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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

leo mccarey

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Leo McCarey
Elle et Lui (An Affair to remember - Leo McCarey, 1957)

18 ans après Elle et Lui (Love Affair, 1939), Leo McCarey propose une nouvelle version de cette même histoire qui porte le même titre en français mais diffère en VO : après Liaison, voici donc Une Liaison mémorable. (1)

Le séducteur Charles Marnay (Charles Boyer) est remplacé par un autre du même acabit, Nickie Ferrante (Cary Grant) et Deborah Kerr reprend le rôle d’Irene Dunn, Terry McKay.

Pour le reste, c’est exactement la même histoire, celle de ces deux étrangers promis à une vie facile qui se rencontrent, se découvrent et se perdent, du fait du destin, mais se retrouvent tout de même, parce qu’au cinéma, tout est possible, et surtout les belles histoires d’amour.

 

Parce que c’est encore une fois une très belle histoire d’amour, exactement la même que 18 ans plus tôt. Enfin pas exactement la même. Si on y retrouve les mêmes péripéties, le point de vue va tout de même varier, laissant plus de place à ce qui était indicible, elliptique. Mais ne croyez pas qu’on y perde au change. A nouveau, Leo McCarey mène demain de maître cette histoire extra-ordinaire, avec un duo qui n’a rien à envier au précédent. L’émotion est intacte, et ce malgré une intrigue connue (2).

Et si Cary Grant n’a pas l’aspect play-boy de Boyer, il n’en demeure pas moins extrêmement séduisant de par son allure et son esprit des plus vifs.

 

Alors pourquoi refaire le même film ? Et bien tout simplement parce qu’il est différent : l’époque a changé et le scénario (de McCarey et Delmer Daves, excusez du peu) s’attache beaucoup plus aux personnages, remplissant quelques blancs de l’intrigue originelle, sans pour autant alourdir le propos. Les deux protagonistes semblent passer plus de temps sur le bateau, décor où va d’ailleurs plus s’épanouir la tendance comique de McCarey : n’oubliez pas qu’il a un passé burlesque très chargé (3). Et si la séquence du restaurant (sur le bateau) était très drôle, elle gagne encore en comique avec ce nouveau duo : il faut dire que Cary Grant a toujours possédé une grande force comique.

Bien sûr, Deborah Kerr a un maintien plus prononcé qu’Irene Dunn, mais elle donne à Terry une retenue différente, réussissant à faire oublier cette dernière sans pour autant l’éclipser : chacune des deux amène un élément à ce personnage qui va le compléter et la rendre à chaque fois inoubliable.

Encore une fois, la séquence avec la grand-mère Janou (Cathleen Nesbitt) est l’élément qui fait basculer l’intrigue. Et si Maria Ouspenskaïa y dégageait une immense douceur, on apprécie une certaine authenticité chez Nesbitt, dont le français impeccable est le plus bel atout (Janou habite Villefranche-sur-Mer). Là encore, chacune possède un élément que l’autre n’a pas, ajoutant un nouvel élément de complémentarité entre les deux films.

 

Bref, cette nouvelle (?) liaison est un nouveau régal, justifiant ce remake : vous avez d’ailleurs remarqué que je n’ai pas posé de question en préambule comme j’ai (souvent) l’habitude de le faire.

Ruez-vous donc sur ce deuxième opus de l’une des plus belles histoires d’amour du cinéma et surtout ne cherchez pas plus loin où vous avez déjà vu l’acteur qui interprète le galeriste Courbet (Fortunio Bonanova) : c’est lui qui interprète Matiste, le maître de musique qui essaie désespérément de faire chanter Susan Alexander (Dorothy Comingore) dans Citizen Kane.

 

  1. Traductions très littérales.
  2. Sauf si vous n’avez pas vu le premier film…
  3. Avec entre autres Laurel & Hardy, là encore, excusez du peu !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Leo McCarey
Elle et Lui (Love Affair - Leo McCarey, 1939)

Michel Marnay (Charles Boyer) est un riche oisif mâtiné d’un playboy. Il est sur un transatlantique qui le ramène aux Etats-Unis pour épouser une riche héritière (Astrid Allwyn). Sur le paquebot, il fait la connaissance de Terry McKay (Irene Dunne), qui rentre aussi aux USA pour épouser son patron (Lee Bowman). Bien entendu, ils tombent amoureux l’un de l’autre (1).

A l’arrivée, ils se promettent de se retrouver six mois plus tard avec une véritable situation, sauf si entre temps ils ont trouvé autre chose de plus sérieux. Où ? En haut de l’Empire State Building, l’endroit (en 1939) le plus près du ciel.

Le premier juillet, Michel est en haut du gratte-ciel (terme on ne peut plus pertinent en ce qui nous concerne). Il attend Terry. Qui ne viendra pas. Elle a eu un accident juste en bas de l’immeuble.

 

Superbe.

Leo McCarey, l’un des princes de la comédie hollywoodienne, réussit ici sa rencontre avec la tragédie, donnant un film magnifique, avec une histoire d’amour inoubliable. Tellement que le film sera refait, et même par McCarey (mais ceci est une autre histoire, même si c’est la même histoire…). Certes, le duo de stars qui tient le haut de l’affiche est impeccable, mais cela ne suffit pas : le talent de McCarey et son sens de la mise en scène sont primordiaux ici. Sans oublier quelques noms glanés durant le générique d’introduction : Delmer Daves (scénario), Edward Dmytryk (montage), Rudolph Maté (prises de vue)… On a vu largement pire !

 

Mais surtout, ce qui fait (aujourd’hui encore) le succès du film, c’est son aspect humain. Si Marnay n’est pas une personne très fréquentable quand commence le film – un riche oisif qui ne sait rien faire d’autre que peindre (2) – sa rencontre avec Terry va l’ouvrir à la vraie vie : Terry, si elle doit épouser son patron, ne vient pas d’un milieu aisé comme lui. Elle s’est faite toute seule, et ce mariage est la consécration de son parcours – sans qu’elle soit pour autant une croqueuse de diamants (3).

Et cet accident qui fait basculer le film dans la tragédie, est au bout du compte une très bonne chose. Sans lui, cette grande humanité des personnages ne se serait pas révélée à eux-mêmes. Et à cela s’ajoute l’incontournable magie de noël (le film se termine le 25 décembre) : c’est la période des miracles et ce qui arrive en est (presque) un.

 

Bien entendu, la révélation finale est extraordinaire et comme toutes les grandes révélations, elle est muette : les images se suffisent à elles-mêmes et l’émotion des personnages se transmet naturellement, d’autant plus que nous savons ce qu’il s’est passé, à la différence Marnay. Mais cette révélation magnifique passe aussi par des retrouvailles d’une immense subtilité. Les deux amants se retrouvent après presque un an sans se voir (ils s’étaient quittés le premier janvier) et le rendez-vous manqué, véritable tournant de l’histoire, est abordé avec beaucoup d’habileté et d’élégance par Marnay qui a attendu la véritable fin du jour (minuit) avant de renoncer. Et si Terry entre dans son jeu – un mensonge (très) pieux – c’est aussi pour lui montrer qu’elle n’est pas dupe de son subterfuge.

 

Je terminerai en revenant sur ce qui est, à mon avis, le véritable basculement de cette liaison : la rencontre de la grand-mère de Marnay à Madère, Janou (Maria Ouspenskaia). C’est une vieille femme adorable, qui comprend les choses indicibles, et même avant ce couple en devenir. C’est ce (très court) séjour chez elle qui va rapprocher Terry et Michel, et la chanson qu’elle interprète au piano, rapidement accompagnée par Terry, n’est pas innocente : Plaisir d’Amour. Le « plaisir d’amour, c’est ce que vit quotidiennement Marnay avant sa rencontre avec Terry. Et le « chagrin d’amour », c’est l’une des conséquences éventuelles du rendez-vous manqué.

Mais McCarey, spécialiste de la comédie, ne peut pas les laisser s’en tirer avec le seul chagrin.

Et quand le film se termine, le sourire qui reste sur nos lèvres, est aussi l’œuvre de McCarey…

 

  1. Le titre original : Histoire d’amour / Liaison.
  2. Et encore, il n’a créé qu’une toile !
  3. Autrement, l’histoire (et donc le film) n’aurait pas marché.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Leo McCarey, #Charles Laughton
L'extravagant Mr. Ruggles (Ruggles of Red Gap - Leo McCarey, 1935)

Paris, 1908.

Lord Bassingwell, comte de Burnstead (Roland Young) a joué au poker contre les Floud, un couple d’Américains, et il a malheureusement perdu son enjeu : Ruggles (Charles Laughton), son serviteur.

Voilà donc Marmaduke « Colonel » Ruggles en route pour les Etats-Unis et plus précisément Red Gap (Washington), une petite bourgade de l’Ouest où la civilisation telle qu’il la connaît n’est pas complètement arrivée…

 

Leo McCarey, grand spécialistes de la comédie, nous propose ici une magnifique histoire de choc culturel. D’un côté nous trouvons l’impeccable Ruggles, qui vient d’une famille d’hommes de maison, et de l’autre les Floud, de braves Américains campagnards, un tantinet rugueux, mais finalement pas bien méchants. Si Effie (Mary Boland) espère s’élever socialement et amener son mari à en faire autant, il n’en va pas de même pour ce dernier – Egbert (Charles Ruggles), qui n’a pas l’intention de changer ses vieilles habitudes d’homme de l’Ouest où la seule tenue qu’il supporte est celle d’un verre dans sa main, et certainement pas un habit de pingouin.

 

C’est de ce malentendu que se nourrit le film. En effet, dès l’arrivée de Ruggles dans cette nouvelle maison, alors que madame espère un peu plus de classe des habitants, monsieur, lui, considère Ruggles comme son égal, les Etats-Unis étant avant tout un pays où on ne fait pas de différence*. Mais cela n’empêche pas les Floud d’avoir déjà du personnel : une femme afro-américaine et un homme d’origine asiatique. Certes ces deux derniers sont là pour servir, mais leur présence est plutôt une façon de dire que les Etats-Unis demeurent le Creuset (melting-pot) où se croisent toute sorte d’individus venant de lieux très différents.

 

Parce que ce film est avant tout une ode à l’Amérique. En effet, de nombreuses scènes font référence à l’histoire de ce pays : Ruggles lit des ouvrages sur les présidents américains et finalement voit d’un bon œil le fait que les différences s’effacent. Et il va même plus loin puisqu’il décide de voler de ses propres ailes, lui qui n’a jamais connu que les relations maître-valet, comme son père avant lui, ainsi que son grand-père (etc.).

Nous assistons alors à une métamorphose réjouissante où  Ruggles va de plus en plus s’affirmer et surtout trouver sa place dan ce « pays plein d’opportunités ».

Mais quand Lord Bassingwell débarque à Red Gap pour récupérer Ruggles, cette autonomie naissante est menacée. Mais, rassurez-vous, il n’en sera rien.

 

Il y a chez McCarey un véritable talent pour la comédie. Il joue sur l’opposition entre ces deux mondes pour nous amuser, mais dans le même temps, il parsème le film de moments plus solennels, voire émouvants. La séquence dans le Silver Dollar (saloon, bien sûr) est un très grand moment du film quand Ruggles récite le discours de Gettysburg prononcé par Lincoln le 19 novembre 1863. Seul cet Anglais le connaît par cœur. On voit alors tous les habitues, des ruraux comme Egbert, se rassembler pour écouter Ruggles.

 

Mais si le film fonctionne, c’est avant tout grâce à la présence de Charles Laughton. Il est un Anglais plus British que nature, et ne sera égalé que par deux autres grands acteurs : l’immense John Gielgud et l’incomparable Patrick McNee. Laughton est « énorme » (physiquement aussi, mais ça ne compte pas ici) en serviteur flegmatique : non seulement il est économe dans ses gestes et paroles, mais en plus, il fait ça avec talent.

Mais si Laughton est magnifique, c’est aussi dû à la présence de seconds rôles de qualité, Charles Ruggles et Maude Eburne (« Ma » Pettingill) ainsi que Mary Boland et ZaSu Pitts, éléments aussi indispensables au film.

 

Et l’hommage final qui est rendu à Ruggles – ultime moment d’émotion – peut très facilement s’appliquer à Laughton tant son Marmaduke est attachant.

 

 

 

* Entre les Blancs, nous sommes en 1935.

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