont unis par un lien invisible et indéfectible : ils ont serré la main de Sinatra !

Et comme Bank, de par sa malhonnêteté (oui, chez les voleurs, on sait rester honnête !), a failli tuer Reuben, Danny et ses copains ont décidé de donner une bonne leçon à cet importun.

 

On retrouve donc les mêmes protagonistes, de Danny Ocean à Saul Bloom (Carl Reiner), en passant par Frank (Bernie Mac, qui mourra un an après la sortie du film), Livingston (Eddie Jemison), ou encore les frères (ennemis) Malloy (Casey Affleck & Scott Caan, le fils de James)…

Sans oublier l’incontournable Terry Benedict, qui, pour cette occasion passe de l’autre côté ( ?).


Mais si nous nous retrouvons dans un schéma éprouvé, le renouvellement se fait avant tout dans les motivations de notre équipe préférée. Alors que le premier coup (2001) permettait à nos voleurs de devenir riches assez rapidement, que le deuxième coup (2004) leur permettait de sauver leur peau, ici, il en va tout autrement : il s’agit d’une vengeance contre un personnage qui a l’avantage de faire converger toutes les antipathies du milieu : autant dire que nous spectateurs sommes absolument conquis par cette idée et allons soutenir cette entreprise.

En effet, et comme le dit le proverbe : « voler un voleur, ce n’est pas voler. »

Enfin, un petit peu quand même…

 

Nous sommes donc prêts à assister à un magnifique coup d’éclat. Et de ce côté-là, on n’est pas déçu. C’est à nouveau un festival de ruses, de faux-fuyants et entourloupes, exécutés de mains de maîtres, nous donnant un plaisir encore plus grand que dans les précédents épisodes : nous savons comment travaillent ces hommes, et nous réjouissons donc de les voir à nouveau enfumer leur(s) victime(s). Et la présence de François Toulour (Vincent Cassel) – le Renard de la Nuit, un tantinet mauvais joueur quant à ses déboires passés – ne les arrêtera pas, malgré la menace qui plane sur leur entreprise.

 

Ce sont donc deux heures de mise en place et exécution d’un plan réglé au millimètre, voire à la milliseconde, sans toutefois nous éviter un petit accroc de dernière minute – l’intervention de l’agent Caldwell (Bob Einstein) du FBI – afin de pimenter cette expédition au résultat (trop ?) couru d’avance.

Le tout avec un ton un peu plus ironique, un peu comme s’il existait une complicité entre les braqueurs et leurs spectateurs de l’autre côté de l’écran.


Et les femmes dans tout ça ? Si on excepte Abigail Sponder (Ellen Barkin) et Debbie, on ne les voit pas beaucoup. Ni Tess (Julia Roberts) ni Isabel (Catherine Zeta-Jones). C’est avant tout une histoire d’hommes, et surtout, comme le dit Danny : « ce n’est pas leur combat ! ».


Qu’importe, le résultat est là, et magnifiquement là.

 

 

PS : En prime, Deux beaux moments du film :
- Linus (Matt Damon) interprétant Lenny Pepperidge;
- Danny & Rusty (Brad Pitt) regardant Oprah Winfrey à la télévision.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Soderbergh, #Gangsters, #George Clooney
Ocean's Twelve (Steven Soderbergh, 2004)

Trois ans ont passé. Chacun est retourné vivre sa vie, profitant des quelques millions de dollars subtilisés à Terry Benedict (Andy Garcia).
C’est alors qu’entre en scène le Renard de la Nuit (the Night Fox – Vincent Cassel). Le Renard de la Nuit est très certainement le plus habile des voleurs dans le circuit. Et il semble un petit peu jaloux du coup fabuleux entrepris par nos onze experts.

Il leur propose donc une épreuve, et pour les faire accepter balance à Benedict les noms de ceux qui lui ont fait perdre son argent.

 

Le Renard de la Nuit est, bien entendu, français. Il est extrêmement sûr de lui (trop ?), et il atout à fait raison : c’est une véritable pointure. Et qui d’autre pour interpréter ce jeune artiste que Vincent Cassel, nouvelle star française des Américains et autres cinéphiles étrangers.

Mais malgré tout, c’est notre bande de voleurs qui restent nos préférés, l’outrecuidance de ce nouveau venu est un tantinet insupportable.

 

On reprend (presque) le même schéma, mais si tout commence comme il faut, rapidement le système s’effondre : les uns après les autres se retrouvent derrière les barreaux, et la promesse de Benedict de les éliminer s’ils ne remboursent pas n’est pas suspendue pour autant.

On assiste alors à une course contre la montre faussée par l’élément étranger qui n’a pas l’intention de leur céder la première place dans le hit parade des voleurs de génie.

 

Steven Soderbergh est à l’image de son équipe : un expert. Il reprend d’une certaine manière le même schéma que trois ans auparavant en réussissant l’exploit de faire effondrer le stratagème de Danny Ocean (George Clooney) et consort, tout en les faisant retomber sur leurs pattes (là encore, on ne peut imaginer une issue fatale à une telle équipe).

Nous suivons au plus près les préparatifs des différentes expéditions et tentatives de vol, comme dans le premier film, mais cette fois-ci, la machine bien huilée promise se grippe et on a recours à des expédients plus ou moins (surtout) efficaces, avec une magnifique mise en abîme : Julia Roberts joue Tess Ocean qui se fait passer pour Julia Roberts* devant un Bruce Willis (qui joue son propre rôle) amusé par cette performance.

 

Parce que c’est une magnifique performance, que Linus (Matt Damon, superbe candide en recherche d’affirmation de soi) ne cesse de vouloir évoquer sans qu’on le laisse finir sa phrase.

C’est bel et bien Tess qui est la douzième personne. Il était temps que les femmes trouvent leur place dans une telle organisation, qu’elle le veuille – Tess – ou non – Isabel Lahiri (Catherine Zeta-Jones). Il existe une troisième femme qui joue un rôle important que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait.

 

En plus de tout ceci, Soderbergh nous propose trois points de vue du casse (un œuf Fabergé, rien que ça), utilisant un montage parallèle pour nous montrer l’évolution des projets (les douze, Le Renard et Isabel, un temps la petite amie de Rusty (Brad Pitt). Mais si nous suivons cette évolution, le metteur en scène se garde par devers lui des cartouches qu’il nous envoie à la fin, nous faisant endosser à tour de rôle les trois points de vue sus nommés.

 

Encore une fois, c’est fabuleusement bluffant.

 

Vivement le troisième !

 

 

* Ne manquez pas le générique final !

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