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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

joel & ethan coen

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Joel & Ethan Coen, #George Clooney
O'Brother, where art thou? (Joel & Ethan Coen, 2000)

Mississipi, Grande Dépression.

Ulysses Everett McGill (George Clooney), Pete (John Turturro) & Delmar O’Donnell (Tim Blake Nelson) s’évadent du bagne afin de retrouver le trésor du premier, avant son engloutissement  prévu une semaine plus tard (1).

Les trois hommes vont déambuler pendant ces quelques jours, poursuivis par la police, s’insérant dans une élection (celle du gouverneur de l’état), rencontrant des personnalités plus ou moins recommandables – Pappy O’Daniel (Charles Durning), George « Baby Face » Nelson (Michael Badalucco) – et bien sûr Penny Wharvey/McGill (Holly Hunter), la femme légitime d’Ulysses (2).

 

A nouveau, c’est le début d’une nouvelle collaboration fructueuse : celle des frères Coen et d’un de leurs acteurs fétiches, George Clooney. Et dès ce premier film ensemble, le ton est donné : ne cherchez pas un personnage distingué aux manières élaborées et à l’intellect supérieur. Ulysses Everett McGill n’est rien d’autre qu’un abruti, aussi intelligent que ses deux comparses. Le seul atout de cet homme, c’est son bagout. Mais c’est aussi son défaut : il faut qu’il parle, quitte à ne faire que du vent, ce qui est tout de même souvent le cas.

Sans oublier l’autre aspect indispensable des personnages de Clooney pour les Coen : le ridicule. Ici, cela passe par l’usage continuel de brillantine (de la Dapper Dan, pas une autre !) pour être bien coiffé, ainsi qu’un filet pour protéger ses cheveux la nuit.

 

D’une manière générale, McGill n’est pas vraiment ce qu’il prétend, et ce sera un immense mensonge qui va se dérouler sous nos yeux, entrecoupé de moments de vérité : ils sont tout de même recherchés par la police parce que prisonniers en fuite. Ce long mensonge a aussi d’autres collaborateurs eux aussi hauts en couleurs : Big Dan Teague (John « Walter » Goodman), Homer Stookes (Wayne Duvall).

Mais si McGill est ainsi, c’est surtout parce qu’il est inspiré d’un personnage beaucoup plus célèbre et lui aussi beau parleur : Ulysse (3), celui d’Homère. Mais cette Odyssée est passée à la moulinette des frères Coen pour en devenir l’une des plus belles parodies. Et on va s’amuser à retrouver les éléments mythologiques dans cette comédie débridée (et absurde, cela va de soi) : les Lotophages, le Cyclope, les Sirènes (les plus faciles à identifier) ou encore le passage chez Circé (plus dur, déjà)…

 

Et on s’amuse d’un bout à l’autre, les Coen jouant sur tous les niveaux de comiques sans toutefois sortir de la période qui elle, n’encourageait pas vraiment la rigolade. Et à travers ces pérégrinations, on va retrouver les éléments du Sud traditionnel : les bayous, la musique noire, et le Klan ! C’est l’occasion d’une séquence un tantinet déjantée elle aussi avec chorégraphies inspirées de celles qu’on pouvait hélas voir quelques milliers de kilomètres plus à l’Est à la même époque (Le Triomphe de la volonté, 1935).

Et à l’arrivée, nous avons un road-movie inoubliable, avec en prime la Rédemption inévitable et donc le salut. Mais une question demeure tout de même : ont-ils vraiment changé entre leur départ précipité (et pour cause) et cette drôle de happy end ?

Pas sûr…

 

  1. Il est sur la zone inondable d’un barrage.
  2. Penny, pour Penelope, bien entendu.
  3. D’Où son premier prénom.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joel & Ethan Coen, #Comédie, #George Clooney

Hollywood, années cinquante : péplum, comédie musicale ou de mœurs, western chantant, et au milieu de tout cela, Eddie Mannix (Josh Brolin).

Eddie Mannix, catholique pratiquant, ment à sa femme : il n’a pas vraiment arrêté de fumer !

Par contre, il n’arrête pas non plus de régler les problèmes du studio : une mère célibataire, un acteur-cowboy bombardé dans une comédie de mœurs raffinée, un péplum religieux qui ne doit pas heurter les consciences… Et, parce que ce n’est pas tout, il doit prendre une grande décision sur son avenir : rester au studio et en baver ou accepter un petit job pépère chez Lockheed.

Comme si cela ne suffisait pas, son acteur vedette, Baird Whitlock (George Clooney), est enlevé par une cellule communiste des auteurs de cinéma.

 

Bien entendu, cette histoire est improbable, voire un simple prétexte. Même si Eddie Mannix a réellement existé, c’est essentiellement la reconstitution qui prime avant tout. Et là, les frères Coen n’ont pas fait dans la demi-mesure. C’est un hommage constant à Hollywood, et même mieux, au chant du cygne de l’âge d’or du cinéma, car les années soixante vont faire exploser le cinéma tel qu’on le connaissait alors.

 

Alors on savoure avec beaucoup de gourmandise. On est obligé de penser à Ben Hur, quand on voit George Clooney en Romain rencontre Jésus ; on se souvient de Un Jour à New York quand on admire Channing Tatum danser ; ou encore n’importe quel film avec Esther Williams, quand Scarlett Johansson apparaît en sirène… Bref, nous assistons à une mise en abîme merveilleuse.

Et puis on s’amuse de ce petit monde : Laurence Laurentz (Ralph Fiennes, formidable) essaye d’apprendre à Hobie Doyle (Alden Ehrenreich, plouc à souhait) à parler ; les sœurs Thora & Thessaly Thacker (Tilda Swinton, magnifique) à la recherche d’un scoop plus ou moins croustillant ; et bien entendu Baird Whitlock, le personnage d’abruti réservé à George Clooney, comme d’habitude chez les frères Coen, etc*...

 

Alors, préparez-vous à un voyage dans le temps fabuleux, quand fumer était autorisé, les mères célibataires un véritable scandale et le communisme une menace extrêmement sérieuse !

 

* On retrouve même le couple ennemi Clancy Brown/Christophe Lambert de Highlander : cherchez bien, ils sont tous les deux là !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Joel & Ethan Coen, #Comédie
The big Lebowski (Joel & Ethan Coen, 1998)

Il est difficile de parler de ce film, tant il est riche.

Tout commence par un quiproquo improbable : peut-on décemment confondre Jeffrey Lebowski, riche homme d’affaire flanqué d’une femme de cinquante ans plus jeune, avec Jeffrey Lebowski, dit the Dude, his Dudeness, the Duder, ou encore El Duderino (Jeff Bridges) ? Hein, peut-on ?

Toujours est-il que c’est le départ d’une histoire rocambolesque qui se résume à une seule question :

« Où est l’argent ? » (Vous pouvez glisser dans la phrase des mots grossiers si vous le souhaitez)

 

Alors nous suivons le Dude. Il ne travaille pas, porte des tenues pratiques et des lunettes noires, et surtout, il est cool. Jamais personnage ne fut plus cool. Même Steve McQueen. Quand il a du temps libre, il fait un tour en voiture, joue au bowling ou fume un joint. Puisque je vous dis qu’il est cool ! Alors quand deux types débarquent chez lui, lui mettent la tête dans la lunette des WC et en prime urinent sur le tapis, ça ne peut plus aller : il lui faut un nouveau tapis !

C’est comme ça que Jeffrey Dude Lebowski va rencontrer son homonyme.

 

Mais au-delà de l’intrigue, ce sont les personnages qui donnent toute la saveur au film :

  • Walter Sobchak (John Goodman) : vétéran de la guerre du Viet Nam, qui ne peut envisager chaque moment de la vie que comme une conséquence directe de ce conflit. Joue au bowling avec un revolver dans son sac. Cela évite la contestation.
  • Theodor Donald Donnie Kerabatsos (Steve Buscemi) : autre joueur de bowling. Ne dit pas grand-chose, et de toute façon, les deux autres lui disent toujours de se taire.
  • Maude Lebowski (Julianne Moore) : fille de l’autre. Peintre contemporaine à la recherche d’un géniteur pour son enfant.
  • Bunny Lebowski : jolie fille qui n’a pas épousé l’autre que par amour. Possède une voiture dont la plaque minéralogique est – bien entendu – « LAPIN ».
  • Les nihilistes : ex-formation musicale allemande, qui malgré leur idéologie aimerait quand même récupérer l’argent.
  • Jesus, enfin (John Turturro) : n’a absolument rien à voir avec l’intrigue pécuniaire. Il ne fait que jouer au bowling (très bien d’ailleurs), mais surtout, il porte une tenue de jeu magnifique et surtout a LA réplique du film : « Nobody fucks with the Jesus ! »

Avec tout ce beau monde, on assiste à une véritable épopée. Le film enchaîne des situations et des répliques qui sont devenues cultes avec en prime des scènes de rêve dignes de Lloyd Bacon ou Busby Berkeley.

 

Et puis il y a la musique :

Le Dude écoute Creedence Clearwater Revival, ou Bob Dylan, quand l’autre préfère le « Requiem » de Mozart. Et quand il demande à un chauffeur de taxi de changer pur ne pas entendre les Eagles, il se fait jeter hors du véhicule. Le summum du mauvais goût dudesque étant Jesus dansant sur une version Gypsy King de Hotel California !

 

Bref, un film extraordinaire, qui se redécouvre sans cesse.

 

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