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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

james gray

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Drame, #Enfance, #James Gray, #Anthony Hopkins
Armageddon Time (James Gray, 2022)

« Et ils les rassemblèrent en un lieu appelé en hébreu Harmaguédon. Le septième ange répandit sa coupe dans les airs : une voix forte venant du trône sortit du Sanctuaire ; elle disait : « C’en est fait ! ». Il y eut des éclairs, des fracas, des coups de tonnerre ; il y eut un grand tremblement de terre : depuis que sur la terre il y a des hommes, il n'y eut jamais de tremblement de terre aussi grand. » (Jean, Apocalypse, 16:16-18)

« Pour la première fois, tout est en place pour la bataille d’Armageddon et la seconde venue du Christ » (Ronald Reagan).

Cet « Armageddon » qu’on nous promet dans le film (interview de Reagan de 1979), c’est la fin d’un monde : celui de Paul Graff (Michael Banks Repeta). Pour lui, 1980, c’est l’entrée au collège (sixième). Et nous allons suivre presque toute la première période d’école, entre la rentrée et l :’approche des élections qui verront s’affronter Jimmy Carter, le président sortant et le cow-boy cité ci-dessus.

 

Et ce cow-boy représente véritablement cet Armageddon qu’il présente : à l’instar de Thatcher en Grande-Bretagne, Reagan annonce une ère nouvelle basé »e sur un capitalisme à outrance – et décomplexé, bien entendu – qui, s’il a vaincu le communisme russe nous a amené une situation actuelle phénoménale, avec un nouvel Armageddon en préparation.

Mais ici, c’est seulement le monde de Paul qui s’effondre, avec d’un côté des parents faibles (Anne Hathaway & Jeremy Strong) et une conduite insolente, et de l’autre un grand-père (Anthony Hopkins) qui est le seul avec qui il peut – et veut – parler.

Et quand se conclut le film, Paul a grandi malgré lui, et il va entrer de plain pied dans les années 1980, avec en prime une nouvelle vision du monde, engendrée par la fin de l’innocence.

 

Ne nous y trompons pas, Paul Graff, c’est avant tout James Gray. Tout d’abord parce que le nom original des grands parents de Paul est Greyzerstein, comme il l’explique à Fred Trump (John Diehl) le père du donald. De plus, les dates concordent pleinement avec la jeunesse du réalisateur.

C’est donc une chronique de l’enfance très courte – à peine plus de deux mois – mais très intense que nous raconte ici James Gray : son enfance sans aucune trace de nostalgie. Et on le comprend parce que l’époque est cruciale, tant pour les Etats-Unis que le reste du monde : le libéralisme triomphe (voir plus haut) et a lieu de second choc pétrolier.

Mais c’est aussi une période de recrudescence du racisme et de l’anti-sémitisme, et de la montée des extrémismes qu’ils soient religieux ou politiques et qui vont s’épanouir dans la décennie qui s’annonce.

 

Et c’est cet enjeu social qui préoccupe le plus Paul, par l’intermédiaire de son ami Jonathan Davis (Jaylinn Webb), cancre labellisé, délinquant en puissance. Délinquant en puissance pour les adultes, tout simplement parce qu’il travaille mal à l’école, mais surtout parce qu’il est noir : il est le souffre-douleur du professeur, et chaque bêtise ne peut provenir que de lui. Même la police entre dans ce jeu et Paul va vivre pleinement l’injustice raciale de son « beau » pays.

Pas étonnant que le petit Paul, onze ans, soit désabusé quand le film se termine, pendant que le père du donald nous abreuve d’un discours qui va porter – hélas – ses fruits, au détriment des petits.

 

Et encore, il n’a pas encore tout vu de cette année qui va encore plus mal finir :

  • 4 novembre 1980 : Ronald Reagan a été élu.
  • 8 décembre 1980 : John Lennon est assassiné.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Gangsters, #James Gray, #Robert Duvall
La Nuit nous appartient (We own the Night - James Gray, 2007)

Depuis Abel et Caïn, les rivalités entre frères ont très souvent amené des intrigues intéressantes.

Ici, les deux frères sont Bobby (Joaquin Phoenix) et Joe (Mark Wahlberg), l’un policier, l’autre pas, fils de Burt Grusinski (Robert Duvall) déjà policier lui aussi.

Alors que Joe court après des trafiquants, Bobby les accueille dans son club, qu’il gère en sous-main pour Marat Bouzhayev (Moni Moshonov). Ce dernier est l’oncle – propre sur lui – de Vadim Nezhinski (Alex Veadov), l’un des trafiquants les plus en vue que recherche Joe.

On en resterait là si par malheur Nezhinski ne fît exécuter Joe. Parce que, finalement, Bobby et Joe ne sont pas Caïn et Abel…

 

James Gray dirige à nouveau une histoire de famille, de police, de gangs, et le tout à New York : il boucle ainsi sa trilogie commencée treize ans plus tôt avec Little Odessa.

De plus, il retrouve Phoenix et Wahlberg qui étaient dans l’opus 2 – The Yards (2000) – et sont accessoirement les producteurs du film.

Une fois passée le fait qu’ils ne se ressemblent pas vraiment, nous assistons à une intrigue où famille et loyauté sont les deux éléments importants : la famille policière, qui ne se cantonne pas au trio Gruzinski, mais comporte les autres éléments de la Force ; et la truande qui elle aussi se serre les coudes, même si hors de ses liens du sang, il n’y a que peu de salut.

Et si Bobby des trouve au beau milieu de ces deux familles, les liens du sang se font les plus forts une fois les hostilités lancées.

 

Cette plongée dans ce qu’on peut appeler la mafia russe nous sort de l’Italienne que nous connaissons bien : cette organisation criminelle servit longuement de modèle aux cinéastes que ce soit dans les années 1930s (Wellman, Hawks ou encore LeRoy), tout comme 40, voire 60 ans plus tard (Coppola ou encore Scorsese).

Mais il faut dire que depuis la chute du Mur (novembre 1989) et surtout celle du communisme, nous avons découvert une nouvelle organisation criminelle qui n’avait rien à envier aux Italiens et autres Siciliens.

 

Ces « nouveaux » truands de l’Est sont aussi redoutables, voire peut-être un tantinet ^plus que leurs prédécesseurs, ne jouant pas le jeu avec les mêmes règles, comme s’obstine à le faire Burt Gruzinski, à son grand désavantage : il sera tué sans hésitation, ces nouveaux bandits n’ayant aucun scrupule à tuer les policiers, comme c’était souvent le cas avant.

Ce meurtre a lieu sous les yeux de Bobby, pendant une pluie battante, ne lui permettant pas de bien distinguer ce qu’il se passe. Et c’est là que se place la nouveauté dans cette énième poursuite en voiture : à aucun moment nous ne voyons la chasse à travers d’autres points de vue. Nous restons dans la même voiture jusqu’au bout, découvrant avec Bobby l’issue fatale qui ne faisait tout de même aucun doute.

 

Ce qui suit est alors prévisible et nous assistons alors à la vengeance d’un fils, obligé – comme l’avait prédit son père dans la première partie du film – de choisir son camp dans ce qui est une guerre, comme on nous le rappelle souvent dans ce genre de film.

Prévisible ou pas, on passe tout de même un agréable moment devant ce film policier où Joaquin Phoenix est passé du côté des gentils, malgré un début qui annonçait tout de même le conflit, sinon biblique, du moins fraternel.


Et les femmes dans tout ça, me demanderez-vous ?

Mise à part la belle Amada (Eva Mendes), ce ne sont que femmes au foyer, essentiellement cantonnées à la cuisine : que ce soit la mère d’Amada (Miriam Cruz) ou la femme de Bouzhaiev (Elena Solovey), elles préparent et/ou nourrissent…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #James Gray, #Aventure
The lost City of Z (James Gray, 2016)

Superbe.
Beau et fascinant, autant que put l’être cette cité que Percy Fawcett (1867-1925?) a passé une grande partie de sa vie à chercher.

Parce qu’il s’agit de cela : une quête. L’une des plus vieilles du monde occidentale après le Graal : l’Eldorado.

Oui, l’Eldorado, la cité d’or perdue au milieu de l’Amazonie et que beaucoup ont cru toujours atteindre avant de succomber sans même s’en être approchée.

 

Ici, James Gray nous raconte vingt ans dans la vie de Percy Fawcett (Charlie Hunnam), officier britannique qui visita de nombreux états de l’Empire Britannique sans en ramener la moindre décoration.

Alors quand on lui propose de cartographier région frontalière entre la Bolivie et le Brésil, il accepte. Nous sommes en 1906.

Assisté de Mr. Costin (Robert Pattinson), il va accomplir sa mission et parvenir à la source du Rio Verde qu’il devait retrouver.

Mais, et c’est là que la quête commence, près de leur but, ils découvrent des vestiges d’une très ancienne civilisation.

Près de vingt ans et une Guerre mondiale plus tard, Percy repart à la recherche de la Cité de Z, accompagné de son fils Jack (Tom « Spiderman » Holland).

 

Il est heureux de constater que dans ce monde où tout va si vite, un réalisateur prenne le temps de raconter une histoire. Mais encore plus que ça, nous donne envie de la découvrir.

C’est une histoire aux multiples péripéties, où le héros – et ses acolytes – est trimballé d’un lieu à l’autre, manque plusieurs fois de mourir, doit survivre à une guerre terrible et trop longue (1), doit aussi subir la trahison et le déshonneur, sans oublier un aspect mystique intrinsèque au but final : la découverte de l’Eldorado. Et en plus, nous avons droit à une belle histoire d’amour et de fidélité.

Bref, qu’est-ce que Percy Fawcett n’a pas vécu ?

 

A noter que tout ceci nous est raconté en un petit peu moins de 140 minutes, ce qui est une longueur fort appréciable : ni trop long malgré la richesse des expériences et des événements racontés, ni trop court pour laisser au spectateur le temps d’apprécier chaque nouvelle situation.

En effet, même au moment le plus critique pour Fawcett – la guerre 14-18 – James Gray ne cède à un montage très (trop) rapide.

Cela nous permet d’assimiler plus facilement les différentes informations qui nous parviennent et pour James Gray de mettre en place avec justesse une certaine partie de la société britannique d’avant 1914.

 

C’est un monde sclérosé et à bout de souffle qu’il nous est permis de contempler. Un monde qui se meurt mais qui se croit encore supérieur au reste de la planète, et ce malgré l’évolution sociale et scientifique.

En effet, l’expédition initiale de Fawcett et surtout ses découvertes finales vont à l’ »encontre des idées courantes dans les différentes assemblées scientifiques de cette époque : il faut voir Fawcett soutenir ses théories devant ses collègues de la Royal Geographical Society (RGS) pour comprendre l’étroitesse de certains esprits.

 

Mais avec ce film, c’est aussi une façon de rendre hommage à tous ces « Indiens » d’Amérique du Sud, et surtout ceux qui peuplaient la grande forêt amazonienne. Je dis peuplaient parce que, bien entendu, le passage de l’homme blanc et de son « progrès » en exterminé plus d’un et que ceux qui résistent encore vont hélas disparaître à leur tour. Pourtant, si on doit retenir quelque chose de l’œuvre de Fawcett à travers ses expéditions, c’est bien le respect de ces populations autochtones que les Blancs ont fait disparaître avant d’essayer de les connaître.

Et il faut se dépêcher de voir le film avant qu’il n’en reste plus du tout : que les rares souvenirs ramenés par ceux qui pensaient – à juste titre – qu’on avait autant à apprendre de leur(s) civilisation(s) qu’eux de la nôtre, et surtout sans avoir à utiliser la violence.

 

(1) Une guerre, par essence, est toujours trop longue.

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