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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

john huston

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #John Huston, #Lillian Gish, #Audrey Hepburn
Le Vent de la plaine (The Unforgive, - John Huston, 1960)

Audrey Hepburn (Rachel Zachary), Burt Lancaster (Ben Zachary), Lillian Gish (Mattilda Zachary)… Que du beau monde ! Ajoutez à cela l’un des soldats les plus décorés de la seconde guerre mondiale – Audie Murphy (Cash Zachary) – et vous avez ce qui ressemble à un western dans la mouvance de La Flèche brisée, où les Indiens ne sont pas les vrais méchants de l’histoire.

Enfin ça, c’est l’optique du réalisateur quand commence le tournage.

A la fin, ce qui aurait pu être un plaidoyer contre le racisme (anti-indien) se résume à un banal film d’action. Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est Huston lui-même.

 

Les Zachary sont éleveurs de bétail. Le père Will a été tué par des Indiens, quelques années plus tôt. Parmi eux vit la belle Rachel, dont les origines sont incertaines puisque le même Will l’a ramenée d’une expédition punitive contre les Kiowas. Est-ce vrai ce que raconte ce vieux fou de Kelsey (Joseph « Dr. No » Wiseman), qu’elle appartenait à la tribu indienne avant d’être ramenée par Will ?

Cette perspective, dans cette contrée reculée des Etats-Unis, divise, et quand les Kiowas viennent réclamer la jeune femme, les choses s’enveniment.

 

Il y a une parenté évidente avec le formidable The Searchers tourné quelques années plus tôt, et c’est tout à fait normal puisque le roman original dont est tiré le scénario a été écrit par le même auteur que pour le film de John Ford. Mais là s’arrête la comparaison, le propos déviant inévitablement sur le conflit manichéen entre Indiens et cow-boys, au grand dam de Huston : la production ne voulait pas d’un western plus moderne

Et comme de bonnes intentions ne suffisent pas à faire un bon film…

Attention : je ne dis pas que ce film est un navet, mais on était en droit d’attendre un résultat plus dans la mouvance un tantinet repentante du cinéma américain envers les Indiens. Surtout qu’il y avait tous les ingrédients pour y arriver.

 

Et on sent que Huston a dû composer pour arriver à ce résultat mitigé. La première partie du film expose lentement mais avec précision la situation, jouant sur le rôle de Kelsey, sorte d’être à moitié chimérique, insaisissable et presque volatile, et surtout dangereux pour celle qui connaît la vérité, Mattilda. Mais tant que Kelsey reste insaisissable, les choses suivent leur cours, avec juste ce qu’il faut d’optimisme et d’humour. Mais nous savons bien que les allégations de ce même Kelsey vont porter leurs fruits et que cette sorte de béatitude (innocence ?) ne va pas durer. C’est quand le fils Rawlins (Albert Salmi) est tué après avoir obtenu la main de Rachel que le film, au rythme fort calme, va s’emballer et surtout que la violence va s’installer.

 

Bien sûr, la violence est inévitable dans un western, mais ici, elle prend une dimension particulière parce que chose peu commune dans ces films à cette époque, les deux femmes principales (Mattilda et Rachel) vont y participer, tuant de sang froid les Indiens venus les attaquer. Même Ben, qui jusque là apparaissait comme un homme pacifique et respectueux des Indiens, va devenir un tueur d’Indiens sans pitié, en (presque) totale opposition avec son attitude initiale.

C’est très certainement ce dernier changement qui plombe le propos du film et le détourne de son but original (mais pas partagé).

 

Alors oui, ça devient un banal film de cow-boys, où un bon Indien reste un Indien mort et où ce qui a pu être tenté vers un rapprochement reste une idée passagère, définitivement abandonnée avec l’assaut final.

Dommage.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #John Huston, #Marlon Brando
Reflets dans un Œil d'or (Reflections in a golden Eye - John Huston, 1967)

« Il y a un fort dans le Sud où voici quelques années un meurtre fut commis. » (Carson McCullers)

Cette phrase qui ouvre (et ferme) le film annonce bien sûr la résolution : il y aura un mort avant la fin. Reste à savoir qui. On en a bien une idée, mais il faudra attendre le dernier moment pour qu’elle soit – ou non – confirmée.

Sur une base militaire du Sud des Etats-Unis, le major Penderton (Marlon Brando) et son épouse Leonora (Liz Taylor) vivent une vie tranquille à l’écart des soldats. Lui, homosexuel inassumé apprécie le contact viril de ses hommes, même si on ressent comme une dose de sadisme quand il les reprend.
Elle, insatisfaite, trouve du plaisir auprès de son voisin Langdon (Brian Keith) avec qui elle fait de longues chevauchées dans la campagne environnante (et pas que).

Et à observer tout ce petit monde, le soldat Williams (Robert Forster), attiré par Leonora, attirant pour Penderton.

 

La phrase initiale est donc le moteur de cette intrigue particulière où les apparences sont évidemment trompeuses. Personne n’est normal dans cette histoire : entre la sexualité refoulée de Penderton et celle totalement épanouie (et adultère) de sa femme, les visions de celle de Langdon (Julie Harris) et leur serviteur ambigu Anacleto (Zorro David), un sentiment de malaise se met à sourdre et à augmenter au fur et à mesure que l’intrigue se développe et que le meurtre annoncé approche.

Et Huston, par l’intermédiaire de la caméra d’Aldo Tonti (et celle d’Oswald Morris) va se positionner au plus près de cette folie, et surtout de ce qui devrait mieux la figurer : l’œil.

 

Les yeux sont primordiaux tout au long de cette histoire plutôt sordide, étouffante comme la période qui annonce l’orage : cet orage va d’ailleurs éclater, accentuant le paroxysme de la folie finale.

Ce sont les yeux de Williams surtout que nous suivons, témoin dans l’ombre des rapports ambigus entre Penderton et sa femme.

Mais ce sont aussi ceux d’Alice (Julie Harris est magnifique dans ce rôle), hallucinés (les yeux) ou hallucinée (elle-même), qui se demande si Williams est vraiment là, à regarder ou pénétrer chez les Penderton.

 

C’est d’ailleurs Alice le personnage le plus complexe de cette histoire. C’est la folle de service, l’hallucinée que son mari doit supporter – surtout après la mort de leur petite fille renversée par une voiture – et qu’il fuit dans les bras de Leonora. Mais Alice, malgré cela et surtout les apparences – quand elle annonce à Penderton que sa femme le trompe avec son mari – est peut-être le personnage le plus sain de l’intrigue : perdue dans son chagrin entretenu par Anacleto (récit du rêve), elle voit ce qu’il se passe réellement mais comme tout le reste est fou, ses visions deviennent – pour elle-même – une nouvelle preuve de sa folie apparente.

 

Et comme si cela ne suffisait pas, le meurtre annoncé va faire sombrer le film définitivement dans la folie, illustrée par les derniers cadrages allant du meurtrier à la victime et au témoin (1) et revenant vers l’un ou l’autre jusqu’au fondu au noir final.

A nouveau Huston s’intéresse à un microcosme de personnages singuliers, six ans après Les Désaxés (2) qui montrait des inadaptés au monde moderne. Ici, les personnages semblent adaptés à leur monde, mais c’est leur esprit qui est détraqué, ou peut-on dire, désaxé.

 

  1. Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais vous dire qui a tué qui. Ce n’est pas une enquête policière, mais on peut laisser une part de mystère.
  2. C’est Montgomery Clift qui aurait dû interpréter Penderton. Il mourut peu avant le tournage. Et puisqu’on en est aux morts : Carson McCullers décéda moins de deux semaines avant la première.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #John Huston
Dieu seul le sait (Heaven knows, Mr. Allison - John Huston, 1957)

1944, quelque part dans le Pacifique.

Un canot pneumatique dérive. A son bord, le caporal Allison (Robert Mitchum). Et comme c’est toujours le cas, il aborde une île déserte. Sauvé ? Peut-être. En tout cas, l’île n’est pas si déserte que ça : Sœur Angela (Deborah Kerr) est seule elle aussi, depuis la mort du prêtre qui l’accompagnait.

Va alors se développer une cohabitation entre la nonne et le soldat, rythmée par les allées et venues de l’armée japonaise, jusqu’à la découverte par ces soldats, de la présence ennemie : les jours de ce duo improbable sont alors comptés.

 

Il y a de l’African Queen, dans cette histoire de naufragé : c’est la guerre, et nous retrouvons deux solitaires très différents, à la merci d’un ennemi pas toujours invisible. Mais cette fois-ci, pas de périple : nos deux héros restent sur cette île, loin de tout et de tous. De plus, si Rose Sayer (Katharine Hepburn) était une vieille fille, Angela est au palier supérieur : c’est une nonne qui doit très prochainement prononcer ses vœux définitifs.

Mais dans les deux cas, nous avons un homme qui ne peut ignorer ses pulsions : tout comme Charlie Allnutt (Humphrey Bogart), Allison cède aux charmes de la religieuse. Mais qui pourrait résister ? C’est tout de même Deborah Kerr !


Deborah Kerr qui interprète une nouvelle religieuse, tout aussi rigoriste que chez Michael Powell et Emeric Pressburger dix ans plus tôt (Black Narcissus), mais la tentation demeure : là encore, c’est tout de même Robert Mitchum !

Et sous ses allures (habituelles) de brute plus ou moins bien dégrossie, il y a un homme généreux et séduisant, attentionné et courageux. Bref, de quoi faire renoncer à des vœux. Mais, si Rose Sayer pouvait convoler avec Charlie Allnutt – normal, c’était une vieille fille qui n’avait pris aucun engagement avec une quelconque entité supérieure – il n’en va pas de même pour Angela : la morale ne peut accepter qu’elle rende son voile pour s’être retrouvée quelques jours avec un soldat, fût-il Robert Mitchum.

 

Mais malgré cette barrière religieuse, on s’amuse à, cette rencontre singulière entre deux personnes tout compte fait pas si différente que ça. Et Huston joue sur les différents engagements qu’ont pris les deux protagonistes : la religion et l’armée. Tous deux ont un devoir qui va au-delà de leur(s) personnalité(s) et même si cela n’empêche pas les sentiments, chacun doit rester dans son rôle, dans son domaine.

Alors non, ils ne s’embrasseront pas, mais le lien qui va les unir occasionnellement ne sera jamais rompu : il sera un éternel compagnon dans sa vie (c’est elle qui le lui annonce). Et puisqu’on en est à une certaine mystique, on peut imaginer qu’ils seront réunis plus tard. Mais ceci est une autre histoire, comme on dit…

 

Et on ne peut qu’être d’accord avec Allison quand il déclare à sœur Angela : « pourquoi est-ce que vous n’êtes pas vieille et moche ? Pourquoi faut-il que vous ayez de grands yeux bleus… Et un magnifique sourire… Et des taches de rousseur ? » (1)

Les choses auraient été plus simples.

 

  1. “why ain't ya old and ugly? Why do ya gotta have big blue eyes... and a beautiful smile... and freckles?”

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #John Huston, #Orson Welles
Moby Dick (John Huston, 1956)

Nous connaissons tous la baleine blanche d’Herman Melville, que le capitaine Ahab (Gregory Peck) s’en va chasser envers et contre tous – et surtout son second Starbuck (Leo « Pétrone » Genn). Et ici, John Huston nous offre sa version de l’immense – par la portée comme par le nombre de pages – roman de Melville, le réduisant à un affrontement à mort entre ce capitaine entêté et ce cachalot blanc, chimère entre toutes les chimères, sous l’œil fasciné d’un équipage prêt à aller jusqu’au bout pour ce capitaine singulier.

Jusqu’à la mort, évidemment, sauf celle du narrateur, parce qu’il fallait bien que quelqu’un rende compte de cette bataille de titans.

Appelons-le Ishmaël (Richard Basehart).

 

Bien sûr, les puristes et autres amateurs du roman ont été déçus par cette adaptation. On ne le serait à moins : réduire un tel roman à moins de deux heures était une gageure que Huston, au final, a tout de même mené à bien ! N’oublions pas que nous sommes au cinéma et qu’il ne peut en aucun cas être question d’adapter au plus près un livre, fût-ce le plus important. Il faut choisir et conserver le plus important. Bien sûr, les considérations sur les différents cétacés n’ont pas leur place ici, mais on aurait peut-être aimé un peu plus de fidélité quant aux relations entre Ishmaël et Queequeg (Friedrich von Ledebur), par exemple, ou les mésaventures de Pip (Tamba Allen), le jeune mousse qui perd la raison.

Mais il n’en est rien, et il faut se contenter de ce que l’on a.

 

Et il serait malvenu de faire la fine bouche, tant Huston nous emmène dans cette dernière équipée du Pequod (1), de ses marins rudes et loyaux envers ce capitaine qui les envoie vers une mort certaine, comme l’annonce en préambule Elijah (Royal Dano) : Elie, prophète majeur de la Bible ne peut que leur prédire une fin à laquelle ils ne croiront pas (2).

Mon seul véritable regret concerne le personnage d’Ishmaël, beaucoup trop âgé par rapport à l’original (près de vingt ans de trop).

Pour le reste, Huston nous embarque pour une véritable odyssée où rien ne nous est épargné : homme à la mer, chasse implacable et tempête monstrueuse accompagnée de feu de la Saint-Elme, moment mystique entre tous dans cette chasse qui n’a plus rien d’humain mais tend vers le mystique.

 

Et cette quête mystique est soutenue par la performance de Gregory Peck, Ahab inoubliable de par son entêtement et son apparence : les traits et le corps marqués par sa rencontre antérieure avec le Léviathan blanc. A

A ses côtés, on a plaisir à retrouver Leo Genn dans le rôle de Starbuck, le seul second homme capable de véritablement s’opposer à un tel monument maritime : ni l’insouciant Stubbs (Harry Andrews ni l’insignifiant Flask (Seamus Kelly), n’auront le courage insensé du troisième. Jusqu’au dernier moment il s’opposera à Ahab, sauvé  par l’apparition de Moby Dick qui lui évitera de montrer une forme de lâcheté par rapport au but qu'il s’était fixé. Il ne tuera pas le capitaine à la jambe d’ivoire, ce dernier exerçant une fascination même sur lui, qui semblait revenu de tout.

 

Et Huston, par l’intermédiaire du scénario de Ray Bradbury (s’il vous plaît) donne à l’affrontement final la mesure qu’on attendait : alors que Melville ne consacrait que le dernier dixième de son roman à ce choc des titans, Huston en fait un épisode des plus marquants, servi par de très beaux effets spéciaux de Wally Armitage et son équipe, réussissant à ressusciter ce monstre blanc en studio, faisant passer une maquette pour un véritable monstre des mers meurtrier.

 

Du grand Huston. On en redemande.

 

PS : On notera la présence d’Orson Welles, ami de Huston, dans le rôle du père Maple et surtout de sa montée en chaire (en forme de proue de navire) à l’aide d’une échelle de corde comme tout bon marin qui se respecte.

Et de quoi parle-t-il dans son sermon ? De Jonas et la baleine, bien sûr.

 

  1. Du nom d’une tribu amérindienne aujourd’hui disparue et qui explique la proue du navire.
  2. Nul n’est prophète en son pays, c’est bien connu.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #John Huston
Plus fort que le Diable (Beat the Devil - John Huston, 1953)

Un petit port d’Italie où, sous les accords tonitruants de la fanfare une groupe de personnes attend(ent) le départ d’un navire qui les emmènera en Afrique faire fortune grâce à l’uranium.

Dans ce groupe, de nombreuses nationalités sont représentées : les Etats-Unis avec Bill Dannreuther (Humphrey Bogart) ; l’Italie, bien sûr avec Maria Dannreuther (Gina Lollobrigida), la femme de Bill, et Ravello (Marco Tulli) l’un des associés de Dannreuther ; le Royaume-Uni avec Peterson (Robert Morley), autre associé de Bill, et les époux Chelm – Gwendolen (Jennifer Jones) et Harry (Edward Underdown) ; et Julius O’Hara (Peter Lorre), un Chilien qui vient d’Allemagne. L’effectif ne serait pas complet sans le major galopant, Jack Ross (Ivor Barnard), un homme très dangereux.

 

C’est une sorte d’anti-Casablanca que nous propose ici John Huston, qui retrouve par la même occasion son vieil ami Humphrey Bogart. En effet, les personnages listés ci-dessus sont bloqués tant que le bateau n’appareillera pas, les emmenant vers une hypothétique Terre Promise qui doit les rendre riche. Mais ici, pas de nazi (1) ni de Résistance : Huston joue continuellement en équilibre sur la corde entre le sérieux que représente ce groupe humain et l’ironie des différentes situations.

En effet, la présence de Bogart dans un rôle de faux dur (et marié !) et celle de Peter Lorre rappellent le film de Curtiz. De la même façon, Peterson-Morley a des allures de Ferrari-Greenstreet ou tout au moins son embonpoint !

 

Mais là s’arrête l’analogie, nous sommes dans un film faussement sérieux où de toute façon nous savons que les méchants seront pris : c’est ainsi que commence l’intrigue, racontée par Dannreuther/Bogart. Et bien sûr, c’est la façon d’y arriver qui va nous intéresser. Et si Bogart est égal à lui-même, on notera la performance de Jennifer Jones dans le rôle de cette fausse aristocrate britannique. D’ailleurs, à aucun moment elle n’est ce qu’elle prétend sauf peut-être dans l’explication finale qui voit les quatre affreux (Peterson, O’Hara, Ravello et Ross) rattrapés par leurs (ex)actions.

Jennifer Jones est formidable de fantaisie et de fausse naïveté, bien loin de Pearl Chavez (Duel in the Sun) qui fit sa renommée. C’est loin d’être une idiote mais ses allures vont en surprendre plus d’un, surtout dans le quarteron déjà cité. De plus, la voir en blonde est assez déroutant.

 

Huston s’amuse de cette histoire pseudo-sérieuse où l’enjeu économique – les champs d’uranium qui doivent rendre riches – devient rapidement accessoire. Il faut dire que toute la troupe de personnages singuliers qui fait route ensemble est beaucoup plus intéressante. Ce sont des personnages grotesques (surtout du côté obscur), et parfois ridicules : outre les Chelm, le capitaine du navire (Saro Urzi) qui doit les emmener est lui aussi fort singulier : que pouvait-on espérer d’un rafiot comme le sien qui a tous ses appareils défectueux et arrive même à couler pendant la traversée ?

 

Mais, et c’est le reproche que je ferais à Huston, c’est qu’il reste constamment entre la comédie et le sérieux, bridant ses personnages : ses quatre « affreux » sont tellement différents – physiquement et moralement – qu’il y avait autre chose à en faire, aller plus loin dans l’aspect ridicule de cette équipée franchement sauvage.

Et au final, la comédie annoncée ne l’est pas pleinement.

Et c’est bien dommage.

 

(1) Le seul nazi qui pourrait être évoqué est O’Hara qui prétend que beaucoup d’Allemands du Chili s’appellent O’Hara : l’Amérique du Sud accueillit beaucoup d’anciens nazis au sortir de la seconde guerre mondiale.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Western, #John Huston
Le Trésor de la Sierra Madre (The Treasure of the Sierra Madre - John Huston, 1948)

De l’or.

Une montagne d’or.

Voilà le trésor de cette Sierra Madre que trois aventuriers américains vont aller chercher, misant leur maigre fortune sur cette expédition formidable.

Mais l’or est capricieux, il monte rapidement à la tête, transformant les hommes, toujours plus cupides à mesure que le temps passe et que le capital s’amasse.

Et ces trois hommes ne font pas exception : l’or va progressivement les métamorphoser, surtout l’un d’eux – Fred C. Dobbs (Humphrey Bogart) – les amenant vers une fin tragique inévitable.

 

Troisième véritable film de John Huston (1), ce dernier s’entoure de deux valeurs sûres : Humphrey Bogart avec qui il avait tourné Le Faucon maltais, et son père Walter (Howard, le vieux prospecteur). Au jeu sobre (au moins au début) du premier, s’oppose la truculence du second, ces deux caractères étant modérés par le dernier membre du trio, Curtin (Tim Holt).

Nous sommes ici au croisement des films d’aventure, dramatiques et du western, même si ce dernier genre peut englober les deux autres.

Certes, ce n’est pas le western traditionnel qui arrive à son apogée dans ces années d’après-guerre, mais les différents éléments qui composent le film n’en sont pas très éloignés, voire en font partie : grands espaces plus ou moins sauvages, bandits de grand chemin, et bien sûr les échanges de coups e feu indispensables, surtout quand le trio, rejoint par un quatrième – Cody (Bruce Bennett) – est assiégé par un groupe de bandidos mexicains, sans oublier la soirée au coin du feu où Howard sort régulièrement son harmonica pour interpréter Swanee River (1851), qui nous ramène au temps des westerns, quand la Frontière n’était pas encore définitive.

 

Nous sommes donc ici devant un monument dans l’œuvre de John Huston. Son film est construit en partie comme un huis clos entre ces trois hommes qui, même s’ils sont en extérieur, sont prisonniers de leur soif de l’or et dont la mentalité va – malheureusement – mal évoluer, comme l’avait pourtant prédit Howard bien avant l’idée de partir en expédition.

Et le jeu des trois acteurs principaux va grandement participer à son succès – mérité.

Bogart est encore une fois éblouissant de justesse, interprétant cet esprit rongé par l’or et la cupidité, devenant toujours un peu plus fou à mesure que la richesse se précise, développant une paranoïa qui l’étonnerait s’il se souvenait de ses propos quand Howard parlait de ses expéditions passées et des dangers liés à l’or.

Et bien sûr, la performance de Walter Huston est phénoménale, interprétant un de ces personnages haut en couleur comme on en trouve dans les westerns plus classiques, ceux de John Ford en particulier : Howard semble tout droit sorti de cet univers fordien. Il fut récompensé par un Oscar, et même si je rejoins mon ami, le professeur Allen John à propos de ces récompenses, je ne peux m’empêcher de penser que cette récompense fût amplement méritée.

 

Et puis il y a le contexte de ce film. Nous sommes en 1925, soit quelques années seulement après la révolution mexicaine, du temps où les campagnes grouillaient encore de ces bandits, d’anciens soldats démobilisés qui attaquaient les prospecteurs isolés, américains de surcroît.

Mais ce sont surtout les trois hommes  en vedette qui retiennent notre attention : ils n’ont rien des canons habituels des héros hollywoodiens : sales, hirsutes, sans le sou, obligés de mendier pour survivre, ils font partie de ce qu’on appelait alors la lie de l’humanité. La rencontre de Dobbs et de l’homme riche américain (John Huston) est typique de la pensée – alors – en cours au pays : il serait temps qu’il se prenne en main plutôt que de mendier, lui dit (en gros) cet homme impeccable. Bien sûr, cette conception est toujours d’actualité.

Et Bogart est magnifiquement dirigé à contre-emploi, lui qui fut ce héros magnifique de la période de guerre (Casablanca, To have and have not…), est ici dans un rôle absolument pas glamour, sombrant peu à peu dans la folie. Inoubliable.

J’ai lu récemment qu’il s’agit d’un des films préférés de Stanley Kubrick. Pas étonnant alors d’y voir plus qu’une résonnance dans la fin de son propre film L’ultime Razzia (the Killing) huit ans plus tard.

Dernier clin d’œil (?) : l’une des dernières répliques de Howard à Curtin n’est pas sans faire écho à la participation de ce dernier dans le film de Michael Curtiz, La Bataille de l’or (Gold is where you find it).

 

  1. Après the Maltese Falcon (1941) et Is this our Life ? (1942), les deux autres sont des films qu’on peut qualifier de propagande, suite à l’entrée en guerre des Etats-Unis.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Noir, #John Huston
Le Faucon maltais (The Maltese Falcon - John Huston, 1941)

1941 est une année particulière pour le cinéma : deux grands réalisateurs y font leurs débuts.

Orson Welles le premier mai avec Citizen Kane, et John Huston, et son Faucon maltais dont nous allons parler.

C’est la troisième adaptation du roman de Dashiell Hammett, après celle de Roy del Ruth et celle de William Dieterle.

Sans minimiser ces deux films que je n’ai pas encore vus, je ne peux pas ignorer le côté mythique, voire culte de ce film.

Rendez-vous compte : un jeune homme d’à peine 25 ans dirige Humphrey Bogart, de 7 ans son aîné, dans un premier rôle – qui plus est dans un rôle de gentil – et qui ne meurt pas à la fin !

Il faut dire qu’il fallait aimer le risque pour tourner avec un tel réalisateur qui faisait ses armes (1).

Non seulement ce coup d’essai est une grande réussite, mais en plus, il annonce une série e films dits « noirs » où le même Humphrey Bogart reprendra un personnage similaire : un détective dur-à-cuire tombeur de femmes et qui tient l’alcool.

 

Sam Spade (Humphrey Bogart, donc) est détective privée dans une agence qu’il partage avec Miles Archer (Jerome Cowan). Un jour, Brigid O’Shaughnessy (Mary Astor au diapason) lui propose une affaire : surveiller un homme.

Plus prompt que Sam, Archer accepte l’affaire et commence sa surveillance.

Mais rapidement, il est tué, alors que Sam a la visite d’autres personnes, à la recherche d’un objet semble-t-il précieux : une statuette de faucon venue de Malte (d’où le titre).

 

Bien entendu, l’intrigue n’est pas simple et regorge de péripéties avec la mort au bout de l’aventure pour certains personnages.

Mais avant tout, c’est la façon de filmer qui nous captive. Huston est omniprésent avec la caméra, variant les prises de vue en parfaite adéquation avec l’intrigue. Et si le spectateur est un tantinet plus vif que Spade, il verra tout de suite qui a fait le coup. Je ne dis pas cela pour minimiser son héros, mais il faut bien laisser le suspense s’installer, sinon pas de film.

Bogart est magnifique, posant les bases de ce nouveau genre de personnage : un privé pas tombé de la dernière pluie. La narration n’est pas à la première personne, mais c’est tout comme : nous suivons essentiellement Spade dans son long cheminement vers la vérité qu’il doit absolument découvrir : certains policiers – Tom Polhaus (Ward Bond) mais surtout Dundy (Barton MacLane) – espèrent bien lui mettre la main dessus : Spade a un mobile…

 

Mais pour que Spade prenne toute son envergure, il lui faut des adversaires à la hauteur.

C’est le cas d’un duo qu’on retrouvera avec Bogart dans le fabuleux Casablanca : Peter Lorre (Joel Cairo) et Sidney Greenstreet (Kasper Gutman).

Ces deux acteurs forment un couple qui fonctionne à merveille, véritable pendant de Laurel et Hardy du crime : ils ne sont pas drôles mais formidablement complémentaires : tous deux ont des manières très distinguées qui s’expliquent par une teinte d’homosexualité latente (2).

C’est Gutman qui mène la danse, si j’ose m’exprimer ainsi : Wilber (Elisha Cook Jr., formidable second rôle du cinéma américain), en plus d’être l’homme de main de Gutman a un statut très particulier auprès de ce gros bonhomme, qui le considère presque comme son fils. J’ai bien dit « presque » !

En ce qui concerne Cairo, sa première intervention est annoncée par une carte de visite parfumée au gardénia. Et Sam Spade ne peut s’empêcher de sourire quand il fait les poches de Cairo inconscient et qu’il découvre que son mouchoir est parfumé lui aussi. On se doute bien qu’il s’agit de la même odeur.

Mais, et c’est là qu’est aussi le talent de Huston : à aucun moment ils sont caricaturaux ou encore critiqués pour leur homosexualité. Ces deux hommes sont ce qu’ils sont et ce sont leurs actes criminels qui sont pris en compte, et rien d’autre. Aucun lien de cause à effet. Et d’ailleurs, Huston n’insiste pas et se concentre plus sur la relation entre Spade et la jeune femme.

Encore que « jeune femme » est moins exact que « femme jeune », voire « encore jeune ».

Oui, Mary Astor a 35 ans quand sort le film, mais elle n’a tout de même rien perdu de sa beauté, ajoutant maturation à sa séduction. Elle est malgré tout une de ces « femmes fatales » dont Hollywood avait le secret.

Son jeu est toujours impeccable et elle partage avantageusement la vedette avec Bogart, jouant elle aussi une dure-à-cuire, mais d’un autre genre.

 

Au final, un film dont je ne me lasse toujours pas et vers lequel je reviendrai toujours avec beaucoup de plaisir.

 

 

PS : A noter qu’on retrouvera Bogart, Astor et Greenstreet dans un autre film de Huston l’année suivante : Across the Pacific. Il s’agit d’un film en rapport avec la guerre où les Etats-Unis ont enfin pris part.

 

  1. C’est le cas de le dire.
  2. N’oublions pas qu’à cette époque l’homosexualité n’avait pas le vent en poupe, même si nous savons aujourd’hui que certains grands noms de Hollywood l’étaient, mais le cachaient pour éviter d’être mis au banc de l’infamie. 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #John Huston
La Reine africaine (The African Queen - John Huston, 1951)

Afrique centrale, 1914.

Dans une région contrôlée par les Allemands, Samuel Sayer (Robert Morley) et sa sœur Rose (Katherine Hepburn), en mission (pour Dieu, bien sûr).

De temps en temps, Charles Allnut (Humphrey Bogart), un vieux loup de mer - à moins que ce ne soit un marin d'eau douce - leur apporte le ravitaillement.

Et puis la guerre éclate, et rien n'est plus comme avant : Samuel meurt, Rose et Charles s'enfuient, à bord de l'African Queen.

 

L'African Queen, c'est avant tout un immonde rafiot que conduit Allnut, avec l'aide d'Africains à son service : en clair, il ne fait pas grand chose, si ce n'est fumer des cigares et boire du gin. Mais, heureusement pour nous, la guerre ayant éclaté, il se retrouve pris dans la tourmente, obligé de véhiculer une vieille fille - aigrie, cela va de soi, autrement, ce ne serait pas drôle ! - dans une odyssée improbable mais tellement formidable. Il s'agit, la plupart du temps, d'un huis clos qui se passe sur un bateau où la proximité va, bien sûr, être source de conflit (dans un premier temps), mais surtout révéler et réunir deux êtres totalement différents.

 

Allnut n'est qu'un alcoolique canadien, au vin parfois mauvais, alors que Rose est une vieille pimbêche extrêmement formelle, et qui ne connaît de la vie que l'intensité des sermons de son pasteur de frère.

Mais nous savons bien que cette opposition ne durera pas - sinon, où serait l'intérêt ? - et qu'ils finiront par tomber amoureux l'un de l'autre. C'est un amour  sincère, mais maladroit. Entre une bigote desséchée qui n'a jamais connu quelqu'un - même son frère la considère comme une femme peu attirante - et un vieux garçon, un tantinet misanthrope aux manières peu distinguées, le cocktail est détonant. Mais la mayonnaise prend : sur l'écran et dans la vie. D'ailleurs, suite au film, les Bacall-Bogart et les Hepburn-Tracy deviendront de très grands amis.

 

Et puis il y a l'Afrique. Ce n'est pas vraiment une Afrique coloniale avec suprématie blanche, comme on la voyait dans la série des Tarzan. Les seuls autochtones que l'on voit sont essentiellement présents au début du film, dans la mission. Mais quelle vision ! Nous avons Samuel qui dirige une assemblée à chanter un cantique : c'est une cacophonie incroyable et s'il n'y avait pas les plans sur le frère et la sœur, on ne saurait pas ce qui se chante. Autre élément à charge quant à la vision des Africains : Allnut se débarrasse de son cigare, s'ensuit une bagarre entre les jeunes hommes pour le récupérer : « c''est bien connu, les Africains sont de grands enfants. » Hum. Et dire que plus de soixante ans après, on trouve encore des gens pour penser ainsi...

Mais c'est une Afrique plutôt animale que nous montre John Huston, du fait de la situation : seuls contre les éléments. Et voir ces images de la vie sauvage en Technicolor, après toutes ces années de Tarzan en noir et blanc, avec recyclage récurrent des mêmes crocodiles s'immergeant, quel plaisir !


Et tout cela pour faire un beau film, avec un duo - improbable, certes - mais tellement attachant, dans des rôles un tantinet différent : Allnut est un homme qui n'est pas si sûr de lui, très sensible et qui s'ouvre à l'amour ; Rose a un aspect initial hautain, rappelant d'anciens rôles de Katherine Hepburn, mais cette femme s'humanise et devient naturelle, sa morgue se dissipant pour notre plus grand plaisir, et celui d'Allnut !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Huston, #Marilyn Monroe, #Western
Les Désaxés (The Misfits - John Huston, 1961)

Film culte. Encore une fois.

Mais il faut bien avouer que l'affiche est alléchante. On retrouve trois sex-symbols : Clark Gable, pour les année 1930, Montgomery Clift, pour les années 1940 (sur tout la fin), et Marilyn Monroe, pour les années 1950.

Et John Huston pour diriger tout ce monde-là.

Et ça devient formidable.

Dès le générique, le ton est donné. Les noms s'enchaînent sur un fond noir et blanc de trois pièces de puzzles qui ne peuvent s'emboîter. C'est là qu'il faut chercher la signification du titre américain. Nous allons suivre les destins de personnes qui n'arrivent pas à s'emboîter. A s'emboîter ensemble, et aussi à trouver leur place dans la vie.

 

Gay Langland (Clark Gable) est un vieux cowboy : pas d'attache, pas de foyer, des enfants quelque part. Un homme libre. Libre de vivre et surtout libre d'errer.

Guido Dellinni (Eli Wallach) est un pilote d'avion. Peut-être aussi le seul ami de Gay. Lui aussi zone de petit boulot en petit boulot en attendant que son vieux pote l'entraîne dans une chasse aux mustangs. La vie l'a rendu libre. Alors il erre, lui aussi.

Perce Howland (Montgomery Clift) est un autre cowboy. Plus jeune. Spécialisé dans le rodéo. Lui aussi est seul, mais ce fut son choix, quand sa mère s'est remarié à un type peu recommandable. Alors, lui aussi erre, de rodéo en rodéo, avec parfois une petite chasse aux mustangs.

Et puis il y a Roslyn Taber (Marilyn Monroe). Son sourire, c'est le soleil du matin. Elle est empathique, follement. Mais surtout, elle vient de divorcer de Raymond (Kevin McCarthy), et se retrouve à son tour perdue. Elle vit avec Isabelle Steers (Thelma Ritter), une autre âme errante, spécialisée dans les témoignages de divorce (soixante-dix-sept à son actif !).

Alors évidemment, il arrive un moment où tous ces gens se trouvent. Et vont errer ensemble.

Mais c'est la dernière virée. Peut-être celle de trop.

 

Mais cette errance est vitale. Chacun de ces personnages va la vivre pleinement, comme une journée faste. Parce que ces deux heures et quatre minutes d'errance sont structurées comme une journée faste. Même si plusieurs jours passent pour les protagonistes de cette histoire, le film est structuré comme une journée.

 Tout commence un matin, avant la décision du tribunal pour Roslyn. Cette décision lui étant favorable, Roslyn se retrouve seule, libre. Elle peut, à son tour, errer. C'est à ce moment qu'ils se rencontrent. Et comme une journée qui commence sous le soleil, on se dit qu'on va passer un bon moment ensemble, qu'on va pouvoir oublier ses errances, et pourquoi pas faire de belles choses. Mais la journée n'est pas totalement ensoleillée, et le temps se gâte : Perce se blesse, Isabelle s'en va retrouver son ex-mari et sa femme pour un étrange ménage à trois.

 

Alors ceux qui restent continuent à avancer dans cette journée particulière. La chasse aux mustangs est le clou du film. C'est aussi le révélateur implacable pour les quatre qui restent.

« Ce n'est plus comme avant ! », regrette Gay. Mais cette chasse dérisoire devient aussi le passage obligé vers le crépuscule. Plus rien ne sera comme avant, bien entendu. Il n'y a pas d'avenir. Chacun repart de son côté, vers sa propre errance, vers sa propre solitude.

 

Oui, c'est le dernier film (achevé) de Marilyn. Oui, Clark Gable est mort peu de temps après le tournage. Oui, il y a une forme de prémonition.

Il n'empêche, nous avons vu une belle fresque de l'errance et du temps qui passe, implacable, et qui finalement sépare les hommes : on meurt toujours seul.

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