Red Gulch (Californie) est une petite bourgade typique de l’Ouest américain. On y trouve et les derniers avancements de la civilisation : le pasteur Bean (John Burton), le juge McSnagley (Tully Marshall) et l’instituteur Charles Gray (Thomas « Crichton » Meighan).
Mais on y trouve aussi quelques personnalités pittoresques comme Yuba Bill (Charles Ogle) et surtout John Benson « Bummer » Smith (Theodore Roberts).
Eton y trouve surtout « l’enfer sur deux pattes », la jeune Melissa « M’Liss » Smith (Mary Pickford) qui donne son nom au titre original.
M’Liss est une jeune fille espiègle et rêveuse, un tantinet aventurière, et pas très éduquée mais elle doit surtout surveiller son père : « Bummer » Smith est un alcoolique notoire et elle doit assurer son éducation !
Réunion au sommet ! Outre Mary Pickford, on retrouve un scénario de Frances Marion – du sur mesure donc pour Pickford – et la présence aux côtés de Marshall Neilan d’Alfred E. Green. On a eu pire !
Et comme autour de Mary Pickford, on reconnaît quelques transfuges de chez Cecil B. DeMille, on est assuré de passer un bon moment. Le seul (faux) problème, c’est que nous sommes dans un western, genre peu utilisé par la belle Mary. Mais que voulez-vous, quand on a du talent, on peut n’importe qui, n’importe quand et même n’importe quoi. Rassurez-vous, ce n’est pas du n’importe quoi qui nous est proposé ici et Mary Pickford encore une fois déroule devant nous son immense talent.
En plus des codes du western, Neilan réussit ici une très belle comédie un tantinet gâchée par une technique cinématographique (1) qui n’est pas au meilleur niveau. Mais qu’importe, les différents protagonistes sont impeccables et on passe une heure 13 minutes (presque) en bonne compagnie et surtout on s’amuse beaucoup de cette histoire qui, même si elle présente de nombreux aspects de la comédie, traite de sujets graves dont le lynchage.
Certes ce thème n’est pas abordé aussi gravement que le fera William Wellman dans The Ox-bow Incident (1943), mais le résultat final sera malgré tout le même : deux hommes profiteront de cette « justice » expéditive. Et dire qu’ils n’étaient pas innocents de ce qu’on leur reprochait ne diminue en rien l’abjection d’un tel procédé.
Mais heureusement, la comédie l’emporte sur la tragédie et même les différents intertitres rendent compte de cet état d’esprit comique : les différentes prononciations vernaculaires sont reprises avec bonheur et gourmandise, ajoutant encore plus de sourires sur les lèvres des spectateurs. Les différentes interventions du juge vont toutes dans ce sens, à chaque fois qu’il fait référence à la Loi (les « statuts »).
Bref, tout cela n’est pas très sérieux et on passe un très bon moment dans cet Ouest (encore un peu) sauvage et pittoresque.
Et même si nous sommes dans un véritable western, on ne pourra pas m’empêcher de penser qu’il s’agit avant tout d’un conte de fées : mais cette fois-ci, c’est la « princesse charmante » qui délivrera le prince de son (triste) sort.
- Il s’agit de l’un des derniers films du chef-opérateur Walter Stradling qui décédera quelques semaines après la sortie du film d’une pneumonie. Il avait 43 ans.
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