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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

jack conway

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Jack Conway, #Lon Chaney, #Gangsters
While the City sleeps (Jack Conway, 1928)

« Pendant que la ville dort » est une traduction littérale du film de Jack Conway. Il sort alors que le parlant s’installe et a en tête d’affiche l’immense Lon Chaney. Et pour une fois, le grand acteur transformiste joue le rôle d’un homme normal. Enfin pas complètement, sinon, il n’y aurait pas de film.

Jack Conway, à travers le scénario d’Arthur P. Younger, rend hommage à la police de l’ombre (1) : mes hommes en civil.

La copie disponible est malheureusement incomplète, il manque un élément qui voyait Dan investir un repère de Mile-Away. On passe directement à la suite sans toutefois perdre la compréhension générale du film.

 

Dan Coghlan (Lon Chaney, donc), est un vétéran de la police de Los Angeles (LAPD) qui travaille comme inspecteur et fait donc partie de ces policiers qu’on ne distingue pas toujours des autres citoyens.

Sa cible Eddie Skeeter Carlson se fait appeler Mile-Away, parce qu’à chaque mauvais coup, il a un alibi en béton : il se trouvait à chaque fois à un mile du lieu du forfait.

A plusieurs reprises, il file entre les doigts des policiers.

Mais ce qui inquiète le plus Dan, c’est qu’il a l’intention de mettre le grappin sur la jeune – et belle – Myrtle Sullivan, que Dan connaît depuis l’enfance (2).

Dans le même temps, Myrtle aime Marty (Carroll Nye) – qui le lui rend bien – ce qui amène l’infâme Mile-Away à envisager de se débarrasser de ce dernier, dernier obstacle avant d’avoir la belle.

C’est bien sûr sans compter sur Dan qui lui aussi se découvre des vues sur Myrtle…

 

Jack Conway, avec cette histoire, nous montre aussi comment fonctionnent les services de police pour une enquête. Le film s’ouvre sur une identification avec mur blanc, numéros et types à la mine patibulaire – c’est ainsi qu’on fait la connaissance de Mile-Away et Marty : Coghlan répond de Marty mais bien sûr pas de la fripouille.

A un autre moment, c’est un exercice du bertillonnage qui est utilisé : on compare les empreintes digitales…

Bref, c’est tout ce travail qui se fait à l’ombre des foules et qui fait avancer les enquêtes.

 

A cela s’ajoute la note mélodramatique – indispensable semble-t-il – qui voit Coghlan se ressentir une attirance inexplicable pour la belle Myrtle.

Encore une fois, Lon Chaney interprète un amoureux frustré – le bénéfice de l’âge ne va joue pas en sa faveur. Mais alors qu’il joue habituellement des amoureux transis, ici, cet amour va s’imposer doucement à lui : la jeune femme se comporte avec lui comme toujours et se blottit naturellement dans ses bras ou se serre contre lui, sans penser à mal.

La première réaction de Coghlan est de prendre ses distances devant cet amour. Mais son enquête le ramène toujours auprès de Myrtle, la rendant toujours plus désirable (3).

 

Lon Chaney est donc dans un rôle somme toute reposant, même s’il utilise avec le même brio ses expressions faciales. Quand il se rend compte que finalement il n’a aucune chance avec Myrtle (ce que nous spectateurs savions depuis le début), on voit son visage se métamorphose graduellement de l’euphorie – il va la retrouver et ils vont se marier – à la pitié – c’est l’autre qu’elle aime.

 

Si le film est un hommage à la police, on n’en trouve pas moins des gangsters franchement dangereux, de nombreuses morts violentes surviennent aux différentes descentes policières, et si les gangsters n’hésitent pas à ouvrir le feu sur les représentants de l’ordre, ces derniers vont jusqu’à utiliser une mitrailleuse pour se débarrasser de ces personnages fort déplaisants. Il est clair que depuis Underworld, les affrontements entre gangsters et policiers ne sont plus les mêmes.

Parmi les gangsters d’ailleurs, on peut reconnaître l’un d’eux, beaucoup plus petit : il s’agit Angelo Rossitto, dans une de ses toutes premières apparitions (la troisième semble-t-il) au cinéma. On le retrouvera bien sûr dans le fabuleux Freaks.

Mais soyez attentifs, il n’est pas facile à trouver.

 

Dernière chose, le final ressemble beaucoup à celui que Conway utilisera deux ans plus tard dans le dernier film avec Lon Chaney, Le Club des Trois.

 

  1. Aucune manigance ni complot dans ce corps de police, ce sont les inspecteurs qui ne portent pas d’uniforme pendant leur service (« plain-clothes men »).
  2. Même si ce n’est pas dit, on se doute que le père de Myrtle, avec un nom pareil (irlandais), devait être policier.
  3. En tout bien tout honneur, cela va de soi !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Jack Conway, #Lon Chaney, #Drame
Le Club des Trois (The unholy Three - Jack Conway, 1930)

Quand le 12 juillet 1930 sort le film, c’est un véritable événement : Lon Chaney parle !

Après des dizaines de films muets et deux ans après le début véritable du parlant, Chaney joue dans un film sonore.

Et quel film : un remake de celui de Tod Browning (1925), dans lequel on retrouve le nain Harry Earles, mais sans Victor McLaglen que la Fox n’a pas voulu prêter.

Quand sort un remake, le spectateur se pose toujours la question de l’utilité de refaire une œuvre.

Pour moi, la réponse est claire et sans hésitation : oui.

Non pas pour la fin légèrement modifiée, mais pour l’utilisation du son qui, dans des films comme celui-ci, est d’une grande pertinence.

En effet, le personnage d’Echo (joué par Chaney) est un ventriloque. C’était aussi la faiblesse dans le film de Browning : les effets vocaux étaient remplacés par des phylactères sur la pellicule.

Malheureusement, si les spectateurs ont enfin pu entendre la voix de Lon Chaney, leur joie ut de courte durée : ce géant s’éteignait quelques semaines plus tard, victime des produits de maquillage qui firent sa célébrité et renforcèrent son talent. C’était le 26 août.

 

L’intrigue est donc la même que précédemment : trois ex-vedettes de foire s’allient et forment un trio de malfaiteurs, dissimulés derrière un magasin d’animaux domestiques qui leur sert de couverture : ils profitent de la livraison chez leurs clients fortunés pour repérer ce qu’il y a à voler chez eux.

Mais un soir, le cambriolage tourne mal : un homme est tué et Hector (Elliott Nugent), l’employé du magasin, est accusé de meurtre.

Rosie (Lila Lee), la bonne amie d’Echo va le persuader d’innocenter celui qu’elle aime, et par là même de la laisser partir.

 

Il est clair qu’Echo est complètement dans le registre de Lon Chaney : à part les jeunes premiers, il était capable d’interpréter n’importe quel sorte de rôle, jusqu’à des personnages asiatiques fort crédibles.

Et le film nous permet d’entendre qu’il aurait pu très bien continuer malgré l’avènement irréversible du cinéma parlant. Sa voix est claire et agréable (pour un truand), en totale adéquation avec son physique et ses jeux de visage.

De plus, professionnel jusqu’au bout, il interprète le ventriloque avec beaucoup de réalisme, les dents serrées pendant que le diaphragme et les cordes vocales fonctionnent.

Malheureusement, tout de même, la bande-son n’est pas toujours en bon état, quatre-vingt-dix ans après.

Autre personnage dont la voix est intéressante : Harry Earles. Non seulement sa corpulence lui permet de jouer le bébé, mais sa voix aussi est dans le même registre. C’est plus la voix d’un petit garçon que d’un adulte (1). Par contre, le personnage malgré sa petite taille n’est plus un petit garçon depuis longtemps : il a des attitudes et des réflexions qui ne trompent pas, mais surtout, il fume le cigare ! (2)

Et surtout, le décalage entre la voix et l’âge démontre que celui qu’on appelait Tweedle Dee est un personnage terrible et très malfaisant.

 

En reprenant cette histoire, Jack Conway retrouve Lon Chaney, deux ans après While the City sleeps (film incomplet à ce jour), et d’une certaine façon fait un clin d’œil à Browning, en présentant la galerie d’attractions dans laquelle on découvre les trois brigands. Outre ceux-ci, on peut admirer : Ida (Birdie Thompson), une femme énorme ; Sylvester l’avaleur de sabre ; ainsi que les sœurs siamoises Cecilia et Linda Parker, ainsi qu’une magnifique femme tatouée.

Bref, tout est en place pour Freaks.

Le Club des Trois fut un succès,  alors que Freaks un fiasco. Le public voulait bien d’une histoire avec un nain, mais pas avec le reste des « monstres » : il n’était pas imaginable que ces créatures puissent avoir une vie normale, comme ceux qui venaient les voir. Mais nous sortons du film. Pardonnez-moi.

 

Ce dernier rendez-vous avec Lon Chaney est malgré tout émouvant. Son personnage est d’une certaine façon un condensé de toutes ses capacités d’acteur : « l’homme aux mille visages » possède aussi plusieurs registres vocaux.

Et si Echo n’a pas la femme à la fin, il n’en demeure pas moins un personnage attachant et sympathique – comme ce fut le cas pour l’autre film tourné avec Conway – et les adieux qu’il envoie à Hector et Rosie à la fin du film prennent une autre dimension : le train qui l’emmène ira beaucoup plus loin que prévu.

 

 

  1. Peter Dinklage n’a pas cette voix d’enfant, ce qui ne lui aurait pas permis de jouer Tyrion…
  2. Si Robert Zemeckis n’a pas pensé à lui quand fut créé Baby Herman, la parenté avec le comparse de Roger Rabbit est tout de même évidente.

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