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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

paul verhoeven

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Chevalerie, #Drame, #Paul Verhoeven
La Chair et le sang (Flesh + Blood - Paul Verhoeven, 1985)

Voilà bientôt 40 ans que ce film singulier est sorti. Singulier parce que, comme le dit lui-même Paul Verhoeven, « c'était un film européen qui essayait d'être américain. Et ça n'a pas marché : il n'est finalement ni américain ni européen. »

Et si ce film a été oublié et surtout éclipsé par la sortie deux ans plus tard de Robocop, n’oublions pas qu’il fut avant tout un échec commercial.

Pourtant…

 

1501. Voilà bientôt un demi-siècle que Constantinople est redevenu Istanbul et que la Guerre de Cent ans est terminée, et une nouvelle ère s’ouvre aux Européens, basée sur l’Humanisme et le savoir, incarnés par Steven (Tom Burlinson), fils du seigneur Arnolfini (Fernando Hillbeck) (1).

Ce seigneur, quand débute le film, essaie de regagner son fief et assiège sa capitale. Il est aidé de mercenaires farouches avec parmi eux Martin (Rutger « Roy » Hauer), contre un large butin une fois le combat terminé. Mais une fois la ville reprise, Arnolfini revient sur sa parole et chasse cette horde qui n’a plus qu’une idée en tête : se venger de ce félon.

La venue de la jeune Agnes (Jennifer Jason Leigh) va lui permettre d’assouvir une partie de cette vengeance.

 

De la chair et du sang : le titre est tout un programme qui va se dérouler pendant deux heures, alternant les scènes de combat et de repos, avec en prime une sensualité plutôt débridée, puisque peu d’actrices ne montrent pas leur poitrine… Mais réduire ce film à une série de coucheries serait une grave erreur, car Paul Verhoeven, dans ce film qui ne ressemble donc à rien (de connu), nous dresse un tableau de cette époque charnière qui coïncide à l’extinction d’une époque – le Moyen-Âge – et l’avènement d’une autre – la Renaissance. Mais l’ère médiévale a la vie dure et il faut du temps pour que de nouvelles idées s’imposent : en médecine comme en religion, ainsi que dans « l’art de la guerre » (2).

 

C’est donc spectaculaire et porté par une distribution (très) internationale ce qui ne facilite pas le tournage : Verhoeven, tout comme Hauer est néerlandais, Leigh et d’autres sont américains, Hillbeck espagnol, Burlinson Australien… Mais malgré tout, le film se tient et on suit avec intérêt cette histoire d’amour (il y en a une, très compliquée) mâtinée de chevalerie. Enfin chevalerie cinématographique : ne vous attendez pas à voir Arthur et ses compagnons de la Table Ronde. Ils n’ont de chevalier que la tenue vestimentaire, parce que pour ce qui est de l’aspect « chevaleresque », c’est plutôt barbare et compagnie. Ca tue, ça viole, ça boit… Bref, nous sommes bien loin de Chrétien de Troyes.

 

Et l’habileté de Verhoeven, c’est de réussir à recréer une époque – d’une certaine manière – sans toutefois trop la marquer. Les lieux choisis sont assez anonymes – sauf le château de Belmonte – et reflètent d’une certaine façon l’Europe médiévale, avec ses grandes étendues désertées, où pousse de temps en temps un château.

Quant aux trouvailles de Steven, si elles s’inspirent de techniques véritables, on a le droit d’être tout de même dubitatif quant à leur réalisation, et en particulier sa tour d’assaut télescopique !

Qu’importe, nous sommes au cinéma et tout est permis, même ceci !

 

Par contre, là où, à mon avis, le bât blesse, c’est le personnage de Martin. Non pas Rutger Hauer qui est encore une fois impeccable, mais bel et bien celui qu’il interprète. On dirait que Verhoeven n’arrive pas à se décider quant à la véritable position de ce mercenaire : tantôt bon, tantôt beaucoup moins, il n’en demeure pas moins très attiré par la jeune Agnes. Et s’il se bat à l’ancienne, il n’est pas contre le fait d’essayer de nouvelles techniques. Lui aussi (3).

Nous suivons donc Martin et sa bande (lui en priorité) mais il n’est jamais montré comme le « héros » de l’histoire. Tout comme Agnes qui est la jeune fille pure (au début) mais n’a pas un rôle très manichéen comme on en a l’habitude dans les films de chevalerie. Certes, elle est la véritable héroïne de cette intrigue mais son positionnement ambigu – comme celui de Martin – a tendance à nous empêcher d’apprécier pleinement ce film. Et il manque à la résolution finale un petit quelque chose qui aurait très certainement plus conquis le public : un duel d’explication entre Martin et un de ses adversaires.

Nous ne l’avons pas. Tant pis.

 

Mais quoi qu’il en soit, on ressort satisfait de cette épopée semi-médiévale, grâce surtout à l’interprétation et je terminerai en m’attardant sur le personnage du Cardinal (Ronald « Toht » Lacey), autre élément de son époque. Il est clerc et rempli de superstition, n’hésitant pas à occire ceux qui ne sont pas d’accord avec lui ! Bref, un drôle de paroissien qui suit Martin parce qu’il croit y voir « des signes ». Mais le temps n’est plus aux signes ni à la superstition : la raison est en train de s’installer et des gens comme lui sont appelés à disparaître… Mais pas complètement !

 

  1. Doit-on voir dans ce patronyme un clin d’œil au couple qui s’est marié chez Van Eyck, symbole pictural de la Renaissance ? (cf. National Gallery, Londres)
  2. Un jour, il faudra m’expliquer en quoi la guerre est un art…
  3. Vous chercherez qui d’autre se « modernise »…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Paul Verhoeven, #Science-fiction
Total Recall (Paul Verhoeven, 1990)

Trois ans après RoboCop et grâce au succès obtenu, Paul Verhoeven refait parler de lui avec un nouveau film d’anticipation, dans la droite lignée du précédent : Total Recall.

L’intrigue se situe encore plus loin, dans le temps comme dans l’espace : une grande partie du film se situe sur Mars, qui n’a jamais aussi bien gagné son surnom de « planète rouge ».

Ayant cinq fois le montant du budget précédent, il put donc se permettre d’avoir une grande star des années 80-90 : Arnold Schwarzenegger lui-même, qui fut l’inoubliable Terminator de James Cameron.
A ses côtés, on retrouve  Ronny Cox qui était dans le film précédent et une « jeune » actrice sur le point de percer : Sharon Stone (1).

 

Douglas Quaid (Schwarzy, donc) travaille sur les chantiers et a un rêve récurrent : il est sur Mars avec une jeune femme brune. Mais il n’est jamais allé sur cette planète et quand on lui propose un voyage virtuel, il saute sur l’occasion.

Mais le voyage ne se passe absolument pas comme prévu et Douglas s’aperçoit qu’il est déjà allé là-bas et qu’on avait effacé sa mémoire sur ce pan de sa vie.

Il est bien décidé à retrouver toute cette ancienne vie et surtout faire tomber le grand patron sur Mars : Vilos Cohaagen (Ronny Cox).

 

Encore une fois, Verhoeven nous propose une intrigue de personnalité. Si RoboCop était mi-homme mi-robot et n’arrivait pas à se situer, ici Douglas se retrouve confronté à deux existence : avant et après effacement de sa mémoire. Et si RoboCop avait un aspect un tantinet bricolé (ce qui a aussi beaucoup fait pour son succès), les moyens conséquents mis à sa disposition se retrouvent dans le film. On s’éloigne de plus en plus des effets à la Harryhausen et on approche du morphing encore balbutiant. Encore balbutiant car quand Doug et sa partenaire Melina (Rachel Ticotin) se retrouve à « l’air libre » sur Mars, comme Vilos Cohaagen avant eux, on assiste à des effets un tantinet grand-guignolesques.

Mais passons sur cette faiblesse.

 

Pour le reste, ce film va beaucoup plus loin que RoboCop. Les décors sont fabuleux, William Sandell et son équipe se sont surpassés pour nous offrir des paysages assez magnifiques sans parler du reste. De plus, le filtre rouge omniprésent quand on voit les paysages martiens donne aux autres couleurs un effet ternissant. On a parfois l’impression que les images de l’intérieur des bâtiments sont en noir et blanc tant l’intensité du rouge est forte.

De plus, le maquillage utilisé, essentiellement dans le visage des « mutants » est magnifiquement réalisé, donnant à voir un microcosme qui n’est pas sans rappeler celui de Freaks, en beaucoup moins fort tout de même.

Quant à la femme à la poitrine triplée, si sa découverte impressionne, son exhibitionnisme répété peut lasser à un moment. Et surtout : avec quoi s’occuper de ce troisième sein ? (2)

 

Tout ça nous fait un film pas si mal que ça : il y a chez Schwarzenegger une espèce de flair qui lui permet de se retrouver dans beaucoup de ces films « pas si mal que ça » où il n’est tout compte fait pas seulement une brute à la musculature imposante. Il faut dire que Terminator, lui a permis d’évoluer. On n’en est pas encore à Last action Hero qui arrivera magnifiquement à conjuguer sa carrure et un jeu dramatique plus subtile qu’à ses débuts. Mais on retrouve déjà les petites phrases un tantinet lourdes qui feront une partie du sel de ce prochain film.

 

 

  1. C’est encore Paul Verhoeven qui la révèlera vraiment dans le sulfureux Basic Instincts, son film suivant.
  2. Je ne vous suivrai pas plus loin sur ce chemin glissant…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Paul Verhoeven
RoboCop (Paul Verhoeven, 1987)

OCP est une multinationale extrêmement puissante. Sous la houlette de Richard Jones (Ronny Cox), son numéro 2, elle propose un nouveau genre de policier : un robot qui permet d’assurer un travail de police 24 heures sur 24.

Mais comme son modèle est défaillant, un jeune loup – Robert Morton (Miguel Ferrer) – propose un modèle hybride avec les restes d’un policier tué lors d’une opération : Alex J. Murphy (Peter Weller).

Il est maintenant Robocop, un flic robot dont les trois règles principales rejoignent celles d’Asimov.

Mais où commence le robot, et où d’arrête l’homme ?

 

Paul Verhoeven nous propose ce qu’on appelle un film policier « efficace ». En effet, l’intrigue est on ne peut plus musclée et les morts s’empilent rapidement. Les séquences de coups de feu sont nombreuses et fort nourris. On pense alors à Terminator qui sortit trois ans plus tôt. Mais si le T-800 est entièrement artificiel, Robocop garde en lui une part humaine. C’est d’ailleurs l’intérêt principal de ce film, qui aurait pu être un tantinet plus exploité.

Les rapports entre science et conscience (1) auraient certainement donné un film plus intéressant.

Mais il faut s’en contenter.

 

Robocop, je me souviens, fut un événement à sa sortie et fut rapidement réduit à un sous Terminator, alors que nous ne sommes absolument pas dans le même cadre. Terminator se projette dans l’avenir et est avant tout une course où le temps est important, alors qu’ici nous sommes dans un futur proche et virtuel. Malheureusement pour l’anticipation, le futur envisagé est un tantinet faux, mais qu’importe.

 

Par contre, la façon de traiter l’information est on ne peut plus pertinente.

C’est d’ailleurs ainsi que commence le film : un bulletin d’information nous apprend que la criminalité a atteint un niveau incroyable et justifie donc ce flic-robot. Mais c’est la façon dont est traitée l’information plus que le contenu qui est le plus intéressant :

Tout d’abord, l’annonce des infos promet de tout savoir en 3 minutes (2). Mais surtout, le bulletin est interrompu par une pause publicitaire…

Pas mal, non ?

 

Pour le reste, il est dommage que le film n’ait pu profiter des améliorations techniques que nous connaissons. En effet, les images nous présentant le ED-209 ne sont pas sans rappeler les effets spéciaux tels que les proposait Ray Harryhausen : c’est bien fait, les mouvements sont pratiquement limpides, mais ils ajoutent une teinte surannée  au film. Sans parler de la chute de Jones est finalement très peu crédible.

Alors qu’on admirait les squelettes dans Jason et les Argonautes, on est un peu déçu dans ce film : même Terminator ne souffre pas de ce problème.


Si Robocop est devenu un film culte d’une certaine manière, Paul Verhoeven a souffert d’une situation insoluble (en 1986-87) : son film est arrivé trop tôt. Cinq ans plus tard sort Terminator II : le morphing et l’animation en 3D règlent une bonne fois pour toute les faiblesses flagrantes des effets spéciaux « à l’ancienne »…

 

  1. « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais)
  2. Moi qui pensais que le « 6 minutes » de M6 était un tantinet léger…

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