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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

matthieu laporte

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape & Epées, #Alexandre de la Patellière, #Matthieu Laporte
Le Comte de Monte-Cristo (Alexandre de la Patellière & Matthieu Laporte, 2024)

Tout y est.

La référence bonapartiste, la dénonciation calomnieuse, le château d’If, la belle Mercedes (Anaïs Demoustier), le trésor, la vengeance et bien sûr : Edmond Dantès (Pierre Niney).

Mais ce n’était pas gagné au vu de l’adaptation des trois Mousquetaires de l’an passé…

Parce que les scénaristes sont les mêmes, avec une différence notable : Martin Bourboulon n’est pas revenu, et ses deux scénaristes sont passés à leur tour derrière la caméra !

Et je dois avouer que c’est avec une certaine réticence que je suis entré dans la salle obscure (c’était la pub).

Trois heures après, j’étais séduit !

 

Mais reprenons.

Edmond Dantès revient d’un périple maritime sous les ordres du capitaine Danglars (Patrick Mille) au cours duquel il a sauvé une jeune femme, Angèle (Adèle Simphal) qui se trouve être agent de Bonaparte, contre les ordres de son capitaine. Pour son acte de bravoure, Dantès est élevé au rang de capitaine et Danglars remercié. Lejeune Edmond retrouve alors sa fiancée, la belle Mercedes, et ils vont pouvoir se marier. Le cousin de Mercedes prend cette nouvelle en pleine figure, et va alors participer à une conspiration pour éliminer le jeune homme, aidé par Danglars et le procureur Villefort (Laurent « Pradelle » Laffite) : Angèle est sa sœur.

Après quinze ans d’exil forcé, Dantès revient distribuer sa justice, sous l’identité du comte de Monte-Cristo.

 

Oui, j’ai été séduit par cette nouvelle version qui n’a pas à rougir des autres. Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière ont à nouveau dépoussiéré un classique de Dumas, mais sans toutefois l’altérer autant que leur méfait précédent. Certes, on ne retrouve pas tous les éléments comme chez le père d’Alexandre (1979), ou même chez Dayan (1998), mais c’est normal : le film ne dure que trois heures contre le double ou plus pour les deux autres versions.

Quoi qu’il en soit, l’essentiel de l’intrigue est là, et les modifications ne trahissent pas vraiment l’œuvre originale. Je sais, on est au cinéma et tout est possible, mais il n’empêche : quand une histoire est archi-connue, on se doit de la respecter un minimum… Alors les regrets exprimés ici même pour l’œuvre précédente n’ont pas de raison d’être : on passe un moment très agréable avec une intrigue plausible et une distribution à la hauteur de l’événement.

 

Pierre Niney est phénoménal, possédant plus le physique du personnage qu’un vigneron célèbre, et ce nouveau comte de Monte-Cristo est plus que crédible. Il possède la finesse et les manières du personnage et la froideur inhérente et indispensable à la vengeance. La séquence attendue de l’histoire du bébé enterré est un sommet du film : l’ambiance et les attitudes des uns et des autres rendent ce moment terrible (dans le sens premier du terme) et les remarques de Danglars contrebalancent avec bonheur celles de Villefort…

Et si les deux réalisateurs ont ajouté des éléments, c’est avant tout pour donner un peu plus de corps à l’intrigue : par exemple, on s’attarde sur les causes de la conspiration, mais pas sur sa rédaction, passage obligé attendu par une partie du public (dont moi).

 

Quoi qu’il en soit, il faut saluer le travail accompli pour cette nouvelle adaptation qui donne une plus grande dimension humaine aux différents personnages et surtout fait de Villefort un être franchement abject. A croire que Laurent Laffite est préposé à ce genre de rôle !

Quoi qu’il en soit, le jeu de Pierre Niney est de la trempe de celui de Jacques Weber et les trois heures passent sans lasser, et une fois les derniers crédits effacés, on se dit qu’on en reprendrait bien encore un peu.

Alors, à quand une nouvelle adaptation de Dumas ?

 

PS : Ils sont toujours là ! Malgré les efforts de Philippe IV Le Bel, les Templiers font une apparition dans cette intrigue…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape & Epées, #Martin Bourboulon, #Alexandre de la Patellière, #Matthieu Laporte
Les trois Mousquetaire : Milady (Martin Bourboulon, 2023)

Après avoir sauvé le Roi (Louis Garrel), les Mousquetaires doivent faire face à celui qui a déclenché le complot et fait enlever Constance Bonacieux (Lyna Khoudri). Mais est-ce la même personne ? Et surtout, qui est cette Milady de Winter (Eva Green) qui se retrouve toujours sur le chemin du fougueux D’Artagnan (François Civil) ?

 

Si le film répond à ces interrogations, c’est bien la seule chose qu’il fait, délaissant l’intrigue originale du grand Alexandre (1), et ce dans les grandes largeurs, ainsi que pouvait le prévoir le premier opus. Mais alors que ce premier film conservait un intérêt certain, celui-ci en manque cruellement. En effet, Matthieu Delaporte et Alexandre (encore un !) de la Patellière (le fils de) ont tellement dépoussiéré le chef-d’œuvre archiconnu qu’il ont réussi à le dénaturer. Pourquoi avoir autant réformé (2) l’intrigue, au point de modifier quelques éléments pertinents voire les supprimer ?

Ce film me rappelle la restauration du Ecce Homo d’Elias Garcìa Martinez en 2012 : c’est bien la même œuvre, mais ce n’est plus la même.

 

Et pourtant…

Il y avait de quoi faire quelque chose de cette histoire fabuleuse avec les moyens actuels. Certes, certains mousquetaires n’ont plus l’âge du rôle, mais leur enthousiasme et leur talent compensent allègrement ce décalage. Et heureusement que nous avons Eva Green : elle est une Milady phénoménale, digne héritière de celles qui l’ont précédée, tout en nous offrant sa propre interprétation de ce personnage fourbe et fascinant. De pus, encore une fois, elle est beaucoup plus belle que Constance (1), ce qui est une autre prouesse puisque, à l’instar de Raquel Welch, elle est une Constance plus que convenable !

 

Et puis il manque tout de même ce qui fait le sel des aventures de nos mousquetaires : la camaraderie. Le complot prend tellement de place dans cette drôle d’intrigue qu’elle en atténue les liens qui unissent ces quatre hommes. De plus, D’Artagnan est un chevalier servant beaucoup trop obnubilé par son amour pour Constance, tellement qu’il en abandonne son côté calculateur voire arriviste qui créait une ambiguïté et par là même un autre intérêt pour ce personnage.

 

Je ne m’étendrai pas en plus sur les incohérences historiques, ne chargeons pas trop la mule, mais je dois avouer que cette deuxième partie m’a fortement déplu (3) et ne m’encourage pas à le recommander.

Je sais que nous sommes au cinéma et que tout est possible, mais là, je ne peux pas.

Désolé.

 

  1. Dumas. Pas « Le Grand ».
  2. A cause des Protestants de La Rochelle ?
  3. Vous aviez remarqué ?
Ecce Homo (Elias Garcìa Martinez, fin XIXème - début XXème siècle) et sa « restauration»

Ecce Homo (Elias Garcìa Martinez, fin XIXème - début XXème siècle) et sa « restauration»

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Cape et Epées, #Martin Bourboulon, #Alexandre de la Patellière, #Matthieu Laporte
Les trois Mousquetaires : D'Artagnan (Martin Bourboulon, 2023)

62 ans après André Hunebelle, un cinéaste français s’attaque à nouveau au chef-d’œuvre d’Alexandre Dumas : Les trois Mousquetaires. Et comme la fois précédente, c’est en deux parties.

 

Charles de Batz de Castelmore (François Civil) – D’Artagnan, donc – est en route pour Paris sur sa jument. Arrivé à Meung (enfin c’est le livre qui le dit, ici, aucune indication), il tombe sur une échauffourée à l’issue de laquelle il reçoit une balle de pistolet. Mais il n’en meurt pas pour autant et reprend son chemin. Son objectif : intégrer la compagnie des mousquetaires de M. de Tréville (Marc Barbé).

Il y parviendra bien sûr, mais après moult pérégrinations et affrontements, et pas seulement contre les gardes du cardinal Richelieu (Eric Ruf). Sans oublier son histoire d’amour avec Constance Bonacieux (Lyna Khoudri), ni les ferrets de la reine (Vicky Krieps).

 

Quel faste !

Ce n’est plus une superproduction, mais une hyperproduction que signe ici Martin Bourboulon, avec l’aide de Matthieu Delaporte et Alexandre de la Patellière (le fils de) au scénario. Ces derniers ayant d’ailleurs accentué le contexte politique qui va amener nos mousquetaires à La Rochelle, mais ça, ce sera pour le prochain opus (1). Le film s’ouvre d’ailleurs sur un rappel de cette situation politique, essentiellement dominée par les antagonismes entre catholiques et protestants.

Mais nos deux scénaristes poussent un peu loin cette opposition religieuse puisqu’elle va prendre le pas sur l’intrigue originale de Dumas. Et cela est bien dommage : on en arrive à des extrémités qui, si elles en sont pas éloignées de certains états d’esprit de l’époque, amènent une situation finale – le mariage de Monsieur (Julien Frison) – certes rocambolesque mais tout de même un tantinet exagérée, voire du grand n’importe quoi ! Certes, cela est prétexte à une ultime empoignade et cela sert le scénario (distordu, est-il besoin de le préciser ?), mais on a quand même du mal a gober tout ça.

 

Comme annoncé plus haut, le spectacle est là et les différents protagonistes attendus aussi, même si on aurait préféré voir Rochefort (Raynaldo Houy Delattre) un peu plus présent (son différend avec D’Artagnan étant l’une des composantes de l’intrigue originale (et surtout la cause des trois duels initiaux que ce dernier décroche dès son arrivée à Paris !), tout comme le bonhomme Bonacieux qui a carrément disparu, faisant de Constance une jeune femme célibataire (2).

Les différents épisodes attendus sont présents aussi mais je trouve qu’on n’en jouit pas pleinement du fait de la pénombre ambiante : je me demande même comment D’Artagnan a réussi à reconnaître Rochefort après l’attaque de Meung du fait de la brièveté de leur entrevue et surtout de la pénombre qui entourait cette séquence.

 

Parce que d’une manière générale, c’est sombre. Très sombre. L’intrigue l’est un peu plus qu’attendue, mais les images de Nicolas Bolduc, pour très belles qu’elles soient restent beaucoup trop sombres.

D’un autre côté (3), sa caméra est toujours au plus près de l’action, parfois même un peu trop et on ne peut pas pleinement profiter des inévitables duels de l’intrigue. De plus, l’obscurité environnante a tendance à desservir cette proximité : on ne voit plus qui fait quoi !

De plus cette même caméra est – à mon avis – un petit peu trop en mouvement : ne subsistent que quelques très rares plans fixes rapidement supplantés par une espèce de frénésie de mouvements. Et une fois qu’on en a pris conscience, on ne voit plus que ça, jusqu’à l’étourdissement (?).

 

Encore une fois, on peut être un peu déçu par le personnage de Porthos (Pio Marmaï auquel fait défaut une certaine truculence – en plus de son physique formidable – surtout après la prestation de Gérard Depardieu dans The Man in the iron mask (1998), l’un des éléments notables de ce film somme toute assez moyen. Quant à sa bisexualité, elle est plus là comme un atour que comme une caractéristique de ce personnage : non, elle n’apporte rien.

 

Reste un film quand même agréable, où les différents interprètes ont à cœur de nous offrir une nouvelle version du roman de Dumas, et où – pour moi – le personnage le plus réussi est celui de Louis XIII : Louis Garrel, même sil n’a plus l’âge de son personnage (26 ans en 1627, puisque l’intrigue a été décalée de deux ans dans le futur – de l’époque), est un monarque autrement plus convaincant que ses aînés : on y retrouve son aspect duel qui veut qu’on l’appelle « le Juste » mais qui ne l’est pas vraiment, ainsi que son inexpérience dans les affaires d’état qui lui ont fait choisir Richelieu pour l’aider.

Et je terminerai en mentionnant la très belle musique de Guillaume Roussel, en parfaite adéquation avec ce que nous voyons, complétée par quelques éléments du répertoire inévitables là encore quand on situe une intrigue au XVIIème siècle.

Alors, Les trois Mousquetaires : D’Artagnan, un film à voir ?

Oui. Quand même.

 

  1. Prévu le 13 décembre (en France).
  2. Je n’ose y voir de la pruderie : D’Artagnan, dans le roman, ne se gêne pas pour séduire une femme mariée !
  3. Vous remarquez : je n’ai pas écrit « en même temps »…

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