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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

raoul walsh

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Raoul Walsh, #Dolores del Rio
La Danse rouge (The red Dance - Raoul Walsh, 1928)

Ils s’aiment mais ne peuvent être réunis !

Elle, Tasia (Dolores Del Rio), a été promise au géant Ivan Petroff (Ivan Linow) contre un cheval. Lui, Eugene, doit épouser la douce Varvara (Dorothy Revier) sur ordre du Tsar. Parce que nous sommes dans la Russie tsariste, au milieu des années 1910s, alors que la guerre s’enlise à l’Ouest et que la grogne monte dans les campagnes.

Le véritable problème à leur relation (impossible, donc) c’est que lui est grand-duc alors qu’elle n’est qu’une moujik.

Mais la Révolution va rebattre les cartes et ce qui n’était pas possible le devient. Mais qui dit révolution, dit prise de pouvoir et le général Tanaroff (Andrés de Segurola) veut éliminer tous ceux qui se placent en travers de son chemin. Et Eugene est l’un d’eux…

 

Voilà une dizaine d’années que les Rouges ont pris le pouvoir en Russie et la période de la Révolution de 17 inspire toujours Hollywood. Cette fois-ci, c’est donc Raoul Walsh qui s’y attelle, dans une histoire d’amour très convenue à l’intrigue sans beaucoup de surprise. Par contre, la bonne surprise, ce sont les différents protagonistes et en particulier Ivan Linow. Walsh utilise à merveille sa stature (1), mais sans pour autant en faire un grand benêt. Petroff est un personnage plutôt repoussant de prime abord – surtout qu’il ne s’est pas rasé depuis un moment – mais qui évolue très bien : après avoir dessoûlé, il ne compte plus épouser Tasia, préférant rester un homme à femmes (2). Plus tard, il sera même l’instrument du destin qui scellera le destin des deux amoureux.

 

C’est d’ailleurs l’aboutissement de cet amour qui nous le rend vraiment sympathique : complètement remis de ses beuveries en prenant du galon (il devient général), il se rend compte véritablement du pouvoir (plus ou moins volontaire) de séduction de Tasia et c’est malgré tout à regret qu’il l’aide à partir avec celui qu’elle aime : peut-on rêver meilleure preuve d’amour que celle-ci ?

Quant à Dolores Del Rio, elle est, encore une fois, superbe, interprétant une jeune femme forte – il faut quand on est chez Walsh – et intelligente, dont la beauté n’a d’égal que l’engagement. Elle campe un Tasia fière et lucide, véritable chantre de la liberté après ces siècles d’oppression tsariste.

Et on peut aussi dire qu’elle incarne aussi le ressentiment américain quant à ce nouveau gouvernement communiste : elle ne peut suivre cette bande de menteurs et de meurtriers, incarnés par Tanaroff.

 

Alors face à ces deux personnages, Charles Farrell est beaucoup plus mièvre, incarnant un noble de haute lignée et de haute position : il ne fait pas beaucoup le poids face à la truculence de Petroff et l’engagement de Tasia ! Mais il demeure cet acteur subtil et délicat, et Eugene devient alors celui qui peut amener le calme et la sérénité à cette fougueuse danseuse.

Parce que Tasia danse, mais la « Danse rouge » du titre ne la concerne pas : il s’agit de la révolution russe à proprement parler, avec ses combats, sa violence, ses débordements. Walsh nous gratifie d’une longue séance de bataille de rue avec morts à répétition, charges de cavalerie et pillage, d’une grande portée.

 

Mais malgré tout cela, et aussi une grande maîtrise technique des deux chefs opérateurs – Charles Clarke et Jack Marta – le film reste tout de même mineur, certainement du fait de l’intrigue amoureuse trop présente, reléguant au second plan ce qui aurait pu devenir une grande épopée historique (3), la Révolution Russe.

Mais ne boudons pas notre plaisir : Walsh sait faire du cinéma, et c’est ce qui importe le plus !

 

 

  1. Deux ans plus tard, il sera Hercule dans le remake de The unholy Three : encore un colosse.
  2. Par contre, Eugene épouse la princesse Varvara…
  3. Hollywoodienne, donc avec des approximations, bien entendu…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Gangsters, #Raoul Walsh
Me and my Gal (Raoul Walsh, 1932)

Danny Dolan (Spencer Tracy) est policier, sur les quais. Un jour il tire un poivrot de l’au et est promu détective. Le voilà à la poursuite de gangsters (marchandise très répandue à cette époque).

Dans le même temps, il poursuit de ses assiduités la belle Helen Riley (Joan Bennett) qui sert là où il a ses habitudes. Cette dernière a une sœur, Kate (Marion Burns). Et cette sœur vient de se marier. Avant, elle aimait Duke Castenega (George Walsh, le frère de). Mais ça, c’était avant. Pourtant, quand ce dernier s’évade de prison, elle le cache dans son grenier, attendant un prochain coup.

Bien entendu, Danny et Duke vont se retrouver face à face : c’est toujours comme ça entre les gangsters et les policiers.

 

Bien sûr, ce film s’inscrit dans la vague de films de gangsters inaugurée par Underworld cinq ans plus tôt. Et Walsh est à son aise dans ce milieu, même si ce n’est pas l’intrigue policière qui l’intéresse le plus (et nous aussi par la même occasion). Le titre Moi et ma nana (1) va centrer l’intrigue sur les rapports entre Danny et Helen : tendus voire inamicaux au début jusqu’au mariage attendu (2).

Et tout le monde s’amuse de cette relation évolutive : Walsh le premier, utilisant même le monologue intérieur quand Danny va se déclarer – piteusement - : chacun énonce quelque chose qu’il/elle va plus ou moins infirmer intérieurement (3). Et cette séquence trouvera sa résolution au café quelques temps plus tard quand Danny va demander sa main : on est dans la même verve comique, habituelle chez Walsh.

 

Mais les gangsters ne prennent pas de vacances et se rappellent à notre bon souvenir, amenant un écueil dans la relation entre nos deux amoureux : Kate héberge Duke, et Helen le sait, mais le cache à son « fiancé ». Mais comme nous sommes avant tout dans une comédie, tout se terminera bien pour eux, et le « méchant » sera châtié. On notera l’ironie de Walsh dans le fait que ce méchant n’est autre que son frère !

Autre élément comiques du film : les ivrognes. Et surtout Will Stanton qui va tout déclencher et amener la promotion de Danny. Bien que nous soyons en pleine Prohibition, l’alcool a tendance à couler à flot comme on peut le voir au mariage de Kate. Mais si le Volstead Act est effectif, à aucun moment un policier n’empêche quelqu’un de boire ni le verbalise. On dira qu’on est en 1918…

 

Et puis Walsh s’est entouré de quelques gloires du muet dont plusieurs éléments eux aussi comiques : J. Farrell McDonald, bien sûr, qui rappelle qu’il a tourné chez Ford le même genre de personnage truculent. Il n’est d’ailleurs que très partiellement concerné par l’intrigue : deux fois il se tourne ostensiblement vers le spectateur, jouant la carte de la connivence.

On trouve aussi Hank Mann qui était l’an passé l’autre boxeur dans City Lights, et Billy Evan, et Ralph Sipperly… Sans oublier le fidèle James A. Marcus, un habitué chez Walsh.

C’est tout un microcosme burlesque qui gravite autour du café, véritable pendant comique de cette intrigue policière qui finira mal (vous devinez pour qui).

 

Bref, Walsh est en pleine forme pour ce nouveau film de gangsters, véritable transition vers d’autres films du même genre beaucoup moins comiques : The roaring Twenties, White Heat

 

  1. « Gal » est une déformation phonétique de « Girl », comme on prononce dans le milieu.
  2. Non, je ne « spoile » rien : n’importe qui comprend instantanément qu’ils vont finir ensemble ces deux-là !
  3. Helen : « Il m’a embrassé. Je suis tellement heureuse, mais je vais faire semblant d’être en colère. »

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Raoul Walsh
La Charge fantastique (They died with their Boots on - Raoul Walsh, 1941)

De West Point à Little Bighorn, voici la charge fantastique du titre français de George Armstrong Custer (Errol Flynn) : l’un des pires éléments de l’école prestigieuse militaire – pire que Grant (Joseph Crehan), c’est dire – qui s’illustra pendant la Guerre de Sécession avant de participer aux guerres indiennes qui suivirent le conflit. Et bien sûr, il devint l’un des plus grands héros de l’Ouest américain.

Blanc.

 

Autant le dire tout de suite, la vérité historique n’est pas toujours là. La première partie (jusqu’à la 74ème minute) est à peu près correcte, mais à partir de là, nous nageons dans un à peu près historique qui n’est pas pour déplaire à Raoul Walsh, grand conteur et surtout menteur invétéré du cinéma américain.

Mais peu nous importe cette vérité : nous sommes au cinéma, et c’est avant tout le spectacle qui nous intéresse.

Et du spectacle, ici, il y en a !

 

Cinq ans plus tôt, Custer avait déjà été la vedette (secondaire) d’un western qui traitait de la même période : The Plainsman. Mais ici, il passe au premier plan, et comme en plus il est interprété par le grand (et beau) Errol Flynn, on aurait tort de bouder son plaisir !

Et en plus, on retrouve à ses côtés une de ses partenaires mythiques : la belle (et talentueuse) Olivia de Havilland (Libby Bacon Custer) qui vient de fêter ses 104 ans (!) le 1er juillet dernier. C’est d’ailleurs leur dernier film ensemble – le huitième (1).

Et comme nous sommes chez Walsh, on ne peut pas passer à côté de l’humour, qui s’exprime essentiellement pendant la séquence à West Point où Custer y fait une entrée remarquée et est pris en grippe par deux personnages qui auront leur importance dans son destin (cinématographique) : Ned Sharp (Arthur Kennedy) et Romulus Taipe (Stanley Ridges).

 

La première partie (73 minutes environ) voit la montée en puissance d’un personnage hors du commun (en ferait-on un film s’il en était autrement ?) et qui va se révéler dans le point culminant : la Guerre Civile. On découvre déjà une forme d’obstination chez ce général malgré lui (et surtout malgré Taipe !) quand on le voit emmener les différents bataillons du Michigan à l’assaut de l’armée de Stuart jusqu’à ce que cela paye : on ne donne pas le nombre de morts que ces assauts ont engendrés. On retrouvera cette même obstination quand Custer décidera d’affronter les Indiens à Little Bighorn, mais pas dans ce film.

Les différentes scènes de bataille de la Guerre de Sécession ne sont d’ailleurs pas sans rappeler les débuts de Walsh en tant que réalisateur : il fut l’assistant de Griffith sur Naissance d’une Nation qui voit déjà une très belle séquence de bataille militaire : celle de Gettysburg (1863).

 

Au bout de 73 minutes, donc, apparaissent les premiers Indiens. Custer a été envoyé dans le Dakota du Sud, à Fort Lincoln, en bordure des Collines Noires.

C’est donc là que la fiction prend le dessus de l’Histoire, puisqu’on y découvre un Custer fort humain voire humaniste. On peut croire ce qui concerne la remise en état du célèbre 7ème de Cavalerie pour en faire un bataillon d’élite, ainsi que son hymne : Garryowen. Vous savez cet air entraînant qui retranscrit très bien le rythme d’une galopade (vous pouvez l’écouter ici à partir de 1 min 17).

Par contre, pour ce qui est des relations avec les Indiens, on a le droit d’être très circonspect. Avec en point d’orgue la réplique de « Queen’s Own » Butler (G.P. Huntley) : « les vrais Américains sont derrière les collines et portent des plumes ». Il fait ici référence aux Indiens de Crazy Horse (Anthony Quinn).

 

Et tout comme dans le film de DeMille, nous assistons à la fin héroïque de notre héros. Mais cette fois-ci, ce n’est pas seulement une évocation : Walsh met les petits plats dans les grands et nous offre un dernier souffle épique ainsi qu’un massacre en règle.

Certes, il conserve le point de vue de Custer et Flynn est aussi fantastique que le titre français, mais on assiste tout de même à une boucherie terrible : Comme on dit chez nous : « ça tombe comme à Gravelotte. » Quant à l’assaut final – à pied – il est d’une rare violence pour un film de cette époque. Ca trucide et ça frappe à tout va : heureusement que le film est en noir et blanc et que le sang ne coule pas autant qu’à notre époque parce qu’on aurait un sol bien rouge.

Il n’empêche, ce final est absolument magnifique : pour une fois que les Indiens gagnent !

 

Si la vérité n’est pas vraiment respectée, on ne peut négliger la situation (géo)politique des Etats-Unis en novembre 1941 : la guerre approche (16 jours plus tard aura lieu l’attaque japonaise à Pearl Harbour).

On y retrouve dans les films de cette année de nombreuses références ainsi qu’un encouragement latent à l’intervention contre les nazis (The long Voyage home, Foreign Correspondent).

Et on peut voir dans le travail de Custer pour créer un bataillon d’élite un encouragement national à l’unité dans le conflit à venir. Les valeurs exaltées dans son discours à son état-major  (avec l’adoption de Garryowen) vont dans ce sens. Et derrière Custer et ses hommes qui partent rencontrer leur destin (fatal), c’est l’Amérique (du Nord, entre le Canada et le Mexique) qui se prépare à entrer en guerre pour combattre les ennemis de la liberté.

Hélas, ce sont les Indiens qui en font les frais.

 

(1) Je sais, ils jouent aussi tous les deux dans Thank your lucky Star (1943). Mais ils n’y sont pas réunis comme dans les autres.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Raoul Walsh
Les Aventures du capitaine Wyatt (Distant Drums - Raoul Walsh, 1951)

Le capitaine Wyatt (Gary Cooper) est un drôle d’homme. Certes c’est un soldat, mais ses manières ne sont pas celles qu’on attend d’un militaire. Tout d’abord, il ne vit pas en garnison, mai sur une île, à l’écart des autres. De plus, il a épousé une Indienne avec qui il a eu un fils. Malheureusement, son épouse a été tuée par d’autres soldats, jeunes et ivres.

Cela ne l’empêche pas de continuer à mener un bataillon de braves pendant la guerre qui opposé le gouvernement américain aux Séminoles entre 1835 et 1842.

Nous le suivons ici dans une opération contre un fort tenu par des trafiquants d’armes et surtout la fuite devant les Indiens dans les Everglades, cette région marécageuse très dangereuse de Floride.

 

Walsh termine 1951 avec un nouveau western (le deuxième), et surtout l’immense (par la taille et le talent) Gary Cooper. Il s’agit aussi du premier film où on peut entendre le cri Wilhelm, poussé ici par Sheb Wooley (le soldat Jessup) alors qu’il est entraîné par un alligator (1). Mais il s’agit aussi d’un film sur les guerres indiennes, qui se déroule plus tôt que les westerns traditionnels avec duel au coucher du soleil ou autre règlement de compte à coup de fusil comme on en trouvait beaucoup à la même époque.

Ici, pas de microcosme des pionniers comme on en a l’habitude depuis The covered Wagon ou the big Trail, mais un univers naturel et sauvage, fatalement hostile où les alligators et autres reptiles sont à leur aise.

 

IL y a chez Wyatt une noblesse indissociable de Gary Cooper : c’est un homme ouvert – il a épousé une Indienne – et bon – il a pardonné aux meurtriers de sa femme – ainsi qu’un soldat très courageux et attentif à ses hommes (dans une certaine mesure). En effet, lors des différentes manœuvres de repli inévitable, il est toujours le dernier) partir, veillant à n’abandonner personne.

Mais comme nous sommes malgré tout chez Raoul Walsh, on retrouve quelques éléments récurrents, et en particulier un  partenaire pour Wyatt : Monk (Arthur Hunicutt). Certes, ce n’est pas Walter Brennan, mais on retrouve tout de même un côté rude chez ce trappeur, qui est avant tout un ami indéfectible de notre héros, amenant de par son attitude quelques éléments comiques dans un film qui n’en a pas tant que ça.

 

Il faut dire que le sujet de l’intrigue se base sut une période historique pas spécialement glorieuse des Etats-Unis : la seconde guerre séminole avait pour origine  la déportation des Amérindiens de Floride. Il y aura une troisième guerre qui ne laissera plus qu’une centaine d’Indiens encore en vie une quinzaine d’années plus tard (1855-1858).

Et si les Séminoles subissent ici de lourdes pertes, il en va un peu de même pour les « tuniques bleues », mais surtout Walsh insiste sur le fait que tous les Indiens ne sont pas les mêmes. Dès le début, alors que le lieutenant Richard Tufts (Richard Webb), le narrateur, rencontre un Indien, son réflexe est de sortir son sabre du fourreau. Il est rapidement stoppé dans son élan par Monk qui lui explique que l’homme qu’il voit est un ami.

De la même façon, Wyatt explique qu’il n’en veut pas aux Séminoles d’avoir tué sa femme puisque ce ne sont pas eux qui ont tué sa femme. Par contre, on ne sait pas trop pourquoi il leur en veut, si ce n’est la logique de la guerre qui perdure (L’intrigue se situe en 1840).

Nous n’en sommes tout de même pas encore au revirement qui s’amorcera bientôt et nous amènera quelques westerns humanistes, mais on sent que tout est prêt pour le changement de point de vue.

 

Et puis il y a LA femme. Elle est belle et ne manque pas d’appas et n’a surtout rien à envier à Jane Russell dans The Outlaw. Et bien sûr, elle va succomber au charme de Wyatt (normal, c’est Gary Cooper !), changeant d’état d’esprit à force de côtoyer cet homme. Mari Aldon (Judy Beckett) ici était une actrice américaine qui ne compta qu’une douzaine de films au cinéma, concentrant sa carrière à la télévision. On se souvient surtout de son rôle dans ce film grâce à la photo célèbre qui en fut tirée et utilisée pour sa promotion (voir ci-dessus).

 

Et les tambours (2) ?

On commence à les entendre quand Wyatt et son équipage pénètrent les marais. Ce sont des tambours d’avertissement tout d’abord, annonçant aux autres Indiens la situation. Rapidement, ils deviennent un accompagnement sonore permanent, qui ne sera interrompu que par l’issue de l’affrontement final (3). Ces tambours indiens seront alors remplacés par celui de l’armée américaine, beaucoup plus martial, et donc beaucoup moins mélodieux.

Mais ceci n’est qu’une question de goût…

 

  1. Un des habitants des Everglades.
  2. Le titre original pourrait se traduire par « Tambours dans le lointain ».
  3. Il y en a tout de même un, nous sommes dans un western !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raoul Walsh, #Pirates
Barbe Noire le Pirate (Blackbeard, the Pirate - Raoul Walsh, 1952)

C’est finalement Robert Newton qui tient le rôle du pirate, dirigé par Raoul Walsh, dans une adaptation très libre de la vie – et surtout la fin – de ce terrible personnage à la barbe noire et tressée.

 

Barbe-Noire est le type de personnage très walshien, de par sa démesure et sa truculence. Encore qu’on aurait pu faire un peu plus dans cette démesure. Mais pour une fois que le chef des pirates ne s’en sort pas à la fin, on ne va pas bouder notre plaisir.

Encore que les deux premiers tiers du film sont tout de même un peu lents et que heureusement pour nous, on assiste à une fin spectaculaire autant que cruelle.

 

Ce Barbe-Noire n’a rien d’un enfant de chœur, et surtout n’est absolument pas romantique comme pouvait l’être Errol Flynn dans les années 1930s ou encore Douglas Fairbanks dans la décennie précédente.

Robert Newton campe un Barbe-Noire des plus retors et cruel, pas très regardant quand il s’agit de sauver sa peau, sacrifiant ainsi un de ses hommes pour éviter lui-même la mort, en tuant un autre pour se faire passer pour mort.

Bref, un abominable personnage, reflétant tout de même la réalité quant à la flibuste.

 

En face de ce loup de mer, on trouve un autre pirate des plus célèbres : Henry Morgan (Torin Thatcher). Le seul petit problème, c’est que le véritable Morgan est mort quelques années seulement après la naissance du premier, en 1688. Mais qu’importe, nous sommes au cinéma.

Par contre, s’il est bien quelqu’un qui a combattu l’infâme c’est Robert Maynard (Keith Andes).

C’est d’ailleurs lui qui raconte l’histoire et nous suivons donc son point de vue, jusqu’à la mort du pirate sur l’île d’Ocracoke, tué par ceux qui furent ses compagnons de mer.

 

Si Robert Newton s’en tire plutôt bien – Boris Karloff avait été envisagé – Keith Andes interprète un Maynard un tantinet falot : c’est un jeune homme blond, plein de courage, mais il lui manque le charme et surtout le charisme de ses prédécesseurs (voir plus haut).

Pourtant, il est secondé par Edwina Mansfield (Linda Darnell, toujours aussi belle) qui au final fait montre d’un caractère beaucoup plus trempé que son prétendant.

Cette différence explique aussi pourquoi Keith Andes n’apparaît qu’en quatrième position sur l’affiche du film.

Autre personnage de type walshien cette fois : Alvina (Irene Ryan). C’est une vieille demoiselle de compagnie qui suit la belle Edwina, mais n’a toujours pas trouvé l’âme sœur (on comprend alors aisément pourquoi elle est une « Lady en devenir »). C’est surtout une femme qui sait boire, comme elle le montre à B.N. : ce dernier en profite pour lui tirer le secret de sa maîtresse.

 

Si le seul dernier tiers retient l’attention, c’est aussi parce qu’on y assiste – enfin – à des abordages et les combats qui les accompagnent. Ca tire, ça tue, ça brette… Mais ça ne saute pas : pas de filins qui transbordent les pirates comme chez Curtiz ou Parker.

Par contre le combat naval entre les navires (celui de Morgan contre celui de B.N.) est destructeur au possible, les différentes phases s’enchaînant comme il faut pour le plaisir des spectateurs.

 

Quant à la fin du pirate – et du film par la même occasion – on assiste à un supplice des plus raffinés mais surtout très cruel : Barbe-Noire est enterré (vivant) sur la plage, seule sa tête dépassant pendant que la marée monte et le noie.

 

Cette image terrible m’a longtemps poursuivie : enfant, des copains m’avaient raconté ce final, insistant sur les détails horrifiques. J’ai enfin pu voir ce qu’il en était !

Et j’avoue que c’est un final des plus terribles, surtout quand il est comparé aux autres films de pirates que j’ai pu voir entretemps…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie, #Raoul Walsh
The lucky Lady (Raoul Walsh, 1926)

Cette femme chanceuse ne l’est pas tant que cela. En effet, la princesse Antoinette (Greta Nissen) élevée chez les sœurs, est rappelée dans son petit état, le San Guido. Le San Guido a pour source de revenus quasiment exclusive le casino et ses joueurs (1).
Elle doit revenir parce que la révolte gronde et la république menace de s’installer. Les conseillers de la monarchie – qui sont aussi propriétaires du casino – ont décidé de marier la princesse au grand-duc Ferranzo (Lionel Barrymore), joueur malchanceux s’il en est (1,5 million de dettes), et surtout grand amateur de femmes plus ou moins légères.

Bien sûr, elle n’en a pas envie, surtout qu’elle a fait la connaissance d’un Américain de passage dans sa principauté : le beau Clarke (William Collier Jr.), qui a révisé ses jugements quant à la beauté des femmes en apercevant la belle princesse.

 

 On aura tout de suite reconnu Monaco derrière cette principauté au casino tant couru, et dont les gardiens ne sont pas sans rappeler les militaire de la véritable enclave princière. De plus, la monnaie est le franc. Quatre ans après Foolish Wives, nous retournons donc là-bas, mais pour une histoire beaucoup plus légère.

 

On sent que Raoul Walsh s’est amusé en tournant cette histoire mélodramatique mais surtout comique. Rien n’est bien sérieux dans cette histoire, et c’est d’ailleurs un plaisir de revoir Lionel Barrymore faire rire, ce qui n’était pas très souvent le cas.

Et chose étonnante, le « méchant » de l’histoire (2) qui n’est autre que Marc McDermott ne meurt pas avant la fin. Ni d’ailleurs dans le reste du le film.

 

On retrouve chez la princesse une véritable héroïne de Walsh de par ses attitudes et sa mentalité.

Elle a beau sortir du couvent, on n’y croit pas une seconde : déjà, elle y est une pensionnaire dissipée, mais surtout, sa prestation en L’il’ Toni nous fait croire qu’elle n’a absolument rien appris de son passage au couvent. En effet, pour dénoncer le contrat de mariage qu’elle a dû signer avec Ferranzo, elle crée cette femme sulfureuse pour séduire le grand-duc et ainsi se libérer de ce pesant engagement.

 

Toni n’a absolument rien d’une princesse, mais plutôt une femme moderne telle qu’on en trouve aux Etats-Unis à la même époque. Elle n’a peur de rien et surtout pas de ce vieux coureur, et joue avec adresse ce rôle de femme fatale. Et là encore, on sent que tout le monde s’amuse sur ce film.

Et tout comme Antoinette, Clarke est lui aussi un pur héros walshien. Il est courageux et prêt à tout pour atteindre son but, même s’il semble absolument inaccessible : vous imaginez, une princesse avec un acteur…

 

Une princesse avec un acteur peut-être pas, mais un prince avec une princesse…

C’est arrivé trente ans après la sortie du film, presque jour pour jour.

 

Alors finalement, cette histoire n’est pas si absurde que ça. !

 

  1. J’aurai pu ajouter « malchanceux », mais dans un tel lieu ça tend vers le pléonasme.
  2. Ce n’est pas un criminel ni un salaud de quelque espèce, mais tout bonnement un homme d’affaires.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Raoul Walsh, #Gangsters
Les Faubourgs de New York (The Bowery - Raoul Walsh, 1933)

Le Bowery (le titre original), c’est un quartier de New York extrêmement mal famé, surtout au tournant du siècle (le vingtième).

C’est ici que Raoul Walsh a grandi (1), ce qui donne au film un cachet authentique formidable.

Et comme le film sort un peu avant le Code Hays, Walsh n’hésite pas à en rajouter au point de vue de l’authenticité.

 

Dès les premières images, et après un carton explicatif, Walsh nous plonge dans le quartier qu’il vient de qualifier de « vivant ».

Et c’est sûr qu’il l’est : ce sont des saloons, des gueules patibulaires et des professionnelles du pavé qui peuplent ce lieu mythique. On assiste à différentes actions répréhensibles, et on peut même y voir la police embarquer quelques-unes de ces dames de la nuit…

Bref, nous sommes dans un quartier plus que populaire, mais pas obligatoirement dans le bon sens du terme.

 

Chuck Connors (Wallace Beery, toujours aussi truculent) est la vedette du coin : il dirige un saloon où on boit sec, surtout que l’action se passe bien avant la Prohibition (2). Il n’est pas un vrai truand. C’est plus un bon vivant qui propose de l’alcool et des filles légèrement vêtues qui dansent sur une scène, accompagnées par quelques artistes du coin. Les numéros musicaux étant plus un prétexte pour lever leurs jupes.

Mais il y a une autre figure dans ce Bowery : Steve Brodie (George Raft). Il est bien sûr l’ennemi de Connors et veut lui aussi diriger le quartier. Si Connors est un homme massif aux manières peu civilisées, Brodie est un homme mince et distingué, prompt à exploiter chaque situation permettant d’en faire voir à Connors, voire de le ridiculiser (3).

Il n’y a pas de femme dans la vie de Chuck. Seulement Swipes (Jackie Cooper), son fils (ou présenté tel). Est-il vraiment de lui, on ne le sait pas, et de toute façon, ce n’est pas ça le plus important. Il y a une relation qui va au-delà de l’amitié. Il faut voir Swipes embrasser Connors pour comprendre : Connors râle (plus pour la forme) arguant qu’il ne veut pas qu’on le prenne pour sa mère !

La relation entre les deux personnages est faite de tendresse et d’humour, les conseils de Connors quant au maintien sont fort judicieux, mais peu suivis d’effets de sa part. Mais si l’association fonctionne bien, c’est aussi parce que ce n’est pas la première fois qu’ils jouent ensemble : deux ans plus tôt sortait The Champ (King Vidor, 1931), et un troisième suivra l’année d’après, Treasure Island (Victor Fleming, 1934).

 

C’est donc un film d’hommes que nous propose Walsh, près de vingt ans après Regeneration. On retrouve un lieu mal famé et des pratiques qui ne sont pas vraiment en adéquation avec les bonnes mœurs. En effet, le Code Hays va entrer en action l’année suivante et certaines des images que nous pouvons voir ne seront pas reconduites.

On assiste à une bagarre générale qui vaut largement celle de tartes à la crème des Laurel et Hardy, Walsh multipliant les plans rapprochés et même les gros plans pour faire état de la violence : les poings sont vite supplantés par les accessoires disponibles dont des briques qui en assomment plus d’un.

C’est un magnifique chaos (et KO) dont Connors et Brodie ne sont pas en reste.

Cet immense pugilat fait suite à l’annonce d’un incendie : Connors et Brodie dirigent chacun une compagnie de pompiers volontaires, et c’est une fois arrivés sur les lieux que la bataille fait rage pendant que les victimes sont totalement oubliées (4), une fois l’échauffourée terminée, de la maison ne subsiste que les restes calcinés…

 

C’est un film d’hommes certes, mais il y a tout de même une femme : Lucy Calhoun (Fay Wray, toujours aussi belle !). C’est une jeune femme réservée et plutôt faible, aux mains d’un duo qui n’est pas si philanthropique que ça : ces deux affreux recherchent des jeunes femmes pour arpenter les trottoirs à leurs comptes. Heureusement, Connors – qui est malgré tout un personnage positif – écarte les deux maquereaux et la prend sous son aile : elle est embauchée comme bonne à tout faire (en tout bien tout honneur) chez Connors et sera la cause d’une dispute entre Swipes et lui, le garçon ne comprenant pas l’arrivée de cette femme alors que Connors n’a cessé de lui répéter que les femmes sont inutiles.

 

On retrouve aussi dans le film le ton de What Price glory, alternant humour et émotion, avec bien sûr de belles bagarres, même si Connors et Brodie sont ennemis (5) : mais cette fois, ce n’est pas pour une femme qu’ils se battent, c’est pour le contrôle du quartier. Mais on se doute bien malgré tout que cette inimitié ne tient pas à grand-chose. Et d’une certaine manière, la fin rappelle encore une fois le même film (je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait).

 

Bref, c’est du grand Walsh, et un véritable feu d’artifices en ce qui concerne les scènes montrées : une grande débauche (c’est le cas de le dire) de vice et de violence avant la mise en place du Code qui va bannir pendant longtemps de telles scènes.

Peu importe, le mal a été fait : on a (presque) tout vu !

Et on en redemande…

 

 

PS : notez au passage la présence de George Walsh (le frère de) dans le rôle de John L. Sullivan, personnage qui a réellement existé. Il fut le tout premier champion du monde de boxe poids lourds.

 

  1. Walsh étant d’origine irlandaise, on peut douter de ses propos : ses différentes aventures picaresques peuvent prêter à controverse tant son imagination était grande…
  2. Nous avons un marqueur de temps très précieux : Connors s’engage pour aller se battre dans la guerre hispano-américaine de 1898. Mais de toute façon, quand le film sort, la Prohibition est en train de disparaître : le XXIème Amendement l’enterrera définitivement le 5 décembre de cette même année.
  3. Le gag récurrent du cigare explosif est très bien exploité.
  4. On retrouvera ce concept de pompiers volontaires dans le magnifique Gangs of New York. Les pompiers de Connors et Brodie n’étaient certainement pas différents de ceux de Bill « the Butcher » Cutting (Daniel Day-Lewis) : éteindre un incendie était surtout prétexte à piller la maison sinistrée.
  5. Flagg (Victor McLaglen) et Quirt (Edmund Lowe) ne sont pas ennemis mais rivaux pour le cœur de la belle Charmaine (Dolores del Rio).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Raoul Walsh
L'Enfer est à lui (White Heat - Raoul Walsh, 1949)

Arthur « Cody » Jarrett (James Cagney) est un truand. C’est un psychopathe de la pire espèce, assassinant de sang froid celui qui se met sur son chemin.

Il commande tout et tout le monde, planifie, décide et dirige ses complices, accumulant les cadavres avec les butins faramineux (pour l’époque, nous sommes en 1948).

Mais la police veille et envoie Alan Fallone (Edmond O’Brien) en infiltration auprès de Cody.

 

Avec Jarrett sur les écrans, c’est le retour des truands de haute volée, comme on en trouvait au début des années 1930s.

Mais entretemps, les mentalités ont évolué et le code Hays a bien rempli son rôle.

Pourtant, Raoul Walsh nous offre ici un magnifique film de gangsters, aussi mauvais et dangereux que ses aînés de la décennie précédente. Et avoir choisi James Cagney n’est pas anodin. Outre le fait qu’il était un acteur phénoménal, il a aussi participé à quelques films du genre, dont les personnages sont presque devenus mythiques maintenant : Tom Powers (The Public Enemy) ou encore Rocky Sullivan (Angels with dirty Faces).

 

Mais en plus d’un film de gangsters, Walsh ajoute une teinte carcérale qui voit l’infiltration de Fallone auprès de Cody. Bien que ce ne soit pas le thème le plus important dans le film, on retrouve les codes de cet autre genre avec la promiscuité, les « métiers » ou encore les inévitables désirs d’évasion.

Mais c’est surtout en prison que se passe le tournant du film : l’infiltration. Il faut avant tout savoir que Cody est un malade. En plus d’avoir le cerveau déglingué, il souffre de migraines chroniques – de plus en plus fortes, semble-t-il – qui l’affaiblissent spectaculairement. C’est d’ailleurs au moment de l’une de ces migraines que Fallone va gagner la confiance de Cody.

Il y a dans le jeu de Cagney une maîtrise et surtout une authenticité impressionnantes. Ses deux crises sont à chaque fois des moments pathétiques où seul une personne proche peut le soulager : proche moralement et physiquement.

Le moment où Fallone voit Cody s’effondrer pourrait presque nous faire croire que Fallone a pitié de lui, tant le spectacle auquel il assiste est prenant et surtout terrible pour Cody.

Autre grand moment de bravoure pour Cagney : l’annonce de la mort de sa mère. Cody est pris d’une rage terrible et doit être évacués de force par une escouade de gardiens tant sa     crise est forte. A tel point que les figurants qui occupaient les tables du réfectoire furent eux-mêmes saisis devant le jeu de l’acteur, s’imaginant qu’il avait une vraie crise !

 

Mais quand le film sort, près de 15 ans ont passé depuis la mise en place du Code Hays, et il n’est pas question de faire de ce redoutable gangster un modèle. Et Walsh insiste aussi sur les moyens policiers, utilisant la technologie de pointe (de 1948) avec téléphone dans la voiture et surtout un détecteur radio qui permet de suivre le parcours de Cody et ses complices pour leur dernier coup.

Dernier coup, parce qu’il est indispensable que Cody s’en sorte. Nous assistons alors à une mise à mort, les policiers n’hésitant à aucun moment pour l’abattre. Mais afin de faire passer plus facilement la mise à mort légale, Walsh n’a pas hésité à nous montrer un personnage d’une extrême dangerosité, au cerveau malade dans tous les sens du terme.

Cody devient de plus en plus fou, méprisant la vie humaine quelle qu’elle soit : celle des policier ou celle de ses complices qui tombent un à un.

 

En plus, tout comme Tom Powers, Cody qui est tout pour lui, tout comme il est tout pour elle. Mais alors que Ma Powers (Beryl Mercer) était une femme victime de la malfaisance de son fils, il n’en va pas de même de « Mother » Jarrett (Margaret Wycherly). C’est une femme forte, mais surtout fière de son garçon, bien qu’il soit un gangster notoire. On pourrait même dire que son mauvais penchant est la raison de sa fierté : elle a toujours voulu qu’il arrive tout en haut (« on top of the World »), et d’une certaine façon, il y arrivera comme le dira Fallone en conclusion.

La relation entre Cody et sa mère est très fusionnelle, amenant la crise du réfectoire (cf. plus haut). Il faut dire que cette dernière est plus qu’une mère : elle est aussi complice des méfaits de son fils. Il faut la voir déjouer la vigilance de la police ou annoncer à son fils en prison qu’elle va prendre les choses en main pour s’en convaincre.

 

Il n’y a donc aucune commisération possible : Cody doit mourir, et même sa mère ne peut le racheter, elle est aussi mauvaise que lui.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Raoul Walsh, #Gangsters
Regeneration (Raoul Walsh, 1915)

C’est déjà le dix-neuvième film que réalise Raoul Walsh, et le premier avec son nouveau contrat chez William Fox. Mais ce film va tout de suite lui valoir un doublement de son salaire, ce qui n’est que justice tant le film qu’il nous propose est magnifique.


Owen (John McCann, Harry McCoy puis Rockliffe Fellowes) est un jeune garçon d’une dizaine d’années quand il perd sa mère et se retrouve seul. Il est alors recueilli par ses voisins, Jim (James A. Marcus) et Maggie (Maggie Weston) Conway : un alcoolique et une mégère. Jim va donc grandir dans un milieu défavorisé où la force et la ruse – et un mépris de la Loi – sont les seules valeurs.

A 25 ans, il est le chef du gang de son quartier. Dans ce quartier s’installe un foyer d’accueil dirigé par la jeune et belle Mary Deering (Anna Q. Nilsson), une jeune femme riche mais qui veut aider ses contemporains.

Bien entendu, Owen tombe amoureux de la jeune femme…

 

Si l’intrigue est édifiante – nous sommes en 1915, la morale passer avant tout – le film lui, n’est pas si sage que ça. En effet, Walsh nous propose un film de gangster où la douceur et la bienveillance de Mary sont contrebalancées par la dépravation des voyous et la violence de leur milieu.

Owen a appris à se battre et ses acolytes sont de véritables mauvaises graines : ils volent, boivent, jouent… Bref, tout ce que Mary veut combattre.

Si la tâche semble ardue, Mary reçoit tout de même un coup de pouce du destin : lors d’une promenade en ferry, un incendie se déclare et Owen sauve deux petites filles, faisant ainsi la conquête de Marty. Et par là même, son lent chemin vers le côté vertueux de la vie, amorçant la régénération du titre.

 

En plus d’une intrigue somme toute réaliste, les différentes prises de vue sont assez magistrales pour cette année 1915. Nombre de fois, nous assistons à des travellings avant et arrière amenant le spectateur à se faire une idée d’ensemble de ce qui se trame. Les gros plans se succèdent aux TRES gros plans – les yeux des acteurs – donnant un surcroît de rythme à la narration.

 

Bien sûr ce film américain traite de la rédemption. C’est d’ailleurs sa seule raison d’être. Nous assistons à la renaissance d’Owen, favorisée par la présence de Mary, véritable figure christique, qui donnera sa vie pour son rachat.

Et cette fin tragique tranche complètement avec les fins heureuses qui étaient plus le lot des productions contemporaines à ce film.

 

Et si des gens pensent encore que les films de gangsters ont éclos au début des années 1930s – Scarface, Public Enemy… – je leur conseille de toute urgence de se précipiter sur ce film (1) : une quinzaine d’années plus tôt, la violence des gangs était déjà présente au cinéma. Et cette violence ne se traduit pas par des bagarres, mais elle peut aussi se conclure par la mort d’un ou plusieurs des protagonistes, le sang s’échappant de la bouche de l’un d’entre eux, durement, crument. On trouve ici un souci de réalisme qui, allié à la portée symbolique, donne une actualité au film et touche en plein cœur les spectateurs : il y a vraiment de quoi décourager les vocations criminelles.

 

 

(1) Malheureusement, si le film nous est parvenu, il n’empêche pas certaines parties d’être très abîmées ne nous permettant pas de bien distinguer ce qu’il s’y passe. Fort heureusement, cela n’arrive pas trop souvent.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Raoul Walsh
In old Arizona (Raoul Walsh - Irving Cummings, 1928)

Le Cisco Kid est de retour* !

Le Cisco Kid (Warner Baxter) , c’est un bandit de grand chemin d’origine portugaise (il a fui quand il était enfant). Sa cible de prédilection : les diligences. Et comme il l’explique à une jeune femme : il ne dérobe jamais les gens. D’ailleurs il paye le bijou qu’il lui prend, afin de l’offrir à la femme de sa vie : Tonia Maria (Dorothy Burgess).

En face de lui, il trouve le représentant de la Loi qui doit l’interpeller : le sergent Mickey Dunn (Edmund Lowe).

Non seulement ces deux-là vont s’affronter dans leur métier – un hors-la-loi contre celui qui doit l’arrêter) mais en plus, ils seront aussi en concurrence pour la jeune femme.

 

Ce film est devenu mythique pour différentes raisons.

Tout d’abord, il s’agit du premier film parlant en extérieur et surtout totalement parlant !

Mais ce qui a fait  aussi – et malheureusement – sa notoriété, c’est l’accident qu’eut Raoul Walsh pendant le tournage : il en perdra son œil et portera alors son célèbre bandeau. Il est des publicités dont on se passerait.

 

C’est donc le premier film totalement sonorisé. Et ça se voit. En effet, tous les éléments de son qui ont été expérimentés depuis le Chanteur de Jazz se retrouvent dans le film. On y parle – un peu trop à mon goût – on y chante avec ou sans accompagnement ; l’accompagnement est présent hors champ comme sur l’écran (les mariachi du début)  et le reste suit : on entend la diligence arriver, les coups de feu retentir et toute cette sorte de choses…

Mais l’influence du cinéma muet reste encore prégnante, même si elle a tendance à disparaître.

 

Pour le reste, nous assistons à une belle histoire d’amour et de trahison, l’un allant rarement sans l’autre au cinéma (sinon où serait l’histoire ?). Et surtout, nous suivons avec délectation les aventures du Cisco Kid, un bandit pas si terrible que ça. Il sait parler aux femmes, et même son « ennemi » (Dunn) est séduit par sa prestance.

Il faut dire qu’Edmund Lowe, avec sa fine moustache et son sourire enjôleur est très séduisant. Il a un je-ne-sais-quoi de Douglas Fairbanks, les ressorts en moins.

Raoul Walsh, en plus de réaliser devait interpréter ce rôle, qui fut donc réécrit. On ne peut que le deviner maintenant, sur les plans éloignés.

Mais un Cisco Kid aux yeux bleus aurait certainement eu son charme, il suffit de voir Sadie Thompson pour s’en persuader.

 

Il est bien dommage que les paroles ont une fâcheuse tendance à éclipser l’action. En effet, un petit peu moins de dialogue n’aurait pas nui. Mais ne boudons pas notre plaisir. Le Cisco Kid fait partie de ces brigands bien-aimés, et pour une raison plus légitime que Jesse James.

Mais si nous avons l’habitude des westerns flamboyants et se terminant bien, ici la nuit est un élément important de l’intrigue. Quant à la fin, elle est plus en demi-teinte, mais tout de même dans la lignée du manichéisme habituel. Et si Cisco Kid survit, c’est avant tout parce qu’il est un personnage bien. Même Dunn pourrait le reconnaître.

 

Quoi qu’il en soit, ce western assez plaisant et bien filmé en annonce un autre qui sortira deux ans plus tard, et pas n’importe lequel : The big Trail !

 

 

* Il s’agit du troisième film avec ce personnage. Il y en aura quatre autres dont le suivant – The Cisco Kid (1931) – à nouveau dirigé par Irving Cummings et avec les deux mêmes protagonistes mâles.

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