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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

otto preminger

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Film noir, #Policier, #Otto Preminger
Crime passionnel (Fallen Angel - Otto Preminger, 1945)

Eric Stanton débarque (1) à Walton (Californie), avec un seul dollar en poche.

Une semaine plus tard, il a séduit Stella (Linda Darnell), la belle serveuse de chez Pop (Percy Kilbridge), et épousé la non moins belle June Mills (Alice Faye), malgré l’avis de sa sœur Clara (Anne Revere).

Son secret : il sait parler, et encore mieux aux femmes. Mais derrière son discours envoûtant, qui est cet aventurier, avant tout intéressé par l’argent de June, et qui rêve de partir avec Stella ?

Mais ce succès est de courte durée : Stella est retrouvée mort, assassinée. Et Stanton se retrouve rapidement en tête des suspects.

 

C’est un film très subtil que nous propose là Otto Preminger, un an après son phénoménal Laura. Il y retrouve d’ailleurs Dana Andrews, cette fois-ci dans le rôle du personnage mystérieux. C’est lui l’ange déchu du titre original : il n’a plus rien et échoue lamentablement dans cette petite ville. Et Preminger nous emmène dans cette histoire émaillée de fausses pistes où son héros désarçonne le spectateur : Stanton n’est pas un personnage bien clair, toujours sur le fil du rasoir, embobinant plus qu’il ne convainc ceux qui l’approchent. A l’instar du véritable « Ange déchu » (Lucifer), Stanton possède la même séduction diabolique, se fichant des convenances – il veut toujours partir avec Stella alors qu’il est marié avec June – amenant un certain désordre dans une petite ville bien tranquille – malgré ses petites histoires inévitables.

Et l’ambiguïté de ce personnage est accentuée par l’aspect noir du film : de par son sujet mais aussi sa plastique, véritable jeu d’ombres et de lumières.

 

En effet, et c’est un des paradoxes du film, c’est de l’ombre que vient la lumière : que ce soit la part d’ombre personnelle que chacun renferme en soi, ou cette ombre propice à (se) cacher. Je m’explique : C’est tapie dans l’ombre que Clara saura à quoi s’en tenir à propos de celui qui vient d’épouser sa sœur. C’est en restant dans l’ombre que le policier Judd (Charles Bickford) aura la révélation de la relation existante entre Stanton et Stella.

Et c’est d’ailleurs la part d’ombre d’un de ces personnages qui permettra la résolution de l’intrigue et nous indiquera le nom de l’assassin de Stella.


Et que les fans de Dana Andrews (dont je fais partie) se rassurent : le grand Dana n’est pas le coupable ! Mais son jeu ambigu s’accorde tout à fait avec le style adopté par Preminger, laissant planer le doute sur son personnage jusqu’à la dernière limite : il faut attendre les cinq dernières minutes du film pour avoir – enfin – le fin mot de l’histoire.

Alors certes, la fin est un tantinet entendue, mais elle pèse vraiment peu à côté de tout le cheminement qui nous y amené, servi par une distribution à la hauteur du cinéaste (2).


Un film à (re)découvrir de toute urgence !

 

  1. Au vu de sa situation pécuniaire, il est plus juste de dire qu’il est débarqué.
  2. D’ailleurs, beaucoup, à part Alice Faye, ont récidivé avec lui, malgré son attitude autoritaire (euphémisme…).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Otto Preminger, #Justice
Autopsie d'un Meurtre (Anatomy of a Murder - Otto Preminger, 1959)

Une nuit, le lieutenant Frederick Manion (Ben Gazzara) a tué Barney Quill parce qu’il avait violé sa femme Laura (Lee Remick).

Incarcéré, il est jugé, défendu par Paul Biegler (James Stewart), qui officie entre deux parties de pêche.

 

C’est bien sûr le procès qui occupe la plus grande partie du film (105 minutes sur les 160), disséquant le crime de Manion et son contexte, ce qui donne l’explication du titre.

Bien sûr, c’est avant tout un jeu d’acteurs, et James Stewart est toujours aussi extraordinaire, avocat maladroit dans les affaires de meurtre, ses méthodes de vieux briscard lui permettant de pallier les difficultés.

Il faut dire qu’en face de lui, à l’accusation, outre Brooks West (l’avocat général Lodwick), on retrouve le talentueux George C. Scott (Claude Dancer), dans un rôle encore une fois de personnage en demi-teinte : pas spécialement méchant, mais certainement pas gentil.

Mais il faut plus qu’un George C. Scott pour contrer la marée Stewart !

Et nous n’avons pas eu droit aux plaidoiries !

Et pour arbitrer ces joutes oratoires (sans effets de manche, aux Etats-Unis, il n’y a pas le décorum anglais ou français), Preminger a fait appel à Joseph N. Welch qui préside avec beaucoup de justesse ce procès : ceci est un peu normal puisque Welch était aussi avocat (1.

 

Otto Preminger travaille avec méticulosité pour nous montrer les différents rouages de ce système judiciaire mais aussi les différents éléments amenant à un verdict : les références légales, le contexte des faits, la personnalité des différents partis en présence.

Et soixante ans après sa sortie, le film nous indique un point qui fut longuement dénoncé et débattu ces dernières années : le viol.

Il s’agit d’un acte qui est tout sauf innocent, et surtout des plus blâmables. Or, il se passe beaucoup de temps avant que le viol soit porté comme circonstance atténuante, la défense de Lodwick et Dancer le minimisant, nous sortant des arguments qu’on n’a que trop entendu : la provocation par la victime qui a longtemps eu pignon sur rue auprès de la population, minimisant – avec scandale, faut-il le préciser ? – les agissements de quelques hommes lubriques incapables de se contrôler et surtout d’avoir une conduite normale quand pointe un jupon ou quelque tenue que porte une femme (2).

 

Et le contre-interrogatoire de Dancer nous semble aujourd’hui impensable, alors que c’était très souvent le cas dans un milieu – la Justice – où la parité hommes-femmes (3) n’était pas de mise, que ce soit dans les postes occupés ou encore dans un jury : ici des femmes y sont présentes mais moins nombreuses que des hommes.

Mais d’un autre côté, le personnage de Laura Manion n’est pas présenté comme totalement innocente : nous savons qu’elle a la descente facile et Biegler la découvre alors qu’elle s’amuse et danse pendant que son mari est en prison. Son attitude envers l’avocat à différents moments est capable de semer un doute dans son esprit, renforcé par la froideur de ses rapports avec son mari à différents moments du film, et la plupart du temps devant Biegler. Et sa dernière intervention auprès de lui est un tantinet trop familière.

 

J’oubliais : Biegler la surprend à danser et s’amuser alors qu’il forme un duo dans le dancing avec un pianiste répondant au sobriquet de « Pie-Eye ». Je trouve cet instant est l’un des plus magiques du cinéma : James Stewart se retrouve devant le « Duke » du Jazz, le grand Ellington, qui a composé la musique du film. Et en plus, on l’entend parler !

Trois ans plus tard, il sera aux côtés d’un autre « Duke », celui du cinéma : John Wayne (The Man who shot Liberty Valance).

 

  1. Vous irez lire sa réplique à Joseph McCarthy (celui qui a donné son nom à la chasse aux sorcières des années 1950s) : elle aida à la déchéance de cet homme pas si admirable que ça.
  2. Nul besoin d’être habillée de façon « suggestive » (comme ils disent) pour se faire violer.
  3. D’ailleurs, pourquoi ne dit-on jamais « femmes-hommes » ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Otto Preminger
Laura (Otto Preminger, 1944)

Laura (Gene Tierney) est morte, assassinée.

C’est Waldo Lydecker (Clifton Webb), un chroniqueur, qui nous l’annonce.

Tout ce qu’il reste d’elle, ce sont ses lettres, son journal, son portrait sur le mur, et sa pendule, la même que celle de Waldo.

Mark McPherson (Dana Andrews) mène l’enquête, interroge les personnes qui la fréquentaient, qui l’aimaient.

Plus il avance dans son enquête, et plus un sentiment amoureux se développe en lui. Jusqu’au soir où il s’endort dans son appartement, et qu’il est réveillé par une personne qui entre : Laura elle-même.

 

MAGNIFIQUE.

Une distribution de rêve, une intrigue solide et une musique inoubliable. Un véritable chef-d’œuvre, orchestré par un Preminger au sommet de son art.

C’est une enquête minutieuse où les suspects ne manquent pas, où le détective est habile et cogne fort quand l’occasion se présente.

Mais surtout, au tout début de la deuxième moitié du film, la victime réapparaît.

 

C’est une surprise pour le spectateur autant que pour les différents protagonistes : certains accusent le coup avec philosophie – Shelby Carpenter (Vincent Price) ou Ann Treadwell (Judith Anderson) – et d’autres avec difficulté  - Waldo ou Bessie (Dorothy Adams), la servante de Laura.

Mais avec l’arrivée de Laura, c’est une magnifique fausse piste que crée Preminger.

En effet, c’est quand MacPherson s’endort qu’elle apparaît, comme si de rien n’était, aussi belle que sur le portrait avec son magnifique regard clair (1).

En quoi son apparition est-elle vraie ? Et si ce n’était qu’un rêve, celui de McPherson, marri de n’avoir pas connu Laura de son vivant…

 

Car dès que Laura paraît, la voix de Waldo cesse de nous raconter ce qu’il s’était passé, la narration devenant le présent, sans plus aucun commentaire. Jusqu’au bout, il faudra suivre cette intrigue habile et subtile, servie par de grandes figures du cinéma :

  • Dana Andrews et Gene Tierney se retrouvent trois ans après l’oubliable Tobacco Road (2), pour une rencontre qui elle, est devenue inoubliable, voire « culte », comme on dit parfois…
  • Clifton Webb, très aristocratique, d’une distinction superbe dans une histoire de meurtre plutôt sordide : une réussite !
  • Vincent Price, encore jeune homme mais déjà imposant physiquement ;
  • Judith Anderson enfin, qui joue de ses rôles précédents pour interpréter un personnage qui peut sembler ambigu, là ou chaque personnage est un suspect en puissance pour MacPherson.

Et puis il y a la musique de David Raksin, qui a fait ses classes (ses gammes ?) auprès de Chaplin. C’est un thème véritablement entêtant, qui reste dans l’oreille du spectateur pour ce qu’il est : Laura. Dès les premières notes de la mélodie, c’est à elle qu’on pense. Nous, spectateurs, lui associons tout de suite le portrait de la jeune femme, alors que Waldo, quand McPherson le passe sur l’électrophone, lui ordonne d’arrêter, tant il est indissociable de Laura.

 

Et l’intrigue policière dans tout ça ? Elle se déroule progressivement, par petites avancées jusqu’à de multiples rebondissements.

Mais est-ce vraiment le plus important ? Je ne pense pas.

Si, comme suggéré plus haut, il ne s’agit que d’un rêve, alors Mark ira-t-il jusqu’au bout ?

Ou si c’est la réalité, son amour naissant se réalisera-t-il ?

Réponse dans le film…

 

  1. Difficile de ne pas succomber à son charme…
  2. Pourtant réalisé par John Ford : des fois, même les plus grands ne sont pas à la hauteur…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Billy Wilder, #Otto Preminger
Stalag 17 (Billy Wilder, 1953)

Un camp de prisonniers, en plein cœur de l’Allemagne nazie (comme toujours), pendant la bataille des Ardennes, 1944.

Dans ce camp, des sergents. Rien que des sergents. Imaginez…

Parmi eux, Sefton (William Holden), qui se débrouille un peu mieux que les autres grâce au trafic. Alors quand on soupçonne un traître dans le baraquement, tout le monde se retourne vers lui…

 

Dix ans avant La grande Evasion, Billy Wilder proposait cette adaptation de la pièce éponyme de Donald Bevan & Edmund Trzcinski (très difficile à prononcer), ce dernier faisant quelques apparitions.

Loin des scènes de combats, nous suivons le quotidien sordide des prisonniers, où la solidarité n’est pas toujours de mise : les conditions terribles encourageaient les hommes à des sauver eux-mêmes avant de penser aux autres.

Sefton est un de ces hommes un tantinet personnels et qui profite de cette situation, proposant des distractions voire un alcool d’épluchures de pommes de terre un peu du même style que Steve McQueen et ses acolytes proposeront dans le film de Sturges susnommé.

 

Avec Sefton, c’est tout un microcosme qui vit en vase clos dans un baraquement peu chauffé (voire pas du tout, d’ailleurs), avec bien entendu les affres de la promiscuité, mais additionnée de suspicion. Comme dans tout bon film de prisonniers de guerre, des rôles sont établis, même si ici, à part le chef de baraque et l’agent de renseignement, chacun est plutôt caractérisé par un surnom dû à son apparence ou son comportement, voire les deux, quand il s’agit de L’Animal (Robert Strauss). On trouve donc un comique – Shapiro aux lèvres sucrées (Harvey Lembeck) – Sugar-Lips Shapiro en VO – Duke (Neville Brand), Blondie (Robert Shawley), etc. Et bien sûr  l’incontournable monsieur Sécurité (Peter Graves).

 

En face, il y a les gardiens et leur chef von Scherbach (Otto Preminger, qui, quand il ne tournait pas, endossait le rôle du méchant Allemand), sadique à souhait  et l’infatigable Schultz (Sig Ruman), sous-officier un tantinet idiot, ou du moins c’est ainsi qu’il se montre.

 

Et comme nous sommes dans un film de prisonniers, il faut au moins une tentative d’évasion, sinon, l’intérêt s’émousse.

Wilder nous en propose deux, en ouverture puis en fermeture du film, avec des résolutions différentes (je vous laisse deviner celle qui aboutit). Mais comme annoncé dès le début par Cookie (Gil Stratton), le narrateur, rien de spectaculaire ne va se passer. Chaque évasion est simple, sans artifice ni plan longuement mûri. On attend la bonne occasion.

 

Comme nous sommes dans un film de Wilder, on retrouve ses pointes de comédie. Mais c’est un humour qui se place dans un contexte qui ne s’y prête pas. Et surtout, il met en évidence des comportements qu’on n’attend pas d’un film au contexte historique.

Le personnage de Sefton est certainement le plus intéressant, tant il pose certaines questions sur les comportements de ces « héroïques » prisonniers.

Sefton est un égoïste. Peut-être que ses premiers déboires dans le camp l’ont encouragé à le devenir, mais il est intraitable dès qu’il s’agit de commerce (troc, achat…). Et si Sefton est tout de suite considéré comme la taupe des nazis, c’est avant tout à cause de son activité. La jalousie aveugle toujours ceux qui la vivent. Mais quand les autres passent aux actes et le violentent, on n’est plus dans cet esprit de camaraderie qu’on retrouve dans le film de Sturges ou encore de Renoir (La grande Illusion, bien entendu).

 


Et Wilder ajoute un autre élément (qui fut aussi exploité par Renoir, mais plus sobrement) : les femmes ou l’absence de femmes.

L’Animal est un grand admirateur de Betty Grable, mais des photos n’ont jamais remplacé une personne. Quant aux prisonnières russes, mis à part un énorme bakchich de cigarettes, elles ne sont que des formes imaginées derrière des fenêtres de salle de douche embuées.
Mais vient Noël et ses festivités (qu’il faut bien sûr ramener au niveau d’un camp de prisonniers). Les hommes dansent entre eux en couple, sur des musiques plutôt improbables (la musique américaine étant bannie pendant la période nazie). Et puis Shapiro, le clown du baraquement se grime en femme, donnant une scène plutôt équivoque dans un tel contexte. Même si, il ne faut pas se leurrer, cela pouvait représenter une éventualité. Et Wilder ira encore plus loin dans ce domaine avec Certains l’aiment chaud (1959).

En attendant, on rit du couple Shapiro-L’Animal, véritable duo comique du film Mais ce  rire est tout de même teinté d’un certain sous-entendu qui aurait pu rendre mal à l’aise les spectateurs de 1953… Car contrairement à d’habitude, ce n’est pas celui qui est déguisé en femme qui fait le plus rire…

 

Bref, un film de guerre qui, même s’il n’en a pas les aspects spectaculaires, n’en demeure pas moins intéressant pour les thèmes qu’il aborde : de la survie dans un camp à la justice individuelle, le tout dans un contexte où se mêlent comédie et tragédie, avec une distribution impeccable.

Un grand film du maître Wilder.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Otto Preminger, #Marilyn Monroe, #Western

Un western en cinemascope, ça ne se refuse pas. Surtout quand c’est Preminger qui est aux commandes. Sous ses ordres, deux pointures : Marilyn Monroe (Kay) et Robert Mitchum (Matt).

C’est un an avant deux films qui vont compter pour eux : Sept Ans de réflexion pour Marilyn, et La Nuit du chasseur pour Mitchum.

Mais nous n’en sommes pas là.

Ici, c’est du western, du vrai, en format large. Alors on en a plein les yeux : des paysages plus ou moins hostiles, mais toujours grandioses.

On a droit aussi au village de tentes des prospecteurs, où les bâtiments importants (saloon) ne sont que des tentes plus grandes. Et quand Matt y arrive, c’est en même temps qu’un pasteur en mission pour les Indiens, mais qui finalement ferait mieux de rester s’occuper des « hommes blancs ».

Et puis il y a la rivière. C’est l’autre personnage du film. Elle est sans cesse présente. Matt devra y plonger pour sauver le radeau, nous permettant de voir des plans tumultueux de cette rivière aux rapides terribles. Et quand tout est terminé, quand Marilyn est de retour au saloon, que chante-t-elle ? Oui. La rivière.

Mais ce film, c’est aussi la rencontre improbable entre deux personnes totalement différentes. Ce qui les rapproche : Mark, le fils de Matt (Tommy Rettig). Ce qui les sépare : Weston, l’amant de Kay (Rory Calhoun).

Rencontre improbable, parce que quand nous voyons pour la première fois Kay chanter, tous les hommes du saloon écoutent religieusement sa chanson et ne la quittent pas des yeux. Pendant ce temps, Matt arpente la salle à la recherche de son fils, sans jamais lever les yeux vers elle. Sans parler du mépris réciproque concernant leurs conditions : elle « chanteuse » de saloon, et lui, sortant d’une peine de prison pour meurtre.

Quand, n’ayant plus d’autre alternative, ils décident de descendre la rivière fatale, une certaine animosité s’installe entre eux deux. Mais plus ils descendent dans la rivière, et plus leurs sentiments l’un envers l’autre s’élèvent. Et s’il n’y avait Weston, peut-être que leur relation serait différente.

Alors nous suivons leur périple jonché des dangers incontournables du western : Indiens hostiles (attaque de la ferme, du radeau), nature hostile (rivière, puma, vautours…), cowboys hostiles (Colby & Benson).

Il y a même l’explication finale au pistolet, dans la rue, mais là, Preminger va prendre le contre-pied des conventions habituelles. Et c’est tant mieux.

Alors, là encore, on savoure. On savoure la nonchalance et l’amour pour son fils de Robert Mitchum, ours au cœur gros comme ça. Et puis on savoure la voix sensuelle et chaude de Marilyn, même quand elle chante Down in the Meadow !

 

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