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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

jean-paul le chanois

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Jean-Paul Le Chanois, #Jean Gabin
Les Misérables (Jean-Paul Le Chanois, 1958)

Et de dix !
Le film de Jean-Paul Le Chanois est la dixième adaptation cinématographique du roman d’Hugo (sur quatorze), et la quatrième française (seulement !)Et pour cette œuvre épique, on n’a pas lésiné sur la distribution : rien de moins que Gabin (Valjean), Blier (Javert) et Bourvil (Thénardier).

Et le résultat est à la hauteur des espérances, mais pas celles de Le Chanois qui a dû couper dans son film (ça me rappelle quelqu’un…) pour plaire aux distributeurs. Et encore, la version disponible actuellement ne fait que trois heures et trois minutes, ce qui est bien loin des cinq heures heures et quart originales, ramenées à quatre heures par le réalisateur !

On aurait aimé, là encore, voir ce qui a été enlevé…

 

Toujours est-il que Le Chanois, sur un scénario de René Barjavel, nous offre un spectacle somptueux, servi, outre par le trio évoqué, par quelques noms du cinéma français et même quelques protagonistes de la version de Raymond Bernard (1).

Côté intrigue, on retrouve tous les épisodes incontournables de cette histoire édifiante : Fantine et le salaud de bourgeois (Bernard Musson) ; Cosette (Martine Havet) et son seau ; l’Auberge du Sergent de Waterloo (Thénardier)… Sans oublier la veulerie de Thénardier ni l’intransigeance de Javert.

Et ça fonctionne ! On suit encore une fois avec intérêt cette histoire qu’on connaît par cœur, avec Jean Topard et sa fabuleuse voix comme narrateur.

 

Malgré tout, comme moi, on peut lui préférer la version de Bernard. En effet, Gabin est beaucoup trop beau pour être Valjean. Il n’a pas l’aspect brutal voire bestial que pouvait avoir Harry Baur – et qu’aura Ventura (1982) – dans le même rôle. Même avec la coiffure réglementaire du bagnard, il reste Jean Gabin. Certes, il nous offre une prestation pluis que correcte, mais il lui manque quelque chose pour être pleinement son personnage. A moins que ce soit un petit quelque chose en trop… Sa belle gueule par exemple. Mais, et surtout, ce qui le sauve, c’est qu’il ne fait pas encore du Gabin, et ça c’est très appréciable.

Par contre, Bourvil est un mémorable Thénardier. A contre-emploi par rapport à ce que nous connaissons de lui, il campe un personnage fourbe et méprisable avec beaucoup de conviction et de justesse. Quant à Blier, en Javert, ce n’est pas non plus totalement ça. Lui aussi n’est pas le Javert idéal, et il est même un cran au-dessous de Vanel (1934). (2)

 

Bref, c’est une très belle version qu’on pourrait qualifier d’ »académique », dans laquelle Le Chanois se contente d’adapter sobrement le chef-d’œuvre d’Hugo. Mais cette « académisme » est bien lisse quand on le compare avec celle de 1934. Certes Bourvil est un formidable Thénardier, ;  mais il n’atteint pas le sommet que représente Charles Dullin qui, lui, avait une Thénardier à la hauteur de son talent : ici, Elfriede Florin (La Thénardier, donc), est elle aussi trop lisse et nous apparaît moins rouée que la Moréno. Peut-être est-ce dû au casting international (elle est allemande), qui amoindrit leur performance, ou chose plus vraisemblable, la présence de trois monstres sacrés à côté desquels il faut sa voir tirer son épingle du jeu.

 

Alors merci à Pathé qui nous offre cette belle version restaurée !

 

  1. Vingt-quatre ans se spont écoulés entre les deux films : c’est le même temps qui le sépare de celui de Robert Hossein (1982), dans lequel on retrouvera Fernand Ledoux qui passera du rôle de monseigneur Miriel (ici) à Fauchelevent (chez Hossein).
  2. De toute façon, mon préféré c’est Michel Bouquet (1982).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chronique, #Jean-Paul Le Chanois
L'Ecole buissonnière (Jean-Paul Le Chanois, 1949)

1920

Après quatre ans de conflit, une blessure et un an dans divers hôpitaux, monsieur Pascal (Bernard Blier), instituteur « normalien » fait sa toute première rentrée dans un petit village de Provence : Salèzes.

C’est un drôle de personnage, que ce nouveau maître : pensez donc, il ne porte même pas de chapeau. Et en plus, il encourage ses élèves à aller étudier en dehors de la classe sous le prétexte (fallacieux, il va sans dire) de réaliser des enquêtes.

Mais les bons notables du pays ne sont pas dupes : il les encourage à aller à l’école buissonnière*…

 

Le film commence comme une pagnolade. On retrouve cette Provence chère à l’écrivain d’Aubagne, où le temps s’écoule doucement, comme le rythme de travail de certains autochtones. On retrouve même deux acteurs de ses films : Edouard Delmont et Marcel Maupi. Mais il ne faut pas s'y tromper.

Cette histoire est inspirée de celle de Célestin Freinet, cité dans le générique, pour qui l’enseignement ne se fait pas toujours – ni obligatoirement – dans la classe.

 

On y retrouve donc les deux piliers de cette nouvelle pédagogie (en 1920) à travers la coopération (mentionnée aussi en clin d’œil dans le générique) et l’imprimerie. Mais surtout, on y trouve des enfants, pas obligatoirement mauvais, mais las des techniques – un tantinet – archaïques de l’ancien maître, monsieur Arnaud (Delmont).

 

Près de soixante-dix ans après la sortie du film, on ne peut que noter le côté visionnaire de cette méthode qui y est dévoilée. Même s’il dut quitter de l’Education nationale, ses idées y ont tout de même fait leur chemin fait leur chemin dans les écoles publiques, étant toujours d’actualité aujourd’hui.

 

Mais nous sommes au cinéma. Et Jean-Paul le Chanois nous expose cette « Ecole Moderne », où les enfants sont acteurs de leurs apprentissages. Et Bernard Blier est un instituteur très crédible, en proie à l’hostilité réactionnaire portée par le maire, dont l’autorité semble menacée par une future armée de gens sages, et un antiquaire qui a des idées qui ont le même âge que sa marchandise. En proie aussi à ses doutes quand il découvre cette école aussi vieille que l’enseignement qui y est dispensée, et surtout aussi délabrée. [Et le vieil Arnaud en est une personnification vivante, l’odeur en moins.]

 

Et le film s’inscrit dans ceux de l’après-guerre, où on voulait un autre avenir pour les enfants que ces années terribles, voyant en eux la société de demain. Sur certains points, on pense à La Cage aux rossignols (1945), mais si Dréville suscite l’émotion par la musique et le chant, ici, Le Chanois fait appel à la raison pour obtenir le même résultat. On est ému par le jeune Albert (Pierre Coste), archétype du mauvais élève qui passe – encore une fois – le sacro-saint Certificat d’Etudes, et déclame la Déclaration des Droits de l’Homme. Il y a une tension et une émotion palpable à ce moment-là, de la même force que la Marseillaise dans Casablanca.

 

Enfin, il est dommage que la femme de Freinet, Elise, n’ait pas été une seule fois créditée au générique, alors que c’est elle qui a écrit le synopsis original, inspiré des débuts de son mari (et d’elle-même, par la même occasion…).

 

 

 

* D’où le titre.

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