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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

musique

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Biopic, #Bryan Singer
Bohemian Rhapsody (Bryan Singer, 2018)

Londres, 13 juillet 1985.

Freddie Mercury (Rami Malek) se prépare à entrer sur scène pour le monumental Live Aid instigué par Bob Geldof (Dermot Murphy).

Quinze ans plus tôt, le jeune Farrokh Bulsara travaille à Heathrow comme bagagiste passant certaines soirées au pub où il voit Brian May (Gwilym Lee) et Roger Taylor (Ben Hardy) que Tim Staffell abandonne pour d’autres cieux.

Grâce à sa voix, Freddie est engagé. Suivent alors quinze années de musique, de création, de démesure.

 

Quel film !

Je sais, la vie de Freddie a été malmenée par l’intrigue, mais on ne peut pas rester de marbre devant un tel monument.

Rami Malek est Freddie. Il ne lui ressemble pas exactement peut-être, mais on ne peut voir d’autre que le grand Mercury dans les différentes poses et autres prestations. Jusqu’au fameux concert de Wembley où chacun des gestes effectués sera reproduit à l’identique, amenant cette même émotion que celle qui submergea les (télé)spectateurs ce jour-là.

Alors qu’importe la vérité puisque nous sommes au cinéma : tout est possible, à partir du moment où nous avons un intrigue solide de belles images et une distribution adéquate.

 

Et là, c’est le cas. Les différents interprètes choisis retransmettent magnifiquement cette époque et surtout l’ébullition mercurienne lors de la création de la chanson qui donne au film son titre : Bohemian Rhapsody.

C’est un grand moment musical filmé comme tel : entre la ligne de piano qui obsède Freddie avant et les différentes prises de Roger Taylor et son Galileo, on voit se monter ce qui reste à ce jour comme très certainement le plus grand single du rock (1).

Et à nouveau, l’émotion est là.

Et encore, ce n’est rien à côté de la séquence finale lors de la prestation devenue depuis mythique à Wembley (on termine là où on a commencé).

Rami Malek s’efface alors et laisse place au grand Freddie qui envahit définitivement l’écran.

 

Certes, le tournage ne fut pas des plus faciles, l’entente entre les quatre du groupe n’étant pas la même avec Bryan Singer qui fut remercié avant la fin, remplacé au pied levé par Dexter Fletcher qui fut un temps pressenti pour la totalité du tournage dès sa mise en chantier en 2013.

Quoi qu’il en soit, cette tranche de vie – et malgré les entorses à la vérité – de Queen est passionnante, et même si l’accent est porté sur Mercury, on ne peut réduire l’influence des trois autres dans cette musique et cette formation qui continuera après la mort du chanteur.

Car si Freddie était d’une certaine façon la vitrine du groupe, la démesure qu’il développa était aussi liée à la musique créée.


Et pour le reste, je reprendrai la réplique célèbre de L’Homme qui tua Liberty Valance : « Quand la légende dépasse la réalité, on publie la légende. »

Qu’importe la vérité vraie (existe-t-elle d’ailleurs ?), le plus important c’est très certainement l’émotion qui submerge le spectateur.

Et ici, c’est magnifiquement le cas.

 

 

(1) Et fort curieusement, lors du classement 100 45 tours de 1988 par le magazine Rolling Stone, ce titre n’apparaît pas, pas plus qu’un autre titre de Queen, grand absent de ce classement.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Musique, #Opéra, #Etienne Perruchon
Le septième Continent (Etienne Perruchon, 2017)

Hier, Etienne Perruchon est mort. Il avait 60 ans.

C’était un compositeur généreux, dans sa musique comme en dehors. En tout cas, c’est comme ça que je l’ai ressenti, et je ne suis très certainement pas le seul.

La première fois que je l’ai rencontré, c’était à une des nombreuses répétitions du septième Continent, qu’il avait écrit avec Jeanne (1), son épouse, pour les élèves des classes musicales de Saint-Nazaire : il a eu une réaction formidable pour nous tous qui déchiffrions l’un des numéros phares de l’œuvre, le Chant d’Ulysse (2). Il nous remerciait de mettre en vie ce qu’il avait écrit, nous lui donnions corps.

 

Il faut dire que Le septième Continent fut un pari (presque) insensé, né d’une rencontre : celle d’Etienne et de Saint-Nazaire et en particulier certains de ses musiciens.

Il était alors question de créer un opéra (chose peu courante au 21ème siècle) ; sur une scène nationale (Le Théâtre de Saint-Nazaire) ; avec de jeunes élèves (ceux du collège Jean Moulin) dans la même ville.

A cela s’ajoutèrent un chœur mixte adulte, un orchestre symphonique et un bagad !

 

Bien sûr, ce fut un triomphe. Mérité.

Mais pour tous ceux qui y ont participé, c’est la rencontre de ce grand musicien qui fut décisive : enfin on allait interpréter une œuvre d’un compositeur connu, qui plus est vivant !

Cette rencontre fut belle et plaça sous le signe de l’émotion ce grand projet. Régulièrement, Etienne venait assister aux répétitions, donnant des conseils, modifiant certains passages – voire les enlevant, comme la fin initiale – ajoutant une transition pour laisser le temps aux décors de s’installer…

 

Et surtout, c’est l’émotion qui l’étreignit à plusieurs moments bien avant les représentations.

La première fois que nous avons enchaîné toutes les pièces de l’œuvre, dans une salle de spectacle où le chœur était côté public. Etienne n’a pas pu se contrôler et a pleuré alors que nous entonnions une dernière fois le chant d’Ulysse, avec tous ces interprètes qui n’avaient qu’un seul désir : celui d’arriver à rendre belle – musicalement – cette œuvre qui était travaillée depuis plus de 9 mois alors.

Mais ça, ce n’était rien, à côté de ce que nous attendait dans les mois suivants : il fallut mettre en scène l’œuvre et donner une vie physique à cet opéra.


Et le 20 mai 2017, après quatre représentations, se tenait la dernière : celle qui allait ensuite nous séparer, chacun reprenant sa vie normale, interrompue le temps d’un moment musical d’une très grande émotion.

Et sur le film (vidéo) qui fut tourné ce dernier soir, nous retrouvions intacte cette émotion qui nous avait étreints pendant ces mois de travail et les quatre représentations précédentes.

Le Chant d’Ulysse après le ras de marée, la Chanson de Lola (2) avec les enfants, le final renforcé par le bagad : tout était là pour partager ce moment d’émotion avec un public conquis mais surtout impressionné par la qualité du spectacle.

Ce fut aussi pour certains spectateurs de découvrir l’opéra pour la première fois : ses jeux de scènes ; son ouverture qui expose les différents thèmes musicaux et l’intrigue ; ses airs ; ses récitatifs souvent difficiles à chanter – celui de Tristan (2) ou les éléments comiques du maire (2) ; et bien sûr l’émotion inévitable (3).

 

Ce fut un spectacle inoubliable, nous faisions corps et interprétions avec beaucoup de fierté cette œuvre magnifique, malgré les difficultés que nous avons rencontrées pendant son élaboration, heureux d’offrir à Etienne cet immense moment de partage.

Si on va au bout du film, alors que les saluts s’enchaînent, on peut à nouveau voir Etienne s’essuyer les yeux après une dernière reprise du Chant d’Ulysse, alors que les spectateurs saluent tous ces gens heureux d’avoir participé à un tel événement.

 

Aujourd’hui, je suis triste que nous ayons perdu Etienne, mais comme beaucoup le disent : il nous reste sa musique, qui continuera d’être jouée, et ce film que je continuerai de revoir, ajoutant un zeste de nostalgie à cette œuvre sublime et émouvante.

 

Merci Etienne.

Adieu.


 

  1. J’ai une pensée pour Jeanne, son épouse, sa collaboratrice et surtout sa complice…
  2. Ulysse est interprété par Fabrice Maurin ; Lola par Ombeline Guetny ; Tristan par Martin Barigault ; le Maire par Marc Augé.
  3. Je sais, je me répète. Ce n’est pas de ma faute si cet opéra fut émouvant pour les spectateurs et les différents interprètes. Jusqu’à la dernière répétition j’ai vu des choristes essuyer une larme pendant La Découverte d’Ulysse, où ce dernier explique ce qu’est ce fameux « septième continent ».

 

Etienne Perruchon et votre serviteur après la dernière, le 20 mai 2017

Etienne Perruchon et votre serviteur après la dernière, le 20 mai 2017

PS: en prime, un acrostiche que j'avais réalisé à la suite de la dernière. (petits gâtés!). [Acrostiche en alexandrins autour de l'opéra]

 

                                        Le moment est venu de nous dire adieu,

                                        Et beaucoup d'entre nous ont les larmes aux yeux.

                                        Savoir que c'est fini, que la vie continue,
                                        Et que l'Alunéa ne se visite plus :
                                        Plus de chant de Lola, disparus les poissons,
                                        Tout le monde retourne à ses occupations.
                                        Il nous reste toujours ce fabuleux voyage
                                        Et ces moments vécus, cette suite d'images.
                                        Magnifique aventure, expérience magique,

                                        Ensemble, réunis, nous l'avons fait unique :
                                        Ce spectacle envoutant, cette intense passion,
                                        Où le chant et le jeu amènent l'émotion.
                                        Nous l'avons, tous les soirs, rejoué de bon cœur,
                                        Tous unis sur la scène : ensemble on a moins peur.
                                        Il est temps maintenant de refermer le livre :
                                        Nous devons malgré tout continuer de vivre
                                        En gravant dans nos cœurs ce souvenir passé,

                                        Nous avons, un instant, fait un rêve éveillé :
                                        Très grand merci à vous qui m'avez fait rêver.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Drame, #Biopic, #Milos Forman
Amadeus (Milos Forman, 1984)

Dix ans.

Dix ans de la vie d'un homme. C'est peu.

Mais quand cet homme, c'est Mozart (Tom Hulce), alors c'est tout.

Il a vingt-six ans quand le film commence. Et normalement toute la vie devant lui.

Mais ce n'est pas le cas. Devant lui, il y a l'école italienne. Et avec, la jalousie.

La jalousie d'être moins bien, de ne pas avoir le don qui fait toute la différence entre un artisan et un artiste.

 

Cette jalousie, c'est Salieri (F. Murray Abraham) qui+ l'exprime. Mais avec en même temps une admiration sans borne. Jaloux certes, mais conscient de la valeur de cette « créature » comme il l'appelle.

Et puis il y a le rire. Ce rire idiot, qui ne colle tellement pas avec le personnage, cette icône qu'on nous a présenté pendant près de deux siècles (nous sommes en 1984, quand le film sort). D'ailleurs, le Mozart qu'on nous présente n'a rien d'académique, si ce n'est sa musique. Mais est-ce si étonnant ? pourquoi Mozart n'aurait-il pas été humain ? Parce que - comme le dit Salieri - sa musique est divine ?

 

Quand le film est sorti, beaucoup de critiques - britanniques entre autres - reprochaient le caractère scatologique du personnage. A priori, ce furent des gens qui n'ont pas dû regarder le film en entier, la scatologie s'effaçant rapidement pour laisser la place à l'expression du génie. Parce qu'il faut tout de même le reconnaître : je ne suis pas un grand admirateur de Mozart, mais tout de même, quel talent, quelle virtuosité !

 

Quant à ses frasques : en quoi sont-elles plus choquantes qu'un Iggy Pop se baladant nu à la télévision, ou qu'un Keith Moon propulsant une Rolls Royce dans une piscine ? Mozart est jeune, il a besoin de vivre, de jouir de la vie. Alors il brûle sa jeunesse, donnant le meilleur de lui-même dans des œuvres impérissables : « hope I'll die before I get old » (My Generation, The Who). Mozart écrivait la musique de son époque, c'est tout. Quant au reste, quelle importance.

 

Mais revenons au film. Le duo Salieri-Mozart est, bien entendu, le clou du spectacle. Cette admiration - ouverte chez Mozart, cachée et réprimée chez Salieri - est magnifiquement montrée. Mais c'est malgré tout Salieri-Abraham qui retient l'attention. Il est magnifique. Son personnage duel est une réussite. Et même si la séquence finale qui le voit assister Mozart dans le Requiem n'a jamais eu lieu, qu'importe, nous sommes au cinéma [« Au cinéma, tout est possible. » (Tex Avery)] Et plus Mozart monte en puissance créatrice, plus Salieri s'enfonce dans la bassesse, sans toutefois se départir de son admiration. Un beau numéro d'acteur (avec Oscar à la clé, évidemment !).

 

Alors que Salieri assiste Mozart, qu'il l'aide à mourir - parce c'est ce qu'il fait, finalement, et sa confession initiale n'est pas si erronée - que nous importe. Nous avons eu un moment d'émotion, indispensable au cinéma : quand l'image se mêle à la musique pour éblouir le spectateur.

 

Parce que quand le film se termine, terriblement - Mozart est mort, son corps déversé à la fosse commune - le spectateur n'est que plus admiratif de ce génial compositeur, en avance sur son temps sur certains points, et avant tout un homme vivant dans un monde en mouvement : quand Mozart meurt, en 1791, la Révolution française a déjà deux ans et s'exporte, ou tout du moins son esprit, qui va changer les mentalités, réveillant un monde ancien qui s'endormait peut-être...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Musique, #Stanley Donen, #Audrey Hepburn
Drôle de Frimousse (Funny Face - Stanley Donen, 1956)

« Bonjour Paris ! » (en français dans la version originale)

C'est par ces mots que le trio vedette du film, Dick Avery (Fred Astaire) - Jo Stockton (Audrey Hepburn) - Maggie Prescott (Kay Thompson), découvre la capitale. On remarque d'ailleurs que c'est Audrey Hepburn qui le dit le mieux !


C'est une succession de prises de vue un tantinet passées - de véritables cartes postales - qui défilent devant nos yeux, un Paris pour touristes, coloré et joyeux.

Ca chante, ça danse, ça ondule... C'est (encore) un festival pour les yeux.

Maggie dirige LE magazine de mode américain Quality. Elle cherche une nouvelle tendance. C'est son photographe vedette - Dick Avery - qui la lui trouve, suite à une séance chaotique dans une librairie : Jo.

Jo est une philosophe empathique, mais a ce qu'on appelle un visage curieux, d'où le titre. Mais surtout, Jo, c'est Audrey Hepburn, alors tout est permis.
Contre un voyage à Paris, elle accepte de jouer les mannequins pour la nouvelle collection du couturier Paul Duval (Robert Flemyng). Parce qu'à Paris, elle pourra rencontrer le célèbre professeur d'empathologie (je sais ça n'existe pas, mais quel joli terme !) Emile Flostre (Michel Auclair).

 

Oui, c'est une histoire improbable. Oui, il n'y a rien de réaliste. Et oui, on se moque des courants de pensée français, issus ou non de Saint-Germain des Prés ou de l'existentialisme. Mais comme dit Fillon : « Et alors ? »

Ce film est un enchantement pour le spectateur. Cette mode artificielle est prétexte à mettre en valeur deux magnifiques stars : Fred Astaire et Audrey Hepburn.

Fred Astaire danse toujours aussi merveilleusement : son numéro de danse du parapluie (fermé) n'est pas sans rappeler celui de Gene Kelly quatre ans plus tôt avec le même Stanley Donen (Chantons sous la Pluie). Pourtant, il a déjà cinquante-six ans passés !

Et Audrey est dans un rôle sur mesure : elle défile, mannequin éternel et international. Elle a le chic, et puis c'est tout. Elle est belle, et intelligente, elle chante et elle danse. On est à l'opposé de Marilyn Monroe, cantonnée dans des rôles de belle idiote (ce qui n'enlève rien au talent de Mademoiselle Monroe !). Elle est profonde, elle réfléchit... Mais ça ne l'empêche pas de tomber amoureuse de Dick !


Et puis il y a Paris. Alors que Vincente Minelli faisait danser Gene Kelly dans une capitale recréée en studio (Un Américain à Paris, 1951), Donen a carrément emmené tout son petit monde sur place, tournant même dans quelques endroits prestigieux, le Louvres et l'Opéra Garnier entre autres. Mais plus que les lieux, c'est la description des parisiens qui vaut le détour :

- Des gens accueillants, souriants et insouciants pendant que le trio susnommé découvre Paris ;

- Une femme qui insulte son amant, qui se prend une gifle et s'écrie « Chéri ! » en lui sautant au cou ;

- Les milieux intellectuels où une femme chante une chanson noire, désespérée, avec des accents qui ne sont pas sans rappeler Fréhel ou même la môme Piaf ;

- Et la mode, Paris devenant le carrefour mondial pour une nouvelle collection prestigieuse.

 

Alors on se laisse emporter dans ce Paris de carte postale, et on savoure, avec Audrey Hepburn, tous les moments de cette escapade française...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Musique, #George Cukor, #Audrey Hepburn
My fair Lady (George Cukor, 1964)

Un film de George Cukor.

D'après une comédie musicale de Frederick Lowe (musique) et (livret).

D'après la pièce Pygmalion de George Bernard Shaw.

D'après le mythe grec de Pygmalion.

Pygmalion, sculpteur grec, avait créé Galathée, une statue d'ivoire dont il était tombé amoureux. Comprenant son amour, Aphrodite - déesse de l'Amour - donna vie à Galathée...

 

Ici, pas de statue. Mais Eliza Doolittle, une jeune femme qui vient du néant, de la fange, (Audrey Hepburn). Pire, du bas-peuple.

Pygmalion, c'est le professeur Higgins (Rex Harrison). Héritier de la bonne société anglaise, il est professeur de diction et parie avec son ami le colonel Pickering (Wilfrid Hyde-White) qu'en six mois, il fera de cette vile roturière une véritable princesse du grand monde.

Alors on attend. Et on s'amuse. C'est un régal. Pour les yeux (Audrey Hepburn est magnifique) comme pour les oreilles (Marni Nixon est un enchantement). Et on se surprend à fredonner en même temps que les acteurs les mélodies célèbres : I could have danced, With a little bit of luck, Show me...

Parce que cette comédie musicale est tout sauf réaliste, parce que cette histoire est une belle histoire, et parce que Audrey Hepburn. Rex Harrison aussi, mais Audrey Hepburn quand même !

Elle est époustouflante ! Sa transformation est bluffante. Quand elle descend l'escalier, vêtue de sa robe « française », on en a le souffle coupé ! Alors évidemment, après, la soirée événementielle ne peut que bien se dérouler !

Pourtant ce n'était pas gagné : Eliza est une petite marchande de fleurs, traînant dans le ruisseau, flanqué d'un père alcoolique un tantinet philosophe (Stanley Holloway), parlant un Anglais avec un accent cockney à couper au couteau. Quand elle entend le professeur Higgins annoncer qu'il pourrait faire d'elle une fleuriste avec son propre magasin, elle entrevoit la chance de sa vie et court lui demander des leçons de diction. C'est comme ça que va naître le pari, et tout le film qui va avec.

Mais Higgins va faire plus que cela. Il va faire de cette petite vendeuse de rien du tout la nouvelle coqueluche du Tout-Londres. De cet élément de fange, il fait la statue d'ivoire de sa Galathée.
Mais ce n'est pas facile et cela nous amène quelques moments de désespoir - pour lui -, et de comique - pour nous. Et quand enfin elle émerge de la fange, la magie opère, c'est une autre femme qui arrive) à Ascot (sa première sortie), puis une véritable déesse à l'Ambassade de Transylvanie.

Il y a dans cette comédie musicale tous les ingrédients pour en faire un succès : ce fut le cas. Mais alors que Robert Wise tourna West Side Story (1961, où Marni Nixon chantait déjà la partie de Maria) dans un véritable quartier de New York, que La Mélodie du bonheur (l'année suivante) fut réellement filmé en Autriche, il est clair qu'ici tout fut recréé en studio. Cukor renoue avec la comédie musicale américaine des années 1930 (Top Hat, Shall we dance) où les décors étaient manifestement faux, mais où ce qui importait, c'était ce qu'on vivait à travers les personnages. Alors, Covent Garden, Ascot, tout ça, c'est faux. Mais qu'importe. Nous vivons ce film comme le spectacle originel. Tout avait été recréé pour la scène, il en est de même ici. Et tant mieux, d'ailleurs. La scène des courses est magnifique ainsi. Sans son tumulte, avec tous ces personnages figés qui prétendent s'amuser, et que la belle Eliza va faire chavirer - et même sombrer - en encourageant son bourrin, comme on le fait dans le bas-peuple !

Et puis il y a les cas de conscience : Que va devenir Eliza une fois le pari gagné (par Higgins ou Pickering, peu importe) ? Comment Higgins va-t-il (s')avouer qu'il aime Eliza ?

Et c'est dans ces séquences que le film reprend pied avec la réalité à laquelle il avait échappée tout du long : Higgins n'est rien d'autre qu'un grand égoïste et misogyne qui crèverait plutôt que d'avouer qu'il aime. Qu'il aime une femme !

Mais Cukor met tout le monde d'accord avec sa fin consensuelle.

 

Un régal !

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