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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

richard attenborough

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Biopic, #Richard Attenborough
Cry Freedom (Richard Attenborough, 1987)

Pour moi, Steve Biko était un nom qu’on entendait dans la chanson Asim Bonanga du regretté Johnny Clegg (1). Et encore, j’ai reconnu ce nom après avoir (enfin) vu le film de Richard Attenborough.

Tout comme pour ses autres films en tant que réalisateur, le grand Richard nous expose un personnage humain, avec ses forces et ses faiblesses, avec ce qui fait de lui qu’on s’intéresse ici.

 

Et Steve Biko mérite amplement qu’on s’arrête un moment pour l’évoquer.

Biko (Denzel Washington) était un leader sud-africain qui menait cette lutte pacifiste contre le gouvernement inique qui était en place en Afrique du Sud. Mais alors que Nelson «  Madiba » Mandela croupissait dans une geôle, Biko était libre – dans ce que cela signifie en 1975-1977 – et pouvait dispenser sa parole proche de celle de l’immense Nelson.

Et si Mandela a survécu à son traitement – lui aussi inhumain – il n’en fut pas de même pour Biko et nombre d’autres personnalités politiques qui sont morts pour cette cause : l’abolition de l’apartheid qui faisait que des Africains descendants de ceux qui ont toujours vécu ans cette région étaient considérés comme des sous-hommes par une poignée de colons d’origine européenne (Pays-Bas, France, Allemagne ou encore Scandinavie) qui se considéraient comme supérieurs et ce malgré les différentes mutations internationales et sociétales qu’on pût voir après la seconde guerre mondiale.

 

Donald Woods (Kevin Kline) est le rédacteur en, chef d’un journal proche du pouvoir qui considère Steve Biko comme un trublion plus ou moins inoffensif mais surtout un ennemi du système qu’il n’a aucune raison de dénoncer (le système, pas encore Biko).

Alors quand le docteur Mamphela Ramphele (Josette Simon) lui propose une entrevue avec Biko, il saisit cette opportunité de se forger sa propre opinion sur ce leader noir si sulfureux (2).

 

Et comme nous nous y attendons : Woods va devenir un chantre de cette lutte pour l’abolition de l’apartheid.

Mais surtout, il sera celui qui annoncera au monde qui était Steve Biko et remettra de facto en question la mort de tous ces leaders emprisonnés par un système raciste et inique et qui, constitutionnellement n’avait pas à justifier outre mesure la mort d’un de ses prisonniers.

La preuve ? Steve Biko est mort d’une grève de la fin, après avoir été frappé sans retenue par ses geôliers.

 

Nous allons donc assister à la mutation d’un personnage, Donald Woods. Alors qu’il est bien conditionné pour obéir au système, il va découvrir progressivement cet homme proscrit, comprenant puis soutenant sa lutte pour l’égalité sans pour autant prôner quelque vengeance contre les tenants de ce gouvernement injuste.

Et on va retrouver d’une certaine façon ce point de vue quand Nelson Mandela arrivera – avec raison – au poste suprême de ce pays : il n’y aura pas véritablement de règlement de compte. Et pourtant, il y avait de quoi !

 

Quoi qu’il en soit, le film de Richard Attenborough ne s’arrête pas à Biko, mais raconte le périple de Donald Woods qui devra prendre de grands risques pour échapper à ce système injuste et faire publier son livre racontant le calvaire puis la mort de Biko, éveillant alors les dernières consciences mondiales à ce fléau qu’est le racisme, et ce système politique désuet. Désuet bien qu’abandonné récemment (nous sommes en 1977) par les Etats-Unis (3).

 

Et tout comme pour Gandhi (1983), Attenborough montre le ^parcours de son martyr, en y adjoignant un système inique (comme déjà écrit pus haut) justifiant à lui seul le combat de cet apôtre de la paix : à aucun moment Biko n’appelle au soulèvement armé ni à quelque action violente. Tout comme Gandhi ou Luther King avant lui, il est un pacifiste convaincu de la force de son engagement et de ceux qui le suivent.

 

Mais si Biko a prôné toute sa (fin de) vie l’action pacifiste, Attenborough ne peut passer outre les exactions de ce gouvernement abject qui n’hésita pas à tirer sur la foule de Soweto en 1976, tuant hommes, femmes ET enfants pour la sauvegarde d’un modèle obsolète autant que meurtrier.

 

  1. Son album The third world Child sort la même année que le film.
  2. Tellement dangereux qu’il n’avait pas le droit de côtoyer plus d’une personne à la fois !
  3. Une dizaine d’années, sans parler du racisme ordinaire subi par les Noirs dans le Sud, et malheureusement ailleurs.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Attenborough, #Guerre
Un Pont trop loin (A Bridge too far - Richard Attenborough, 1977)

Deuxième livre adapté de Cornelius Ryan, Un Pont trop loin décrit à nouveau une phase de la Libération de l’Europe (les Pays-Bas en l’occurrence). Mais si le premier – Le Jour le plus long – était avant tout une ode à la gloire de ceux qui ont fait le Débarquement, ici, ça ne se passe pas exactement comme prévu.

En effet, l’opération Market Garden fut un terrible échec lors de l’avancée des Alliés dans l’Europe du Nord.

 

Tout comme dans  Le Jour le plus long (1962), c’est une kyrielle de stars qui assurent les rôles importants, mais du fait de l’issue fatale, on ne regarde pas le film de la même façon.

En effet, le titre est on ne peut plus explicite : le Pont (d’Arnhem) fut une cible trop ambitieuse pour une armée qui se développe dans différents points d’Europe et qui n’a pas le soutien logistique suffisant pour continuer sa progression irrésistible.

D’ailleurs, la présentation de l’opération (en voix off), rappelant ce qu’il s’est passé depuis le 6 juin accentue le caractère irrémédiable du fiasco à venir.

 

Il y a dans cette opération militaire un écho des Sentiers de la gloire : en effet, à nouveau, une décision du haut-commandement est plus que sujette à controverse, donnant à l’objectif – le pont d’Arnhem – un intérêt somme toute relatif, voire surclassé.

C’est donc la mise en place et surtout le déroulement de cette opération que Richard Attenborough va prendre le temps (près de trois heures) de recréer, donnant régulièrement des indices quant au désastre annoncé, et c’est le lieutenant général Browning (Dirk Bogarde) qui plante la première banderille : l’opération Overlord (6-6-1944) a nécessité six mois de préparation, alors que celle-ci doit se monter en une semaine seulement.

 

Comme toujours dans ces cas-là, la rapidité occulte l’efficacité et les différents niveaux des exécutants (du simple soldat jusqu’aux membres de l’état major) vont prendre une leçon cuisante : mais si les généraux peuvent accepter d’avoir eu tort, les soldats qui tombent, eux, ne sont plus là pour entendre leurs éventuelles excuses.

Et encore une fois, la conclusion de ce même Browning est sans appel : oui, c’était un pont trop loin ! (1)

Si l’opération est un fiasco, les images n’en demeurent pas moins impressionnantes : tout ce déballage militaire pour un résultat aussi peu glorieux renforce le sentiment d’inutilité de la guerre, voire de la stupidité de certains hauts gradés, dont Montgomery, l’instigateur de cette opération exécutée dans l’urgence, et pour laquelle les Américains étaient peu enthousiastes.

 

Mais nous sommes au cinéma, et il est intéressant d’avoir un point de vue un tantinet différent de la seconde Guerre Mondiale montrant que la Libération ne fut pas si magnifique ni facile qu’on a pu nous le montrer : la guerre n’est pas romantique ni belle : elle tue des soldats, et aussi beaucoup de civils qui sont au mauvais endroit au mauvais moment (2).

 

Pour le reste, chacun des interprète est juste et donne beaucoup de crédibilité à cette opération, avec bien sûr l’indispensable touche british dont se moque le major général Urquhart (Sean Connery) : l’indispensable thé qui est distribué à tout moment et surtout lors d’un coup dur.

Sans oublier une touche d’humour noir lorsque le feldmarschall Bittrich (Maximilian Schell) offre du chocolat au colonel Frost (Anthony Hopkins).

 

Une autre façon de voir la guerre qui n’est pas pour me déplaire, avec la présence au générique des véritables acteurs de l’opération qui accentue le côté humain du désastre et surtout l’authenticité de cette bavure militaire.

 

  1. D’où le titre.
  2. La vieille femme (Mary Smithuysen) dont la maison accueille des militaires devient folle par ce remue-ménage et sort pour prendre un hypothétique taxi est un très bon exemple.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Wise, #Guerre, #Richard Attenborough
La Cannonière du Yang-Tsé (The sand Pebbles - Robert Wise, 1966)

La canonnière du titre, c’est le San Pablo. Mais on l’appelle aussi Sand Pebbles (1).

C’est un vieux bâtiment de la Navy (américaine, bien sûr) qui fait le lien entre Changsha et China Light, sur le fleuve Yang-Tsé.

Ce navire accueille à son bord un nouveau mécanicien : Jake Holman (Steve McQueen). Avec l’arrivée de ce dernier, c’est le fonctionnement du bateau qui va changer, mais surtout la situation politique.

Alors que la Chine est dominée par des puissances « occidentales » - France, Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis – le Kuomintang de Tchang-Kaï-Chek mène un soulèvement qui mènera à l’autonomie du pays, sans le parti communiste de Mao qu’il va pourchasser, avant de lui céder la place en 1949.

Nous assistons donc ici au début de l’insurrection – nous sommes en 1926 – et quand le film se termine, Nankin a été déclarée capitale et la guerre civile va commencer entre les nationalistes (de CKS) et les communistes (de Mao).

Au milieu de tous ces troubles, le San Pablo essaie de protéger ses ressortissants.

 

C’est un long film que nous propose Robert Wise, encore une fois, mais cette longueur se justifie par la complexité de l’intrigue et surtout des enjeux politiques inhérents.

Bien sûr, notre sympathie va tout de suite à Holman – Steve McQueen oblige – et à son ami Frenchy (Richard Attenborough).

Quand Holman arrive sur le San Pablo, il entre rapidement en conflit avec les autres : ses frères d’armes comme les « cadres » des coolies, Chien (Tommy Lee) et Lop-Eye Shing (Henry Wang).
Ce n’est pas un débutant dans le pays, et tout comme ses camarades, il a des préjugés tenaces envers les populations autochtones. Pourtant, son attitude va changer, et sa vision des Chinois évoluer, surtout avec l’un d’eux qu’il va former : Po-Han (Mako).

 

Malgré tout, Holman est mal vu par la plupart des marins, vexés par son attitude non-conformiste qui explique aussi pourquoi il a des états de service peu orthodoxes : c’est un bon mécanicien, certes, mais il semble ne pas s’adapter au cadre qui lui est donné.

De plus, son arrivée coïncidant avec le soulèvement chinois le désigne tout naturellement comme le responsable des dysfonctionnements du bateau et de la situation politique. Il faut dire que le conflit qui se met en place est totalement différent de ceux qu’ont pu vivre les marins et surtout leur capitaine (Richard Crenna – le futur supérieur de Rambo !) : les Communistes (au nord) tentent de saper l’autorité américaine, balançant ce qu’on appelle aujourd’hui des fake news, et qui n’est rien d’autre que de la propagande.

 

Le périple – dangereux – du San Pablo est aussi le théâtre de deux histoires amoureuses : celle de Frenchy, et celle de Holman (of course !).

Frenchy est subjugué par une jeune femme – Mayli (Emmanuelle Arsan, qui a obtenu un grand succès avec ses livres dont l’héroïne porte le même prénom qu’elle…) dans un bordel de Changsha : cette jeune femme est dans une situation très délicate, et encore plus du fait des événements. Elle est une orpheline chinoise élevée par des missionnaires américains. Apatride malgré elle, elle sera tirée de sa misérable situation par Frenchy et Holman, mais surtout grâce à un match de boxe assez gratiné qui voit s’affronter le frêle Po-Han contre l’impressionnant Stawski (Simon Oakland). La relation entre Frenchy et Maily est étonnante dans un tel cadre : en 1926, il n’est pas question de mariage mixte aux Etats-Unis !). Mais c’est cette union qui fait que ces hommes – Frenchy et Holman – sont encore des hommes et non des brutes remplies de préjugés (comme Stawski, par exemple).

 

L’autre histoire d’amour – impossible, cela va de soi – concerne Holman et Shirley  Eckert (Candice Bergen), une enseignante qui est elle aussi d’une certaine façon une missionnaire : à l’inverse de Jameson (Larry Gates), avec qui elle travaille, elle éduque les jeunes Chinois sans bible.

Il n’y a aucun avenir pour eux, même si elle veut y croire. Holman est plus lucide qu’elle, même si au dernier moment il se dit que ce serait possible.

 

C’est un film en deux parties que nous avons ici. La première pose le décor et détermine les rôles des différents personnages. Quand il s’interrompt (« Intermission »), les différents destins sont scellés, la tragédie se met en place : tout le monde ne s’en sortira pas.

La seconde partie nous amène inévitablement à un affrontement qui couvait depuis le début de la deuxième heure.

 

La dernière heure du film va donc nous proposer une bataille épique qui se livrera dans un premier temps sur l’eau, une lutte navale entre la poignée d’Américains et une armée de Chinois qui ne cesse de croître : à chaque homme qui tombe, plusieurs autres apparaissent pour le remplacer…

Quand le San Pablo force le barrage, Holman est le dernier à rejoindre le bord. Holman voit tous ces morts dans les bateaux ou qui flottent au fil de l’eau. On sent alors qu’il a pris conscience que ce qui se passe n’est pas anodin et surtout que la situation est dérisoire, voire désespérée. Le Kuomintang se battra jusqu’au bout pour obtenir l’indépendance du pays et chassera par la même les puissances coloniales.

 

Le final alors, dans son déroulement, ne peut pas nous étonner. La lutte que se livrent les différentes armées ne concerne plus les Occidentaux.

Ils doivent partir. Ou mourir.

 

 

(1) Titre original, créé par homophonie avec San Pablo : « galets, cailloux (de sable)… »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Science-Fiction, #Richard Attenborough
Le Monde perdu : Jurassic Park (The lost World: Jurassic Park - Steven Spielberg, 1997)

Quatre ans ont passé.

John Hammond (Richard Attenborough) suite à l’expérience précédente a été remplacé par son neveu Peter Ludlow (Arliss Howard), mais c’est bien la seule chose qui a changé : les dinosaures sont toujours là, et plus redoutables que jamais.

 

Le premier Monde perdu (d’après Arthur Conan Doyle) c’est celui d’Harry O. Hoyt, réalisé en 1925 avec la belle Bessie Love et l’imposant Wallace Beery.

Pas étonnant que Spielberg lui ait emprunté ce titre : il y avait déjà des dinosaures dans ce « monde perdu ».

Mais si ceux de 1925 fleurait bon le carton-pâte, ceux de 1997 sont tout ce qu’il y a de réel. Pour les personnages du film.

A nouveau, Spielberg nous propose son bestiaire tout droit sorti du Crétacé avec en prime de nouvelles espèces : stégosaures (avec la queue à pointes) et diplodocus, sans oublier quelques ptéranodons (1) qui apparaissent tardivement.

 

Mais si le premier film avait un côté bon enfant, celui-ci est beaucoup plus grave et certainement plus violent. Il faut dire aussi que les effets numériques étaient en pleine expansion, et encore une fois, Spielberg les utilise avec pertinence : au service de l’intrigue et non le contraire.

Si le film fait référence au film de Hoyt (2), le film ne s’arrête pas à celui-ci. L’autre grande référence est bien entendu le King Kong de Cooper & Schoedsack (3), et pas seulement à cause d’un immense portail. On retrouve avec la double expédition Harding-Ludlow, celle de Carl Denham dans le film de 1933 : d’un côté l’aspect documentaire avec Sarah Harding (Julianne Moore) et ses collaborateurs ; de l’autre les mercantiles avec Ludlow et sa clique, venus se servir dans un vivier afin de créer un nouveau parc d’attractions, bien entendu mieux conçu que celui du vieux Hammond.

Et puis il y a Roland Tembo (Pete Postlethwaite qui est aussi dans Amistad cette même année). Tembo est le pendant de Robert Muldoon (Bob Peck) dans Jurassic Park : mais si Muldoon était un chasseur chargé de veiller au bon déroulement du parc, Tembo, lui, est un véritable chasseur venu traquer l’ultime gibier qui manquait à son tableau (de chasse…) : un T. Rex.

 

Parce que bien sûr, les T. Rex sont là : ils sont deux et ils pont un petit : un t. Rex, quoi. Et comme Ludlow – et aussi Tembo – en veulent à leur bébé, les choses dégénèrent et on assiste à des carnages autrement plus impressionnants que quatre ans plus tôt.

Vous l’avez compris, la T. Rex remplace notre gorille préféré (le mien, en tout cas), et nous avons droit à une course poursuite dans San Diego (moins de buildings, mais vu que les tyrannosaures avaient de petites pattes antérieures, ce n’est pas plus mal) qui se termine pour le mieux, sauf pour le méchant Ludlow, mais c’est bien de sa faute, après tout.

La séquence de San Diego est aussi l’occasion de faire un clin d’œil à Godzilla (2) où on peut voir quelques personnes d’origine asiatiques s’enfuyant devant le monstre déchaîné.

 

Mais comme cette fois, Alan Grant (Sam Neill) et Ellie Sattler (Laura Dern) ne sont pas là (5), il faut quelqu’un pour reprendre le rôle du grand enfant. C’est la première transition (voir ci-dessous) qui nous le donne : le professeur Ian Malcolm (Jeff Goldblum). [Rappel : une expérience scientifique qui tourne mal : Jeff Goldblum est par là…].

La force de Goldblum, par rapport à Neill, c’est avant tout sa taille. Il donne tout de suite l’impression d’un grand échalas, comme peuvent l’être certains ados de notre connaissance (on en connaît tous un). Encore une fois, nous avons donc quelqu’un qui semble appartenir au monde des adultes mais qui est resté bloqué en chemin. Si Grant met pratiquement tout le film pour s’en apercevoir, Malcolm est plus prompt à réagir et se comporter tel qu’il aurait toujours dû le faire. Le plan final qui voit Sarah, Malcolm et Kelly (Vanessa Lee Chester, tout en souplesse) n’a alors rien d’étonnant.

 

Il y a dans le film tout un accent particulier mis sur les transitions : la première voit une femme commencer à crier et se terminer sur Malcolm qui baille, et ainsi de suite. C’est un véritable festival de transitions qui tiennent lieu d’ellipses. Bref, rien n’est gratuit. C’est normal, on est chez Spielberg.

Rien ? Pas si sûr. Le premier quart d’heure a un côté mercantile assez insupportable : alors que le film s’installe tranquillement, nous avons droit à du placement de produits on ne peut plus désagréable. Ce fut cet aspect qui m’empêcha d’apprécier ce film à sa juste valeur. Avec le temps et la généralisation de cet « effet », on en arrive presque à l’oublier (pas complètement, faut pas exagérer non plus !).

 

Une question pour finir : n’y a-t-il que moi qui vois dans Roland Tembo (le chasseur) un cousin éloigné (en plus intéressant tout de même) de Justin de Saint-Hubert dans Adèle et la bête de Tardi ?

 

 

  1. Que vous n’avez pas confondus avec les ptérodactyles, bien entendu…
  2. Ou celui d’Irwin Allen (1960), chacun ses goûts.
  3. Le seul, le vrai ! (les cris de Fay Wray en moins)
  4. La seule, la vraie ! (1954)
  5. S’occupent-ils de leurs enfants ? En ont-ils eus ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Steven Spielberg, #Richard Attenborough, #Science-Fiction
Jurassic Park (Steven Spielberg, 1993)

A tout seigneur tout honneur : il fallait un réalisateur doué pour adapter le roman de Michael Crichton (10 ans déjà qu’il nous a quittés), qui collabora au scénario : Universal nous donne Steven Spielberg.

25 ans après sa sortie, le film n’a pas pris une rire et garde toute sa force à tous points de vue : une histoire solide avec une bonne de vraisemblable ; des effets spéciaux à couper le souffle ; et un thème rassembleur.

Spielberg réunit tout cela tout en adaptant le film à ses propres thèmes : magnifique !

 

Si j’ai bien compris, il suffit de retrouver un moustique dans de l’ambre et le tour est joué. C’est peut-être un peu schématique, mais c’est le principe : on lui prélève un échantillon de sang et puis à partir de là, on a l’ADN d’un dinosaure. On remplit ensuite les trous avec des bouts d’ADN de batraciens et c’est parti.

Sauf que, bien évidemment, il y a quelque chose qui cloche et on passe d’une vision idyllique de brachiosaures se désaltérant à un tyrannosaure énervé qui veut manger tout ce qui bouge !

 

Dès la première séquence, Spielberg nous emporte et nous fait languir : nous sommes venus voir des dinosaures, et on ne voit que de la végétation bouger ! Mais ça ne dure pas, et sans encore en voir un, on s’aperçoit qu’ils ne sont pas tous très dociles. Le spectateur est tout de suite mis dans le bain : ce qu’on voit est terrible, et extrêmement dangereux.

Mais qu’est-ce qu’on voit ?

On voit un container arriver dans un lieu qu’on suppose être le fameux parc : on voit des hommes armés – certains de fusils, d’autres de Tasers – qui approchent le container d’une entrée. On se rend compte qu’il s’agit d’une cage. Dans la cage, des dinosaures. Lesquels ? Aucune idée. On ne verra rien, mais les choses se compliquent et un homme est aspiré par ces dangereuses créatures.

 

Et puis ?

Et puis on passe à autre chose : Alan Grant (Sam Neill) un paléontologue qui travaille sur un chantier dans le Montana, accompagné de sa charmante fiancée Ellie Satler (Laura Dern) elle-même paléobotaniste en train de mettre à jour un fossile de dinosaure.

Bien sûr, ce sont eux qui auront le privilège de visiter en avant première le fameux parc du Tycoon John Hammond (Richard Attenborough) accompagnés des petits-enfants de ce dernier et d’un scientifique assez particulier : Ian Malcolm. Et qui dit scientifique particulier, dit bien sûr Jeff Goldblum qui, depuis La Mouche est souvent dans des histoires à portée scientifique qui ne se passent pas exactement comme prévues...

Là encore, c’est bien évidemment le cas.

 

Et les dinosaures me direz-vous ?

Il faut attendre la vingtième minute pour enfin les voir ! Mais alors, le résultat est à la dimension des espérances. Avec Jurassic Park, c’en est terminé de l’animation à la Harryhausen : le cinéma entre de plain pied dans l’ère numérique. Le résultat est époustouflant, bluffant, étonnant, surprenant, inquiétant, et toute sorte de verbes au participe présent ! On est littéralement soufflé par les enchaînements qui nous montrent des dinosaures en arrière-plan et d’autres qui voient les protagonistes les toucher ou les caresser. Avec en point d’orgue, l’apparition du Tyrannosaure (1) aussi majestueux que dangereux.

Avec – et surtout – en prime, le Vélociraptor, plus modeste dans les proportions que le T. Rex, mais tout aussi létal.

 


Et comme nous sommes chez Spielberg, on retrouve une problématique liée aux enfants : il y en a deux : Tim (Joseph Mazzello) et Lex (Ariana Richards). Chacun des deux a ses bons et moins bons côtés : surtout Tim qui s’il est incollable question dinosaures est un tantinet trop malin pour Alan, dont il a lu avec intérêt la publication et a quelques détails à discuter. Un pénible, quoi !

Et surtout il y a Alan qui ne veut pas d’enfants, au grand dam de sa compagne (3). L’intrigue évoluant bien entendu pour permettre à Alan de se retrouver exclusivement avec les enfants. Mais cette proximité va bien sûr lui être très profitable.

En effet, ce dernier a beau être professeur et tout ce qui va avec, il n’est pas encore complètement passé dans le monde des adultes. Etre adulte, c’est prendre des responsabilités, c’est construire pour le futur. Alan n’est pas encore prêt à s’engager pleinement avec Ellie, à fonder une famille, comme elle l’espère. Son refus de paternité explique alors son apparentement avec des personnages comme Roy Neary (Rencontres du troisième Type) ou encore Ray (La Guerre des Mondes), ces grands adolescents qui ne veulent pas grandir (4).

 

C’est alors un film fantastique – dans tous les sens du terme – où Spielberg alterne avec brio des scènes d’actions et d’émotion, de comique et de tragédie, de suspense et d’horreur, le tout avec une multitude d’effets spéciaux sans pour autant éclipser le reste (2) pour le plaisir de tous. Parce que c’est là aussi qu’est le talent de Spielberg : chacun s’y retrouve peu importe l’âge ou l’origine. Son propos est universel.

Bref, c’est du pur cinéma. Et c’est ce qu’on veut voir !

 
Le film suivant de Spielberg, c’était une (première) suite. On en reparlera.

 

  1. Le T. Rex, quoi !
  2. On verra hélas dans les années qui suivent une débauche d’effets numériques délaissant l’intrigue pour le spectaculaire amenant un résultat sans appel : des films creux.
  3. Ca coûte cher, c’est bruyant, ça pue…
  4. Pas étonnant que le film précédent de Spielberg avait pour personnage principal Peter Pan…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Richard Attenborough, #Biopic
Gandhi (Richard Attenborough, 1982)

Un jeune homme s’avance dans la foule. Il guette quelques signes dans la foule : il est suivi par ses complices qui l’approuvent.

Soudain le voilà, pénétrant la foule jusqu’au jeune homme.

Un signe est échangé et l’homme se jette aux pieds du vieillard. Il se relève, le pistolet à la main : le vieil homme n’a rien d’autre que « oh, mon Dieu ».

Mohandas Karamchand Gandhi (Ben Kingsley) a été assassiné.

A son enterrement, tous ceux qui ont compté dans sa vie et pour lesquels il a compté sont là, sauf sa femme qui est morte quatre ans plus tôt.

 

Retour en arrière, en 1893, en Afrique du Sud, dans un train : le jeune Gandhi rentre chez lui. Mais il est (presque) aussitôt jeté hors du train : on ne mélange pas les couleurs de peau, dans ce pays.

Ce traitement peu humain est le point de départ d’une longue lutte qui mènera à l’indépendance de l’Inde, quelques mois avant mort de Gandhi.

 

Richard Attenborough nous propose ce qu’on pourrait appeler le film de sa vie : cette biopic (comme on ne disait pas encore à l’époque) est une fresque extraordinaire de l’histoire du Mahatma. On sent l’implication du réalisateur dans cette production colossale.

Mais surtout, ce film a révélé un immense acteur : Ben Kingsley (1).

Il n’interprète pas Gandhi, il EST Gandhi. Sa ressemblance est bluffante : on oublie très rapidement que ce petit bonhomme est in acteur, tant le jeu de Kingsley est phénoménal.

 

Mais ce n’est pas tout : les différents protagonistes ont été choisi avant tout pour leur physique : Roshan Seth et Alyque Padamsee – respectivement Nehru et Jinnah – sont eux aussi très ressemblants.

D’une manière générale, la reconstitution des lieux et des luttes engagées est absolument magnifique, amenant un réalisme assez impressionnant : on a la véritable impression de vivre le parcours de Gandhi.


En face de lui, on trouve une Angleterre aveugle et sourde aux doléances légitimes des Indiens. Ce sont des militaires qui se succèdent, de l’Afrique du Sud à l’Inde, avec toujours cette rigidité que leur fonction exige, allant jusqu’à fusiller des centaines de personnes pour faire respecter l’ordre.

On sent en eux l’arrogance envers les colons, cette arrogance qui les fait se considérer comme les plus évolués mais qui tuent comme de véritables barbares.

On y retrouve toute cette engeance propre sur elle et méprisante, qui garde sa lèvre supérieure bien rigide. Il ne manquerait plus que John Gielgud, mais – heureusement – il est là, du mauvais côté cette fois-ci, mais pouvait-il en être autrement ?

 

Finalement, ce sont un peu plus de trois heures qui s’écoulent naturellement, le personnage principal étant devenue une icône mondiale, respecté dans le monde entier pour sa lutte non-violente. Mieux, Martin Luther King utilisera les mêmes armes pour l’égalité des droits aux Etats-Unis, avec un destin similaire, vingt ans après le Mahatma.

 

Pour toutes ces raisons, il me semble que ce film restera comme le plus important de son réalisateur.

Mais je peux aussi me tromper.

 

P.S. : on peut reconnaître, au détour d’une ruelle un jeune acteur – 24 ans quand le film sort – qui fera bientôt parler de lui : Daniel Day-Lewis.

A noter aussi que Roshan Seth  (Nehru) et Amrish Puri (Khan) se retrouveront – du mauvais côté à leur tour – dans Indiana Jones et le Temple maudit.

 

(1) Ce n’est que son deuxième film, mais il a beaucoup tourné pour la télévision.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #John Sturges, #Richard Attenborough, #Guerre
La grande Evasion (The great Escape - John Sturges, 1963)

Les garants de « l’Ordre Nouveau » ont décidé d’innover aussi dans leur conception de gestion des camps de prisonniers.

Un nouveau camp.

De nouvelles méthodes.

Tous les œufs pourris dans le même panier, explique le commandant von Luger (Hannes Messemer) au colonel Ramsey (James Donald), le SBO (Senior British Officer) à la lèvre supérieure rigide réglementaire.

 

Et quel panier : Hilts (Steve McQueen), Danny (Charles Bronson), Hendley (James Garner) le chapardeur, Mac Donald (Gordon Jackson) le chef du renseignement, Blythe (Donald Pleasance) le faussaire. Sans oublier Ashley-Pitt (David McCallum), Bartlett (Richard Attenborough) ou encore Sedgwick (James Coburn) l’Australien à la grande valise.

Bref, que du (très) beau monde.


John Sturges, vingt-cinq ans après Jean Renoir (La grande Illusion), nous emmène en plein cœur de l’Allemagne (nazie) pour assister à l’une des plus formidables évasions. Cela donne un film de prisonniers guerre époustouflant, devenu – tout comme Stalag 17 de Bill Wilder dix ans plus tôt – un classique du genre. Sturges retrouve par la même occasion trois de ses 7 mercenaires : McQueen, Bronson et Coburn.

 

Ce sont près de trois heures de grand spectacle où la gravité côtoie l’humour pour notre plus grand plaisir. Pour chaque action favorable aux prisonniers, Sturges ajoute un revers favorable alors aux Allemands (les « Goons » en VO, terme peu reluisant, cf. Harraps).

Et comme il s’agit d’un camp qui accueille essentiellement des prisonniers britanniques, on retrouve le flegme attendu de ces officiers. Flegme de façade, contrebalancé par une propension à vouloir s’échapper qui amène aussi le sourire (voir leur arrivée).


Mais le champion de l’évasion, c’est incontestablement Hilts. Et avoir confié ce rôle à Steve McQueen, était une très bonne idée. Je l’ai déjà dit ici, McQueen est l’archétype de l’acteur cool. Pas étonnant qu’il soit appelé le Roi du frigo (frigo se dit « cooler » en VO, comme un fait exprès…) dans le générique de fin.

 

Comme chez Renoir, on assiste à la mise en place et au développement d’un tunnel. Mais si chez Renoir le sort empêche les prisonniers de s’en servir, ici, l’évasion ira (presque) jusqu’au bout, malgré les difficultés.

C’est alors une succession de stratagèmes mis en place pour récupérer des outils, étouffer le bruit ou encore prévenir l’arrivée des geôliers.

 

Puis, après une tournée d’alcool de patates mémorable – pour son effet sur les dignes représentants de sa très gracieuse Majesté, comme pour son dénouement tragique (toujours ce terrible contrepoids) – on assiste à la cavale des protagonistes. Elle tournera court pour la majorité d’entre eux, mais certaines histoires étaient dignes d’intérêt :

  • d’un côté un parcours plutôt pépère : Danny & Willie (John Leyton), les « Rois du tunnel », en duo* :
  • de l’autre un périple spectaculaire : Hendley et Blythe myope comme une taupe à bord ‘un avion.

Et puis il y a encore Steve McQueen, inoubliable dans son escapade en moto. McQueen fut presque toujours l’auteur des cascades (hormis le saut) et sa tentative est l’une des plus célèbres du cinéma. Un véritable régal.

Mais si l’envolée de McQueen ne se finit pas trop mal, il n’en va pas de même pour la grande majorité des prisonniers broyés par l’implacable machine de guerre nazie**.


Un film qui se laisse toujours regarder avec le même plaisir. Même après vingt-sept visionnages.

A moins que ce ne soit plus…

 

 

 

* J’ai failli écrire « en couple » car la relation entre Danny et Willie est plutôt intime.

 

** Les nazis et les membres de la Gestapo sont toujours évoqués distinctement des militaires de la Wehrmacht.

 

 

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