Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

lillian gish

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Charles Laughton, #Lillian Gish
La Nuit du chasseur (The Night of the hunter - Charles Laughton, 1955

Le Bien contre le Mal, l’amour contre la haine, l’ombre contre la lumière, Harry Powell (Robert Mitchum) contre Rachel Cooper (Lillian Gish).

Tel est en fin de compte l’histoire de ce film – le seul de Charles Laughton, quel dommage ! – où deux orphelins essaient d’échapper à un faux prédicateur qui en veut à leur argent.

Mais là encore, quel film !

 

C’est une magnifique symphonie de noir et blanc où la lumière et l’obscurité ne cessent de se partager l’écran. Et où, dans la nuit noire, point une lumière et, dans la lumière, se tapit l’âme noire de Powell.

Dès la séquence d’ouverture, nous sommes prévenus : celui que nous allons voir est méchant. C’est un faux prophète. Et c’est Rachel Cooper qui nous prévient : elle sait de quoi elle parle, comme on s’en rendra compte plus tard.

Ce faux prophète n’est rien d’autre qu’un psychopathe tueur de veuves fortunées. Mais quel personnage. Sous des allures de pasteur, il possède un pouvoir de séduction très fort contre lequel il est difficile de résister. D’ailleurs, toutes les femmes  succombent à son charme. Sauf miss Cooper. Mais depuis le départ de son fils, est-elle encore une femme ?

 

Charles Laughton nous propose un film merveilleux où la beauté des plans s’allie à leur austérité. Pas de décor grandiose. Tout est épuré. On n’a gardé que l’essentiel : l’horizon où point la lumière traversé par un homme qui chante à cheval. Même en ville, où les scènes de foules sont inévitables, Laughton réussit à suivre ses personnages dans un véritable désert urbain, accentué par l’austérité des murs. Dans cette séquence où les enfants et miss Cooper fuient la foule vindicative (contre Powell), c’est aussi leur façon d’échapper à l’obscurité (l’obscurantisme ?) et de se rendre – physiquement – vers la lumière. Lumière divine, bien entendu car la religion est très présente tout au long du film. Chaque citation ou référence biblique peut être retrouvée à un moment du film :

  • John  (Billy Chapin qui nous a quittés en décembre dernier) et Pearl (Sally Jane Bruce) s’enfuient pour échapper à Powell : la Sainte Famille qui se réfugie en Egypte pour échapper à Hérode et au massacre des Innocents ;
  • John et Pearl qui échouent chez Miss Cooper : Moïse sauvé des eaux par la fille de Pharaon.

Mais si Rachel Cooper – tout comme Harry Powell – a sans cesse sa bible sous la main, elle a aussi un fusil ! Et elle n’hésite pas à s’en servir quand l’occasion se présente.

Autre épisode biblique qui n’est pas mentionné mais qui se trouve dans le film, c’est la barque de John et Pearl qui échoue chez Miss Cooper. Cette errance, à travers la nature plus ou moins hostile rappelle par bien des points celle du peuple hébreu avant d’atteindre la Terre Promise.

En effet, et c’est une magnifique toile d’araignée au premier plan qui nous rappelle que John et Pearl ont pu s’arracher à l’étreinte de Powell (comme les Hébreux à celle de Pharaon) pour arriver dans un havre de paix où ils pourront vivre (peut-être) heureux (la Terre Promise).

Mais cette errance est aussi l’un des plus beaux moments du film, où les prises de vues de Stanley Cortez sont extraordinaires. Ce sont des noirs et blancs de toute beauté qui rendent la couleur superflue et insistent encore une fois sur cette haute bataille entre le Bien et le Mal.

 

Il y a dans ce film un apparentement certain avec le cinéma allemand des années 1920, qu’on a un peu trop qualifié d’expressionniste. La scène dans la chambre – où Powell s’apprête à tuer Willa (Shelley Winters), la mère des enfants – semble tout droit sortie du Cabinet du Docteur Caligari tant les ombres rappellent le décor torturé du fil de Wiene : ce ne sont qu’angles aigus menaçants, à juste titre d’ailleurs.

D’une manière générale, l’utilisation de l’opposition ombre et lumière rappelle cet âge d’or du cinéma allemand. Laughton, après une carrière déjà bien remplie, connaît ses classiques et s’y réfère pour notre émerveillement.

 

Mais le public ne voulait pas ça. Le film fut un échec et Laughton ne put jamais en réaliser un autre. Alors que les Etats-Unis se remettent difficilement de la guerre de Corée, pas question de voir un film qui rappelle la misère des années 1930, où nombre d’enfants errants ont vécu le même sort que John et Pearl. Quant à ce pasteur…

Quel gâchis tout de même. Il y a un sens de l’image et de l’action phénoménal chez Laughton : il raconte sans être bavard, sans avoir besoin d’expliquer voire de justifier. Tout est magnifiquement réglé. C’est un véritable chatoiement de noir et blanc.

 

Et puis il y a les deux stars : Lillian Gish et Robert Mitchum. Ils sont formidables tous les deux. Lillian Gish (déjà 62 ans quand sort le film) tout en force (morale et physique) et Mitchum en parangon d’hypocrisie, chacun au meilleur dans son rôle. Il y a beaucoup de similitudes entre les deux personnages qu’ils interprètent. Ce sont des personnages solitaires, revenus de tout. Tous deux se réfèrent constamment à la Bible, même si ce n’est pas dans le même but. Et tout comme on pouvait se poser la question de savoir si Rachel Cooper est une femme (voir plus haut), on peut aussi se poser celle-ci : Harry Powell est-il un homme ? En effet, jamais il ne touche une femme. Il a son couteau comme outil de substitution. Mais jamais on ne le voit prendre Willa dans ses bras, et la nuit de noces est très explicite.

Ces deux personnages, tout compte faits assez similaires sont d’une certaine façon la personnification du combat manichéen évoqué plus tôt. Il n’est donc pas étonnant qu’ils se rejoignent dans le chant de Powell (Leaning).

Et ce chant n’est interrompu - tout un symbole -  que par Ruby (Gloria Castillo), aveuglée par son amour illusoire pour Powell, qui apporte la lumière (Lucifer ?) et par là même aveugle Rachel : Powell a disparu !

 

Mais Rachel Cooper – le Bien – triomphe. Il fallait s’y attendre, elle nous avait prévenu dès le début.

C’est alors sans surprise qu’elle conclut le film. Le Bien triomphe, les enfants sont sauvés.

La boucle est bouclée.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #King Vidor, #Lillian Gish
La Bohème (King Vidor, 1926)

Paris, Quartier Latin, hiver 1830.

Les jeunes artistes, en attendant la gloire, crèvent de faim. Mais qu’importe, ils continuent à vivre leur rêve, même si les débuts de mois (loyer à payer) sont difficiles.
C’est le cas de Rodolphe (John Gilbert), jeune dramaturge, qui vit avec Marcel (Gino Corrado), peintre, et d’autres.

Et puis il y a Mimi (Lillian Gish). C’est une petite main, dans tous les sens du terme : elle est brodeuse et essaie de survivre dans un taudis froid, jouxtant celui des artistes.

Le printemps arrive avec les sorties à la campagne, et Mimi et Rodolphe tombent amoureux.

 

La Bohème, c’est surtout la rencontre de deux monstres sacrés du cinéma : Lillian Gish et John Gilbert. Tourné entre La grande Parade et Bardelys le Magnifique, c’est plus qu’une histoire d’amour : c’est celle d’un sacrifice amoureux ultime, interprété de façon magistrale par l’immense et magnifique Lillian Gish. Si John Gilbert est toujours impeccable, la moustache fine et le regard intense, c’est elle qui est la plus grande star du film. Elle y est époustouflante.

Le film est une suite de situations plus émouvantes les unes que les autres.

 

La première, c’est quand les artistes, invités par Musette (Renée Adorée) – une femme légère comme on disait dans ce temps-là – la convient à leur repas, sachant qu’elle meurt de faim elle aussi. Il faut voir le visage de Lillian Gish se décomposer au fur et à mesure qu’ils lui proposent des mets pour se rendre compte de son immense talent. Très émouvant.
La dernière, bien entendu, c’est quand Mimi meurt – eh oui, c’est une tragédie – entourée de ceux qui furent ses amis, près d’un Rodolphe enfin heureux de la retrouver : exsangue, les traits tirés, allongée sur son lit de mort, elle savoure tout de même ces derniers instants comme des instants de bonheur.

 

Encore une fois, Lillian Gish interprète un rôle éprouvant : il faut voir la déchéance de Mimi pour s’en apercevoir : comment elle peine à actionner sa machine dans une fabrique de tissus des bas quartiers est tout bonnement pathétique. Elle n’a ni la condition (elle est atteinte de la tuberculose), ni la force d’effectuer les tâches qui lui incombent Et pourtant, elle les fait. Jusqu’à en mourir.

 

Et Lillian Gish avait préparé cette fin et il n’y eut pas beaucoup recours au maquillage pour cette dernière partie : elle s’alimentait peu et s’entraînait à moins respirer en vue du final. Même King Vidor a eu peur, tellement Mimi paraissait réellement morte.

A l’instar de Lucy (Le Lys brisé, 1919) et Letty (Le Vent, 1928), Mimi fait partie des plus grands rôles de Lillian Gish, qui ont fait d’elle l’une des plus grandes actrices (voire LA plus grande) du cinéma, muet comme parlant.

 

D’une manière générale, on peut dire que King Vidor, avec La Bohème, réussit un magnifique film tragique, rempli d’émotions, parce que servi par une distribution de qualité. Outre les personnes citées, notons la présence de Roy D’Arcy, autre séducteur, mais du côté obscur, la plupart du temps et Karl Dane, autre interprète de La grande Parade, toujours ce grand échalas jovial. Ici, il est le concierge de l’endroit et amène Mimi mourante à Rodolphe. Il est accompagné par Mathilde Comont, plus connue pour son rôle de prince (!) perse dans Le Voleur de Bagdad (Raoul Walsh, 1924).

 

Un film inoubliable.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Lillian Gish, #D.W. Griffith
Les deux Orphelines (Orphans of the Storm - David Wark Griffith, 1921)

Hollywood et la Révolution française, épisode 1.

C’est Griffith qui a commis la première adaptation de notre révolution. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas dû beaucoup se renseigner…

Ce ne sont que raccourcis et idées fausses, à des années-lumière de ce que proposera Ingram deux ans plus tard – Scaramouche (1923) – qui est aussi une drôle de réécriture de l’histoire de France.

 

Comme nous sommes chez Griffith, il y a tout d’abord le côté édifiant du film : nous allons assister à une démonstration, voire recevoir une leçon de vie – en l’occurrence de démocratie.

Et Griffith se donne les moyens pour y parvenir. C’est avant tout une grande fresque dans le sillage de Naissance d’une Nation ou Intolérance. Là encore, il manie la foule comme il sait si bien le faire, donnant une frénésie formidable à son propos.

Mais justement, c’est le propos qui pose problème :

  • La révolution française installe avec elle un système anarchiste et bolchevique
  • Robespierre est, par conséquent, un anarchiste doublé d’un bolchevique ;
  • C’est l’action de Danton qui amena la fin de la Terreur ;
  • La Carmagnole n’est plus une danse mais une attitude totalement irresponsable du peuple français, amenant tous les débordements anarchistes possibles…

Bref, nous assistons à la mise en place d’un chaos absolu qui sera contenu par le grand Danton, orateur des orateurs !

 

Mais laissons de côté cette Histoire (de France) et concentrons-nous sur celle du film.

Les deux orphelines (Lillian & Dorothy Gish) sont de fausses sœurs recueillies par les parents d’Henriette (Lillian). Mais Louise (Dorothy) est de haute extraction.
S’ensuit alors une succession de séparations entre les deux jeunes femmes, se perdant et se retrouvant sans cesse, jusqu’aux retrouvailles finales.

Mais c’est là que Griffith excelle – on ne peut pas être bon partout ! – et il nous propose une intrigue solide qui enchaîne avec brio ces séparations des deux sœurs. A chaque nouvelle retrouvaille suit un obstacle à leur bonheur, donnant au spectateur le plaisir d’admirer le jeu des sœurs Gish.

C’est leur dernier film pour Griffith : que de chemin parcouru depuis l’Ennemi invisible (1912) ! C’est aussi l’avant-dernier film qu’elles tournent ensemble (le dernier sera Romola d’Henry King, en 1924). Et, à l’instar des frères Barrymore dans Grand Hotel (1932), on sent une grande complicité, voire une grande tendresse entre elles. Les aventures tragiques qui arrivent à leurs personnages sont magnifiées par le lien réel qui les unissait.

C’est un véritable plaisir.

 

Une dernière chose à propos de cette fameuse Révolution : il ne faut pas oublier qu’à la même période (1920-21), la Russie (éternelle) est tombée sous le joug des hordes bolcheviques : cette révolution, et surtout les pratiques qu’elle engendrât, est la véritable cible de Griffith à travers ce film. Malheureusement pour la Révolution française – devenue donc un prétexte – elle a à souffrir des événements de l’Est. D’où l’assimilation de Robespierre et des comportements irraisonnés du peuple français.

 

Mais n’oublions jamais : c’est du cinéma !

 

Et comme c’est Griffith, il y a heureusement un sauvetage final, et comme toujours de dernière minute !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Henry King, #Lillian Gish
Dans les Laves du Vésuve (The white Sister - Henry King, 1923)

Le Vésuve gronde.

Deux sœurs, issues de deux mariages.

L’une est mauvaise et méchante : la Marquise de Mola (Gail Kane). La sœur noire.

L’autre est bonne et gentille : Angela (Lillian Gish). La sœur blanche.

Premier coup dur : le père (Charles Lane) meurt.

Deuxième coup dur : la Marquise brûle le testament, spoliant ainsi totalement et chassant Angela.

Troisième coup dur : Giovanni Severi (Ronald Colman), le fiancé d’Angela, est envoyé en expédition en Afrique où il trouve la mort.

Il ne reste qu’une solution à Angela : prononcer ses vœux. Elle sera une sœur blanche, de celles qui s’occupent des malades.

Mais le jour où elle entre en religion, Giovanni revient.

 

Lillian Gish, elle aussi, a quitté Griffith, après dix ans de collaboration. Comme Richard Barthelmess, elle rejoint Henry King pour cette histoire d’amour – malheureuse – entre une nonne et un soldat de retour à la vie.

C’est un rôle – presque – sur mesure pour elle : c’est une jeune femme innocente, qui est dépossédée de tout, même de son amour, et qui, par dépit entre en religion. Mais le retour du fiancé n’altère pas sa foi, et là encore, elle reste une jeune fille pure. Elle est une nonne qui n’en reste pas moins humaine, et donc faillible : elle craint le retour de Giovanni, qui pourrait la détourner de son devoir. Et si cette sœur blanche (le titre original) est une personnification de la douceur et de la bonté, chaque nouvelle rencontre avec sa vraie sœur (la Marquise) rappelle la rancœur due au mauvais traitement que cette dernière fit subir à Angela. Et son visage – angélique, bien sûr – l’espace d’un instant devient dur, à la pensée de ces malheurs passés.

Et si Angela est le personnage central, Giovanni reste la figure la plus forte de l’intrigue. Il est la personnification de ce Christ qu’elle embrasse.

  • Alors qu’elle est prostrée, suite à l’annonce de sa disparition, c’est l’image de Giovanni – peinte par un amoureux transi – qui va la ramener vers la réalité et la guérir.
  • Le choix d’entrer en religion est justifié par la mémoire de l’homme qu’elle aimait : en devenant nonne, elle lui rend le plus grand hommage.
  • Même si c’est devant une croix qu’elle se marie à Dieu, Giovanni reste le véritable récipiendaire de son amour, comme elle le lui expliquera.
  • Dernier argument, et non des moindres : Giovanni donne sa vie pour sauver ceux qui vivent au pied du Vésuve en éruption*. La prière finale, bien entendu, lui est adressée.

Et Ronald Colman – au-delà de son apparence de séducteur à la fine moustache, archétype très hollywoodien – est un Giovanni convaincant. Et son sacrifice final, même s’il est magnifique, n’en reste pas moins un suicide arrangé.

 

Finalement, avec ce film, Lillian Gish tourne une page de sa vie d’actrice, libérée de Griffith, elle entre dans une série de rôle de femmes, délaissant définitivement les jeunes filles naïves. Il ne faut pas non plus oublier que quasiment un mois après la sortie du film, elle eut 30 ans…

 

N’empêche, même sous un voile, elle est toujours magnifique…

 

 

*Et en plus, pour ceux qui aiment chercher la petite bête : Giovanni se rend, lui aussi, dans le désert…

 

PS : quel titre français ! C’est sûr, « dans les laves du Vésuve », c’est vendeur. Mais tout de même !

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #D. W. Griffith, #Lillian Gish
A travers l'Orage (Way down East - David Wark Griffith, 1920)

Un monument du cinéma.

 

Anna Moore (Lillian Gish), une jeune campagnarde naïve qui arrive à la (grande) ville.

Lennox Sanderson (Lowell Sherman), un vil séducteur de cette même grande ville.

David Bartlett (Richard Barthelmess), un fils de bonne famille.

Un faux mariage, un abandon, et Anna se retrouve seule avec un enfant mourant.

Une deuxième chance auprès des Bartlett…

Et en toile de fond, l’Amérique puritaine.

 

Il s’agit avant tout d’un terrible mélodrame. Tout est là pour faire pleurer dans les chaumières : la jeune orpheline dont on abuse, le vil séducteur, l’enfant sans père qui meurt dans les bras de sa mère. Tout est terrible dans ce film.

 

Mais comme nous sommes chez Griffith, il faut en tirer une leçon. Et la conduite de Lennox est le grand reproche que Griffith fait à son époque. Mais près de cent ans après, les choses n’ont guère évolué !

En effet, Anna, qui a succombé au charme de Lennox est considérée comme une fille perdue, voire pire, par une société pudibonde où la femme est avant tout coupable, surtout depuis le péché originel. Alors que dans le même temps, Lennox, qui a abusé de cette jeune fille innocente, n’est pas inquiété. Il le dit lui-même : un homme se doit d’avoir des aventures de jeunesse, mais une femme, non.

Aujourd’hui encore, on admire un homme qui a plusieurs conquêtes (« c’est un dom Juan ! »), alors qu’on méprise une femme qui en a autant (« c’est une salope ! »).

 

Pourtant, ce n’est vraiment pas le cas d’Anna. Elle est une victime qu’on enfonce, dans une société rurale extrêmement moralisatrice, représentée par la terrible Martha Perkins (Vivia Ogden), qui pèse de tout son poids dans le destin de cette pauvre jeune femme.

Heureusement, comme je l’ai déjà dit, nous sommes chez Griffith. Et si dans Le Lys brisé, la noirceur l’avait emporté, ici, c’est l’amour qui triomphe dans un sauvetage de dernière minute – la spécialité du maître – des plus époustouflants.

 

Un an après Broken Blossoms, Griffith retrouve son couple vedette pour l’un de ses chefs-d’œuvre. Alors que ce dernier film était étouffant de noirceur et de lieux étriqués, ici, les personnages évoluent dans de grands espaces. C’est la morale alentour qui est étriquée. Anna vit de calvaire en calvaire, jusqu’à sa rencontre avec les Bartlett. Mais même chez ces gens-là, le passé la rattrape. Il n’y a qu’une seule échappatoire : la mort.

Cette mort qu’Anna souhaite, Lillian Gish l’a presque trouvée : la séquence finale sur les blocs de glace de la rivière en pleine débâcle ne fut pas seulement une scène d’anthologie. Lillian Gish, allongée sur la glace, la tête et la main dans l’eau, a réellement failli y passer. [Allez lire son récit dans son autobiographie, c’est magnifique !].

Toute cette scène est extraordinaire. Le montage parallèle de la dérive d’Anna pendant que David essaie de la sauver donne une tension et un suspense énormes, avec la menace – régulièrement insérée dans cette course poursuite – des chutes d’eau au bout de la route.

Et si sauvetage il y a, il est physique : Anna ne meurt pas, mais en plus son honneur est sauf !

Un très grand moment de cinéma.

 

Et puis il y a le jeu de Lillian Gish. Alors qu’elle a très souvent joué les femmes-enfants chez Griffith, elle trouve ici un rôle qui évolue. Elle est cette même jeune fille naïve qu’on attendait d’elle au début. Mais son expérience malheureuse la fait grandir. Et quand Lennox la retrouve chez les Bartlett, ce n’est plus la jeunette que l’on peut abuser aisément qui se retrouve en face de lui. C’est une femme (n’oublions pas que Lillian Gish avait tout de même 27 ans !) qui lui tient tête. Une femme consciente de ses responsabilités mais aussi de celles de ce petit monsieur.

 

Et finalement, s’il n’y a pas de mort à la fin, une chose est sûre : Lennox est mort socialement dans le village Bartlett, et lui qui voulait qu’Anna s’en aille afin d’avoir l’esprit plus serein devra s’exiler et retourner à sa vie citadine.

Une vie citadine, bien entendu – intrinsèquement - corrompue.

 

[PS : Une petite pensée pour Robert Harron, qui aurait pu jouer le rôle de David mais qui est mort deux jours après la sortie du film (après quatre jours d’agonie). On ne peut s’empêcher de lui trouver des similitudes avec le personnage du professeur joué par Creighton Hale.]

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #D. W. Griffith, #Lillian Gish
Le Lys brisé (Broken Blossoms - David Wark Griffith, 1919)

Le visage d’un jeune Chinois qui se consume d’amour.

Le visage d’un boxeur très en colère.

Le visage d’une jeune fille effrayée.

Trois gros plans qui résument le film. 
Un trio inoubliable.

 

Londres, Limehouse, début du XXème siècle.

 

Le Chinois, c’est Cheng Huan (Richard Barthelmess qui vient de rejoindre David Wark Griffith), mais on l’appelle « l’Homme jaune », ou encore « le Chinetoque ». C’est un immigrant qui s’est installé à Londres, dans Limehouse, près des docks. Il a perdu ses illusions. Il fume de l’opium.

Le boxeur, c’est « Battling » Burrows (Donald Crisp). C’est un terrible combattant. Mais c’est surtout un jouisseur : dans sa vie, il y a les femmes et l’alcool, au grand dam de son manager. Mais dans sa vie, il y a aussi une fille, qu’on a déposée chez lui. Alors de temps en temps (perdu), il essaie de se comporter comme un père. Un père fouettard.

La jeune fille, c’est Lucy (Lillian Gish), la fille de Battling Burrows. C’est ce qu’on appelle une frêle jeune fille. D’autant plus frêle que son père s’en sert de punching-ball.

 

Et puis le Chinois rencontre la jeune fille. Il en tombe amoureux. Eperdument. Pendant ce temps, Battling Burrows gagne des combats, et frappe sa fille. Un soir, meurtrie, elle entre chez le Chinois qui lui montre, pour la première fois de sa vie, de la gentillesse.

Mais Battling Burrows ne l’entend pas de cette oreille (ni de l’autre d’ailleurs, elle est très abîmée !).

 

Comme souvent chez Griffith, il y a une volonté édifiante : ici, c’est condamner ce père alcoolique et violent au profit de cet Homme jaune, dans un contexte de dénigrement (parfois même plus) des populations extrême-orientales. Cette opposition était d’ailleurs la seule possibilité d’acquérir les suffrages du public envers son héros. Et ça marche : on ne peut que condamner Burrows pour sa conduite et célébrer Cheng pour sa grandeur. Mais malgré tout, cet amour est voué à l’échec. Il ne peut y avoir d’amour heureux entre les deux jeunes protagonistes. Tout d’abord, le public n’est pas prêt à une union mixte. Ensuite, l’attitude de Lucy par rapport à Cheng est sans équivoque. Elle l’appelle « son petit Chinetoque » (« Chinky »), et quand il s’approche d’elle, avec – intérieurement – une envie irrépressible de l’embrasser, elle prend peur, et prépare son bras pour l’interposer. Quoi qu’il arrive, Cheng n’aura pas la jeune fille.

 

Tout de même, quelle histoire malheureuse. Nous, spectateurs du XXIème siècle, accepterions facilement une telle union. Mais en 1919, pour l’opinion publique, il n’était pas question que Lillian Gish embrasse un Jaune. Même si c’est Richard Barthelmess.

Il y a aussi, chez Griffith un gros problème par rapport au racisme. En effet, après le terrible Naissance d’une Nation, qu’il a voulu atténuer en tournant Intolérance, on ne doute pas beaucoup du racisme de ce maître. Et les étrangers dans ce film sont bizarrement représentés :

  • La Chine du début est on ne peut plus traditionnelle, avec ses temples bouddhistes, ses vieux sages à la barbe et aux ongles longs et ses tenues d’apparat de tous les jours ;
  • Les deux Chinois importants sont joués par des Américains de type caucasien : Richard Barthelmess et Edward Peil Sr. (Evil Eye). Si Cheng a véritablement une allure orientale, on ne peut pas en dire autant de Evil Eye. C’est encore un Caucasien.
  • La fumerie d’opium que fréquente Cheng est international : on y trouve un Indien coiffé d’un turban et un homme noir qui ne peut absolument pas venir d’Afrique.

Bref, des stéréotypes pas toujours très heureux…

 

Mais Broken Blossoms, c’est un trio d’acteurs phénoménaux.

Donald Crisp est terrible en champion de la violence. Il y a dans son regard une fureur incroyable qui tranche avec les autres rôles qu’il a pu interpréter.
Richard Barthelmess est convaincant dans ce rôle. Certes, ce n’est pas Lon Chaney dans Shadows, mais tout de même, c’est une belle performance. Il y a dans le jeu de Barthelmess tout l’amour de son personnage, obligé de s’en tenir à un amour platonique, baisant la robe de la jeune fille, faute de mieux.

Lillian Gish, enfin. Merveilleuse : merveilleusement belle, merveilleusement juste. Elle apporte à Lucy son côté femme-enfant habituel mais dans un rôle autrement plus tragique que ce qu’on a l’habitude de voir chez Griffith. Il y a une énergie dans son jeu qui nous remue tous. Elle est une Lucy inoubliable : son sourire forcé est l’une des images les plus fortes du film.

Et puis de toute façon, je suis toujours amoureux d’elle, alors…


 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chronique, #Lindsay Anderson, #Lillian Gish, #Bette Davis
Les Baleines du mois d'août (The Whales of August - Lindsay Anderson, 1987)

Une île au large du Maine.

Une maison sur la pointe.

Deux sœurs.

Deux veilles mains qui se serrent.

Et le temps qui s'écoule, doucement, mais inexorablement.

 

Le film s'ouvre sur des images en noir et blanc, rappelant les photos du temps jadis. Et puis on arrive dans notre époque, la couleur arrive, La maison est identique. Seul le bateau à rame a maintenant un moteur... Rien n'a changé.

Il était temps. Il était temps que ces deux légendes se rencontrent sur un tournage.

D'un côté, Lillian Gish, star du muet. De l'autre Betty Davis, star du parlant. Ce sont deux immenses actrices qui se rencontrent dans des rôles de sœurs. Ce n'est pas la première fois que Bette Davis a un « monstre sacré » pour sœur. La dernière fois, c'était Joan Crawford, pour Qu'est-il arrivé à Baby Jane ?

Mais cette fois, pas de bisbille. Pas de jalousie déplacée, pas de rivalité. Elles ne jouent pas dans le même registre. Lillian Gish a toujours joué des jeunes filles bien comme il faut alors que Bette Davis était plus dans un registre de garce ou de femme forte. Et l'alchimie prend. La complémentarité de ces deux vieilles femmes nous emmène au-delà de l'histoire.

Parce que même si elles sont sœurs, elles restent très différentes. L'une - Sarah (Lillian Gish) - est enjouée, affable, alors que l'autre - Libby (Bette Davis) - est aigrie, revêche. Et cela donne des situations parfois à la limite du supportable pour Sarah, spécialement quand un aristocrate déchu - M. Maranov (Vincent Price) - est invité à dîner : Libby est épouvantable. Mais Maranov est philosophe. C'est un homme qui dérive : « J'ai passé ma vie à visiter des amis », déclare-il à Sarah, après ce fiasco vespéral.

Une autre femme gravite autour d'elles. C'est Tisha Doughty (Ann Sothern), qui les fréquente depuis plus de cinquante ans.

Et puis il y a les baleines. Tous les ans, en août, elles reviennent près des côtes du Maine, et Libby et Sarah vont sur la pointe les observer. Sauf que depuis la guerre, elles ne viennent plus. « Quelle guerre ? » demande l'une. « Celle contre les Allemands » répond l'autre. C'est, avec une référence à Truman (président de 1945 à 1952), une des rares références temporelles du film. Il y a bien les souvenirs de Maranov d'avant la Révolution de 1917, mais si les photos passent avec le temps, les souvenirs aussi. Et on a du mal à situer le temps du film. Il faut dire aussi que tout est vieux : les personnages, mais la maison dans laquelle vivent les deux sœurs. Rien n'a changé en plus de cinquante ans. Et quand Sarah souhaite changer une fenêtre, Libby n'est pas d'accord : elles sont trop vieilles maintenant.

Il y a aussi les absents qui hantent ce film : leurs maris, décédés plus ou moins tôt, et dont elles se souviennent en relisant leurs lettres (Sarah) ou en parlant leurs objets (Libby). Et puis leur mère, en photo, à qui Sarah dit bonjour tous les matins. Non seulement c'est la mère de Sarah est Libby, mais en plus, il s'agit réellement de la mère de Lillian Gish, prise en photo avec elle bébé.

Lindsay Anderson filme avec beaucoup de délicatesse le quotidien de ces deux femmes, par petites tranches de vie : Sarah qui s'agite pendant que Libby arrive telle une star. Mais à sa décharge, Libby est aveugle. Et c'est d'ailleurs une idée formidable que d'avoir fait jouer ce rôle à Bette Davis. Elle qui avait des yeux si grands et si profonds, voilà qu'elle ne peut plus utiliser. Alors touche. Elle voit avec ses mains : les fleurs du jardin, les objets de son passé. Et malgré tout, Sarah, elle, voit. Elle peint un paysage. Il a un aspect impressionniste. Serait-ce dû à la vision de Sarah qui s'est altérée avec l'âge ?

Dans ce film très nostalgique, rien ne change. Ou presque. Seuls les protagonistes évoluent : ils vieillissent. Mais ils vieillissent avec beaucoup de grâce. Et on est même surpris de retrouver le même sourire de Lillian Gish, près de soixante-dix ans après ses rôles de jeune première. Et quand elle descend l'escalier, vêtue d'une nouvelle robe, avant le dîner avec Maronov, c'est le retour de la jeune fille qui est invitée à une prom (bal de fin d'année). Dire qu'elle avait quinze ans de plus que Bette Davis, et qu'on dirait presque qu'elle est plus jeune... (Je sais, je ne suis pas objectif, mais que voulez-vous, j'aime Lillian Gish !)

Quant à Bette Davis, elle a toujours cet aspect ronchon qui rappelle Baby Jane, mais face à Lillian Gish, il n'est pas possible d'être désagréable. Alors elle s'adoucit et retourne avec elle revoir les baleines : « on ne sait jamais... » répète-t-elle.


Alors pour savoir si les baleines sont enfin revenues, (re)voyez ce merveilleux film.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Sjöström, #Lillian Gish, #Muet, #Drame

Huit ans après A travers l’Orage, Lillian Gish est à nouveau la proie des éléments.

Mais cette fois-ci, c’est du sur mesure : elle a choisi le scénario, le metteur en scène et son partenaire.

Comme dans la Lettre écarlate sorti deux ans auparavant, Victor Sjöström est aux commandes, et Lars Hanson son partenaire. Pour jouer le méchant, on a fait appel à Montagu Love, un habitué du genre.

Letty (Lillian Gish) débarque au Pays des Vents, chez son cousin. Celui-ci est marié, a trois enfants et une femme très jalouse. Comme Letty prend de plus en plus de place dans cette famille, elle la force à s’installer ailleurs.

Ca tombe bien, elle a rencontré un homme charmant dans le train : Whit Roddy (Montagu Love).

Sauf que ce monsieur est tellement charmant qu’il a déjà une femme. Alors en avoir une deuxième ne l’emballe guère. Il veut bien – à la rigueur – une maîtresse, mais on est au début du vingtième siècle, tout de même !

Alors elle se rabat sur les indigènes : Lige (Lars Hanson), un paysan du crû, amoureux d’elle (qui ne le serait pas ?).

Mais le mariage est bâti sur du sable (celui que le vent fait voler), alors, évidemment, il n’y a pas de quoi être heureux.

Surtout que Roddy revient…

Lillian Gish a trente-cinq ans quand sort le film. Mais qu’importe, c’est toujours une (très) jeune première. Elle est absolument éblouissante dans ce film fait pour elle. Elle expose son talent dans les grandes largeurs. Jamais elle n’a été aussi fabuleuse. Et je ne dis pas ça parce que je suis amoureux d’elle !

Et c’est le vent qui lui offre l’un de ses plus beaux rôles, sinon le plus beau. Parce que son véritable partenaire n’est pas Lars Hanson. C’est ce vent omniprésent et lancinant qui partage la vedette.

Sans cesse, Sjöström y fait référence et insère des plans de coupe où il se déchaîne. L’allégorie indienne du cheval sauvage est finement trouvée. Il y a dans ce vent une fougue et une force irrésistible. On en arrive presque à l'entendre. [Ne pas oublier de couper la bande-son, elle n'apporte rien]

Et comme le dit Lige au tout début : il rend fou, surtout les femmes.

Parce que nous sommes à une époque où les femmes sont avant tout des ménagères. Alors Letty reste chez elle, à voir et entendre le vent souffler. Même toutes portes closes, le vent fait bouger les objets en équilibre. Alors quand le vent du nord – le plus terrible – se lève, la folie qui guettait Letty, s’empare d’elle. Le visage de Lillian Gish devenant terrifiant de justesse dans cet état anormal. Avec en plus les mouvements de caméras accentuant le dérangement de son esprit.

Et comme si ça ne suffisait pas, c’est à ce moment que Roddy revient la harceler.

Mais – et c’est là que Sjöström est véritablement un maître – la confrontation entre ces deux êtres que tout oppose n’est pas formellement avérée : en effet, en proie à ce vent affolant, Letty a-t-elle vraiment vécu cette confrontation ? S’est-il réellement passé quelque chose entre Roddy et elle ? Aurait-elle pu imaginer tout ça ?

Sjöström choisit de ne pas répondre directement. C’est Lige qui a la bonne réponse : le vent enfouit tout.

Nous avons vu ce qui a pu se passer. A nous de nous faire notre opinion.

La mienne est faite…

A vous de faire la vôtre.

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Arthur Hopkins, #Lillian Gish, #Comédie

Il s’agit d’un film basé sur le quiproquo. Un homme qui est pris pour un autre meurt. Cet autre assiste impuissant à la supercherie.

Priam Farrel (Roland Young) est cet homme dépassé par les événements. Il assiste à ses propres obsèques, et bien entendu, y pleure.

Il a beau faire des pieds et des mains, personne ne le croit. Il n’est que le valet du défunt.

Heureusement, avec lui il y a Alice Chalice (Lillian Gish, toujours merveilleuse), femme seule qui l’accepte tel qu’il est et refuse qu’il trouve un nouvel engagement chez un nouveau maître (ce dont Priam Farrel serait bien incapable !).

Il est clair qu’on s’amuse de ce quiproquo. On voit la machine implacable qui se met en marche et élimine d’un trait la vie d’un homme. Ce qui pourrait être tragique – combien de fois avons-nous entendu de ces histoires où quelqu’un doit prouver qu’il est en vie – devient une comédie habile, servie par deux personnages complémentaires : d’un côté un artiste incapable de faire autre chose que peindre, de l’autre une femme qui a la tête sur les épaules et lui permet de s’adonner à son œuvre. Peu importe qui il est. L’important, c’est d’être bien ensemble.

Mais bien entendu, la société ne peut laisser cet homme tranquille. Les gens ont besoin de certitude, et notre homme, après avoir été déclaré mort, doit à son tour, prouver qu’il est vivant, afin qu’on le laisse tranquille.

Ce n’est bien sûr pas un chef d’œuvre, mais un film bien sympathique qui se laisse regarder avec d’autant plus de plaisir que nous avons affaire à Lillian Gish et Roland Young, deux acteurs attachants. Avec une mention spéciale pour Montagu Love, ridicule à souhait.

Voir les commentaires

<< < 1 2

Articles récents

Hébergé par Overblog