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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

harold lloyd

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Harold Lloyd, #Comédie
Girl Shy (Fred C. Newmeyer & Sam Taylor, 1924)

Avant toute chose, je tiens à faire une mise au point. Si vous êtes un des habitués de ce blog, vous devez connaître ma crispation à propos des traductions françaises des titres de films étrangers, et surtout des films comiques américains. Avec Girl Shy, j’ai un sentiment que nous ne sommes pas loin de toucher le fond. En effet, la « traduction » qui en fut faite est des plus minables qui soit (1).

En effet, prenant prétexte d’un handicap – temporaire – du héros le film sortit avec cette abomination que je refuse de citer ici (2).

On sent dans ce titre une  forme larvée de dénigrement qui peut s’expliquer par la tendance à considérer les films comiques comme des amusements bons pour le vulgum pecus, tandis qu’une certaine catégorie ne s’émouvrait que sur des sujets plus sérieux.

Et penser cela de Girl Shy, c’est faire une « grosse erreur » (traduction un tantinet plate : cf. Last Action Hero).

 

En effet, encore une fois, Harold Lloyd – aidé entre autres de Fred C. Niemeyer et Sam Taylor – nous offre une comédie des plus subtile, dont le héros prénommé Harold (comme c’est bizarre…) se retrouve dans une situation tragique et réussit tout de même à nous faire rire.

Harold donc est timide avec les filles (d’où le titre original). Pourtant cela ne l’empêche pas de proposer à un éditeur un manuscrit dans lequel il tente d’aider les jeunes gens à séduire les jeunes filles.

 

De ce paradoxe naît un nombre incalculable de gags : dans son livre tout comme dans sa vie.

La création littéraire nous permet d’assister à quelques-unes de ces supposées conquêtes : une vamp qui rappelle Theda Bara (Nola Luxford) ou encore une flapper qui a plus que quelque chose de Clara Bow (Judy King). Pas un seul instant nous ne prenons au sérieux ce qu’il écrit.

Pendant ce temps, dans la vraie vie, il est tailleur et ne peut s’empêcher de bégayer dès qu’il doit s’adresser à une femme (jeune ou plus âgée).

 

Et puis il y a la rencontre : la jeune Mary Buckingham (Jobyna Ralston), riche héritière courtisée par le méchant du film : Ronald DeVore (Charlton Griffin). Bien sûr, le spectateur francophone comprend tout de suite, à la lecture de son nom que ce n’est pas un personnage recommandable (loin de là).Pourtant il va presque réussir à se marier avec Mary !

Et c’est là que se situe le tour de force du film : alors qu’il venait voir l’éditeur à propos de son livre, les secrétaires vont se moquer de lui et de son livre – qu’elles ont lu – avec force éclats de rire – amenant une déprime sévère chez Harold qui lui fera mentir à Mary, honteux d’être un écrivain raté.

Il s’agit de l’un des moments les plus tragiques que j’ai vus dans les films de Lloyd. ON y sent un désespoir tangible, sa conduite – défensive – envers Mary amène un degré d’émotion qui sera entretenu le plus longtemps possible, voire jusqu’à la cérémonie pour Mary pendant que son « ex » tentera le tout pour le tout pour la regagner.

 

Nous assisterons alors à l’une de ses plus belles courses, contre le temps comme plus tard dans Speedy, mais avec une utilisation de divers moyens de locomotion sauf l’avion et le vélo (3), amenant une tension de plus en plus forte afin d’amener une résolution optimale de l’intrigue.

C’est dans ce film qu’on peut voir Harold à l’arrière d’un camion de pompier essayer d’y rester en attrapant le tuyau qui se dévide à mesure qu’il tombe vers l’arrière, jusqu’à la chute inévitable… Formidable !

 

Et puis il y a Jobyna. Non seulement elle était très belle, mais en plus elle s’intégrait superbement dans l’univers de Lloyd. Ce n’est pas un hasard si elle partagea plus d’une fois la vedette avec lui. Ici, Mary est le révélateur pour Harold : en sa compagnie, il est audacieux (il réussit à sauver son petit chien) et il arrive à parler sans hésiter de son livre, ni surtout à l’ennuyer par son récit.

Lors de leur retrouvailles, nous assistons – encore une fois – à un grand moment d’émotion : il est sur une barque, sous un petit pont, en train de pêcher un peu, mais surtout rêver, contemplant avec amour une boîte de biscuits pour chien (4) pendant qu’elle, immobile sur ce même pont chérit la boîte de crackers qu’il lui avait achetée dans le train, son reflet apparaissant sur la surface de l’eau. Mais comme Harold rêve, il ne se rend pas compte qu’elle est vraiment là.

 

Girl Shy est, à mon humble avis, l’un des meilleurs films de Lloyd, mélangeant habilement tragédie et comédie, arrivant à faire rire dans les moments tragiques, et à émouvoir dans les moments comiques.

Fabuleux.

 

 

  1. Même Along came Jones est mieux traduit que ce film. Encore que… Peut-être pas Along came Jones.
  2. Encore une fois j’en fais trop : Ca t’la coupe.
  3. Ce dernier véhicule sera tout de même présent puisqu’un enfant passe près de lui en tricycle.
  4. La scène du biscuit est encore un beau moment comique, qui rappelle d’une certaine façon les bonbons de Grandma’s Boy)…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Comédie
Une riche Famille (Hot Water - Fred C. Newmeyer & Sam Taylor, 1924)

Si le titre français tient en partie compte de l’intrigue, il faut aller chercher dans le titre original le véritable thème du film : Hot Water.

Il n’est pas question d’eau chaude, mais de l’expression « to be in hot water » qui signifie être dans le pétrin.

Et pour y être, Hubby (Harold Lloyd) y est, et profondément.

Mais reprenons.

 

Jeune célibataire, il s’étonne que ses amis se marient, conscient que jamais il ne cèdera à un quelconque regard langoureux. Bien entendu, c’est u ne fois qu’il l’a dit qu’il croise sur son chemin une belle jeune femme (Jobyna Ralston) qu’il  va bien sûr épouser.

Et comme toujours dans ces cas-là, la belle jeune femme a une famille. Et si cette famille n’est pas spécialement riche comme le suggère le titre français, elle vaut tout de même son pesant d’or : une belle-mère présidente d’un club de dames patronnesses (Josephine Crowell) ; un beau-frère adulte (Charles Stevenson) qui a un tel poil dans la main qu’il s’en sert de canne ; et un autre (Mickey McBean), très jeune, qu’il est préférable de tenir à l’œil sinon au bout d’une laisse.

Ces bonnes débarquent chez les jeunes mariés le jour où est livrée la voiture qu’Harold a achetée…

 

Après une exposition rapide qui amène le mariage, le film se divise en trois parties : la première voit Harold gagner une dinde à la loterie du marché et la ramener chez lui par le tramway ; la seconde voit une promenade automobile qui tourne rapidement à la catastrophe ; et la dernière qui voit tout ce petit monde à la maison après la destruction de la voiture.

Si ces trois parties vous semblent apposées, il ne faut absolument pas vous y fier.

Certes, les deux premières sont l’occasion d’une série de gags visuels très savoureux, elles sont indispensables au bon déroulement de la troisième.

 

Car si Harold se retrouve dans « l’eau chaude », c’est bien entendu en plongeant la tête la première, mais la sortie est tout de même au bout, après cette troisième partie qui utilise les différents événements des parties précédentes dans un quiproquo absolument génial.

La dinde et la voiture (très) accidentée vont y jouer un rôle des plus savoureux (1) : alors qu’Harold pense avoir tué sa belle-mère d’une overdose de chloroforme, différentes interventions de policiers – en rapport avec ce qu’il s’est passé avant, donc – vont faire accroire à notre héros qu’il va bientôt se retrouver en prison, voire sur l’échafaud !

 

Bref, nous sommes dans du très grand Harold Lloyd où le comique est omniprésent en gestes, en situations voire en paroles (les intertitres sont eux aussi source de gags), amenant des situations de plus en plus élaborées et de plus en plus drôles, continuant la régulière progression du cinéma comique hors des ressorts du slapstick vers un comique beaucoup plus fin prenant en compte les aspects psychologiques des personnages, tout en restant dans des cadres stéréotypés indispensables : la belle-mère est un exemple quasiment incontournable de ces stéréotypes.

Ici, Harold veut se débarrasser de sa belle-famille (la mère en priorité, cela va sans dire) : son voisin lui conseille de ne pas l’affronter à jeune et donc de boire une bonne rasade d’alcool (2).

Ce conseil, risqué tout de même quand on sait que la vieille dame a prononcé un discours important, va quand même porter ses fruits (3), et l’absorption de ce liquide prohibé est même indispensable à la fin heureuse attendue.

 

Après, si vous voulez savoir comment, je vous laisse découvrir…

 

  1. Quel régal, décidément…
  2. N’oubliez pas que le Volstead Act est en application depuis cinq ans et va se poursuivre neuf ans encore…
  3. Normal, dans une comédie, tout se termine bien. Pour le héros.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Roscoe Arbuckle, #Buster Keaton, #Harold Lloyd, #Douglas Fairbanks, #Rudolph Valentino
Character Studies (Roscoe Arbuckle, 1927)

Parmi tous les films qui sont sortis en 1927, l’une des plus belles années du point de vue de la production cinématographique, il est un petit film (6 minutes environ) qui aurait pu passer inaperçu s’il n’y avait eu autant de stars à y participer.

 

Tourné en 1925 par Roscoe Arbuckle, le principe en est simple : Carter de Haven, un acteur oublié qui a travaillé avec Chaplin sur Les Temps modernes (entre autres), joue le rôle d’un transformiste.

Installé devant un grand coffre il se maquille et endosse des tenues (avec couvre-chef) pour personnifier des stars du cinéma.

Ce sont alors tour à tour Buster Keaton, Harold Lloyd, Douglas Fairbanks, Roscoe Arbuckle, Rudolph Valentino et Jackie Coogan (11 ans au moment du tournage) qui se produisent sous les yeux (ébahis ?) d’un public virtuel (finalement ce sont les spectateurs du cinéma qui endossent ce rôle).

 

En 1921, Douglas Fairbanks avait déjà interprété ce rôle de faux transformiste dans le film The Nut) avec le même résultat un tantinet absurde.

Mais quand Arbuckle en fait une nouvelle version, l’exploitation sera beaucoup plus difficile du fait des retombées de l’affaire le concernant (1921) qui le poursuivra jusqu’à sa mort (1933).

Mais si The Nut révélait les ficelles de la supercherie (le paravent tombait et on apercevait tous les protagonistes), ici, aucune révélation, mais un montage très précis qui amène finalement le sourire (et plus) aux spectateurs.


Si Keaton reste impassible (on s’en serait douté) et ne fait que se montrer, Lloyd, Fairbanks et Arbuckle nous livrent un petit échantillon de leur rôle passé :

  • Arbuckle récupère sa poêle à frire avec laquelle il fait sauter un morceau de viande ;
  • Fairbanks, en Robin des bois (1922), saute pardessus le coffre pour se présenter au public ;
  • Lloyd exécute les pas qui accompagnent chaque réalisation de son personnage dans The Freshman*.

Même si le procédé n’est pas nouveau, ce film est une véritable perle parmi les grandes productions de cette année faste (1927). Mais c’était aussi l’occasion de retrouver Valentino, dans son dernier rôle officiel, et à titre posthume (il est mort le 23 août 1926).

 

 

* Cette intervention devrait faire taire ceux qui considèrent que le film fut antérieur à la date proposée (on annonce même 1921). En effet, si le film fut tourné avant, comment expliquer les pas de Lloyd…

Character Studies (Roscoe Arbuckle, 1927)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Harold Lloyd
Vive le Sport ! (The Freshman - Fred C. Newmeyer, Sam Taylor - 1925)

Harold Lamb (Harold Lloyd) veut aller à l’université.

Il faut dire que le héros de son film préféré y fait ses débuts, et Harold ne rêve que de l’imiter voire d’en être la nouvelle mascotte.
Et pour ce qui est d’être une mascotte, c’est très bien réussi. Mais pas vraiment comme il l’attendait : il est la risée des étudiants, sans même s’en rendre compte.

Plus dure sera la chute.

 

Deux ans avant Keaton, Lloyd emmène son personnage dans une grande école : l’université.

Et toujours avant lui, c’est par le sport qu’il compte briller. Mais si Buster veut épater une jeune femme, Harold, lui ne veut rien moins que séduire l’université entière.

On retrouve alors le jeune homme naïf qui nous fait toujours autant rire. Parce que son comique, supposé naïf, demande une plus grande attention afin de déclencher les rires du publiques : faire rire tout en faisant semblant de ne pas faire exprès de faire rire, l’une des formes de comiques les plus répandues au temps du muet, du fait de l’absence de paroles entendues.

 

Et c’est un véritable festival, accentué par le décalage entre ce qu’il pense et ce qu’il se passe réellement. Mais plus le film avance et plus le décalage se fait, jusqu’au moment inévitable de la retombée sur terre.

Mais cette désillusion est atténuée par l’amour qui naît entre Peggy (Jobyna Ralston),  la réceptionniste de l’hôtel, et lui. C’est d’ailleurs dès la deuxième séquence qu’on sait, en tant que spectateurs que ces deux-là finiront ensemble. Leur rencontre, base d’un quiproquo, se révèle être une très belle scène d’amour de cinéma.

Il faut dire que le tandem Lloyd-Ralston est très efficace. C’est déjà leur troisième film ensemble (le quatrième si on compte Et puis ça va où la belle Jobyna ne fait qu’une apparition), et il y en aura deux autres dont le superbe Kid Brother.

Le duo fonctionne admirablement, Peggy donnant des ailes au jeune candide afin qu’il se révèle tel qu’il est.

 

Le film fonctionne admirablement : Fred C. Newmeyer et Sam Taylor – encore eux – sont aux commandes et la mécanique est bien huilée.

C’est une succession de situations toutes plus drôles les unes que les autres, étirant, comme d’habitude, un gag jusqu’au bout : le bal où le complet d’Harold part en lambeau est magnifique de trouvailles pour ne pas montrer (aux autres) l’état de plus en plus lamentable de sa tenue de soirée.

 

Quant au sport dont parle le titre français*, c’est, bien entendu, le football (américain). On assiste alors à un match – toujours improbable, et c’est aussi pour ça que le comique fonctionne – où le blanc-bec* va se révéler : malgré lui dans un premier temps, puis volontairement avec en prime le gag du cordon du ballon.

Il s’agit de l’un des plus beaux matches de football du Cinéma (décidément, que de grandeur dans ce film), avec bien sûr celui de M*A*S*H*, 45 ans plus tard…

 

Un film qu’il est urgent de (re)découvrir !

 

 

* Le titre original – The Freshman – signifie le blanc-bec ou le bleu, le nouveau. Bref, cela n’a rien à voir directement avec le sport. De plus, si c’est le sport qui va le révéler aux autres, c’est avant tout parce que le reste n’a pas fonctionné et que c’était la dernière possibilité.

Décidément, les traducteurs de cinéma et moi ne sommes pas souvent d’accord…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Fred C. Newmeyer
Et puis ça va (Dr. Jack - Fred C. Newmeyer, 1922)

Le docteur Jack (Harold Lloyd) du titre original en est un autre (d’original) : plutôt que de traiter ses patients avec des prescriptions longues comme le bras, il contribue à les rendre heureux. Et ça marche. Sauf pour ses finances.

Et un jour, il rencontre une pauvre petite fille souffreteuse (Mildred Davis) qu’une espèce de charlatan au nom germanisant, le docteur Ludwig von Saulsbourg (Eric Mayne), gave de médicaments et de soins, approuvé par le père même de cette jeune femme (John T. Prince).

Mais ce dont elle a surtout besoin, c’est de l’excitation de la vie…

Le Dr. Jack a trouvé un remède…

 

On retrouve le couple Lloyd-Davis, un an avant leur mariage. Et encore une fois, ils vont tomber dans les bras l’un de l’autre. Mais de quelle façon !

Rapidement, on prend la mesure du Dr. Jack et de ses traitements miracles, une occasion de s’amuser de ces faux malades qui recouvrent immédiatement la santé parce qu’il faut une chose qu’ils aiment. C’est aussi l’occasion de voir les jeunes Jackie Condon ainsi que Mickey Daniels et ses taches de rousseur caractéristiques (et son père Richard) qui participent à la même période à la série Our Gang de Hal Roach (qui est ici un des scénaristes). Bref, nous sommes en famille, et certains plus que d’autres ou vont l’être très bientôt.

 

Alors que Jack et la jeune femme ne se connaissent pas, on remarque tout de suite une complicité entre eux dès leur rencontre. Si Lloyd est souvent timide et maladroit dans son attitude en présence d’une jolie femme, il en va tout autrement ici. Est-ce le fait d’être un docteur reconnu dans son village ? Toujours est-il qu’il joue au maladroit, au détriment, à chaque fois, du docteur von Saulsbourg. Ce dernier est celui qu’on peut identifier comme le méchant de l’histoire. Même si ce terme est un peu fort pour un homme qui est avant tout un charlatan, singeant des pratiques qui ont cours en Europe plutôt centrale. Son patronyme rappelant la ville de Salzbourg (Autriche) et son apparence, une belle barbe bien taillée, rappelant sans conteste un praticien viennois amateur de cigares (vous voyez de qui je veux parler)…

 

La plus grande partie du comique du film tire partie de cette opposition entre deux pratiques de la médecine assez opposées. Et la grande habileté des scénaristes (Sam Taylor et Jean Havez en plus de Roach) est d’inverser les rôles des deux médecins.

Je m’explique.

Alors que von Saulsbourg ressemble à une caricature de Freud, il est un médecin qui soigne essentiellement le corps. De fort mauvaise façon, d’ailleurs, à grands coups de médicaments, potions et autres comprimés, poudres (etc.) : une véritable pharmacie ambulante...

Jack, pour sa part, va soigner avant tout l’esprit de ses patients : il détourne leur attention, leur faisant alors oublier les symptômes douloureux dont ils se plaignaient.

Paradoxal, non ?

 

L’autre élément comique vient du fou meurtrier évadé, que Jack va simuler afin de soigner sa nouvelle et belle jeune patiente. Une perruque noire, de fausses dents de vampire et une grande cape suffiront. Accoutré ainsi, semant la peur autour de lui, il n’est pas sans rappeler un autre monstre (terme on ne peut plus adapté…) : John Barrymore dans Dr. Jekyll & Mr Hyde.

 

PS : encore une fois, le titre français est inutilement compliqué. Il n’était nul besoin de faire une phrase plus ou moins accrocheuse, la présence seule de Lloyd assurait le succès du film.

Tant pis.

 

PPS : bien que non crédité, Sam Taylor participa aussi à la réalisation

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Ted Wilde, #Harold Lloyd
En Vitesse (Speedy - Ted Wilde, 1928)

Un tramway et son cheval.

Un gang d’individus patibulaires.

Un autre gang de vieux commerçants.

Babe Ruth (star puis légende du baseball et des Yankees de New York).

Une bagarre homérique.

Une course trépidante à côté de laquelle celle de Ben Hur est une promenade de santé (enfin presque !).

Un jeune homme à lunettes.

 

Speedy, ça veut dire rapide.

Mais ici, Speedy*, c’est avant tout un jeune homme (Harold Lloyd). Un jeune homme plein de ressource, et comme son surnom l’indique, très rapide. Et ce qui est le plus rapide chez lui, c’est le temps qui passe entre deux boulots : il est sans cesse obligé d’en changer !

Au grand dam de sa fiancée, Jane Dillon (Ann Christy).

Jane a aussi un grand père, Pop Dillon (Bert Woodruf), qui conduit le dernier tramway à cheval de New York, au grand déplaisir des grandes compagnies, prêtes à tout pour se débarrasser de ce vestige de l’ancien temps.

Mais Speedy veille.

 

Le cinéma muet vit ses derniers instants. C’est d’ailleurs le dernier muet de Lloyd. Le burlesque meurt à petit feu lui aussi. Et pourtant, quelle fin de règne ! Bien sûr, on a les inévitables coups de pied au derrière, mais que de chemin parcouru par le cinéma burlesque américain. Et Harold Lloyd a rempli sa part.

Encore une fois, on retrouve son personnage de grand gamin à lunettes, un peu niais mais au grand cœur, et courageux. On retrouve encore un petit (Pop Dillon) menacé par un grand, mais secouru sans hésitation par notre héros.


Par notre héros et une bande de petits vieux, habitués du tramway de Dillon, qu’ils utilisent comme lieu de réunion la nuit venue. Et ces gentlemen furent essentiels au succès de ce film. Car si on se souvient de la scène du milk bar où Lloyd donne les scores du baseball en utilisant les gâteaux, on devrait plus se souvenir de la bagarre qui éclate entre ces vétérans (dont certains de la Guerre de Sécession, côté nordiste, bien sûr) et un gang de voyous prêts à tout pour faire cesser le tramway.

C’est, à mon avis, l’une des plus grandes bagarres du cinéma, avec celle de L’Homme tranquille (John Ford, 1952), la Taverne de l’Irlandais (idem, 1963), 1941 (Steven Spielberg, 1979) et l’inoubliable bataille de tartes à la crème dans Battle of the Century (Clyde Bruckman, 1927).

C’est un festival de coups de pieds, poings, battes et jambe de bois ! Du grand art. Rarement bagarre n’aura été aussi jouissive. On jubile du début à la fin devant les folles trouvailles du scénario pendant cette séquence.

 

Une autre curiosité du film est l’utilisation de l’incrustation (ex : fond bleu) pendant la course du tramway. Alors que la majeure partie du film fut tournée réellement à New York, certains inserts nous montrent des plans rapprochés de Lloyd conduisant le tramway alors que le décor défile derrière lui. Mais en alternant avec des plans d’ensemble de cette même course voire un tantinet plus écartés – on n’y distingue pas exactement Lloyd – cet effet (qu’on trouve déjà dans Le Vol du grand rapide (1903), n’est pas encore très fréquent au cinéma en 1928 – passe magnifiquement (rappelez-vous Cary Grant, ivre dans la voiture, dans La Mort aux trousses).

 

Comme pour Buster Keaton et Le Figurant (1929), nous assistons aux adieux de Lloyd au cinéma muet. Mais si le film de Keaton exprimait une certaine mélancolie, il n’en est rien ici. C’est un festival de rythme et de comédie.

 

A redécouvrir sans plus attendre !

 

 

* C’est aussi comme ceci que James Darsie Lloyd (le père de qui vous savez) appelait son rejeton…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd
Le petit Frère (The kid Brother - Ted Wilde*, 1927)

Le petit frère, c’est Harold Hickory (Harold Lloyd).

C’est le plus jeune, mais aussi le plus faible.

Il faut dire que les Hickory sont de sacrés gaillards : le père (Walter James), shérif de Hickoryville (tiens, tiens) est une montagne, et ses deux premiers fils (Leo Willis & Olin Francis), s’ils n’ont pas inventé la poudre sont aussi imposants que leur père.

Alors évidemment, Harold paraît bien frêle à côté d’eux…

Alors pendant que ses frères travaillent dur à la ferme, il assure l’intendance.

Arrive un spectacle ambulant. Il y a Mary (Jobyna Ralston), une jolie danseuse, flanquée de deux personnages troubles : Flash (Eddie Boland) – un  charlatan qui vend un remède miracle qui redonne la santé et permet d’encaustiquer les meubles – et Sandoni (Constantine Romanoff), un colosse.

 

Nous sommes ici dans une intrigue qui rappelle David l’Endurant d’Henry King (1921), mais d’un point de vue comique. Il faut dire qu’Harold Lloyd est extraordinaire : il a toujours son aspect un tantinet niais et peu sûr de lui, mais à l’instar de Grandma’s Boy, il sait puiser du courage et se sort des situations. Mais cette fois-ci, pas besoin de talisman plus ou moins magique : l’amour et la confiance de Mary sont sa motivation.

Et surtout, les gags sont nombreux et très élaborés. Il y a un crescendo dans le rire. On part d’une situation très slapstick (chute, coups…) pour aller vers des gags de plus en plus subtiles, même dans les échanges de coups : la scène où les frères s’en prennent à leur père est magnifique.

 

Il y a d’ailleurs beaucoup de violence dans ce film où on se bat continuellement : Harold contre son voisin (et ennemi) Hank Hooper (Ralph Yearsley) ; Harold contre ses frères ; ses frères contre son père… Le paroxysme étant la lutte contre Sandoni dans l’épave, où sous prétexte qu’il ne s’est pas nager, Harold va entraîner la brute dans l’eau. Un malaise commence à s’installer – on n’est pas habitué à ce genre de combat : on pourrait presque penser qu’il a l’intention de le noyer !

Autre moment grave du film : les habitants qui veulent lyncher le shérif.

Heureusement, c’est une comédie. Pourtant, on n’est pas passé loin.

 

Le cinéma muet burlesque est à son apogée. Les chefs-d’œuvre comiques s’enchaînent avec toujours plus de subtilité dans les gags visuels. Malheureusement (?), le parlant va mettre ce genre au rancard, développant un humour parlé : la screwball comedy.

Qu’on soit bien clair, ce nouveau genre a produit de magnifiques films, très drôles, mais il est dommage que le burlesque ait été mis de côté : il suffit, pour s’en convaincre, de voir les films de Chaplin – qui a continué jusqu’à la limite – et ceux de Tati, après la deuxième guerre mondiale, pour voir que le comique visuel avait toujours sa place.

 

Quoi qu’il en soit, Harold Lloyd nous offre un spectacle incroyable avec cascades et morceaux de bravoure, le tout filmé par Walter Lundin, avec une caméra vivante qui suit beaucoup de ses déplacements : qu’ils soient horizontaux ou verticaux (l’escalade de l’arbre).

 

Un classique à (re)découvrir.

 

 

 

 

 

* et J. A. Howe, Harold Lloyd et même Lewis Milestone !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Harold Lloyd, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Muet, #Comédie
Monte là-dessus ! (Safety Last! - Sam Taylor, Fred C. Newmeyer, 1923)

Un jeune homme, Harold (Lloyd), derrière des barreaux, dit adieu à sa fiancée Mildred (Davis).

Derrière lui, une potence avec une corde.

Il est prêt pour le long voyage.

En effet, il va prendre le train, et la potence n'est autre qu'un relai de poste pour le machiniste.

Dès la première séquence, le ton est donné qui prévaudra pour tout le film : la vérité est ailleurs.

Le film n'est qu'une succession de mensonges : le spectateur en est la première victime, puis ce sont la bien aimée de Harold et les gens qui travaillent avec Harold au magasin, directeur inclus.

Harold fait croire à sa logeuse qu'il est absent, se fait passer pour un mannequin d'exposition, et surtout se fait passer pour un homme fortuné qui a réussi dans la grande ville auprès de sa fiancée.

Alors évidemment, quand elle décide de lui rendre une visite surprise, les choses se gâtent.

Mais comme il n'est plus à un mensonge près...

 

On retrouve le trio Hal Roach, Sam Taylor et Jean C. Havez pour l'une des comédies les plus célèbres avec Harold Lloyd, si ce n'est la plus connue.

Elle est célèbre pour la scène - devenue culte - du jeune homme accroché à l'aiguille d'une horloge murale, en haut du Bolton Building. Elle se situe dans une séquence où Harold se fait passer pour un monte-en-l'air escaladeur de buildings comme on en trouvait à cette époque aux Etats-Unis, un de ces aventuriers des temps modernes qui voulaient faire parler d'eux en prenant des risques insensés.
Et pourtant, cette séquence arrive seulement à la fin du film, pendant les vingt dernières minutes.

Avant cela, on s'en sera donné à cœur joie dans le magasin en suivant Harold se dépêtrer

- d'une bande de mégères venues le harceler à son rayon - textiles - s'arrachant sa présence pour obtenir satisfaction dans leur commande ;

- de sa fiancée venue lui rendre visite, et donc se faire passer pour ce qu'il n'est pas auprès d'elle comme des autres employés !

Les scènes dans le magasin sont toutes plus drôles les unes que les autres, Harold jonglant entre sa fiancée, ses clientes et ses collègues pour notre plus grand bonheur.

Mais bien entendu, c'est tout de même la séquence d'escalade qui marque le plus. Il s'agissait d'un mensonge supplémentaire : se faire passer pour l'escaladeur - en fait son meilleur ami (Bill Strother) - et échanger avec cet ami en cours d'ascension, sans que personne ne s'en aperçoive.

Mais il faut bien que le menteur soit pris à son propre piège. Et c'est bien Harold qui va grimper tous les étages, sous les yeux de la foule ébahie, ainsi que ceux de Mildred, effrayée de le voir prendre tant de risques.

Quels risques, d'ailleurs ? Tomber ? Pas de si haut que ça, si on en croit le documentaire The third Genius (1989) de Kevin Brownlow et David Gill : tout a été fait en studio. Mais c'est là qu'est le sublime : ça ne se voit pas (sauf si on connaît les trucs, et même dans ce cas). C'est magnifique ! Cela n'aurait tout de même pas empêché Harold Lloyd de se casser un membre en cas de chute, tout de même. Et en plus, il avait déjà perdu deux doigts sur un autre film !

En plus d'être le film le plus connu de Harold Lloyd, c'est aussi celui qui verra sa dernière collaboration avec Mildred Davis. Maintenant qu'ils sont mariés, elle ne tournera plus (sauf en 1927 : Too many Crooks, son vrai dernier film).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Fred C. Newmeyer, #Sam Taylor, #Harold Lloyd, #Comédie
Faut pas s'en faire (Why worry - Fred C. Newmeyer - Sam Taylor, 1923)

Harold van Pelham (Harold Lloyd) est un hypocondriaque. Pire que ça, est un riche hypocondriaque. Encore pire : c'est un riche hypocondriaque oisif. Avec ses riches amis oisifs, ils se retrouvent dans un club où on ne fait rien, mais ensemble.

Mais comme Harold ne va pas bien, son médecin lui prescrit un séjour dans l'île Paradiso, en plein océan pacifique.

Sur cette île, l'occupation première est la sieste. La seconde, le repos.

Mais c'est sans compter sur James Blake (Jim Mason). Blake est un renégat américain établi sur cette île. Le regard en coin, la moustache fine, bref, une belle tête de méchant, sournois à souhait. Il dirige une partie de l'île à l'aide d'une poignée de révolutionnaires d'opérette, dirigé par un autre méchant - risible, vraiment - Herculeo (Leo White).

On a beau être en plein Pacifique, tous les gens à la solde de Blake portent un sombrero et une moustache, plus ou moins fournie...

C'est un vendredi 13 que Harold, son valet et son infirmière (il est malade, vous comprenez) débarquent sur l'île Paradiso. C'est aussi ce jour qu'ont choisi les rebelles pour fomenter un coup d'état.

 

Il y a dans ce coup d'état manqué un parallèle évident avec ce qui s'est passé (et ce qui se passe encore) au Mexique dans les années 1910-1930. En effet, la Révolution a beau s'être terminée en 1917, les troubles ont continué pendant de nombreuses années. Quand le film sort (début septembre 1923), Pancho Villa a été tué moins de deux mois plus tôt.

Et finalement, la situation (délocalisée, mais nous ne sommes pas dupes) décrite dans le film n'est pas si loin que ça de la réalité mexicaine.

Heureusement, nous sommes dans une comédie. Face à tous ces guérilleros moustachus, Harold Lloyd se débat comme un beau diable, épaulé par un colosse, qui s'appelle d'ailleurs Colosso (John Aasen).
Mais si Colosso est au fait de la situation ilienne, Harold, lui, n'est rien qu'un riche égoïste dérangé dans son petit confort et son traitement médicamenteux.

- Son valet est molesté par les rebelles ? Il lui reproche sa tenue loin d'être nette ;

- les soldats tirent au canon ? Il les empêche, leur arguant qu'il est venu sur cette île pour se reposer et se soigner.

Pour le reste, il évolue au milieu de la violence sans en avoir conscience, imaginant que les gens qu'ils voit gésir un peu partout sont en pleine sieste.

 

Mais quand ces mêmes soldats s'en prennent à son infirmière (Jobyna Ralston), il n'hésite plus et part à l'assaut de ces méchants... Parce qu'il est a-mou-reux ! Il est subjugué, conquis, idiot... Plus elle le dispute, plus il est heureux... Cela donne un autre souffle au film et surtout à sa personnalité. Il prend conscience de l'état d'insurrection, et en oublie - enfin - son hypocondrie. Et c'est tant mieux pour nous, car cela amène encore d'autres gags. Parce que ce film, comme toujours chez Lloyd, est une accumulation de situations burlesques. On part d'une situation convenue pour lui - un riche jeune homme oisif (comme d'habitude) - et on arrive à un point culminant où ce même jeune homme tient tête (presque) seul à une armée. Mais cette accumulation comique ne pourrait être aussi réussie sans la présence du gigantesque John Aasen, véritable bras armé de van Pelham. L'épisode de la dent à arracher étant un des sommets comiques du film. L'autre grand moment, est la lutte finale contre les deux méchants, puis le reste de l'armée, avec effets spéciaux « normaux »... Bref, du grand art.

 

Hélas, ça ne dure que soixante-trois minutes... On en voudrait plus.

Mais quand on aime, on ne compte pas.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Harold Lloyd, #Hal Roach, #Alfred J. Goulding, #English
Haunted Spooks (Hal Roach and Alfred J. Goulding, 1920)

When you "go down the Mississippi River several miles then turn right", you find a superb mansion, with all its black servants - including a young child (Ernest Morrison).

The girl (Mildred Davis) has inherited. But there's still one small problem: she has to marry someone if she wants to live in it.

There is another slight problem: her uncle who lives in this house and does not want to go away. He would rather keep it for himself.

Far away from this mansion, another young girl is being courted by two young men. Both of them will fight to get the girl! Once this matter is settled, the winning young man (Harold Lloyd) is about to propose her. But it happens that she loves another man.

Meanwhile the young girl's (Mildred) advocate, seeking a husband for her, meets the young man and takes him to her, before he tries (again) to commit suicide.

So, they get married and move to their new Southern home. But when other stories end at this point, this one starts: the uncle does not want to leave and arranges to make them think that the house is haunted...

 

Here again, every situation is exploited to make us laugh: the boys fighting, the trip South in a car, and, of course, the ghost hunt.

The film is funny from the very beginning. The opening credits, apart from describing who made the film and who played in it, describe briefly but with humour the situations and characters: the girl, the boy, the uncle (no names); the location (first sentence of this article); and the time ("too late for snowballs - too early for June roses").

The intertitles keep the same humorous spirit: each quote is accompanied by a cartoon which increases the comical effect. When the advocate introduces the young man we can read: "I've brought you a husband, a minister, a ring and a cook book. Each element of the sentence is drawn from very small (husband) to very large (cook book).

But we have to wait for the second half of the movie to understand why the film is called Haunted Spooks. In the first part, the central story is the one of Harold, who, saddened by his unhappy love affair, tries several times to commit suicide (fortunately, he fails in every attempt):

- blowing his head;

- being run over by a streetcar;

- jumping in the water with a stone tied to his collar;

- drown himself;

- being run over by a car.

 

And then we have what we expected: a funny ghost chase with the more than well-known shot of Harold Lloyd, extremely scared by a ghost with his spiky hair standing up on his head!

 

This was the fourth film where Harold Lloyd and Mildred Davis played together. Three years later, they will get married, again. But this time, it was for real.

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