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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

mary pickford

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Western, #Marshall Neilan, #Frances Marion, #Alfred E. Green, #Mary Pickford
L'Enfant de la forêt (M'Liss - Marshall Neilan, 1918)

Red Gulch (Californie) est une petite bourgade typique de l’Ouest américain. On y trouve et les derniers avancements de la civilisation : le pasteur Bean (John Burton), le juge McSnagley (Tully Marshall) et l’instituteur Charles Gray (Thomas « Crichton » Meighan).

Mais on y trouve aussi quelques personnalités pittoresques comme Yuba Bill (Charles Ogle) et surtout John Benson « Bummer » Smith (Theodore Roberts).

Eton y trouve surtout « l’enfer sur deux pattes », la jeune Melissa « M’Liss » Smith (Mary Pickford) qui donne son nom au titre original.

M’Liss est une jeune fille espiègle et rêveuse, un tantinet aventurière, et pas très éduquée mais elle doit surtout surveiller son père : « Bummer » Smith est un alcoolique notoire et elle doit assurer son éducation !

 

Réunion au sommet ! Outre Mary Pickford, on retrouve un scénario de Frances Marion – du sur mesure donc pour Pickford – et la présence aux côtés de Marshall Neilan d’Alfred E. Green. On a eu pire !

Et comme autour de Mary Pickford, on reconnaît quelques transfuges de chez Cecil B. DeMille, on est assuré de passer un bon moment. Le seul (faux) problème, c’est que nous sommes dans un western, genre peu utilisé par la belle Mary. Mais que voulez-vous, quand on a du talent, on peut n’importe qui, n’importe quand et même n’importe quoi. Rassurez-vous, ce n’est pas du n’importe quoi qui nous est proposé ici et Mary Pickford encore une fois déroule devant nous son immense talent.

 

En plus des codes du western, Neilan réussit ici une très belle comédie un tantinet gâchée par une technique cinématographique (1) qui n’est pas au meilleur niveau. Mais qu’importe, les différents protagonistes sont impeccables et on passe une heure 13 minutes (presque) en bonne compagnie et surtout on s’amuse beaucoup de cette histoire qui, même si elle présente de nombreux aspects de la comédie, traite de sujets graves dont le lynchage.

Certes ce thème n’est pas abordé aussi gravement que le fera William Wellman dans The Ox-bow Incident (1943), mais le résultat final sera malgré tout le même : deux hommes profiteront de cette « justice » expéditive. Et dire qu’ils n’étaient pas innocents de ce qu’on leur reprochait ne diminue en rien l’abjection d’un tel procédé.

 

Mais heureusement, la comédie l’emporte sur la tragédie et même les différents intertitres rendent compte de cet état d’esprit comique : les différentes prononciations vernaculaires sont reprises avec bonheur et gourmandise, ajoutant encore plus de sourires sur les lèvres des spectateurs. Les différentes interventions du juge vont toutes dans ce sens, à chaque fois qu’il fait référence à la Loi (les « statuts »).

Bref, tout cela n’est pas très sérieux et on passe un très bon moment dans cet Ouest (encore un peu) sauvage et pittoresque.

Et même si nous sommes dans un véritable western, on ne pourra pas m’empêcher de penser qu’il s’agit avant tout d’un conte de fées : mais cette fois-ci, c’est la « princesse charmante » qui délivrera le prince de son (triste) sort.

 

  1. Il s’agit de l’un des derniers films du chef-opérateur Walter Stradling qui décédera quelques semaines après la sortie du film d’une pneumonie. Il avait 43 ans.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Sam Taylor, #Mary Pickford
La petite Vendeuse (My best Girl - Sam Taylor, 1927)

Maggie Johnson (Mary Pickford) travaille au grand magasin Merril, où tout est à 5 ou 10 cents. Un jour arrive un jeune homme – Joe Grant (Charles « Buddy » Rogers) – qui va apprendre le métier auprès d’elle. C’est un grand empoté que Maggie va former, tellement bien qu’il deviendra son chef (1). Mais tout cela n’empêche pas les sentiments : ils tombent amoureux.

Sauf que Joe Grant s’appelle en réalité Merrill, qu’il est le fils du grand patron (Hobart Bosworth) et qu’il est fiancé à Millicent Rogers (Avonne Taylor) et doit bientôt se marier avec cette dernière.

Il faudra bien qu’à un moment Maggie l’apprenne.

Elle va l’apprendre, le jour même où sa sœur Liz (Carmelita Geraghty) est arrêtée – la son « fiancé » n’est pas un type spécialement recommandable – et présentée devant le juge (Mack Swain).

 

Ce film est une référence : il s’agit du dernier muet de l’immense Mary Pickford. Elle fait ses adieux – elle ne le sait pas encore quand elle tourne – à cette magnifique période du cinéma qui a vu presque tout se monter, s’expérimenter, se créer. Et elle en fut l’une des plus grandes actrices (2) et ce dernier rôle en est une sorte d’apothéose, montrant, une nouvelle fois, son talent immense.

C’est un dernier festival d’humour, combinant le burlesque avec les situations plus sophistiquées qui se sont développées ces dernières années-là, dirigé par un habitué du genre : Sam Taylor qui a fait ses classes auprès d’Harold Lloyd (là encore, excusez du peu).

Bien sûr, c’est du sur mesure pour Mary Pickford, qui a imposé son cameraman, l’inamovible Charles Rosher, mais on retrouve par petite touche la marque du burlesque un tantinet lloydien, dans cette histoire familiale où les transports ont leur importance. Et on retrouve dans cette situation le cadre un peu habituel des films de Mary Pickford : la jeune femme forte qui assume avec courage toutes les situations dures de la vie. Mais cette fois, elle n’est plus une enfant (3)

 

Mary Pickford est donc formidable, dans ce rôle tragicomique de soutien de cette famille bien singulière : entre un père (Lucien Littlefield) faible facteur, une mère (Sunshine Hart) oisive qui passe ses journées aux enterrements des autres et cette sœur un tantinet scandaleuse, véritable « it » girl, la vie n’est pas simple. En effet, Liz n’est pas sans rappeler Clara Bow dans le film du même nom (qui est sorti en février de cette même année) : l’allure, la coiffure et la peluche vont dans ce sens. Tout comme l’intrigue qui se situe dans un grand magasin. Mais alors que chez Clarence Badger, la jeune femme est amoureuse du patron, ici, c’est le fils le plus intéressant. Et n’oublions pas que ‘est Sam Taylor qui dirige les opérations : l’aspect dramatique a plutôt tendance à s’effacer devant les éléments comiques.

 

Mais cela n’empêche pas Mary Pickford de jouer sur les deux tableaux dans cette comédie au final plutôt sophistiquée : on y retrouve tout son talent et en particulier un monologue (4) final de très haute volée : une extraordinaire déclaration d’amour d’une jeune femme qui s’efface devant les convenances et la promise de rang élevé de celui qu’elle aime. Connaissant sa vraie place face à ce jeune homme de (très) bonne famille, elle essaie (en vain, sinon nous n’aurions pas de fin heureuse) de se faire passer pour ce qu’elle n’est pas : une jeune femme moderne, véritable jazz age girl, qui se maquille (mal) fume (maladroitement) et danse (encore plus mal). Et si elle ne boit pas, c’est seulement parce que le Volstead Act (1919-1933) est de mise !

 

Bref, le film une de ces dernières pépites d’un art alors à son apogée, avec l’une des plus grandes actrices de tous les temps (n’ayons pas peur des mots !), qui se savoure avec gourmandise. On en redemande !

Et je terminerai en disant que ce film est une référence à un autre point de vue pour Mary Pickford : non seulement c’est son dernier muet, mais elle fait la rencontre ici de celui avec qui elle va finir ses jours. En effet, elle épousera Charles Buddy Rogers dix ans plus tard et ce mariage – étonnamment ou non – durera jusqu’à la mort de l’actrice, quarante-deux ans plus tard…

 

PS : Outre la présence de Mack « Big Jim » Swain, on notera celles de Nigel de Brulier (notable), John George (un peu moins) et Carole Lombard (anecdotique).

  1. On peut avoir ici une très bonne idée des conditions de travail pour les femmes à l’époque, et des disproportions de traitement avec les hommes.
  2. Ma préférée reste Lilian Gish.
  3. Mary a 35 ans quand le film sort.
  4. Ce n’est pas parce qu’on n’entend pas sa voix qu’elle ne parle pas.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Paul Powell, #Mary Pickford
Pollyanna (Paul Powell, 1920)

La vie n’est pas facile pour Pollyanna (Mary Pickford).

Après avoir perdu sa mère, c’est son père (Wharton James) qui est terrassé par une maladie. Seule, elle est recueillie par sa dernière famille, sa tante Polly (Katherine Griffith), une vieille fille un tantinet acariâtre.

Mais même ici, ce n’est pas la grande joie, et pourtant, Pollyanna est un véritable rayon de soleil pour ceux qui l’entourent : seule la vieille tante n’est pas vraiment convaincue par la bonne humeur de la jeune fille.

Et puis vient le drame : alors qu’elle sauve une petite fille d’une voiture un peu trop rapide, Pollyanna est renversée : ses jambes ne répondent plus…

 

A l’origine, c’est un roman d’Eleanor H. Porter, et une pièce de Catherine Chisolm Cushing. Mais Pollyanna, c’est avant tout Mary Pickford, encore une fois une toute jeune fille pleine de malice et d’espièglerie, mais surtout une personne qui irradie ceux qu’elle côtoie – sauf la vieille tante, cela va de soi – et amène le sourire jusqu’aux lèvres des spectateurs.

Son maître-mot, c’est « glad » (contente) : même dans les moments les plus difficiles, elle est toujours contente d’une autre chose qui va consoler à défaut de compenser.

A ses côtés, on trouve le jeune Jimmy Bean (Howard Ralston), orphelin lui aussi, et bien un peu amoureux de Pollyanna, véritable complice et ami de la jeune fille.

 

Evidemment, Mary Pickford est da  ns son élément, dans cette adaptation de la grande Frances Marion, même si on ne peut s’empêcher de penser qu’elle a quinze ans de plus que son personnage (1). Et si elle a la teille d’une enfant, elle n’en a pas moins un visage de femme, un petit peu trop grand pour une fille de 12 ans. Mais encore une fois, son enthousiasme balaie cet inconvénient et on s’amuse de c e mode de vie optimiste et surtout des différentes saillies que profère la jeune fille, toujours « contente » quoi qu’il arrive.

Et bien sûr, la tante acariâtre va se révéler aimante – qui aurait pu en douter ? – et l’intrigue se terminer en apothéose de bonheur.

 

Et puis derrière la caméra, outre Paul Powell qui signe ce petit film, on retrouve le grand Charles Rosher qui sait filmer Mary Pickford, depuis le temps qu’il la voit tourner devant lui. Les gros plans qui la présentent ont toujours la même beauté que ce soit ici ou deux ans plus tôt – lors de leur première collaboration – dans The Little Princess.

Mary Pickford est superbe, et Rosher sait cadrer les détails important de son beau visage : son sourire, bien sûr, mais aussi une larme de découragement…

 

Alors même si l’intrigue est convenue, que le film reste très académique, on se laisse emporter par la belle Mary et surtout par l’enthousiasme de son personnage, rayon de soleil dans ces vies marquées par le malheur : l’arc-en-ciel dans le paysage pluvieux qui l’accueille à la descente du train.

 

(1) Mary Pickford a 27 ans pendant le tournage.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Guerre, #William Desmond Taylor, #Mary Pickford
La petite Vivandière (Johanna enlists - William Desmond Taylor, 1918)

Nous sommes en 1918 : quand sort le film (15 septembre) mais aussi quand il fut tourné. De plus, en tête d’affiche on retrouve la pétulante Mary Pickford, alors vous vous dites que si le titre original est Johanna enlists (1), et que Johanna est interprétée par la « petite fiancée de l’Amérique », nous allons avoir droit à un film de propagande.

Et si en pus vous savez qu’au générique on trouve aussi Wallace Beery, vous allez tout de suite penser qu’on va avoir droit à une resucée de The little American qui sortit (presque) un an plus tôt. Ce en quoi vous auriez tort.

Mais en fait, au lieu de dire vous, je ferai mieux d’écrire « je » parce que ce sont les réflexions que je me suis faites en découvrant cette réalisation de William Desmond Taylor dans mon fatras de films.

 

Certes, il y est question d’armée et de jeune fille pure, mais nous sommes bien loin de l’intrigue de Jeanie McPherson, même si les références au conflit européen ne manquent pas.

Johanna vit à la ferme avec ses parents (Anne Shaefer & Fred Huntley), son petit frère (Wesley Barry) et ses deux petites sœurs (Jean & June Prentis). C’est une vie bien monotone et pénible pour elle qui ne rêve que d’une chose : le grand amour.

Elle prie alors le ciel de lui envoyer un fiancé (2). Et non seulement le ciel l’entend, mais il ne lui envoie pas qu’un seul : c’est un régiment en manœuvre qui s’arrête sur les terre des Rensaller et va s’y installer quelques temps.

Bien sûr, une belle jeune fille au milieu de tous ces hommes va amener la convoitise, et bien sûr des conflits. Le plus important concernera le lieutenant Leroy (Emory Johnson) et le soldat Vibbard (Monte Blue), qui ira jusqu’en cour martiale.

 

Nous sommes ici – comme toujours avec Mary Pickford – dans un cadre de comédie, même si on sent tout de même une certaine retenue, l’enjeu final étant tout de même important : rendre hommage à tous ces jeunes hommes qui sont sur le front. Et les soldats qui composent cette troupe de cinéma étaient de véritables militaires – mis à part les quelques acteurs aux rôles déterminants – qui étaient sur le front quand le film est sorti (3).

Et bien sûr, le film est construit autour de Mary Pickford, lui permettant de démontrer (encore une fois) toute l’étendue de son talent comique sous l’œil bienveillant de William Desmond Taylor.

Encore une fois, l’enjeu véritable (voir plus haut) empêche une comédie plus débridée, mais

On ne peut que louer la capacité de Pickford d’arriver à faire (sou)rire même dans les situations plus tragiques (4) ou tout du moins plus sérieuses.

 

Et au final, nous avons une nouvelle pépite pickfordienne, dont on ressort le sourire aux lèvres, ce qui ne se boude pas.

Et bien qu’on n’échappe pas au (court) discours engagé, comme c’est la belle Mary qui le prononce, on lui passe tout…

 

PS : Wallace Beery n’a ici qu’un rôle accessoire et peu influent sur l’intrigue : il annonce que le régiment va s’arrêter, puis va rester plus longtemps et enfin qu’il va repartir. Nous sommes bien loin de cet officier prussien ignoble qu’on avait trouvé chez Cecil B. DeMille.

 

  1. « Johanna s’engage ». Précisons qu’il s’agit d’un engagement plutôt moral.
  2. Elle demande un « beau » terme français qui signifie soupirant, prétendant ou encore fiancé.
  3. Les derniers intertitres précisent même qu’il s’agissait de la 143d Field Artillery dont Mary Pickford était la marraine de guerre.
  4. Il n’y a pas de quoi pleurer non plus.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #John Emerson, #Mary Pickford
Miss Bengali (Less than the Dust - John Emerson, 1916)

Radha (Mary Pickford) est une jeune Indienne dont le père Ramlan (Mario Majeroni) fabrique des armes et en outre est un des leaders de la rébellion contre la présence anglaise.

C’est une jeune fille pleine de ressources (1) n’hésitant d’ailleurs pas à voler pour arriver à ses fins et obtenir ce qu’elle veut.

Un jour, elle rencontre le capitaine Townsend (David Powell), qui dirige la garnison de la ville. Rapidement, ils tombent amoureux, mais les projets de Ramlan vont compromettre leur amour.

 

Encore une fois, c’est un rôle sur mesure pour Mary Pickford : une femme-enfant débrouillarde et espiègle dans une comédie sympathique aux couleurs exotiques.

En effet, ce film se place dans la mouvance de ces films se déroulant bien loin des studios où ils furent tournés. Les années 1910 ont vu la création de nombreux films exotiques et pas seulement aux Etats-Unis (cf. Die Spinnen de Fritz Lang).

Ici, c’est une Inde à turbans où la présence anglaise est donc contestée. Et où malgré le ton de la comédie, nous avons droit à un soulèvement meurtrier.

 

Bien sûr, c’est Mary Pickford qui fait tout le sel du film, jeune fille indépendante et surtout trop blonde pour être véritablement indienne (2).

On s’amuse de ses manières commerciales qui tournent toujours à son avantage, même si les moyens utilisés sont franchement illégaux. Mais le spectateur lui pardonne, comme d’habitude.


Par contre, on sent Emerson moyennement à l’aise dans cette comédie, n’arrivant pas (encore) à trouver le ton juste par rapport aux (grandes) possibilités du jeu de Pickford. De plus, le pan sérieux – la rébellion – atténue cet aspect comique.

Et ce n’est qu’à la fin que la comédie s’envole, quand Radha arrive en Angleterre chez son grand-père. Ses pratiques indiennes vont compliquer sa vie « occidentalisée » : repas avec « vache sacrée » ; abat-jour pris pour un chapeau ; salutations…

 

Toutefois, cette vision américaine de l’Inde n’échappe pas à certains stéréotypes voire quelques moments de malaise : le tailleur à qui Radha vole du tissu sera fustigé par cette même Radha auprès des autres Indiens en tant que « mahométan ». Non seulement le tailleur est lésé mais en plus il va passer un sale quart d’heure auprès des Hindous pour lesquels a provoqué (enfin pas vraiment) un sacrilège : Radha s’est baignée dans le bassin sacré en gardant ses chaussures !

 

Miss Bengali reste toutefois un film mineur dans la filmographie de Mary Pickford : elle ne tournera pas de nouveau avec Emerson, alors que dans le même temps, Douglas Fairbanks – celui qui fut l’un des amours de sa vie – va collaborer à plusieurs reprises avec lui.

Et l’année suivante (1917 donc), elle rencontrera Marshall Neilan qui saura la faire tourner dans des comédies beaucoup plus enlevées, pour notre plus grand plaisir (3).

 

  1. Comme d’habitude avec Mary Pickford…
  2. Elle ne l’est pas, comme le révèle un (faux) rebondissement du scénario.
  3. Le mien, en tout cas !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Marshall Neilan, #Mary Pickford
Chacun sa Vie (Amarilly of Clothes-Line Alley - Marshall Neilan, 1918)

Amarilly (Mary Pickford) vit dans Clothes-Line Alley (1).

Où est-ce ? Dans n’importe quelle plus ou moins grande ville qui a un quartier pauvre où le linge sèche au fil entre les deux immeubles qui bordent l’allée.

Amarilly fait le ménage dans un théâtre pendant que sa mère (Kate Price) est lavandière dans ce même quartier.

Pendant ce temps, en haut de l’échelle sociale, le jeune et riche Gordon Philips (Norman Kerry) s’adonne aux fêtes nocturnes arrosées accompagné de sa clique de riches héritiers qui vont même jusqu’à s’encanailler dans les bas-quartiers…

A un moment, ils vont évidemment se rencontrer.

 

L’année 1918 est une année faste pour Marshall Neilan et Mary Pickford. Ce sont quatre des six films qui les réunissent qui émaillent cette année.

On y retrouve un rôle sur mesure pour la belle Mary : une jeune fille de basse extraction pleine de ressources qui se retrouve confrontée à une caste qu’elle ne comprend pas et ne supporte pas plus.

Malheureusement, le scénario – pourtant de la grande Frances Marion - n’est pas à la hauteur des films précédents du duo. Il est un tantinet convenu (mais ça, c’est un peu normal), et surtout on se demande vraiment à quoi sert la séquence qui voit Terry McGowen (William Scott), le fiancé d’Amarilly, se prendre une balle perdue dans le dos : cela n’entrave pas la fin heureuse promise, et le sort du tireur involontaire (Tom Wilson) n’est pas évoqué.

 

Par contre, l’aspect le plus remarquable du film vient du montage. En effet, Neilan use du montage parallèle à différentes occasions pour marquer la différence entre les deux niveaux sociaux concernés.

Alors que Terry et Amarilly vont danser – en tout bien tout honneur – Gordon et sa clique s’enivrent ; le repas chez la tante Philips (Ida Waterman) et celui chez Amarilly…

 

Et si le scénario est un peu faible, la critique de la haute société est tout de même bien rendue. Les intertitres jouent avec les mots et l’humour avec bonheur, accentuant l’issue inévitable : le rejet de cette société convenue et figée à des années-lumière de chez Amarilly.

En outre, Ida Waterman est une riche bien-pensante imbuvable comme on aime les détester.

Et si Norman Kerry, qui est un tout nouveau jeune premier, sort un temps son épingle du jeu avec son personnage amoureux d’Amarilly (3), c’est pour mieux retomber dans l’attitude condescendante de ses pairs envers la jeune femme et sa famille, avec en point d’orgue la réception de cette famille chez les riches : ces derniers n’ayant en tête qu’une idée, celle de les humilier.

 

Bref, un film mineur, mais qui vaut tout de même le coup d’œil, pour Mary Pickford, bien sûr, mais aussi pour la famille d’Amarilly, et en particulier la grande Kate Price qui n’a pas toujours été une mégère infâme (cf. Daddy-Long-Legs, l’année suivante, avec le même duo déjà évoqué au début).

 

  1. C’est ce que dit le titre original.
  2. Celui-ci est le second.
  3. Qui ne le serait pas ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Mary Pickford, #Jack Pickford, #Alfred E. Green
Par l'Entrée de service (Through the back Door - Alfred E. Green & Jack Pickford - 1921)

Comme l’indique un intertitre, Louise Bodamere (Gertrude Astor) est une femme riche et moderne : si elle élève un (petit) peu sa fille Jeanne (Jeanne Carpenter puis Mary Pickford), elle ne compte pas rester célibataire toute sa vie.

Alors quand Elton Reeves (Wilfred Lucas) lui propose le mariage, elle n’hésite pas longtemps.

Malheureusement pour elle, Elton est jaloux de sa fille et ne veut pas d’elle.

Résignée, Louise confie sa fille à sa nurse (belge), Marie Gaston (Helen Raymond) qui va s’en occuper.

Cinq ans plus tard, Louise revient chercher Jeanne. Marie, qui veut la garder, lui annonce que Jeanne s’est noyée.

Mais la guerre éclate et Marie envoie Jeanne à sa mère pour la protéger du conflit.

Mais Jeanne n’arrive pas à se faire reconnaître.

 

Cette intrigue un tantinet complexe – veuillez m’excuser d’avoir été si long – traite essentiellement de l’amour maternel. Et on y trouve deux niveaux de cet amour : celui qui liait Louise et Jeanne, et celui qui va lier Jeanne et deux enfants belges abandonnés après la mort de leur mère.

Mais ce film est avant tout une comédie (dramatique, certes) et encore une fois, Mary Pickford nous ravit dans ce rôle sur mesure écrit par Gerald C. Duffy et Marion Fairfax. Encore une fois, elle est une petite puis une jeune fille, bien que certains éléments nous montrent qu’elle n’est pas si petite que çà : je pense à la table qui trahit cette petitesse relative.

 

Et malgré le départ un peu scandaleux – abandonner son enfant – Alfred E. Green – encore lui – et Jack Pickford (le frère de) réussissent à nous amuser : par les facéties et autres péripéties qui jonchent la vie de Jeanne, mais aussi (et surtout ?) par des intertitres à l’ironie mordante. En effet, ces cartons ne se cantonnent pas à nous décrire la situation ou rapporter quelques éléments de dialogue, ils se permettent des commentaires plus ou moins impertinents qui vont faire plus que sourire les spectateurs.

On trouve dans cet humour qui n’est pas seulement visuel des prémices de ce qui deviendra dans la décennie suivante la screwball comedy : cette comédie un tantinet absurde basée la plupart du temps sur un comique de mots plutôt que visuel.

 

Et puis il y a Mary Pickford.

Encore une fois, elle est merveilleuse, alliant avec brio ses compétences comiques et émouvantes, elle campe une Jeanne irrésistible. De plus, la superbe photographie de son vieux complice Charles Rosher lui ajoute un côté magique, faisant briller ses yeux, surtout pendant les moments tristes.

Mary nous montre ainsi qu’elle peut jouer avec une grande sensibilité, comme on peut le voir dans les différentes confrontations entre Jeanne et sa mère.

 

Il faut dire, et ce sera ma dernière intervention à propos de l’intrigue, que Louise, croyant sa fille morte, ne la reconnaît pas et cela oblige Jeanne à se retrouver servante chez les Reeves : voilà l’explication de cette « entrée de service » annoncée par le titre.

Ce statut inférieur va aussi amener quelques éléments inattendus dans une telle comédie : une tension qui monte, retardant régulièrement la reconnaissance par Louise de cette fille qu’elle croit morte.

En effet, quand au bout de cinq ans, Louise vient rechercher Jeanne que Marie a envoyée chez des voisins, un élément supplémentaire éloigne la jeune enfant qui était à deux doigts de rencontrer sa mère.

Après ce sera la lettre…

 

Bien sûr, puisque nous sommes dans une comédie, la mère et la fille se retrouveront et nous assisterons à une fin heureuse. Mais c’est justement les différents obstacles que met le destin (avec les scénaristes) à les empêcher de se retrouver qui fait tout le sel de cette intrigue, amenant un suspense croissant (1), entretenu par le jeu tout en nuances de Mary Pickford.

A plusieurs reprises, le cadrage se resserre sur son visage, amenant d’une certaine façon une ellipse : pas besoin de revenir sur un plan d’ensemble, le visage a tout dit.

 

Au final, nous avons une comédie bien ficelée, avec une Mary Pickford au mieux de sa forme, même si on peut regretter qu’elle soit encore dans un rôle d’enfant. Mais son charme et son jeu font rapidement oublier cet élément, et on plonge sans hésiter dans cette comédie aux éléments un petit peu scandaleux (on n’abandonne pas son enfant !).

 

PS : Le personnage de Jeanne, interprété par Mary Pickford va donner quelques idées à Astrid Lidgren quand elle écrira les aventures de Fifi Brindacier (en VO Pippi Långstrump, littéralement «  Pippi Longues-chaussettes »), et notamment la séquence de nettoyage du sol des voisins qu’elle a sali avec ses pieds boueux.

 

PPS : à noter la présence – dans un rôle négatif – du grand Adolphe Menjou

 

(1) Et ce malgré la fin heureuse attendue !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #John Francis Dillon, #Mary Pickford, #Albert Austin
Rêve et Réalité (Suds - John Francis Dillon, 1920)

Londres dans la blanchisserie de Madame Didier (Rose Dione).

Amanda est une fille à tout faire dans cet établissement : laver le linge et le sol, livrer le linge, le ranger. Bref, elle est un tantinet exploitée par sa patronne française (1), pour la plus grande joie des lavandières.

Malgré cette dure vie, elle rêve de son prince charmant : Horace Greensmith (Albert Austin), qui amena un jour une chemise rayée et revient la chercher au bout de 8 mois et demi.

Devant les moqueries de ses collègues, Amanda imagine et leur raconte un passé aristocratique avec histoire d’amour contrarié.

 

Dès les premiers intertitres, le ton est donné : nous sommes dans une comédie. Nous allons donc suivre l’histoire d’une chemise (rayée), d’un cheval (âgé) et d’une jeune fille (rêveuse). Bien sûr, le scénario est du sur mesure pour Mary Pickford, mais encore une fois, elle nous montre l’étendue de son talent, avec un personnage un peu plus âgé que d’habitude : ce n’est pas une petite fille.

Et la (bonne) surprise, c’est aussi la présence d’Albert Austin – transfuge de chez Chaplin – dans un rôle sans attribut capillaire et presque de jeune premier.

 

Mais revenons sur le titre (2).

« Suds » en VO, signifie « mousse » ce qui se conçoit aisément au vu du lieu principal où se déroule le film, et cette mousse est aussi source de gags : quand Amanda verse de la poudre dans une lessive sans regarder ; ou l’incontournable lavandière qui tombe dans son baquet.

La dichotomie du titre français ne s’explique que par la rupture dans la narration introduite par le passé que crée Amanda à la chemise d’Horace Greensmith. C’est une histoire rebattue d’amour malheureux montrant des personnages sortis tout droit d’une quelconque opérette avec bonnets à poils de rigueur. Albert Austin est alors le jeune premier amoureux de la « duchesse » Amanda dont le père archiduc (Darwin Karr) refuse l’idylle. Mais je vous laisse découvrir comment la chemise entre dans l’histoire.

 

Mary Pickford est en pleine forme et le fait qu’elle ne soit pas une petite fille rend son rôle plus intéressant. Nous lui connaissons trois tenues plutôt différentes : celle de la souillon ; celle de la duchesse et celle de la jeune fille en goguette. Si la duchesse porte une tenue avec bijoux et fanfreluches, on assiste à une belle transformation quand Amanda s’apprête à sortir avec Horace : elle rabat sa robe qu’elle avait relevée pour le travail ménager, montrant un jupon de rayures ; enfile une veste qu’elle attache avec une épingle de nourrice ; arrange ses cheveux et porte un chapeau de paille. En très peu de temps, elle est totalement métamorphosée et ressemble plus à la Mary Pickford publique, qui avait tout de même 28 ans quand le film est sorti…

 

C’est finalement un film très simple que nous propose Jack Dillon (3), mais dont le montage dynamique et la présence de Mary Pickford donne une très bonne impression. Mary Pickford s’amuse et amuse autant qu’elle attendrit, et la présence d’Albert Austin, habitué des comédies, amène le lien avec le slapstick, surtout dans la séquence en costumes. Et puis Charles Rosher est derrière la caméra (pas tout le temps, il partage la place avec L. William O'Connell qui est alors un débutant : ce n’est que son deuxième film) et on a alors droit à de très beaux portraits de Mary en gros plan. Ces gros plans montrent aussi un autre aspect de l’actrice : elle passe la plus grande partie du film la bouche close, sans sourire. Il faut dire que travailler pour la Didier, ce n’est pas une sinécure.

 

Au final un « petit » film mais la présence de Mary Pickford lui donne un petit peu plus de cachet, même s’il n’atteint pas les fabuleux films de William Beaudine avec la star (4).

 

PS : et le cheval me direz-vous ? Il s’appelle « Lavender » (comme la plante dicotylédone aux fleurs violettes qu’on trouve en Provence) et est une ancienne monture de polo recyclée dans la comédie avec bonheur.

  1. « French Hand Laundry » est écrit sur le mur : blanchisserie française. De plus Mme Didier nous gratifie d’un vocabulaire fleuri dans la langue (s’il vous plaît) pour qualifier sa souillon .
  2. Je sais, je fais une fixation. Mais je ne peux pas m’empêcher de constater les décalages voire les perles des traducteurs. Une déformation étudiante, à défaut d’être professionnelle…
  3. De son vrai nom John Francis Dillon (1884-1934), appelé Jack (le diminutif de John) dans les titres de présentation.
  4. Difficile de rivaliser en effet…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Sidney A. Franklin, #Mary Pickford
Dans les Bas-fonds (The Hoodlum - Sidney A. Franklin, 1919)

Amy Burke (Mary Pickford) est une jeune adolescente turbulente et capricieuse, c’est la digne petite-fille d’Alexander Guthrie (Ralph Lewis), un homme d’affaire très influent.

Alors que ce dernier offre à Amy un voyage en Europe, cette dernière refuse, préférant aller avec son père (Dwight Crittenden) dans un quartier mal famé, pour les besoins d’un livre qu’il veut écrire.

Une fois la désillusion dépassée, et sur recommandation de son père, Amy devient l’une d’entre eux, ces enfants un tantinet voyous, mais qui ont tout de même bon fond.

 

Il s’agit de la première réalisation de Sidney Franklin pour Mary Pickford, sur un scénario de Bernard McConville et mis en image par Charles Rosher. C’est la même équipe qui proposera deux mois plus tard La Fille des monts avec la même Mary Pickford.

Bien entendu, puisque Pickford produit le film, le rôle qui lui est proposé est du sur mesure. Amy est un personnage de fillette forte espiègle mais au grand cœur.

 

Bien entendu, le changement d’univers est rude pour cette jeune fille plutôt couvée et cédée, mais son changement, s’il lui amène de mauvaises manières, lui permet aussi de se rendre compte qu’il n’y a pas que le manoir doré dans lequel elle a grandi. Et en fin de compte, on assiste à une transfiguration – comme dans un conte de fées – mais où cette fois-ci, c’est la princesse qui épouse le roturier.

Le roturier, c’est William Turner (Kenneth Harlan), un homme qui fut accusé à tort par Guthrie pour éviter d’être sali. C’est aussi un homme bien et très séduisant, qui bien sûr ne laisse pas Amy indifférente.

 

Sous les apparences d’une comédie, Franklin brosse un tableau assez terrible des bas-fonds dont il est question dans le titre français. En effet, si Amy s’amuse beaucoup avec les enfants de son âge (ou presque), elle va prendre conscience de la misère dans laquelle ils vivent. C’est par hasard qu’elle voit une petite fille qui sort de chez elle et qui pleure. Quand Amy la raccompagne chez elle, elle n’en croit pas ses yeux : ces gens vivent dans des taudis infects, la vermine grouillant même sur les draps de lit. C’est  ce moment que le film bascule : après avoir joué les petites filles gâtées, elle se transforme en jeune femme concernée par ce qu’elle voit. C’est elle qui va s’adresser à un vieil homme riche (1) pour qu’il aide ces gens. Après un réflexe d’homme riche qui considère qu’il y a des œuvres caritatives pour s’occuper des pauvres (2) et touché par le changement de sa petite-fille, il va se décider à les aider.

 

On trouve donc chez Amy un double rôle qui nous renvoie à la structure d’un conte Tout d’abord celui d’héroïne autour de qui tourne l’histoire et qui va se métamorphoser ; ainsi que celui d’adjuvant qui va aider les autres dans leur vie : soigner les indigents, réhabiliter Graham, et bien sûr faire évoluer l’état d’esprit de son grand-père.

Bref c’est un rôle très complet que Mary Pickford joue avec cette même énergie qu’on lui connaît. Encore une fois, les prises de vue de Charles Rosher sont magnifiques, et les techniques utilisées sont encore une fois très pertinentes : des fondus enchaînés pour exprimer ce que ressent Amy ; une belle surimpression du rêve de son professeur ; une caméra mobile qui suit la montée dans les escaliers de secours ; sans oublier les derniers plans quand Amy et William sont en voiture.

 

Bref, c’est du très bel ouvrage (encore une fois) et  Mary Pickford, magnifique en petite frappe des bas quartiers, a des allures de Chaplin en vagabond.

Il y a les prémices d’un des plus beaux films qu’elle tournera : Les Moineaux, où, encore une fois, ce sera Charles Rosher derrière la caméra. On sent vraiment l’admiration du caméraman pour la star dans les prises de vue en plans rapprochés.

Un film vraiment superbe.

 

 

  1. Il s’agit du grand-père Guthrie qui observe incognito l’évolution de sa petite-fille.
  2. Comme quoi les réflexes des riches n’ont pas beaucoup évolué en 100 ans…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Sidney A. Franklin, #Mary Pickford
La Fille des monts (Heart o' the Hills - Sidney A. Franklin & Sam de Grasse, 1919)

Pendant que Jason (Harold Goodwin) bine le champ de son beau-père Steve Honeycutt (Sam de Grasse), Mavis Hawn (Mary Pickford) s’entraîne à tirer à cheval pour venger la mort de son père, tué dune balle dans le dos.

Honeycutt, en plus de brimer Jason, lorgne les terres riches en charbon de la mère de Mavis (Claire McDowell) pour le compte Sanders et du colonel Pendleton (William Bainbridge).

Un soir, Sanders est tué par les Cavaliers de la Nuit, et Mavis est accusée de meurtre.

 

Voici à nouveau un film sur mesure pour Mary Pickford. Elle y retrouve Sidney Franklin avec qui elle a déjà tourné, ainsi que Sam de Grasse qui en plus de jouer le rôle du méchant, coréalise le film.

C’est un film d’aventure qui se passe dans l’Amérique profonde (le Kentucky), avec dans les hauteurs (les collines du titre original) ceux qu’on appelle les Hillbillies, des gens farouches et mal dégrossis et dans la vallée des personnes un tantinet plus civilisés, dont le maître d’école, véritable lien entre ces deux mondes. On retrouve cette opposition jusque dans les intertitres où les paroles de Mavis sont retranscrites dans un anglais plutôt phonétique et tout de même difficile à suivre.

 

Mary Pickford est tout d’abord une jeune adolescente (1), insouciante et qui s’entend très bien avec Jason, bien entendu. On retrouve donc son personnage de fillette : espiègle et farouche, elle ne rechigne pas à la bagarre quand on se moque d’elle. Dans la dernière partie du film, elle est – enfin – une femme, même si Mavis est tout de même plus jeune qu’elle (2), puisqu’elle a à peu près 20 ans (le 30 ou le 40 mai).

 

L’intrigue de Bernard McConville est riche en péripéties mais parfois un tantinet approximative : le Colonel Pendleton, qui a pourtant récupéré les terres de Mavis, a adopté cette dernière quand elle est descendue dans la vallée pour être enseignée. On peut s’en contenter si on n’oublie pas que les méchants Sanders & Honeycutt ont œuvré dans l’ombre et à son insu.

 

Pendant la séquence amenant la mort de Sanders, on assiste à une scène qui rappelle Birth of a Nation. En effet, devant la malhonnêteté de ce dernier et de son acolyte Honeycutt, les villageois organisent une expédition de Cavaliers de la Nuit : ce sont des gens qui portent une robe et une cagoule blanches. C’est une sorte de Ku-Klux-Klan, aussi déterminé voire violent (3), le racisme en moins. Car si l’habit rappelle l’organisation criminelle, on note des différences dans l’accoutrement et dans l’objectif initial : Sanders est visité pour ce qu’il représente et non pour ce qu’il est. Et si la rencontre se termine aussi violemment, c’est avant tout parce que Honeycutt, dissimulé au coin de la maison, a tiré le premier, amenant la riposte meurtrière des Cavaliers.

 

Quoi qu’il en soit, l’énergie de Mary Pickford et l’association Charles Rosher derrière la caméra, et Franklin à la réalisation (4)  donnent un film très réjouissant, même s’il n’atteint pas le superbe Sparrows.

D’un autre côté, on ne peut pas toujours tout avoir…

 

P.S. : à noter la présence d'un jeune premier en route vers la gloire: John Gilbert dans le rôle de Gray Pendleton, le fils du colonel.

 

 

  1. Elle aura « 13 ans le 30 ou le 40 mai », elle n’en sait trop rien…
  2. Elle a 27 ans quand le film sort.
  3. Trois personnes sont tuées.
  4. C’est le sixième film de Rosher avec la star depuis La petite Américaine, et le second de Franklin avec les deux autres : The Hoodlum qui est sorti deux mois plus tôt.

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