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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

kenneth branagh

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Policier, #Kenneth Branagh
Mystère à Venise (A Haunting in Venice - Kenneth Branagh, 2023)

Une maison hantée.

Une jeune fille qui tombe d’un balcon.

Une séance de spiritisme.

Un détective semble-t-il abusé.

Nous sommes bien chez Agatha Christie.

Et ce détective, c’est le célèbre Hercule Poirot (Kenneth Branagh) qui nous revient sur les écrans.

Après une croisière sur le Nil un tantinet décalée de l’œuvre christienne, Branagh se reprend et nous rend notre Poirot perdu !

Les moustaches sont là, les cellules grises, si elles ne sont pas mentionnées, fonctionnent à plein régime, et ce malgré les coups pendables de la personne coupable de meurtres.

Mais reprenons.

 

Une maison vénitienne (un palazzo) a été le cadre d’abominations faites sur des enfants et depuis, leurs fantômes se vengent des infirmières et docteurs qui y séjournent. Mais un an auparavant, une jeune femme est tombée du balcon, harcelée par ces mêmes fantômes. Mais était-ce un suicide ?

Une séance de spiritisme est organisée à la fin de laquelle, la victime annonce avoir été tuée. Peu de temps après la séance, la medium (Michelle Yeoh) est retrouvée morte. Chose curieuse, c’est une ancienne infirmière…

A son tour, Poirot est victime d’une tentative d’assassinat.

Et quels sont ces bruits qui ressemblent à des voix d’enfants que lui seul peut entendre ?

Heureusement, Poirot est un rationnel, alors le mystère n’en sera bientôt plus un…

 

Comme je l’ai dit en préambule, Poirot (le vrai) est de retour ! Certes, Branagh s’inspire – par l’intermédiaire de son scénariste Michael Green – du roman La Fête du potiron mais très librement, conservant le temps du roman (Halloween) ainsi que le jeu de la pomme dans l’eau. Mais qu’importe, comme dans les deux premiers films, nous retrouvons le huis clos cher à notre héros, dans une Venise sous la pluie. Certes, transposer l’intrigue à Venise n’apporte pas grand-chose mais elle justifie la volonté de retraite du détective qui cultive ses cucurbitacées – comme dans Le Meurtre de Roger Ackroyd. Cela n’empêche pas de nombreuses personnes à le relancer pour profiter de son éclairage…

 

Mais bien sûr, Poirot reste Poirot et quand le mystère surgit, il est là !

Et question mystère, Branagh s’est surpassé. Ajoutant à cette intrigue criminelle une dose d’ésotérisme – souvent présente chez Christie, ne l’oublions pas – il réalise un film qui flirte avec l’épouvante, faisant apparaître – ou non ? – des revenants là où le petit détective ne les attend pas (ni le spectateur d’ailleurs…).

Cela donne à l’arrivée une dimension gothique à cette enquête, accentuée par le déchaînement des éléments jusqu’à l’explication finale  tant attendue, qui va faire la lumière sur l’enquête et dans le même temps chasser les tempêtes : celle qui se déroule dans les canaux et voit les gondoles livrées à elles-mêmes heurter les parois du palazzo, et celle intérieure où chacun est soupçonné par le petit Belge, donnant au lieu une tension qui va amener un autre chaos.

 

Rassurez-vous, à la fin, le beau temps revient et Poirot a encore réussi !

Il peut donc retourner planter ses légumes. Mais pas longtemps, parce que les solliciteurs sont toujours là, et les affaires reprennent…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Kenneth Branagh
Peter's Friends (Kenneth Branagh, 1992)

La dernière fois que Peter (Stephen Fry) a vu ses amis tous ensemble, c’était lors de leur dernière représentation pour le réveillon du nouvel an 1983.

Dix ans plus, alors qu’il vient de perdre son père, il invite les cinq autres membres de cette troupe très amicale.

Arrivent alors chez lui Andrew (Kenneth « Poirot » Branagh) et sa femme Carol (Rita Rudner), Maggie (Emma Thompson), Sarah (Alphonsia Emmanuel) et son nouveau petit ami Brian (Tony Slattery), ainsi que Roger (Hugh « Dr. House » Laurie) et Mary (Imelda « Umbridge » Staunton) qui ont fini par se marier et ont eu deux enfants. Malheureusement, l’un des deux est mort.

Qu’importe, tout le monde est chez Peter, dix ans après. Pour dire adieu à une nouvelle année…

Mais pas seulement !

 

Brillant.

Kenneth Branagh, pour son troisième long métrage nous propose une très belle comédie, un tantinet douce-amère, interprétée avec conviction par une pléiade d’interprètes qui s’accordent à merveille, donnant une authenticité appréciable et très agréable. Et malgré l’étendue de la propriété de Peter, c’est plutôt un huis clos qui nous est proposé. Chaque événement se passe à l’intérieur, fissurant petit à petit cette amitié distendue. Parce que bien sûr, 10 ans après, ce n’est plus la même donne. Et la comédie va alors basculer, et l’intrigue se garnir de tiroir qui vont s’ouvrir – et donc se refermer – l’un après l’autre, vers un fin heureuse inévitable : nous sommes dans une comédie. Heureuse, mais douce-amère comme annoncé.

Chaque tiroir concerne un des six que nous avons vu en scène en ouverture. Et tous ces tiroirs, d’une certaine façon, contient leur(s) vie(s), contient la Vie.

 

Et tout est abordé : la naissance – celle des jumeaux de Roger et Mary – ; l’amour – celui de Sarah pour tous les hommes – et le mariage – celui d’Andrew & Carol – la solitude (le célibat ?) de Peter et Maggie ; et bien évidemment la mort avec celles de l’enfant (Simon) et du père de Peter. Sans oublier le travail et la maladie qui constituent eux aussi quelques ressorts de l’intrigue.

Bref avec cette dizaine de personnes, nous retrouvons tous les éléments qui composent un microcosme social (pardonnez cette redondance), les relations d’amour et de haine – ce sont les mêmes, poussées à leurs extrémités –, les joies et les peines et toute cette sorte de choses qui font que la vie est ainsi.

 

Et puis il y a Peter. Stephen Fry est formidable dans ce personnage hautement british, alliant à une éducation sans faille un humour parfois ravageur. Mais encore une fois, si Fry est magnifique, c’est aussi parce que Kenneth Branagh a rassemblé autour de lui des interprètes à la hauteur de l’événement. Avec Hugh Laurie, c’était sûr que ça allait fonctionner (1), mais les autres ont la même verve et le même enthousiasme qui donne à cette comédie le ton juste.

On s’amuse, mais on s’émeut aussi de voir ces amis perdus de vue qui se retrouvent et essaient de rattraper le temps perdu (2).

 

Le temps de l’insouciance est passé – ils ont tous la trentaine – et la vie les a rattrapés. En sortiront-ils indemnes ?

De toute façon, à la fin, tout le monde meurt, alors… (3)

 

PS : si vous trouvez un air de ressemblance entre Maggie et Vera (Phyllida Law), c’est normal. La première est la fille de la seconde.

 

  1. Ils ont déjà participé ensemble à Blackadder et A Bit of Fry & Laurie
  2. Y parviendront-ils ? Voyez vous-mêmes !
  3. Pas dans le film !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Christopher Nolan, #Kenneth Branagh
Oppenheimer (Christopher Nolan, 2023)

6 août 1945 : la première bombe atomique militaire explose sur Hiroshima, faisant des dizaines de milliers de victimes, sur le coup et dans les semaines qui suivent. Trois jours plus tard, Harry Truman ordonne un deuxième lâcher de bombe A sur Nagasaki, faisant les mêmes dégâts.

A l’origine de ces deux machines infernales (1), un groupe de scientifiques menés par J. Robert Oppenheimer (Cillian Murphy) qui œuvra dans le village fermé de Los Alamos (Nouveau Mexique) sur le Projet Manhattan : créer une arme suprême qui permettra (aussi) de mettre un terme à la guerre en Europe.

Le film nous raconte cette course (en tête) aux armements, ponctuée par deux autres événements : le renouvellement de l’habilitation d’Oppenheimer auprès de la Commission de l’énergie atomique des Etats-Unis, et l’audience sénatoriale qui doit valider la nomination de Lewis Strauss (Robert Downey Jr.) à un poste ministériel.

 

Impressionnant.

Christopher Nolan nous revient avec un film fleuve (180 minutes) retraçant un moment-clé de l’histoire géopolitique humaine : l’utilisation de l’arme suprême sur des civils. Cette arme n’a plus été utilisée à cette intention depuis, mais avec l’homme, on peut s’attendre à tout (2). Il faut dire que Nolan est en plein dans son élément : la science. Mais ici, il fait revivre ce programme singulier avec beaucoup de maîtrise, jouant sur la lumière et le son – normal, on est au cinéma – avec beaucoup de bonheur.

De plus, il alterne à bon escient la couleur et le noir et blanc pour conter cette histoire peu banale de celui qu’on a aussi appelé Prométhée, puisqu’il a amené le feu divin aux autres hommes (3).

 

Et malgré tout, on a du mal à le considérer comme un immense méchant, et Harry Truman (Gary « Churchill » Oldman) résume bien cette position en disant que c’est lui, Président des Etats-Unis, qui a ordonné les bombardements, et personne d’autre. Quoi qu’il en soit, la recherche scientifique de ce projet, grâce au talent de Nolan, devient passionnante, bien qu’on ressente un certain malaise – voire un malaise certain – quand le projet est mené à terme, et surtout quand on voit les réactions de cette communauté scientifique qui exulte après Hiroshima.

Et comme Nolan sait faire du cinéma, il n’a pas oublié qu’il faut un méchant digne de ce nom, et Robert Downey Jr. incarne magnifiquement ce rôle : Strauss est celui sur lequel va se déverser l’antipathie du spectateur, épargnant donc Oppenheimer, d’une certaine façon. R. D. Jr. a-t-il basculé du côté obscur (4) ?

 

Mais revenons sur les éléments visuels et sonores : régulièrement, un grondement se fait entendre, jusqu’à ce qu’on ait son explication. Et ce grondement va régulièrement parasiter les répliques des personnages, voire certaines réactions collectives, laissant Oppenheimer dans une forme de silence isolant jusqu’à l’explosion inévitable. Tout comme la première explosion (Trinity, en juillet 1945) va d’abord être une sorte de feu d’artifice diabolique et silencieux, où le temps semble s’être arrêté avant de se faire entendre et de ramener tout le monde – interprètes et spectateurs – dans la réalité de l’instant (5). On retrouvera donc ce même décalage lumière/son dans le discours qui suit le premier largage, avec la même intensité.

Quant au noir et blanc, il concerne essentiellement les autres personnages de l’intrigue, Nolan réservant la couleur à son héros : cela permet aussi d’avoir plusieurs points de vue d’un même événement, mettant en évidence le ressentir des différents personnages.

 

On sent que Nolan a eu beaucoup de plaisir à raconter cet épisode  très particulier, recréant avec justesse une époque mettant en scène des personnages plus ou moins prestigieux – on peut  même y voir Einstein (Tom Conti) à différentes reprises – interprétés avec justesse (eux aussi) et conviction par quelques pointures qu’on aura plaisir à reconnaître, ou pas !

Bref, un grand film, sur un personnage fascinant, mené de main de maître.

Que demander de plus ?

 

  1. C’est véritablement le cas de le dire.
  2. Oui, c’est aussi à ça qu’on le reconnaît…
  3. Pandore aurait peut-être été plus approprié : il a ouvert une boîte et laissé s’échapper la calamité suprême.
  4. Il n’est pourtant pas encore trop vieux pour incarner des méchants, comme disait mon ami Jean…
  5. Oui, je sais, nous sommes au cinéma !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chronique, #Biopic, #Kenneth Branagh
Belfast (Kenneth Branagh, 2021)

« Billy Elliott version irlandaise. »

Ce n’est pas de moi, mais du JDD. Comme quoi, on peut ne pas toujours être d’accord avec ce journal. (1)

Parce que Billy Elliott, c’est avant tout la passion pour la danse d’un jeune garçon, sur toile de fond des grèves de 1984 en Angleterre. Ici, pas de grève, mais une situation autrement plus explosive : la guerre civile qui déchire catholiques et protestants en Irlande du Nord, en particulier à Belfast.

Le seul point commun entre ces deux films, c’est surtout le point de vue pris par le réalisateur : celui d’un enfant (2).

 

Buddy (Jude Hill) serait un petit garçon comme beaucoup d’autres s’il n’habitait pas Belfast, ville tiraillée par un conflit religieux qui n’en finit pas de durer. IL habite une maison de briques rouges, va à l’école du quartier, et joue avec les enfants du voisinage, loin des préoccupations des adultes. Mais pas longtemps : le conflit va gagner sa rue, où catholiques et protestants cohabitaient sans problème. Ca commence par un cocktail Molotov et ça se poursuit par des vitres brisées, avec en prime une voiture qui explose.

Résultat : une rue barricadée avec contrôle des allers et venues des gens.

Et des enfants qui continuent de jouer dans cette rue…

 

C’est beau. C’est même très beau et le choix délibéré du noir et blanc explique à lui tout seul cette beauté. On se croirait dans une exposition de photographie où chaque élément pris à ce conflit est une victoire : jamais les éléments violents ne sont mis en valeur comme le sont tous les autres, qui font de Belfast.

Il est clair que le travail de Haris Zambarloukos, le chef-opérateur est magnifique. Chaque plan est une véritable carte postale de ces lieux (recréés) qui est gagnée par la violence. Cette violence que les adultes vivent pleinement – sauf le père (Jamie Dornan) qui travaille de l’autre côté de l’eau – n’intervient toutefois pas souvent : l’émeute du début, un coup de poing bien senti, et le pillage du supermarché (une supérette, si vous voulez mon avis) sont les seuls éléments qui nous sont montrés.

 

Normal, c’est avant tout un enfant qui nous fait part de ce qu’il voit, de ce qu’il entend, de ce qu’il ressent. Et Branagh multiplie les points de vue différents de ceux des adultes, restant souvent à hauteur de Buddy, embarqué malgré lui dans ce conflit, sans toutefois en comprendre les enjeux : ce sont des histoires de grands, avant tout. Ses préoccupations sont très différentes, mais pas pour autant futiles : l’amour – à travers Catherine (Olive Tennant), la première de la classe ; la famille avec sa relation avec  ses grands-parents – son grand-père (Ciarán Hinds) surtout – et celle entre ses parents ; la religion à travers (un petit peu) le conflit mais par-dessus tout les diatribes du pasteur du coin (Turlough Convery) et les échanges avec les enfants catholiques (avec qui il joue). Des histoires d’enfants. Des histoires sérieuses, donc.

 

Et comme toujours dans les histoires d’enfant, il y a la magie. Et cette magie se distingue du reste du film de façon éclatante : la couleur. Ce sont des extraits de films qu’il va voir au cinéma, mais aussi une adaptation théâtrale du Christmas Carroll de Dickens. Ces rares éléments contrebalancent totalement le noir et blanc rigoureux qui baigne tout le film, donnant une vision de la vie bien grise.

Et cette vision colorée est d’autant plus importante que Branagh ouvre son film avec : une visite singulière de cette ville pourtant bien grise, avec un mélange de ce que fut Belfast et de ce qu’elle est aujourd’hui (en 2021, quand sort le film). Doit-on voir dans cette couleur d’ouverture une forme d’atténuation de ce qui va suivre ? Certes, ce passé est bien sombre, mais le présent – et pourquoi pas l’avenir – lui, est éclatant.

 

  1. Ne le lisant pas, je peux difficilement être d’accord avec.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Kenneth Branagh
Mort dur le Nil (Death on the Nile - Kenneth Branagh, 2022)

Hercule Poirot (Kenneth Branagh) revient et il est bien dépité : son ami Bouc (Tim Bateman) a été tué alors qu’il allait révéler qui avait tué la servante Louise Bourget (Rose « Ygrid » Leslie), qui avait vu l’assassin de Linnet Doyle (Gale Gadot), jeune héritière qui a chipé à Jacqueline de Bellefort (Emma Mackey) Simon Doyle (Armie Hammer) son amoureux pour l’épouser.

Et tout cela lors d’une croisière sur cet extraordinaire fleuve qu’est le Nil (d’où le titre)…

 

Cette nouvelle version (1) du roman d’Agatha Christie était-elle nécessaire ?
Encore une fois, poser la question, c’est presque y répondre : non. Les deux versions précédentes se suffisaient, adaptant avec délicatesse cet incontournable de la littérature policière britannique. Mais, fort du succès (relatif) de son Crime de l’Orient Express, Kenneth Branagh a donc remis le couvert, interprétant à nouveau ce drôle de (petit) détective aux moustaches superlatives.

Mais si le film précédent gardait un côté agréable et malgré tout fidèle au personnage et à l’intrigue, on ne peut pas vraiment dire la même chose ici.

 

Esthétiquement, c’est très beau : les paysages égyptiens sont soignés et superbes, même si on ne passe pas à côté de l’aspect « carte postale » (le crocodile qui dévore un ibis). Mais on découvre aussi rapidement les limites de cette croisière qui est aussi temporelle : nous sommes en 1937 (c’est ce qui est annoncé au début) et le paysage « nilien » (nilesque ?) n’est plus le même d’où un recours (obligé) aux images de synthèse pour recréer ce qu’il devait être. Et l’aspect artificiel n’en est que trop évident, gâchant tout de même le plaisir du spectateur.

 

Mais cette artificialité a tout de même tendance à gangrener le film en entier. Outre les libertés prises par rapport à l’intrigue originale (2), on note l’influence du cinéma américain sur une intrigue très marquée : elle se passe dans les milieux riches britanniques où tout est feutré et resserré autour de ce microcosme où Poirot n’est accepté que de par son activité caractéristique. D’où l’incongruité des deux Otterbourn (Sophie Okonedo & Letitia Wright) : il est difficile d’imaginer que ces riches oisifs auraient laissé une telle place à deux femmes noires.

De la même façon, je ne vois pas l’apport de la relation homosexuelle entre Marie van Schuyler (Jennifer Saunders) et Mrs. Bowers (Dawn French), si ce n’est ajouter un élément « dans l’air du temps » : le seul plaisir qu’on éprouve (enfin pour moi), c’est de retrouver le duo French & Saunders, même si ce n’est qu’épisodiquement. Heureusement, Poirot est belge et donc ne condamne pas cette relation comme le faisaient les contemporains de 1937.

Et puisqu’on en était à une réécriture de l’intrigue initiale, pourquoi ne pas l’avoir déplacé dans le temps afin d’en faire une version « moderne » comme ce fut le cas avec la série Sherlock : la relation entre van Schuyler & Bowers, tout comme l’amitié entre Linnet et Rose n’aurait souffert d’aucune restriction. Sans toutefois influer sur l’intrigue.

 

Mais je crois que la plus grande faute de Branagh dans ce film fut de créer à Poirot un passé réécrit : non, Poirot n’a jamais participé à la Première Guerre Mondiale si ce n’est en tant que réfugié belge en Angleterre. Quant à la raison de l’apparition de ses moustaches, elle ne colle pas vraiment avec le personnage tel que nous le connaissons : égoïste, orgueilleux et imbu de lui-même.

Je répète assez qu’un film n’est pas un roman, même s’il s’en inspire. Mais un personnage tel que Poirot ne donne que très peu de marge de manœuvre, et là, je pense que Branagh est allé trop loin. Et de la même façon, Poirot perd en épaisseur de personnage ce qu’il a gagné en attribut capillaire : où sont passées ses petites cellule grises qui font (avec les poils susmentionnés) la réputation du détective ? Dans le film précédent, la séquence d’introduction nous faisait admirer le cheminement intellectuel du détective. Ici, on a beaucoup de mal à suivre son enquête, et si on ne connaît pas l’histoire, de quoi être surpris par ses conclusions.

 

Dommage.

 

RENDEZ-NOUS LE VRAI POIROT !

 

  1. La troisième en comptant le film de John Guillermin (1978) avec Peter Ustinov et celle pour ITV (2004) avec David Suchet.
  2. La notoriété du roman n’engage pas à sortir du cadre établi, même si nous sommes au cinéma et que tout est possible…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Kenneth Branagh
Le Crime de l'Orient-Express (Murder on the Orient-Express - Kenneth Branagh, 2017)

Jérusalem, Istanbul, Vinkovci, Brod…

Hercule Poirot (Kenneth Branagh) voyage, pourfendant le crime à (presque) chaque tape.

Après son succès au pied du Mur des Lamentations, le petit Belge doit découvrir qui de ses voisins de compartiments a mis fin aux jours de l’infâme Ratchett (Johnny Depp), plus connu sous le véritable nom de Cassetti, tueur de la petite Daisy Armstrong.

 

Cela faisait 43 ans que Sidney Lumet avait sorti sa version du roman incontournable de la grande Agatha. Bien sûr, il fallait que ce fût un Anglais qui tournât : Kenneth Branagh est cet homme, britannique jusqu’au bout des angles.

Alors que Lumet avait commencé soin film en racontant l’épisode Armstrong, Branagh choisit de nous présenter le personnage principal : Hercule Poirot.

Comme son modèle romanesque, il possède une moustache improbable qu’il protège bien sûr pour la nuit, et est très à cheval sur la symétrie.

Mais ce sont surtout ses petites cellules grises qui nous intéressent dans cette séquence elles qui vont lui permettre de deviner l’auteur d’un vol.

Bref, nous retrouvons un Hercule Poirot tiré à quatre épingles, mais surtout il possède cet aspect désagréable que lui connaissent ses victimes (1) : son anglais approximatif émaillé de mots français et son flair infaillible qui l’amène au mauvais endroit et au mauvais moment pour elles.

 

Cette nouvelle adaptation est ma foi fort plaisante à regarder, même si elle ne respecte pas bien le déroulement de l’histoire originale. Mais nous sommes au cinéma, alors ne nous appesantissons pas trop sur cela (2).

Le parcours de l’Orient-Express ainsi que les tribulations de Poirot sont tout d’abord prétexte à de très belles images plus ou moins recréées, de véritables cartes postales de ces lieux prestigieux où les Européens occidentaux avaient l’habitude de se comporter en maîtres : Istanbul et ses mosquées, Jérusalem et son Dôme… Sans oublier les montagnes de Yougoslavie.

Et d’une certaine manière, c’est tout le film qui est empreint de ces belles images, donnant à voir un train absolument fabuleux dont le luxe et la beauté n’ont d’égal que les paysages susmentionnés. Peut-être même un peu trop tant l’intérieur du wagon-restaurant nous fait aussi peu penser à un train.

 

Et puis il y a la distribution. Comme pour le film de Lumet, Branagh s’est entouré d’acteurs confirmés voire de stars mondiales, et faut-il y voir un changement de registre, c’est Johnny Depp qui a le rôle du gros méchant : voleur et tueur de petite fille.

En face de lui, Kenneth Branagh s’est  réservé avec bonheur le rôle du petit détective et les autres protagonistes sont tout à fait à leur place eux aussi. Il est étonnant de constater que le rôle de Lisa Arden a été confié à la belle Michelle Pfeiffer qui possède une certaine ressemblance avec celle qui avait alors eu ce rôle : la grande (et belle) Lauren Bacall.

 

Mais, parce qu’il y a toujours un mais, on peut tout de même regretter le côté spectaculaire des différents événements marquants de l’enquête : le couteau retrouvé non pas dans un sac mais dans un dos ; la fuite de McQueen que Poirot a du mal à rattraper ; ou encore les coups de feu du docteur Arbuthnot (Leslie Odom Jr.), qui par ailleurs n’est plus colonel.

Alors que la panne du train (voie bloquée par une avalanche) est beaucoup mieux montrée que dans le film précédent (3), les différentes péripéties sus décrites ne s’imposaient absolument pas. C’est comme si le réalisateur avait eu peur que son public s’ennuie dans cette intrigue de salon, où la perspicacité est de loin supérieur à la force pour résoudre cette formidable énigme.

 

Quoi qu’il en soit, le voyage est plaisant, et je ne serai pas étonné qu’une suite soit programmée prochainement : la dernière séquence qui voit Poirot s’en aller est on ne peut plus claire.

Ne comptez pas sur moi pour vous dire ce que sera ce deuxième film, surtout si vous n’avez pas vu celui-ci.

Mais si vous cherchez un peu sur les sites spécialisés, vous saurez rapidement...

 

 

  1. Je veux parler des gens qu’il interroge sans qu’ils soient obligatoirement coupables.
  2. Certains ajouts sont tout de même fort discutables comme j’en parlerai plus tard.
  3. On ne peut mieux : il n’y a pas de mousse qui s’envole pendant les déplacements de l’engin de dépannage !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Marvel, #Kenneth Branagh
Thor (Kenneth Branagh, 2011)

Après une palanquée de super-héros humains, Marvel s’occupe maintenant de héros un cran au-dessus : les dieux.

Celui qui nous intéresse ici est issu tout droit de la mythologie scandinave : Thor (Chris Hemsworth), fils d’Odin (Anthony Hopkins) et de Frigga (Rene Russo), et bien sûr frère de Loki (Tom Hiddleston).

Nous voici donc dans l’univers d’Asgard, un des 9 royaumes (1).

Et comme dans tous les autres royaumes, nous assistons à des jeux de pouvoirs, de trahisons et toute cette sorte de choses…

Toujours est-il que Thor est banni d’Asgard et est envoyé sur terre ainsi que Mjalnir, son marteau (2).

 

C’est Kenneth Branagh qui signe l’ouverture de la série Thor (deux autres épisodes, sans compter les Avengers), ce qui peut sembler curieux vu ses films précédents. Mais au final, le résultat est là, on a eu ce qu’on attendait : un nouveau super-héros divin avec des péripéties plus spectaculaires les unes que les autres. Bref, nous sommes bien chez Marvel.

Et au cas où vous l’auriez oublié, on a même droit à Stan Lee dans une apparition amusante, comme c’est souvent le cas (3).

 

Pour le reste, rien de bien nouveau, si ce n’est les personnages. Thor est l’archétype du héros scandinave, pour ne pas dire aryen. Mais heureusement, on n’entre pas dans un débat idéologique, ce n’est pas sa place. Et Chris Hemsworth possède le recul nécessaire pour ne pas se laisser emporter par ce héros si parfait : de toute façon, s’il était parfait, il n’y aurait pas de film, et surtout, on s’ennuierait.

Hemsworth a montré depuis qu’il savait être autre chose qu’un beau et grand guerrier blond : son rôle de secrétaire dans le dernier Ghostbusters est absolument savoureux.

 

Comme nous chez Marvel, le SHIELD se rappelle à notre souvenir. En effet, cet organisme intervient peu de temps après l’apparition de Thor sur terre, confisquant tout le matériel de Jane Foster (Natalie Portman), une scientifique qui se trouvait au mauvais endroit et au mauvais moment : celui de l’atterrissage du guerrier. C’est Coulson qui mène la danse et dirige les études scientifiques, mais on y retrouve Nick Fury (Samuel L. Jackson) et un petit nouveau apparaît : l’Agent Jasper Sitwell (Maximiliano Hernández), qui reviendra dans Captain America : the Winter Soldier.

Sans oublier le savant Erik Selvig (Stellan Skarsgård), qu’on retrouvera dans d’autres films.

 

Et puis il y a le méchant. Ils sont deux, don l’un plus fort que l’autre.

Le premier est le géant des glaces Laufey (Colm Feore), du royaume de Jötunheim (un des 9), qu’Odin avait vaincu une première fois et qui revient une fois le vieux dieu endormi, alors qu’il est remplacé par son deuxième fils Loki.
Et c’est là qu’intervient le deuxième (et plus dangereux) méchant : Loki.

Il est magicien et très fort dans son domaine, pétri d’une haine envers Thor due à une jalousie exacerbée envers ce même frère. Bref, un méchant bien identifié et dangereux à souhait, comme on les aime, et qui ferait la fortune d’une psychanalyste.

 

Je terminerai en vous disant que le film renferme la dose habituelle d’humour et que l’arrivée des copains de Thor (dont Ray « Titus Poulo » Stevenson en Volstagg) n’est pas sans rappeler Superman 2 des deux Richard : Donner et Lester.

Et bien sûr, une suite est annoncée en toute fin, avant la scène post-générique habituelle.

 

  1. La Terre en est un autre, ce qui justifie son arrivée.
  2. La fin d’Iron Man 2 nous annonçait le film : on y voyait un cratère au Nouveau-Mexique, et surtout le marteau.
  3. Vous chercherez.

 

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