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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

lee daniels

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Lee Daniels
Le Majordome (Lee Daniels' The Butler - Lee Daniels, 2013)

De 1957 à (environ) 1987, a officié Cecil Gaines (Forest Whitaker) en tant que majordome.

Suite à la mort (brutale) de son père (David Banner), il est employé dans la maison et devient serviteur à table. Cette nouvelle position va lui permettre de briguer – malgré lui – à la charge suprême que pouvait espérer – à cette époque – un travailleur noir : majordome à la Maison Blanche. D’Eisenhower (Robin Williams) à Reagan (Alan « Snape » Rickman), ce ne sont pas moins de 7 présidents de la république avec toujours le même modus operandi, devenant plus qu’un élément du décor comme peut le montrer Reagan dans sa demande de service.

30 ans, c’est aussi le temps qu’il faudra à sino épouse, Gloria (Oprah Winfrey) pour être officiellement invitée dans le lieu prestigieux.

Mais cette invitation marquera la fin des relations entre la présidence et l’un de ses plus marquants serviteurs de l’ombre.

 

Magnifique.
Une extraordinaire fresque américaine qui allie civilisation et droits civiques, menée de main par un réalisateur en verve, Lee Daniels. Ce dernier va d’ailleurs donner son nom au titre du film pour ne pas qu’on le confonde avec un obscur film éponyme de 1916 : comme si c’était possible !

Non, ici nous sommes en présence d’un véritable chef-d’œuvre servi par des interprètes à la hauteur de l’événement (1) : entre Robin Williams et Alan Rickman, on retrouve aussi Vanessa Redgrave (Mrs. Belle), John Cusack (Nixon) ou encore Liev Schreiber (Johnson), sans oublier Jane Fonda (Nancy Reagan). Bref, nous sommes en très bonne compagnie et le jeu formidable – justesse et sobriété – de Forest Whitaker fait qu’on ne peut pas rester insensible aux enjeux de l’intrigue.

 

Parce que, malgré cette formidable moisson de stars, ce n’est pas l’apparence qui compte (2), mais bel et bien le propos qui retient notre attention. Nous sommes dans la même situation que Ken Follett quand, environ un an après la sortie du film, il publie son phénoménal Aux Portes de l’éternité, dernier volume de son Siècle. La conclusion entre les deux œuvres est d’ailleurs la même, bien que les points de vue n’aient pas grand chose à partager (3).

Mais malgré tout, il s’agit d’une grande oeuvre qui rend hommage à ces gens – petits et grands – qui ont fait des Etats Unis le pays que nous connaissons, même si les années 2017-2021 ont laissé un tantinet à désirer, et ce malgré le slogan de campagne de l’homme aux cheveux jaunes.

 

Et ce qui nous réjouit, c’est avant tout le jeu des différents interprètes. Comme je l’ai écrit plus haut, Forest Whitaker est formidable, mais à ses côtés, Oprah Winfrey est pleinement à la hauteur de la tâche, campant une épouse délaissée qui va de plus en plus assumer sa situation. A nouveau, nous avons le plaisir de voir qu’elle ne sait pas qu’animer une émission de télévision. Sans être un soutien pour son mari comme c’est souvent le cas dans ces cas-là, elle est un autre challenge que Cecil va devoir relever, mâtiné à ses problèmes avec son fils.

Mais comme nous sommes dans un film américain, il faut s’attendre à une fin heureuse et surtout une rédemption. Rassurez-vous, elle sera là, même si en deux temps : à chaque fois, elle va concerner les deux fils de Cecil, dans des situations différentes certes, mais au final pas tellement éloignée (4).

 

Un film indispensable sur la lutte – malheureusement toujours – quotidienne pour l’égalité entre tous les Américains !

 

  1. Oui, encore une : que voulez-vous, je regarde aussi des bons films !
  2. Si Alan Rickman ressemble réellement à son personnage, ce n’est pas vraiment le cas de Robin Williams, ni encore moins de John Cusack.
  3. Le personnage de Louis Gaines (David Oyelowo) n’est pas sans rappeler ceux que nous suivons chez Follett dans la lutte des Droits Civiques.
  4. Je vous laisse juge…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Lee Daniels
Billie Holiday, une Affaire d'état (The United States vs. Billie Holiday - Lee Daniels, 2021)

1957.
Billie Holiday (Andra Day, magnifique sur tous les points) est interviouvée par Reginald Lord Devine (Leslie Jordan) sur les dix années qui viennent de passer, harcelée qu’elle fut par le FBI et surtout l’un de ses directeurs, Harry J. Anslington (Garrett Hedlund). L’objectif : la faire tomber pour la drogue qu’elle se fournit régulièrement.

L’objectif officieux : l’empêcher de chanter l’extraordinaire Strange Fruit qui dénonce les lynchages récurrents des Noirs dans le Sud (surtout) des Etats-Unis.

Deux ans plus tard (le 17 juillet 1959), elle succombe à une cirrhose du foie, l’alcool ayant parachevé ce qui fut commencé par l’héroïne et le tabac.

 

SI le narrateur (occasionnel) est Devine, le véritable témoin de cette déchéance, c’est Jimmy Fletcher, le premier agent noir du FBI, ce que l’on appelle un « token », une espèce de gage à la différence : il est là pour montrer que le « Bureau » n’est pas raciste. Et que fait Jimmy pour le Bureau : il met en place son arrestation pour détention de drogue. Bref, les dés sont pipés pour la jeune femme (elle avait 44 ans à sa mort), et l’issue est irrémédiablement fatale. Jusqu’au bout, Anslington et son équipe vont harceler la chanteuse, allant jusqu’à l’arrêter sur son lit de souffrance avant qu’il se transforme en lit de mort.


Bref, c’est une histoire tragique, et pas besoin du film pour nous l’apprendre, tous les amateurs de jazz le savaient. C’est d’ailleurs cette tragédie annoncée qui fait tout l’intérêt du film, et alors qu’on aurait pu s’attendre à une exposition de la lente (enfin pas tant que ça) destruction de Billie par les drogues qu’elle a pu utiliser (1). Lee Daniels reste toujours au niveau de son témoin, sans pour autant occulter le rapport de Billie avec l’héroïne, mais sans en faire le centre du film. Ce qui fait le centre, par contre, ce sont les chansons, et surtout Strange Fruit, que Billie s’apprête à interpréter avant qu’on ait cette histoire d’interviouve.

Bien sûr, on va y retourner dans le film, et l’interprétation prend toute sa dimension, forts que nous sommes de tout ce qu’il s’est passé avant.

 

Il y a une force chez cette Billie qu’interprète Andra Day avec beaucoup de conviction, nous faisant oublier qu’elle n’est qu’une personnification de ce personnage hautement charismatique. Mais comme toujours, un bon personnage ne suffit pas, il faut un méchant à la hauteur, et Anslington est un très beau spécimen. Surtout quand on le voit recevoir une récompense des mains de rien d’autre que Kennedy (JF) alors qu’il a soixante-dix ans (trois ans après la mort de Billie). Cette séquence finale remet d’ailleurs en cause la présence de Garrett Hedlund pour l’interpréter : s’il est relativement jeune quand commence le film (55 ans !), il n’est absolument plus crédible en 1959, alors que son personnage a 65 ans. Trop jeune (2).

 

Mais nous sommes au cinéma, et faire s’affronter deux personnes aussi différentes (en âge, sinon en tout le reste !) n’aurait certainement pas eu le même impact. Il y a une ouverture pour l’identification voire la réunion entre le policier et la chanteuse, accentuée par la femme de ce dernier qui est une fan. Mais si on avait demandé à un acteur vieillissant de prendre ce rôle, l’affrontement racial n’aurait pas pu être mis en avant : on aurait conclu à un « conflit de générations » alors qu’on est vraiment sur le terrain du racisme.

Par contre, on peut tout de même reprocher à Lee Daniels un léger problème avec la narration. Vous m’avez souvent lu ici encenser certains scénarios (et narrateurs) mais il y a certains moments du film où on a du mal à s’y retrouver, le passé – Billie enfant – se mêlant avec le présent de la narration (sa virée dans le Sud avec (entre autres) Jimmy.

 

Certes, on aurait pu aller plus loin dans le traitement racial du film et charger un peu plus la mule (Anslington et l’administration qu’il représente), mais il faut se contenter de ce beau film qui met en valeur l’une des plus grandes chanteuses américaines. Et comme en plus elle était noire, le plaisir n’en est que plus grand, quand on voit les racistes « sans complexe » qui s’épanouissent auprès de nous (3).

 

  1. Qu’on ne s’y trompe pas, l’alcool est une drogue (dure si on en juge les effets mortifères), sauf qu’elle est légale.
  2. Hedlund a 37 ans quand sort le film !
  3. Cette critique fut écrite lors du deuxième tour de l’élection présidentielle française, trois heures avant les résultats du vote…

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