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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

gloria swanson

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Allan Dwan, #Gloria Swanson, #Ford Sterling
Vedette (Stage struck - Allan Dwan, 1925)

Vous prenez Gloria Swanson, vous la placez dans une histoire un tantinet comique et vous avez un grand film.

Certes, c’est un tantinet raccourci, mais il n’empêche : Allan Dwan dirige (encore une fois) l’immense Gloria Swanson, et c’est un film formidable.

Je rappelle que Sam Wood l’avait dirigée trois ans plus tôt, et en plus avec l’autre immense star Rudolph Valentino, pour un résultat assez minable compte tenu de ce qu'on était en droit d’attendre.

Mais Allan Dwan n’étant pas Sam Wood, il savait vraiment tirer partie du meilleur de ses interprètes, surtout quand ceux-ci (ou en l’occurrence celle-ci) étaient de grandes stars.

 

Tout commence par le triomphe d’une immense comédienne (Gloria Swanson), star incontestée de la scène mondiale, jalousée par les grands de ce monde que tous veulent épouser. A son service, un cuisinier qui lui mitonne les plus improbables et plus délicieux plats imaginables (Lawrence Gray), nourri qu’il est lui-même de l’aura de cette immense personne qu’il a le privilège insigne de servir.

Sauf que Jenny Hagen (Gloria Swanson) ne fait que rêver cette vie de star et que si Orme Wilson (Lawrence Gray) est cuisinier, c’est pour un boui-boui où, s’entassent et se relaient les ouvriers (et ouvrières) de l’usine proche.

Le seul (vrai) problème pour Jenny, secrètement amoureuse d’Orme, c’est que ce dernier aime les « actrices ». Et comme le River Queen de Buck (Ford Sterling) amène régulièrement de nouvelles actrices, la concurrence est rude pour Jenny. Et la dernière arrivée est des plus coriaces : Lillian Lyons (Gertrude Astor).

 

.Comme je l’ai écrit plus haut, c’est un véritable plaisir que ce film d’Allan Dwan, dirigeant l’une des plus grandes stars du cinéma (muet en non), dans un rôle très éloigné de ce qu’elle a pu tourner chez DeMille. Mais ce qui fait la force de ce film, c’est la portée comique de cette même Gloria que Dwan a su – à de nombreuses occasions – tirer. Elle est absolument éblouissante et Dwan, par l’intermédiaire de son chef-opérateur George Webber dont ce n’est pas la première collaboration (ni la dernière).

 

Il y a chez Swanson un naturel dans le rôle de Jenny Hagen qu’on lui retrouve – d’une façon différente – dans ses rôles de grandes bourgeoise chez DeMille. Elle donne le meilleur d’elle-même et en plus, elle est très drôle !

La séquence de répétition d’actrice devant son miroir (déformant) est un grand moment de comédie, au même titre que Colleen Moore entraînant ses yeux dans Ella Cinders. Et d’une façon générale, la caméra de Webber est toujours au bon endroit et &u bon moment, variant les points de vues et surtout les cadrages.

 

A ses côtés, si Lawrence Gray est tout à fait acceptable, on notera la performance de Gertrude Astor, déjà dans un rôle de rivale (cf. Kiki, l’année suivante), mais avec un mauvais goût totalement assumé que même Sadie Thompson (encore Gloria Swanson) n’aura pas trois ans plus tard !

Elle n’en demeure pas moins très belle, mais ne peut décidément pas rivaliser avec les extraordinaires yeux de la belle Gloria ! (1)

 

Bref, un film ô combien réjouissant où Dwan et Swanson s’amusent, avec la manière. Et le spectateur aussi !

 

Indispensable !

 

  1. Quand Kevin Brownlow réalisera son indispensable Hollywood (1980), à chacune de ses interventions, on ne pourra que voir ses magnifiques yeux bleus, malgré ses 80 ans !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Lewis Milestone, #Richard Rosson, #Gloria Swanson
Mondaine (Fine Manners - Richard Rosson & Lewis Milestone, 1926)

31 décembre 1925 (?).

D’un côté, la folie de Time Square où les New-Yorkais sont venus en masse fêter le nouvel an. De l’autre, les salons feutrés où la haute bourgeoisie de cette même ville célèbre avec réserve cette même nouvelle année à venir.

Parmi eux, Brian Alden (Eugene O’Brien), immensément riche, s’ennuie et décide d’aller voir le vrai monde.

Arrivé – et bloqué – à Time Square, il fait la connaissance de la belle Orchid (1) Murphy (Gloria Swanson) qui est venue avec son frère qui, malgré ses ascendances irlandaises a tout d’un Sicilien…

Brian est follement amoureux d’Orchid, mais comment faire accepter une fille si populaire (pour ne pas dire vulgaire) dans sa caste si à cheval sur les convenances ?

 

Nous sommes en plein chant du cygne du cinéma muet, et si Mondaine n’est pas un chef-d’œuvre absolu, il n’en possède pas moins quelque intérêt.

Tout d’abord, il y a Gloria Swanson, dans un rôle bien loin – en partie – de ceux qu’elle a pu tourner avec Cecil B. DeMille : c’est une « fille du peuple » (comme on dit), aux manières franchement frustes, mais comme le signifie Brian, elle est authentique (2).

Il est clair qu’un monde sépare ces deux êtres, mais comme toujours, l’amour passe par là et la magie du cinéma fait le reste.

Encore que.

En effet, afin de rendre Orchid plus présentable auprès de ses pairs, Brian la fait « éduquer » par sa tante Agatha (Helen Dunbar) dont les manières sont des plus raffinées (d’où le titre original). Un peu trop d’ailleurs, au goût du spectateur et du scénariste, comme l’explique un intertitre plein d’esprit.

L’autre intérêt du film, c’est la présence à la réalisation (3) de Lewis Milestone, qui réalisera l’incontournable, impérissable et indémodable A l’Ouest, rien de nouveau.

 

Et autrement ?

Eh bien pas grand-chose. Si Gloria Swanson est, encore une fois, magnifique, Eugene O’Brien et Helen Dunbar ne déméritent pas à ses côtés. Mais c’est plus dans l’intrigue qu’on a de quoi être déçu.

En effet, si ce n’est quelques éclats de la belle Gloria pendant sa période d’« éducation », la part de comédie du film a tendance à s’effacer à mesure que le personnage d’Orchid évolue.

On aurait aimé – enfin surtout  moi, mais je ne dois pas être le seul – que fût développée la période de la transformation d’Orchid. Un peu à l’instar de d’Eliza Doolittle (Audrey Hepburn) dans My fair Lady, les différents efforts d’Agatha pour arriver à faire de cette fille du peuple une lady auraient été prétexte à quelques envolées comiques évidentes.

En effet, le  pouvoir comique de la belle Gloria était grand : n’oublions pas qu’elle a commencé à bonne école chez Mack Sennett !

 

Alors oui, c’est un peu dommage que la deuxième partie – la transformation – ait pris le pas sur la comédie qui se dessinait dans la première, empesant alors le film comme une réception de bourgeois à tendance aristocratique (le monde d’Alden, quoi).

Et si la fin est heureuse, elle ne peut empêcher de penser qu’on est passé tout près d’une comédie de haute volée.

Dommage.

 

  1. Oui, son prénom signifie orchidée.
  2. Il la qualifie même de « realest », néologisme signifiant « la plus vraie ».
  3. En sous-main de Richard Rosson, obscur réalisateur qui réalisa une vingtaine de films, étant plus à l’aise semble-t-il devant que derrière la caméra : plus de 80 films à son palmarès comme acteur.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Gloria Swanson, #Drame
L'Amour a-t-il un maître ? (Something to think about - Cecil B. DeMille, 1920)

Ruth (Gloria Swanson) a deux prétendants : Jim (Monte Blue) qui est beau est fort, et David (Elliott Dexter) qui est moins beau et surtout invalide.

Alors évidemment, c’est avec Jim qu’elle s’enfuit, se marie et file le parfait amour à la grande ville.

Malheureusement, Jim meurt dans un accident de mine. Ruth s’en retourne donc chez Luke son père (Theodore Roberts), affronter le reproche, avec le fruit de ses amours...

 

Cecil B. DeMille, Jeanie McPherson, Gloria Swanson, Theodore Roberts : pas de doute, nous sommes en territoire connu.

Mais ce qui diffère des autres films, c’est un ton d’une noirceur inhabituelle chez ces gens-là. Tout d’abord, Roberts et Swanson ne sont pas des membres de la haute bourgeoisie comme on a coutume de les voir chez DeMille.

Et si Swanson reste Swanson, il n’en va pas de même pour Roberts : loin de l’homme d’affaires plus ou moins scrupuleux, nous le retrouvons dans un rôle de forgeron avec une barbe aussi spectaculaire qu’improbable. D’ailleurs, on a parfois du mal à le reconnaître sous cet attribut pileux.

 

Si on retrouve les thèmes habituels du duo DeMille/McPherson, on est surpris de la tournure des événements. Que la belle Ruth s’enfuie avec le beau Jim, rien de bien surprenant. Par contre, c’est le sort qui attend ce même Jim qui amène l’élément perturbateur qui amène l’indispensable quête de rédemption que chacun va effectuer à sa manière.

Ruth par une forme d’humiliation en étant recueillie par David, pour sauver les apparences (et pas autre chose) ; David en évoluant dans sa pensée (1), accueillant l’Amour puisqu’il refuse Dieu (il n’y a d’ailleurs aucune différence entre les deux, si on en croit le discours un tantinet lénifiant mais surtout édifiant de la femme de ménage de David (Claire McDowell).

 

C’est d’ailleurs cet aspect religieux qui a tendance à alourdir le film, même si on retrouve dans le même temps quelques références dans l’intrigue.
Tout d’abord le prénom Ruth qui n’est pas anodin : en effet, il s’agit de celle dont la lignée va engendrer le roi David et si on en croit les Evangiles, Jésus comme expliqué dans les premiers versets de Matthieu (I:1-17), ce qui nous amène évidemment à David pour les même raisons.

Autre résonnance religieuse : le retour de Ruth qui est rejetée par son père et pour la deuxième fois des envies suicidaires. C’est dans ce qu’i ressemble à une étable que la corde pend tranquille, transformant alors e lieu de naissance en lieu de mort. Mais heureusement, David (encore lui) la sauve (voir plus haut).

 

Mais malgré cette issue salvatrice annoncée (on chez DeMille, tout de même), le propos du film n’en demeure pas moins très sombre.

Outre la mort de Jim, qui se sacrifie pour les autres, Ruth a dans l’idée de se supprimer une première fois, sauvée par un mendiant qui lui a tout de même volé son porte-monnaie. Vide peut-être, mais c’est l’intention qui compte (2).

Autre élément du destin qui n’amène pas l’optimisme : Luke qui frappe mal sur un fer-à-cheval chauffé à blanc dont les escarbilles l’aveuglent, l’amenant lui aussi à une déchéance qui l’envoie dans un hospice pour nécessiteux.

 

Mais malgré tout, la    fin est heureuse : il fallait tout de même que le propos religieux porte ses fruits. C’est d’ailleurs ce côté rédempteur qui a tendance à alourdir le film, mais que voulez-vous, en 1920, la morale a certaines exigences.

Cette morale qui a tendance à compliquer la vie des jeunes gens : le veuvage de Ruth est alors montré comme une « double peine » : d’un côté elle perd l’homme qu’elle aime ; de l’autre, elle est déconsidérée par son père et celui qui fut son prétendant voire son promis avant qu’elle ne fuie.

 

Alors on peut se laisser à regarder cet énième film du duo DeMille-McPherson, mais on peut aussi lui préférer d’autres films on ne peut plus intéressants (celui qui est évoqué plus bas, par exemple).

 

PS : à noter la présence d’une autre actrice demillienne, la belle Julia Faye dans un rôle qui ressemble plus à du copinage qu’autre chose… Ainsi que dans le rôle du jeune Bobby, le fils de Ruth et Jim, Michael D. Moore, qui fera une carrière d’assistant-réalisateur qui l'amènera à travailler sur les trois premiers épisodes d’Indiana Jones. Pas mal, non ?

 

  1. David est un philosophe dont le mot d’ordre est qu’il n’y a aucune différence entre les différents dieux adorés : en clair, c’est un athée. D’une certaine manière, il annonce le personnage de Judy Craig (The Godless Girl) presque dix ans plus tard.
  2. C’est d’ailleurs le seul moment qui nous tire un sourire, McPherson ayant évité toutes les occasions comiques qu’on a l’habitude de trouver chez DeMille.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Gloria Swanson
Pour le Meilleur et pour le pire (For Better, for worse - Cecil B. DeMille, 1919)

Une histoire d’amour dans une famille aisée avec Gloria Swanson : ça ne peut être que de Cecil B. DeMille. Il s’agit d’ailleurs de leur deuxième collaboration et, à mon avis, de l’une des meilleures.

Si l’intrigue se situe dans la haute société, ce n’est pourtant pas la fortune qui est le thème principal, mais plutôt la BONNE fortune.

 

Nous sommes en 1916 et les jeunes Américains sont appelés à combattre les « Huns (1) » en France. Parmi eux, deux amis : Edward « Ned » Meadle (Elliott Dexter) et Richard « Dick » Burton (Tom Forman). Mais si Dick part le cœur léger, il n’en va pas de même pour Ned, que son chef de service (Theodore Roberts, vieux complice de DeMille) – il travaille dans une clinique pour enfants) rappelle à son premier devoir : sauver les enfants d’abord. C’est le cœur serré que Ned va rester, d’autant plus que sa fiancée Sylvia (Gloria Swanson, donc) se détourne de lui. Pis que cela : elle épouse Dick, au grand dam de Betty (Sylvia Ashton), perdue d’amour pour le beau Dick.

Mais alors la guerre rapproche Sylvia et Ned, tandis que Dick, défiguré et manchot se fait passer pour mort.

 

Bien entendu, il va revenir réclamer son dû (sa femme qui en aime un autre, son meilleur copain !) : le nœud de l’intrigue.

Mais ce cas de conscience n’arrive qu’à la fin du film et n’a que très peu d’enjeu. Nous savons pertinemment que le film se terminera bien, DeMille n’étant pas un habitué des fins tristes.

 

Non, le plus important, c’est l’actualité du film. En effet, quand il sort en avril 1919, la guerre n’est pas officiellement terminée (2). Et si les combats sont terminés et que les Américains ont commencé à revenir, les spectateurs qui voient le film à sa sortie se retrouvent, pour certains, dans cette histoire : même si les Etats-Unis sont entrés tardivement dans la guerre, cette dernière leur a tout de même apporté sont lot de victimes, sans parler des veuves et des orphelins. D’ailleurs, Ned va en adopter une : celle (Mae Giraci) que la voiture de Sylvia a écrasée et qui finalement va les réunir.

 

De plus, le sort de Dick rappelle cruellement celui des « gueules cassées », ces soldats qui revinrent du front après avoir eu une partie du visage arrachée. Mais si le visage de Dick a été bien réparé, c’est avant tout afin de ne pas trop effrayer les spectateurs, et aussi (surtout ?) pour qu’il soit tout de même reconnaissable sur l’écran.

 

L’actualité du sujet est encore une fois la possibilité pour DeMille de rendre hommage à ceux qui sont partis se battre « pour la civilisation », lui qui fut obligé de rester à Hollywood (il était un petit peu trop vieux) mais qui y organisa tout de même la défense passive (3). Mais si Jeanne d’Arc mettait en avant ceux qui étaient au front, ici, c’est l’arrière qui l’intéresse. En effet, nous avons droit à peu d’images de guerre : la tour où est réfugié Dick qui s’effondre, amenant ses mutilations.

Non, ce sont ceux qui aidaient passivement à l’effort de guerre, ceux qui restaient pour faire fonctionner le pays, en l’occurrence Ned qui est le dernier chirurgien que Sylvia trouve pour sauver les jambes de la petite fille.

 

Alors bien entendu, on ne retrouve pas l’humour habituel des films du maître, et Theodore Roberts a, cette fois-ci, un rôle honorable sans aucune jeune fille alentour comme ce fut souvent le cas. DeMille garde un ton sérieux sans toutefois tomber dans le poncif.

C’est un magnifique film avec un montage dynamique parsemés de gros plans superbes et pertinents, traitant presque exclusivement des membres (inférieurs et supérieurs) véritables enjeux d’un film de guerre très particuliers.

Un film subtil, servi par une très belle distribution.

 

 

PS : bien entendu, on a droit à des petites reconstitutions… On est chez DeMille, ne l’oubliez pas !

 

 

  1. C’est ce qu’annonce un article de journal.
  2. Le Traité de Versailles entérinant la paix sera signé le 28 juin, soit deux mois après.
  3. Voir Hollywood: the Pioneers, Episode 7 : Autocrats (Kevin Brownlow & David Gill, 1980)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Clarence Badger, #Gloria Swanson
Teddy at the Throttle (Clarence Badger, 1917)

24 minutes et tout est là. 

Comme on dit chez Marks & Spencer : « Name it, we’ve got it! »:

De l’amour, de l’argent, de la fourberie, de l’aventure, du frisson… et Gloria Swanson !

 

Clarence Badger, encore sous contrat chez Mack Sennett (il partira cette année-là pour retrouver Sam Goldwyn) nous gratifie d’une superbe comédie avec une jeune actrice qui n’est pas tout à fait encore une star : la brelle Gloria. A côté d’elle on retrouve son mari Wallace Beery (elle le quittera deux ans plus tard, lasse de se prendre des torgnoles) dans un rôle de filou sur mesure. Et elle partage la vedette avec Bobby Vernon, un acteur comique de chez Mack Sennett (encore un !) qui ne persévéra pas quand le parlant arrivera.

 

Le jeune et richissime Bobbie Knight (le chevalier*) aime la belle Gloria Dawn (l’aurore*) qui l’aime en retour. Mais son homme d’affaire Henry Black (Noir*) veille tellement à ses intérêts qu’il en détourne une bonne partie pour son propre compte (en banque, aussi). Ce dernier propose sa sœur à Bobbie afin de récupérer (indirectement) le magot.

Mais contre-ordre : si Bobbie n’épouse pas Gloria, il perd tout et c’est Gloria qui récupère le gros lot.

Ca change tout de suite la donne pour l’infâme Black !

 

On a beau être chez Sennett (du moins dans ses studios) Badger nous offre un film comique qui sort des keystoneries habituelles : mis à part la voiture embourbée qui habille de boue le pauvre Bobbie, le comique est ailleurs (comme la vérité, bien sûr).

La situation est rapidement mais très bien expliquée avec bien entendu, dès le premier plan le Teddy du titre. Parce que Teddy, ici, est celui qui sauve la situation (la journée, comme disent les anglo-saxons). Alors on le voit au tout début, en totale harmonie (c’est le cas de le dire) avec sa jeune maîtresse, au grand dam du méchant Black, puis il disparaît avant la séquence finale où il bondit tel un héros antique, au secours de sa bien aimée  maîtresse.

 

Car il faut dire que parmi les aventures que vit malgré elle Gloria, elle se retrouve enchaînée à une voie ferrée alors qu’un train approche. Cette scène est très certainement l’une des plus connue du genre, et permet d’avoir la poursuite traditionnelle des studios de Sennett ainsi qu’un sauvetage de dernière minute comme chez Griffith. Mais avec une note comique qui ne seyait pas aux films du Maître : juste une pointe d’exagération pour se décaler du sérieux griffithien.

 

Un film attachant qui se déguste comme une friandise : avec délectation.

 

 

* Les noms sont très importants puisqu’ils indiquent à quel genre de personnage nous avons affaire : Bobbie Knight est donc le chevalier servant de Gloria Dawn (la belle Aurore), et il est trompé par l’ignoble Black, à l’âme aussi noire que le nom. Tout simplement.

 

** Teddy est un chien : un danois. Mais pas n’importe quel chien puisqu’il a contribué aux films de Sennett pendant 10 ans, percevant même jusqu’à 350$ par semaine !

[NB on ne dit pas s’il avait un compte en banque]

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Gloria Swanson
L'admirable Crichton (Male and Female - Cecil B.DeMille, 1919)

Une femme, richement vêtue, descend solennellement dans l’arène aux lions, sous les yeux d’un roi babylonien désespéré.

La femme est allongée, une patte de lion sur son dos. Le lion rugit.

 

Telle est l’image la plus célèbre du film mais finalement assez éloignée de la réalité de l’intrigue. Cette incursion antique dans une histoire moderne (1918-19) est pleine de flamboyance mais avant tout un rêve que deux êtres humains amoureux font.

Elle, c’est Mary Loam (Gloria Swanson, toujours aussi irrésistible), fille de Lord Loam (Theodore Roberts, son éternel cigare vissé aux bords des lèvres) ; lui c’est Bill Crichton (Thomas Meighan), son majordome.

Nous sommes à Londres où les convenances sont exacerbées et où chacun sait rester à sa place.

Crichton est aux ordres du grand monde, même s’il se rend bien compte qu’il suffirait de peu pour que les rôles s’inversent.

Et justement, une croisière dans les mers du Sud va amener ce bouleversement, quand le bateau fait naufrage parce qu’un timonier ferait mieux de regarder où il va plutôt que les jeunes femmes malheureuses…

 

Le titre français, pour une fois est le plus fidèle à l’histoire que nous raconte Cecil B. DeMille, qui fait adapter par la grande Jeanie Macpherson The admirable Crichton de J.M. Barrie (vous savez bien, celui qui a écrit Les Aventures de Peter Pan…). Le film s’intitule Male and Female, ce qui est aussi une bonne illustration de l’intrigue.

Mais si la première partie du film nous montre une famille aristocratique anglaise avec ses caprices (surtout féminins, et là Gloria Swanson est plus vraie que nature), le meilleur moment du film est bien la situation après le naufrage, où ces riches oisifs, livrés à eux-mêmes, sont incapable d’organiser quoi que ce soit, ni de se procurer quelque nourriture.

 

Mais Crichton est là : être majordome est un métier difficile qui demande beaucoup de savoir-faire et de dextérité, ainsi que de diplomatie. Alors quand ses maîtres sont désemparés, c’est lui qui prend les choses en main et permet à tous de survivre un peu plus de deux ans sur cette île déserte mais tout de même bien fournie en ressources de première nécessité.
Et cette habileté permet en outre à Crichton d’inverser les rôles, dirigeant, bon gré (après) malgré (avant) toute cette bande d’empotés orgueilleux, Mary en tête, cela va de soi.


Mais avec cette histoire, c’est le rôle de chacun dans la société qui nous est montré. Un rôle arbitraire en contradiction avec la vraie nature de chacun. Et DeMille nous montre que la nature remet en place les choses, et que chacun trouve sa véritable place. Et pour que ce soit drôle, il faut que les rôles s’inversent.

Mais Crichton, qui jouit du meilleur rôle, despotique à souhait, est tout de même la première victime de cet échange temporaire. Chacun sait, chacun espère que l’aventure se finira un jour et que tout redeviendra comme avant.


En attendant, les différences s’étant atténués, les sens s’éveillent et l’inévitable arrive : Crichton, le seul mâle débrouillard devient la coqueluche des femelles*, jusqu’à développer une passion avec la belle Mary, passion qui amènera ce rêve célèbre.

 

DeMille est complètement dans son élément avec cette histoire. Il nous montre une famille aristo de l’intérieur, passant, comme de bien entendu dans la salle de bain où Gloria Swanson se baigne. Mais ne nous excitons pas, à chaque fois un subterfuge est utilisé pour cacher les parties intimes du corps de la belle Gloria.

Quant à la scène antique, elle annonce celles qui suivront : on y retrouve le faste et le grandiose indispensables (pour DeMille) ainsi qu’une dose de s&sadisme avec cette esclave livrée aux lions sous le regard tout de même fasciné du roi babylonien**.

 

 

* d’où le titre original

** Inutile de dire que Gloria Swanson n’a que peu apprécié de tourner avec un véritable lion.

Cf Hollywood, the Pionneers – Episode 6, Kevin Brownlow & David Gill, 1979

L'admirable Crichton (Male and Female - Cecil B.DeMille, 1919)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Sam Wood, #Gloria Swanson, #Rudolph Valentino
Le Droit d'aimer (Beyond the Rocks - Sam Wood, 1922)

Elle est jeune, elle est belle, elle est brune, elle a de magnifiques yeux bleus.

Elle, c’est Theodora Fitzgerald (Gloria Swanson).

Il est jeune, il est beau, il est brun, il a le regard sombre des latin lovers.

Il, c’est le Lord Hector Bracondale (Rudolph Valentino).

 

A leur première rencontre, il la sauve de la noyade.

A leur deuxième rencontre, il la sauve d’une chute en montagne.

Alors ils tombent amoureux l’un de l’autre.

Mais entre-temps, elle s’est mariée à Josiah Brown (Robert Bolder), un riche homme d’affaire.

Riche, mais beaucoup plus âgé qu’elle.

Et le devoir commande.

 

Longtemps considéré comme perdu, une copie teintée de ce film fut retrouvée aux Pays-Bas. Restaurée autant que faire se peut – des passages ont été irrémédiablement abîmés par le temps, la faute à la pellicule de nitrate –  on a ajouté une musique originale (2005), et, hélas, on n’a pas pu s’empêcher de sonoriser une partie !

Qu’un film tourné en 1928 soit sonorisé s’explique facilement : le sonore étant en plein essor, nombre de studios ont voulu mettre leurs production un petit peu au goût du jour. Mais en 1922, il n’était pas question d’une quelconque sonorisation.

Passons.

 

Le grand intérêt de ce film, c’est la réunion des deux plus grands stars des années 1920 : Gloria Swanson et Rudolph Valentino. Ces deux personnes étaient de véritables légendes vivantes, et je vous engage à visionner la sixième partie de Hollywood, the Pioneers (Kevin Brownlow, 1980) afin de vous rendre compte de qui étaient ces deux personnes.
Alors on savoure cette rencontre au sommet, en regrettant tout de même que ce ne soit pas un grand réalisateur qui les ait dirigés. Sam Wood n’est pas un mauvais metteur en scène, mais il manque cruellement d’envergure. Cecil B. DeMille aurait donné plus de faste à cette histoire d’amour et d’honneur qui se passe dans les milieux aisés voire aristocratiques. Dommage.

Et cette rencontre est tout de même décevante. On attendait plus que ce rôle d’homme d’honneur de celui qui fut Julio Desnoyer (Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse) ou le Cheik dans le film éponyme.

 

Parce que finalement, celui qui tire son épingle du jeu, c’est le mari plus ou moins trompé : Robert Bolder. C’est un homme d’un certain âge (voire d’un âge certain), aux yeux bleus, rattrapé par les problèmes de santé de son âge, et ainsi incapable d’apporter à sa femme la vie qu’elle aurait pu rêver d’avoir.

Alors son attitude est d’une grande noblesse quand il décide de s’effacer devant la jeunesse et des sentiments d’amour vrai.

Son sacrifice ultime nous permet de retrouver les sables du désert que Valentino avait arpenté l’année passée, ainsi qu’une horde de méchants Arabes (comme Hollywood savait les faire) bataillant, là encore, à l’aide de fusils aux canons incroyablement longs. Une autre époque.

Autre écho aux films de la même époque : la scène de montagne nous renvoie, dans une certaine mesure à Blind Husbands (1919) du grand Erich von Stroheim.

 

Une curiosité, à voir pour le duo de stars…. Ou pas !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Cecil B. DeMille, #Gloria Swanson
Le Cœur nous trompe (The Affairs of Anatol - Cecil B. DeMille, 1921)

Anatol (Wallace Reid, déjà sous l'emprise de la drogue, hélas...) est un homme grand, beau et fort.

C’est un homme brave et noble, toujours prêt à sauver une jeune femme en détresse.

Mais il est naïf. Très.

Bref, Anatol est ce qu’on peut appeler un grand couillon.

Anatol est marié à Vivian (Gloria Swanson), qui commence à en avoir assez de ses facéties.

 

Vous ai-je déjà écrit que j’avais du mal avec les traductions françaises des titres ?

Ici, le titre original, c’est The Affairs of Anatol. On pourrait le traduire par « Les Liaisons d’Anatol » ce qui serait plus en rapport avec l’intrigue.

Parce que ce cher Anatol collection ne les femmes. Mais pas dans le sens où on l’entend. A chaque fois, il se fait avoir par elles.

 

Le film comporte trois parties ainsi qu’un épilogue. Une pour chaque femme, la dernière concernant sa légitime.

La première femme, c’est Emilie Dixon (Wanda Hawley), une amie d’enfance devenue courtisane (litote).

Anatol n’a qu’une envie, la sortir de cet univers malsain.

La deuxième femme, c’est Annie Elliott (Agnes Ayres), la femme du pasteur (Monte Blue). Prise à voler dans la caisse de la paroisse, elle est chassée par son mari. Désespérée, elle se jette à l’eau. C’est le moment que choisissent Anatol et sa femme pour passer en barque.

Evidemment, Anatol n’a qu’une réaction : il s’empresse de la secourir.

La troisième femme, enfin, est une actrice célèbre au nom prédestiné : Satan Synne (Bebe Daniels), ce qui, phonétiquement, se traduit par « Péché du Diable ». Tout un programme…

 

Cecil B. DeMille retrouve ici quelques uns de ses interprètes, dont le couple vedette Gloria Swanson & Wallace Reid. Mais c’est avant tout Reid qui reste le personnage principal, Swanson ne faisant que quelques apparitions dans chaque épisode. Sa naïveté, qui confine tout de même à la bêtise, est malgré tout touchante. Il n’y a que lui qui ne voit rien. Et sa chevalerie met même son couple en danger : normal, me direz-vous, mais de son point de vue, il ne voit pas anguille sous roche. Il veut aider, tout simplement.

 

Et puis il y a Satan Synne. C’est l’élément du destin : c’est son nom qui incite Anatol à se jeter dans ses bras. Mais c’est la seule femme honnête, voire sincère. Alors, évidemment, il ne se passera rien !

Et même, au contraire, c’est sa rencontre qui va le ramener chez lui.

 

DeMille nous gâte* avec cette histoire bourgeoise, où Wallace Reid est magnifique en grand niais, à l’opposé de ce qui fit sa réputation de séducteur. Il est un peu dommage que Gloria Swanson soit moins utilisée, cédant presque la vedette aux autres femmes, surtout Bebe Daniels.

Mais on s’amuse de ces liaisons improbables où un grand échalas se fait (presque) toujours avoir.

Une question subsiste tout de même : comme Anatol a-t-il fait pour séduire Vivian, et surtout l’amener à l’épouser ?

 

 

*Et en plus c'est en couleur 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Allan Dwan, #Gloria Swanson
Zaza (Allan Dwan, 1923)

C’est la grande vedette de l’Odéon de St-Esmé : Zaza l’incomparable (Gloria Swanson).

Tous les soirs, Bernard Dufresnes (H. B. Warner) vient l’admirer dans son numéro de l’escarpolette : assise sur unes balançoire, elle chante, lançant au public des fleurs et ses pantoufles, celui qui les attrape pouvant ensuite – insigne honneur – lui rapporter…

Mais comme toutes les grandes vedettes, elle est extrêmement capricieuse. C’est une véritable tornade. Quand quelque chose ne se passe pas à  sa convenance, c’est un véritable déferlement à côté duquel les dix plaies d’Egypte n’étaient qu’une promenade de santé.

Heureusement, Dufresne est là, le seul capable de calmer ses ardeurs.

Seulement voilà : Dufresnes est marié, et a une petite fille…

 

Après Adrien Caillard en 1913, Edwin S. Porter en 1915, c’est Allan Dwan qui adapte cette pièce de théâtre de Pierre Berton et Charles Simon. Avec ce film commence une collaboration avec la star sur six films jusqu’à 1930.
Dès ce film, Dwan a pris la mesure de son actrice : il la fait jouer sur différents registres, de la comédie à la tragédie avec beaucoup de brio.

Zaza est une jeune femme inoubliable : sa beauté, sa voix (le film est muet, certes, mais Zaza est tout de même chanteuse) et ses colères font d’elle un personnage riche. Comique, dans ses colères, elle sait aussi être touchante dans son histoire d’amour malheureuse. Le moment fort étant la rencontre avec la fille de Dufresnes, Lucille (Helen Mack), où Zaza prend pleinement conscience de la situation : elle montre une dignité qui n’a d’égale que son emportement précédent, quand elle arrive en furie dans la maison de Dufresnes.

Mais nous sommes dans une histoire à la limite de l’immoralité : Dufresnes est éperdument amoureux de Zaza alors qu’il a un poste à responsabilité, une femme et une fille qu’il néglige. Quant à l’issue – heureuse, tout de même – il ne faut pas trop y réfléchir, sinon, on pourrait trouver à y redire (je vous laisse découvrir cette fin…) : nous ne sommes qu’au début de XXème siècle, tout de même !

En face de Gloria Swanson, les actrices et acteurs sont à la hauteur (il le fallait pour un tel rôle), Mary Thurman (Florianne) et Lucille La Verne (la tante Rosa) en tête.

La première, rivale jalouse (pléonasme ?) de Zaza, gagnera tout de même sa rédemption après avoir essayé de se débarrasser de la vedette. La seconde – qu’on avait déjà vu en Frochard, l’affreuse mégère dans Les deux Orphelines – véritable pocharde, essayant de diriger Zaza vers un mariage d’intérêt avec le Duc de Brissac (Ferdinand Gottschalke), mais terminant inlassablement un verre à la main.

 

Une première encourageante donc pour le duo Dwan-Swanson.

 

 

PS : quand le film se termine, malgré les versions précédentes et à venir (trois autres jusqu’à 1956), on ne pense qu’une chose : Gloria Swanson EST Zaza.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Raoul Walsh, #Gloria Swanson, #Lionel Barrymore
Faiblesse humaine (Sadie Thompson - Raoul Walsh, 1928)

Elle est belle.

Elle est libre.

Elle arrive de San Francisco par paquebot et s'en va vers Apia.
Elle s'appelle Sadie Thomson (Gloria Swanson).

Mais sur ce même paquebot, deux couples : les McPhail (Charles Lane & Florence Midgley), des touristes américains venus visiter Pago-Pago (Samoa), et les Davidson (Lionel Barrymore & Blanche Friderici), deux réformateurs venus civiliser les sauvages de l'île. Bref, de tristes bigots.


Attention scandale (en 1928) !

Sadie Thomson est une femme de son temps. Et même un peu plus. Elle est seule, elle fume, et les hommes ne sont pas insensibles à son charme. Surtout les soldats (marines) de Pago-Pago, où les femmes « blanches » ne sont pas légion. Alors quand Sadie arrive, c'est un ouragan dans l'île. Tous veulent être présentés, l'aider à récupérer ses affaires, l'accompagner... Bref, elle devient la star de l'endroit. Mais c'est sans compter sans Davidson qui, comme annoncé est un bigot desséché flanqué d'une femme puritaine.
Mais Sadie Thomson, c'est avant tout l'affrontement de deux stars du cinéma : Gloria Swanson et Lionel Barrymore.

Chacun dans sa spécialité est phénoménal : Swanson en femme (pas si) facile et Barry more en père-la-vertu abject.

Parce qu'il s'agit avant tout de deux conceptions du monde qui s'affrontent : le Bien (le religieux Davidson) et le Mal (Sadie la dévergondée).

L'apparence, autant que le jeu de ces deux acteurs est primordiale : Sadie élégante, est insouciante et rit de bon cœur avec « son armée », alors que Davidson, austère ne sourit jamais, comme le déplore Joe Horn (James A. Marcus).

Mais alors que Davidson prend l'ascendant sur Sadie, son esprit s'égare et se perd : en « sauvant » Sadie, c'est lui-même qu'il va perdre.

Malheureusement, ce film, longtemps considéré comme perdu, est amputé de ses dernières minutes. C'est quand la tension dramatique atteint son apogée que les images manquent. Reste le découpage et les intertitres recréés, illustrés de quelques photos. Il faut dire qu'un réformateur de la trempe de Davidson qui cède à une fille comme Sadie, ce n'était pas vraiment politiquement correct... Et Hays et sa clique s'en souviendront quand il s'agira de rédiger un Code...

Pourtant, quelle belle histoire nous avons là. Ce bigot forcené, fanatique même, est très bien réussi et Barrymore donne toute la mesure de son talent pour l'interpréter. On se prend rapidement à le détester ! Alors que Gloria Swanson est une Sadie parfaite. Elle possède cette insouciance des femmes américaines des années 1920, découvrant petit à petit la liberté et le monde du travail. Mais quel travail ? On ne le saura jamais, même si elle fait référence à un engagement précédent où elle chantait... Si on n'écoutait pas trop attentivement !

Et la scène où Sadie approche de la folie alors que la pluie* tombe drue ressemble à une autre scène d'un film de la même année : Lillian Gish devenant touchant aussi la folie dans Le Vent.

Raoul Walsh nous offre ici un très beau film sur la tolérance avec une Gloria Swanson merveilleuse : il la filme avec beaucoup d'attention, la rendant encore plus belle qu'elle n'était. Elle illumine l'écran, dans ses habits d'élégante comme dans sa robe d'allure monacale.

 

Magnifique.

 

[Ne parlons pas de l'adaptation du titre original. Non. N'en parlons pas, on pourrait se fâcher...]

 

* D'après Rain de John Colton & Clemence Randolph, adaptée de la nouvelle éponyme de Somerset Maugham

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