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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

robert de niro

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Biopic, #George Tillman Jr., #Robert de Niro
Les Chemins de la dignité (Men of Honor - George Tillman Jr., 2000)

Il n’y a rien d’anormal à ce qu’un jeune homme qui a passé ses loisirs – enfant – à plonger dans le lac d’à côté désire devenir plongeur-sauveteur (scaphandrier) en mer. C’est à ça que rêve Carl Brashear (Cuba Gooding Jr.). Alors quand il a l’âge de postuler, il le fait. Mais nous sommes en 1950 et il n’y a que trois possibilités pour un soldat noir sur un navire : cuisinier, valet d’officier ou tout simplement démissionner et rentrer chez lui. Parce que Carl Brashear est noir.

Mais pour Brashear il n’en est pas question : il veut devenir Major scaphandrier, tout comme Billy Sunday (Robert De Niro) qui laisse sa place suite à une plongée qui a mal tourné.

A force de persévérance, il parvient à intégrer l’école de plongée de la Navy. Et à nouveau, il se heurte au racisme ambiant de ce corps d’armée. Et comme si cela ne suffisait pas, l’instructeur n’est autre que Sunday, un homme exigeant. Et encore plus pour un soldat de couleur.

 

Non seulement George Tillman Jr. réussit un brillant biopic, mais en plus il réussit à nous montrer des soldats qui ne tirent pas un seul coup de feu : ils sont forts ces Américains ! Mais surtout, il montre le courage et l’abnégation (ainsi qu’un peu d’entêtement) d’un homme qui a dû batailler ferme pour arriver à son but. Parce que bien sûr, Brashear va devenir plongeur pour la Navy, malgré le racisme affiché des autres postulants ainsi que du grand chef de l’école, Pappy (Hal Holbrook).

Mais une fois son statut en poche, le film n’est pas encore fini : parce que Brashear n’est pas seulement célèbre (et célébré) pour avoir été le premier Afro-Américain à devenir scaphandrier, il a un autre fait d’arme à son palmarès. Il est en plus le premier plongeur handicapé (amputation d’une jambe) à servir dans la Navy.

A chaque fois, son combat s’est modifié, le laissant à chaque fois endosser le (mauvais) rôle du paria : noir quand tous les autres étaient blancs, handicapé quand tous les autres étaient valides.

 

Et Cuba Gooding Jr. interprète avec beaucoup de justesse ce personnage hors du commun, qui a toujours dû en faire plus que les autres pour arriver au même niveau. Et même une fois arrivé, nous savons très bien que ce n’est pas pour autant gagné. Il suffit de voir la séquence où le postulant Rourke (Hoolt McCallany) est honoré par la hiérarchie militaire (médaille pour bravoure) pour comprendre le gouffre qui sépare Brashear des autres.

Cette séquence est aussi celle du basculement de Sunday en faveur de ce jeune homme lésé. Et De Niro nous gratifie d’une très belle performance dans le rôle de cet instructeur qui n’a rien à envier à Hartman (R. Lee Hermey) dans Full Metal Jacket, ou Highway (Clint Eastwood) dans Heartbreak Ridge. Sunday est sévère mais tout de même juste, allant même à l’encontre des ordres de Pappy (ce qui lui vaudra sa place, bien entendu). Et surtout, dans cet univers très codé, il est l’un des rares à ne pas céder au racisme ambiant : aucune réflexion sur sa couleur, ni geste déplacé de ce genre. Mais il n’empêche pas l’attitude des autres jeunes recrues.

 

De plus, son personnage est un homme très particulier : interdit de plonger, il en souffre et se réfugie dans l’alcool. Et comme nous sommes dans un film américain, il ne faut pas oublier la rédemption. Parce que c’est lui qu’elle va concerner et de très belle manière – enfin de manière soldatesque quand même. Toujours est-il qu’il va contribuer à la réussite finale de Brashear, gagnant par là-même ce salut qui lui faisait défaut.

Bref, une happy end. Attendue certes, mais méritée. Surtout quand on sait que le scénario s’inspire de faits réels…


Et les femmes là-dedans ? Elles sont deux et pas spécialement effacée. La première, c’est Jo (Aunjanue Ellis-Taylor), celle qui va devenir la femme de Brashear : elle est volontaire et elle aussi doit se battre pour être quelqu’un. Quand ils se rencontrent, elle veut devenir médecin.

L’autre, c’est Mrs. Sunday (Charlize Theron), la femme de l’instructeur. Et sa vie est tout sauf amusante avec un tel mari : s’ajoute à la frustration de Billy une différence d’âge flagrante entre les deux époux qui n’est pas pour faciliter leur vie.

 

Et George Tillman Jr. réussir à diriger tout ce beau monde, gardant De Niro dans ce qu’il sait faire le mieux – c’est-à-dire jouer son rôle sans faire du De Niro (le sourire inversé est tout de même là, rassurez-vous, sinon ce ne serait plus DeNiro !) – et nous emmène jusqu’au bout de cette fabuleuse histoire.
Une bonne surprise (1).

 

  1. Pour moi en tout cas !
Carl Maxie Brashear (1931-2006)
Carl Maxie Brashear (1931-2006)

Carl Maxie Brashear (1931-2006)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Western, #Gangsters, #Martin Scorsese, #Robert de Niro
Killers of the Flower Moon (Martin Scorsese, 2023)

Phénoménal.

Scorsese nous revient avec une nouvelle histoire sombre, émaillée de morts pas toujours très naturelles, et surtout ses deux acteurs fétiches : Robert DeNiro (Bill « King » Hale) et Leonardo DiCaprio (Ernest Burkhart).

Et surtout la formidable Lily Gladstone (Mollie Brown ép. Burkhart).

Mais reprenons.

 

[Je vous conseille de voir le film avant de lire ce qui suit, bicôze il n’y aura plus beaucoup de surprise : mais qu’importe, le film est tellement magnifique…]

 

Fraîchement démobilisé après la première Guerre Mondiale et survivant à la Grippe Espagnole, Ernest Burkhart débarque à Fairfax (Oklahoma) pour travailler avec son oncle, Bill « King » Hale. Ce dernier est l’un des soutiens les plus importants des Indiens Osages : après avoir été chassés toujours plus à l’Ouest, ils se sont établis en Oklahoma et y ont découvert du pétrole, devenant immensément riches, et donc la proie privilégiée des convoitises.

L’Oklahoma semble l’état rêvé : on y pratique des mariages mixtes (Indiennes & Blancs), et tout le monde s’entend très bien. Sauf que les Indiennes ont tendance à mourir prématurément sans qu’on s’étende beaucoup sur les causes de ces décès. Et bien sûr, les maris – blancs – héritent de leurs parts…

Alors qu’il travaille comme chauffeur de taxi, Ernest rencontre Mollie Brown et tombe amoureux. Il va même l’épouser, malgré la maladie : elle est atteinte de diabète, et en plus ses sœurs meurent l’une après l’autre… Et pas spécialement naturellement.

 

C’est absolument remarquable. Scorsese est à son plus haut ni veau, réalisant, en plus d’un film superbe, une véritable synthèse de son œuvre, allant même jusqu’à y apparaître un petit peu plus que d’habitude. Et la présence du duo vedette n’y est pas non plus pour rien. En utilisant ces deux monstres, Scorsese mélange son passé et son présent avec deux des acteurs qui ont su le mieux évoluer dans son univers cinématographique. Et la présence de Lily Gladstone pourrait presque envisager son avenir s’il n’avait déjà 81 ans… (1)

Avec ce film, une nouveauté tout de même : d’une certaine façon, Scorsese intègre des éléments du western qu’il mêle avec un univers plus fréquent chez lui, les gangsters.

Western parce que nous retrouvons les grands espaces et une lutte entre le Bien (les Osages) et le Mal (les Blancs). Et si nous n’avons pas un duel aux revolvers au soleil (levant ou couchant), nous en avons tout de même un entre les deux hommes dont un seul sortira vainqueur.

Et comme nous sommes chez Scorsese, ne vous attendez pas à une fin glorieuse pour le héros : il ne terminera pas plus haut qu’il n’était au départ.

 

La première force du film, c’est avant tout son intrigue : une histoire authentique avec un peuple indien opprimé, trompé, voire éliminé. Et des Blancs d’une incroyable méchanceté, mais toujours à la manière de Scorsese : avec beaucoup de religion et de famille. Ce dernier élément étant le moteur de Hale qui est prêt à tout pour arriver à ses fins. Et ses pratiques n’ont rien à envier à celle de Paulie (Paul Sorvino) & C° dans Goodfellas. Et si Joe Pesci n’est pas là – l’âge, que voulez-vous – Scott Shepherd (Byron Burkhart) est un substitut plus qu’honorable, la frénésie en moins, cela va de soi.

De plus, Scorsese insiste sur l’inexorabilité du sort des Osages, montrant le chemin de fer qui amène toujours plus de Blancs qui viennent travailler dans les concessions dont les propriétaires ont tendance à pâlir… Ceci couplé avec une utilisation intelligente du temps : en tant qu’immense cinéphile, il va utiliser le cinéma de Fairfax pour montrer le temps qui passe. Les premiers films d’actualité qu’on voit sont bien sûr muets puis tout d’un coup, des paroles se font entendre : nous sommes après 1927.

Et cette utilisation du cinéma permet aussi une première transition brillante : les actus montrées sur l’écran du cinéma laissent place naturellement à la réalité de l’intrigue, et quand Ernest est identifié par les spectateurs (tout le monde connaît Leonardo, ou presque), la couleur s’installe en même temps.

On va retrouver plusieurs de ces magnifiques transitions tout au long du film : saluons au passage le travail de montage de Thelma Schoonmaker.

Soulignons aussi le travail de Rodrigo Prieto derrière la caméra : c’est superbe, en particulier l’incendie accidentel du champ de pétrole de Hale.

 

Quant à l’interprétation, elle est à un très très haut niveau, en particulier (comme déjà dit) Lily Gladstone qui donne une authenticité _incroyable à cette femme torturée par ces Blancs sans scrupule. Là encore, on mettra en exergue sa dernière rencontre avec DiCaprio, où son visage est tout.

Bien sûr, DeNiro est impeccable mais pas au sens premier du terme : il est un salaud magnifique doublé d’un hypocrite talentueux. Je rejoins l’avis de mon ami Jean B. qui me disait que les acteurs, en vieillissant, rejoignent le côté obscur. C’est le cas ici de DeNiro, mais c’est aussi un début pour Leonardo qui reste tout de même plus une victime – de la rouerie de son oncle – qu’un véritable bourreau. Encore que…Le problème d’Ernest, c’est que c’est avant tout un imbécile facilement influençable et manipulable. Il y a dans ce personnage autant d’intelligence que chez Travis Bile (Robert DeNiro, tiens, tiens…) dans Taxi Driver, même si le contexte est différent.

 

Et puisqu’on en est aux références, une petite dernière : Raging Bull. Je ne vous dis pas où. Vous chercherez, et bien entendu trouverez !

 

PS : vous avez remarqué que le générique de fin ne comporte aucune musique, seulement des sons naturels. Et parmi eux, un rappel de ce que nous avons vu...

 

  1. Ne nous emballons pas : Eastwood a 93 ans et il n’a pas encore sorti son dernier film (attention, il arrive bientôt !) : 12 ans, l’espoir reste donc permis !
William « King » Hale (1874-1962)

William « King » Hale (1874-1962)

Ernest Burkhart (1892-1986)

Ernest Burkhart (1892-1986)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Musique, #Martin Scorsese, #Robert de Niro
New York, New York (Martin Scorsese, 1977)

15 août 1945.
Jimmy Doyle (Robert De Niro) troque sa chemise de militaire pour une hawaïenne, ses rangers pour des chaussures bicolores et il part à la chasse. Son gibier ? Une jeune femme qui voudra bien de lui en cette grande occasion. Il rencontre Francine Evans (Liza Minnelli) qui n’est absolument pas sensible à son baratin.

Mais il y a la musique qui va les rassembler, et ils vont écumer les patelins de l’Amérique avant de se séparer : Francine est enceinte et doit se ménager.

L’orchestre continue mais doit s’arrêter, faute de public, pendant que Francine effectue quelques enregistrements, qui se révèlent de qualité.

Francine et Jimmy s’éloignent l’un de l’autre.

 

Bien sûr, on attend avec impatience la chanson éponyme, et quand elle arrive enfin, c’est presque une délivrance, pour le spectateur et les protagonistes. Il faut dire qu’elle est magnifiquement amenée, et Liza Minnelli la chante avec beaucoup de classe (1).

Mais New York, New York, c’est aussi – et surtout – un hommage aux musicals américains de l’après-guerre, et une parenté avec Singin’ in the Rain (2), autre film hommage au cinéma d’antan (les débuts du parlant). Mais, à la différence du film de Donen & Kelly, la noirceur a tendance à primer, et quand Francine s’ouvre aux couleurs (3), cela conduit à l’une des séquences les plus tragiques du film, avec la séparation inévitable. Pas étonnant alors que Scorsese parle de film musical noir.

 

On notera aussi que la dernière séquence voit Jimmy s’éloigner dans une rue sous la pluie, armé d’un parapluie qu’il ne va pas ouvrir lui non plus, mais il ne peut pas y avoir l’explosion de joie qui voyait Don Lockwood (Gene Kelly, donc) dans une situation (géographique) similaire : nous sommes chez Scorsese et la fin ne peut être une apothéose pour son personnage.

Certes, Jimmy Doyle progresse, grâce à son tube (éponyme, donc), et possède même son propre club où il reçoit quelques pointures de swing, mais au final, il n’a pas beaucoup évolué : ses chaussures sont unicolores, mais il est seul, comme au début. Et difficile de l’imaginer accompagné un jour.

 

Pour la troisième fois, Robert De Niro suit Scorsese dans cette nouvelle histoire un tantinet tragique, interprétant avec beaucoup de brio ce saxophoniste doué et on en arrive presque à croire que c’est lui qui joue vraiment à chaque fois (4) tant la posture est juste.

A ses côtés, il a une véritable chanteuse qui est – encore une fois – incroyable ! Liza Minnelli est elle aussi à la hauteur de l’enjeu, avec en point d’orgue son interprétation de ce qui est devenu depuis un standard. Encore une fois, ce sont des partitions signées par John Kander & Fred Ebb (la fois d’avant, c’était Cabaret). On vibre, et c’est ça le plus important.

Alors tant pis si ce fut un échec commercial, la musique est là, les stars aussi, et on a en prime le plaisir de voir le regretté Clarence Clemons, qui interprète Cecil Powell, un trompettiste ! (5)

 

Un film qu’on aime beaucoup, ou pas du tout.

Pour ma part, j’aime.

 

  1. Je sais que c’est Sinatra qui l’a véritablement popularisée, mais il n’empêche, je préfère Liza.
  2. On retrouve ici You are my lucky Star qui est conclut 
  3. Un cocktail qui devrait les lui faire découvrir.
  4. C’est Georgie Auld en fait qu’on entend, ce dernier interprétant aussi Frankie Harte, celui avec qui Jimmy part en tournée avant de récupérer son orchestre.
  5. Pour les néophytes, Clarence Clemons est surtout connu pour avoir joué du saxophone ténor (comme Doyle) pour le groupe qui accompagne son ami Bruce Springsteen, the E-Street Band.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Roland Joffé, #Robert de Niro
Mission (The Mission - Roland Joffé, 1986)

1750, quelque part en Amérique du Sud (Paraguay ?), une petite mission se développe, dirigée par le jésuite Gabriel (Jeremy Irons). Comme beaucoup de missions dans cette région, son développement dérange : le Portugal et l’Espagne  aimeraient bien récupérer ces territoires et en jouir à leur manière (exploitation, esclavage, violence…).

Le cardinal Altamirano (Ray McAnally) est donc envoyé par le Saint-Siège pour évaluer la situation, et éviter une quelconque crise diplomatique entre le Vatican et les deux états ibériques.

Parallèlement, le capitaine Mendoza (Robert De Niro) se retrouve dans cette mission, ayant expié le meurtre de son propre frère (Aidan Quinn).

Il y trouvera la rédemption, bien sûr, mais à quel prix…

 

Trente-six ans après, le film de Roland Joffé garde toute sa force. C’est, deux ans après son premier film, l’inoubliable The killing Fields, Joffé dénonce à nouveau. Cette fois-ci,c’est l’attitude hypocrite de l’Eglise face aux autochtones de ce « nouveau continent », quantité négligeable face aux enjeux économiques de deux grandes puissances sur le déclin.

Et l’intertitre final qui annonce que des Indiens d’Amérique du Sud continuent la lutte pour survivre – et faire survivre leur culture – reste toujours d’actualité : regardez ce qu’il se passe dans cette même région aujourd’hui même !

Et le Vatican, qui n’est pas toujours rancunier, considère lui aussi ce film comme très important (1995).

Le film s’ouvre et se ferme sur un martyre, au nom du Christ. Entre les deux, une évolution des mentalités qui gênait plus qu’elle n’arrangeait les puissants.

 

Et je ne peux que donner raison au Vatican : ce film est, à bien des égards, magnifique.

La photographie de Chris Menges, qui a débuté dans le documentaire, est superbe, mettant en valeur la forêt et le site prestigieux du parc national d’Iguazú (Argentine). C’’est un florilège de très beaux cadrages, montés avec brio par le talent de Jim Clark.

De même la musique d’Ennio Morricone se prête complètement à cette reconstitution, même si ce que nous entendons n’est pas toujours ce que nous voyons… Il y a une parfaite adéquation entre la musique du grand Ennio et l’intrigue – comme d’habitude !

Et cette musique, surtout ses chœurs, sont restés longtemps dans les souvenirs des spectateurs : aujourd’hui encore, on la reconnaît sans hésitation.

 

Et puis il y a l’interprétation.  Si Jeremy Irons est impeccable, comme d’habitude, on a le plaisir de découvrir un second rôle qui va faire parler de lui très vite : Liam « Schindler » Neeson (le jeune père Fielding). On remarquera aussi la présence d’un véritable ecclésiastique aux côtés de Jeremy Irons : Daniel Berrigan. Ce bon père est surtout célèbre pour ses prises de positions pas très catholiques dans l’Amérique de Nixon (et des autres) : ses positions et actions contre la guerre du Vietnam lui ont valu un procès au terme duquel il disparut, empêchant une quelconque incarcération. Pas étonnant de le voir ici du côté des opprimés…

J’oubliais : il a commencé son sacerdoce chez les Jésuites…

 

Mais c’est encore une fois Robert De Niro qui retient l’attention : il est formidable dans le rôle de cet ex-esclavagiste (2), à la recherche d’une rédemption qui viendra. En deux temps.

En effet, si la première partie est interrompue par un Indien dont il a capturés quelques parents – après un calvaire qui a des allures sisyphiennes, c’est bien sûr la seconde qui lui assure définitivement son Salut : il va combattre – malgré les vœux prononcés auprès de ses frères – aux côtés de ceux qu’il a (pour)chassés autrefois, assistant jusqu'au bout au martyre de ceux qui étaient devenus ses amis, son peuple.

 

Magnifique.

 

  1. Ayant longtemps pratiqué d’un instrument à vent, le jeu de Jeremy Irons est absolument incompréhensible par rapport à ce que nous entendons. D’un autre côté, les interprètes ne connaissent que très rarement les intentions du compositeur : la musique est réalisée après.
  2. Plus facile à écrire qu’à prononcer !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Gangsters, #John McNaughton, #Robert de Niro
Mad Dog and Glory (John McNaughton, 1993)

« Pas de tripes, pas de gloire. » (1)

Cette réplique revient plusieurs fois dans le film et l’illustre très bien.

Il faut dire que Wayne « Mad Dog » Dobie (Robert de Niro) en manque un peu. Lors d’un achat en magasin, il tombe sur un braquage. Il réussit à sauver l’homme menacé par le braqueur armé, mais en reste marqué moralement : il a eu très peur.

Plus tard, il reçoit la visite de Harold (Mike Starr), homme de main du mafieux Frank Milo (Bill Murray). C’est ce dernier que Wayne a sauvé dans le magasin. Et Frank veut le remercier : il lui envoie la jeune et belle Glory (Uma Thurman) pour passer une semaine avec lui. Pour éviter d’éventuelles représailles envers la jeune femme, Wayne accepte qu’elle reste.

Mais un problème subsiste tout de même : Wayne est policier.

 

Ca commence comme un film de gangsters classique avec morts violentes dans les premières minutes. Et comme on a pu lire le nom de Scorsese au générique (il est un des producteurs), on se prépare à une histoire rude, surtout qu’il y a aussi de Niro. Mais il y a aussi Bill Murray et l’optique change : Murray est surtout connu pour des rôles comiques, et celui de Frank Milo n’y fait (presque) pas exception. Parce que Milo est un truand de la pire espèce : il a toujours un homme de main pour faire son sale boulot, ce qui se termine rarement par des morts naturelles. Et tout ça sans être impliqué…

Alors cette relation particulière entre le truand et le flic ne peut pas durer.

 

C’était une bonne idée, cette histoire de flic qui sauve un truand, une sorte de parrain qui plus est. Même si c’est assez improbable, cette relation singulière offre un petit film intéressant où malgré tout, c’est le jeu d’acteurs qui prime. Et avec deux pointures comme de Niro et Murray, cela devient spectaculaire. Surtout que nous ne les attendions pas dans ces rôles-là : on aurait plus l’habitude de voir les places interverties. Mais avoir de Niro en flic timide et réservé est un plaisir, tant qu’il ne se met pas à « faire du de Niro ». Et c’est le cas ici : Wayne est un type tout ce qu’il y a de normal, voire un peu trop humain (pour un flic ?) comme le suggère son partenaire O’Rourke (David Caruso).
De son côté, Frank est plus une caricature qu’un véritable mafieux, le passé cinématographique de Murray jouant dans ce sens. Surtout que son personnage possède un club dans lequel il s’essaie à la « stand up comedy ».

 

Et d’une manière générale, le film oscille entre le sérieux et le comique sans véritablement choisir le ton prépondérant. Au final, on a ce qui ressemble à une comédie, servie par de très bons interprètes, mais qui reste bancale. Et c’est bien dommage parce que John McNaughton n’est pas loin de réussir complètement son film.

Quant à la réplique qui ouvre cet article, elle prend tout son sens dans la deuxième bagarre : celle qui oppose Wayne et Frank. Mais là encore, on préférera celle qui oppose les deux « hommes de main » : Harold et O’Rourke.

Certainement parce qu’elle fait plus « pour de rire » que l’autre.

 

(1) « No guts, no glory » en VO

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Noir, #Alan Parker, #Robert de Niro
Angel Heart (Alan Parker, 1987)

Harry Angel (Mickey Rourke) est un privé de deuxième (voire plus) zone, engagé par le mystérieux et inquiétant Louis Cyphre (Robert de Niro) pour retrouver une ancienne gloire de la chanson, Johnny Favorite.

Cette enquête va l’emmener de Brooklyn – là où il est né – à la Nouvelle Orléans, en passant par Coney Island, à la recherche d’un fantôme, alors que tous ceux qui ont connu le crooner sont systématiquement éliminés, amenant la police à suspecter de plus en plus Angel.

 

Trois ans après le très beau Birdy, Alan Parker revient avec un film radicalement différent.

Alors qu’une grande part de son film précédent était laissée au rêve (celui de Birdy, justement), ici, nulle place. Le film est brutal et sans espoir, lourd et oppressant comme le ciel d'un orage qui s’annonce. D’ailleurs, on n’y échappe pas, l’orage éclate, tout comme la vérité, à la fin. C’est d’ailleurs quand cet orage éclate que la résolution de l’intrigue commence, amenant une révélation terrible qui prend de court Angel tout comme le spectateur.

 

Encore que.

Angel Heart fait partie de ces films qu’il ne suffit pas de voir. En effet, une vision multiple est à chaque fois un nouveau plaisir pour le spectateur, révélant certains détails qu’on ne peut pas remarquer du premier coup. Bien sûr, le jeu des acteurs – Mickey Rourke et surtout Robert de Niro – est d’un très haut niveau, mais c’est dans l’ambiance et les détails que se crée la force du film.

Ce sont des leitmotive persistants, des éléments de décor qui se répètent, comme les différentes pièces d’un puzzle qu’on essaie d’imbriquer régulièrement à différents endroits jusqu’à ce qu’il rentre dans le décor final, l’intrigue elle-même. Et c’est bien sûr une fois que tout a été mis en place que la vérité se révèle, ramenant le spectateur à tout ce qu’il a pu voir pendant les 113 minutes que dure le film.

 

Une séquence revient régulièrement, mettant en scène une grille d’ascenseur, dans l’église où commence l’histoire, avec certaines variantes empruntées à la réalité vécue par Angel, par lequel nous l’appréhendons.

Parker joue sur la confusion entre le rêve (1) et la réalité, amenant parfois une dimension surréaliste de bon aloi : les deux jeunes novices dans l’église vide avec la porte qui s’ouvre seule…

Ce sont aussi les pales des systèmes de ventilation qui tournent inlassablement, de Time Square à New Orleans, n’arrivant même pas à chasser l’air vicié qui baigne le film, témoins muets de scènes terribles qui nous seront – heureusement – révélées au final.

Bien sûr le sang coule inlassablement : de la blessure d’Angel après sa rencontre avec Toots Sweet (Brownie McGee) qui nous interprète en prime un superbe blues (2).

Et puis il y a les miroirs, qui s’invitent dans chaque lieu, réfléchissant la réalité ou le rêve, amenant toujours de nouvelles images qui préparent aux chocs finaux : la révélation bien sûr, mais aussi le coup de poing d’Angel contre l’un d’eux, tant ce qu’il y voit lui devient de plus en plus insupportable.

 

Et si le film commence dans une église, cela n’est pas dû au hasard : la religion jouant un rôle important tout au long du scénario, comme élément de décor et de mode de vie des personnages. La Nouvelle Orléans devient alors le centre religieux du film, où se côtoient les baptistes (un baptême a lieu), les catholiques (Angel rencontre Cyphre dans une église) et les adeptes du vaudou (une cérémonie a lieu où participent Epiphany (Lisa Bonet), la fille de Johnny Favorite.

Et au milieu de cet univers ô combien mystique, on retrouve Angel, athée des plus convaincus : normal, il est né à Brooklyn !

 

Angel Heart est très certainement l’un des meilleurs films d’Alan Parker, confirmant son talent certain de metteur en scène, possédant différents niveaux de lecture qui le bonifient à chaque nouveau visionnage.

De Niro y est fantastique (dans tous les sens du terme), et Mickey Rourke à son apogée de « jeune » premier de cinéma, possédant ce charme irrésistible qui faisait (presque) se pâmer mes amies lycéennes à l’époque (3).

 

PS : Je suppose qu’il n’y a pas que moi qui ai remarqué le clin d’œil à la photo V-J Day in Time Square (Alfred Eisenstaedt, 14-8-1945) qui voit un marin embrasser une infirmière…

 

 

  1. Tiens, si, il y a du rêve. Mais on est loin  de l’onirisme attendu…
  2. Qui s’intitule Rainy rainy Day (« pluvieux jour de pluie »), comme quoi rien n’est laissé au hasard…
  3. Je ne donnerai pas de noms, elles se reconnaîtront.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #John Avnet, #Robert de Niro
La Loi et l'ordre (Righteous Kill - John Avnet, 2008)

Si John Avnet est producteur au nez creux, il est aussi un cinéaste talentueux, nous proposant ici une nouvelle rencontre entre deux monstres hollywoodiens : Robert De Niro et Al Pacino.

C’est d’ailleurs la troisième fois qu’ils se partagent l’affiche, même si dans la première – The Godfather part II – ils ne se rencontraient pas.

Et à nouveau, ils sont réunis dans une histoire policière particulière, mais cette fois-ci en tant que partenaires (1).

 

Dans une vidéo, Tom « Turk » Cowan (De Niro) confesse avoir tué quatorze personnes dans les quatre années passées : ces personnes étaient des criminels qui avaient pu échapper à la justice et qui méritaient de mourir pour l’ensemble de leur œuvre, comme on dit dans ces cas-là.

Nous allons alors assister à ces différentes exécutions, souvent suite à des affaires qui ont été résolues par son partenaire David « Rooster » Fisk (Pacino).

S’ensuit alors l’illustration de cette confession, de l’élément déclencheur – le maquillage d’un meurtre non résolu imputé à un tueur et violeur d’enfant – jusqu’à la conclusion – sanglante cela va sans dire – de cette affaire.

 

Bien sûr, le duo Pacino-De Niro est l’élément le plus important du film. Cette réunion fonctionne merveilleusement bien et John Avnet mène son intrigue avec assurance, ces deux stars étant des plus fiables. On sent en même temps la complicité qui lie les deux hommes, contents de travailler ensemble à cette énième intrigue policière.

Enième certainement, mais cette intrigue possède une originalité qui tient dans le basculement final : pourquoi cette confession.

 

Et Avnet nous surprend dès le début : alors que Turk raconte les différents meurtres perpétrés au nom d’une justice immanente qui supplante la Justice des hommes (légale donc), il n’y a à aucun moment de débat plus ou moins contradictoire sur cette pratique. Le fait est là : ces hommes méritaient leur sort.

Et Avnet préfère se concentrer sur l’élaboration et surtout l’exécution (c’est le cas de le dire) de ces châtiments, se concentrant sur l’enquête qui suit chaque mort.

Et ces enquêtes se passent dans des conditions très particulières avec trois partis en action : Turk & Rooster d’un côté ; Perez (John Leguizamo) & Riley (Donnie Wahlberg, le frère de Mark) d’un autre ; et au milieu de cette réunion la belle Karen Corelli (Carla Gugino), membre de la police scientifique.

 

Les deux duos de policiers sont en concurrence dans cette enquête malgré la collaboration – forcée – qui les fait se réunir et échanger.

Et cette concurrence a plusieurs aspects :

  • l’âge : comme le souligne leur supérieur – le capitaine Hingus (Brian Dennehy) – Turk et Rooster sont en fin de parcours, et doivent penser à leur avenir en dehors de la Force, ce qui peut être remis en cause en fonction de leur travail et surtout leur implication. Et la confession initiale de Turk lui donne raison.
  • Le tempérament : chacun des deux duos est composé d’un policier emporté et d’un modéré qui refrène l’autre, amenant des tensions qui ne facilitent pas les différentes enquêtes ;
  • La jalousie entre Turk et Perez qui, en plus d’être les plus sanguins, ont tous les deux un rapport amoureux avec Karen Corelli : l’un (Perez) l’a connue autrefois alors que l’autre sort avec (Turk). Cette jalousie va donc desservir l’enquête, Turk se retrouvant inévitablement en minorité et surtout en ligne de mire comme coupable.

A cela s’ajoute un élément qui pimente la situation : la belle Karen a des tendances masochistes, se repaissant des scènes de crime en imaginant ce qui a pu s’y passer.

 

Bref une histoire pas si simple que ça, surtout quand on connaît l’issue du film : mais si vous êtes attentifs, vous avez tous les éléments pour anticiper la résolution de cette intrigue policière – élaborée par Russell Gerwitz – plutôt habile.

 

PS : Avnet s’amuse aussi avec les acteurs et surtout les films dans lesquels ils ont tourné. Un exemple ? Hingus-Dennehy parle du meurtre d’un proxénète nommé Rambo (le champion de skateboard Rob Dyrdek) : quand on sait que Dennehy joue dans First Blood (2)…

 

 

  1. La fois précédente, Hanna-Al Pacino, le policier poursuivait le truand McCauley-De Niro dans le formidable Heat de Michael Mann.
  2. Film de 1982 réalisé par Tef Kotcheff, dont la traduction (trahison) française est Rambo

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #James Mangold, #Robert de Niro, #Sylvester Stallone
Cop Land (James Mangold, 1997)

« Cop Land », c’est « le pays des Flics. »

C’est de l’autre côté du Pont George Washington (G.W. Bridge), juste en face de New York, dans le New Jersey.
Cet endroit s’appelle ainsi parce qu’on y trouve une grande proportion de policiers de NY.

L’ordre et la sécurité y sont dispensés par Freddy Heflin (Sylvester Stallone), un shérif inoffensif qui n’a jamais pu intégrer la Force du fait de son audition.

De toute façon, une ville composée quasiment exclusivement de policiers ne doit pas connaître un fort taux de criminalité.

Evidemment, ce n’est pas le cas, sinon il n’y aurait pas de film.

 

C’est le deuxième film de James Mangold, et on peut dire qu’il s’en sort très honorablement dans cette histoire concoctée par Howard Shore. Mais la distribution (prestigieuse, cela va sans dire) y est pour une bonne part. Outre Stallone, on y retrouve quelques anciens de chez Scorsese : Harvey Keitel (Ray), Ray Liotta (Figgis) et Robert De Niro (Tilden) ainsi qu’une apparition de Frank Vincent, pour une fois pas un véritable truand...

Mais c’est Stallone qui retient l’attention, Freddy étant un personnage très intéressant.

 

Freddy Heflin est à l’opposé des personnages qu’il a pu interpréter dans ses autres films d’action : alcoolique et semble-t-il un tantinet idiot, il n’a pas la ligne mince qu’on a pu lui voir dans ses séries sportive et/ou guerrière. C’est d’une certaine façon un raté, condamné à ne jamais entrer dans la police du fait de son handicap. Mais, ce handicap a pour origine un événement qui donne une teinte un tantinet cynique : c’est en sauvant une jeune femme de la noyade, après avoir perdu le contrôle de son véhicule qui termina dans l’eau, qu’il perdit définitivement l’audition de cette oreille. Pas étonnant alors que Freddy ressemble plus à un paumé qu’à un représentant de l’ordre, cherchant quelque réconfort dans l’alcool. Mais tout comme aurait dû le faire Ray, il faut se méfier de l’eau qui dort.

 

En face de lui dans la ville ou à New York se trouve un personnage des plus déplaisants (il en faut toujours un dans ces cas-là) : Ray Donlan. C’est lui qui dirige en sous-main la ville ainsi qu’une partie des policiers. Et bien entendu, c’est de lui que vient le fait que Copland n’est pas vraiment une ville très morale. Il est secondé par trois sbires des plus redoutables : Leo Crasky (John Spencer), Frank Lagonda (Arthur J. Nascarella) et Jack Rucker (Robert Patrick, méchant estampillé AOC de Hollywood). Des affreux, dangereux et toute cette sorte de choses.

 

Sa déficience auditive sera traitée avec beaucoup de réalisme dans la séquence finale, qui ramènera – enfin – l’ordre dans cette ville très particulière. En effet, alors que les coups de feu seront perçus, les différentes répliques des protagonistes se perdront, sauf si vous êtes capables de lire sur les lèvres.

 

Il y a dans cette dernière partie du film une référence claire à Howard Hawks et à sa trilogie de westerns (Rio Bravo, El Dorado & Rio Lobo). En effet, Stallone/Heflin, à l’instar de John Wayne dans ces trois films, doit emmener le prisonnier qu’il retient dans ses geôles. Mais l’importance de ce prisonnier est une menace à l’empire qu’a bâti Ray, d’où une résolution plutôt sanglante de l’intrigue, avec une dernière remarque ironique de Freddy.


Dernier élément d’importance : la rédemption.

Freddy va bien sûr être sauvé. Mais il n’est pas le seul concerné. En effet, outre Heflin, c’est Figgis qui va gagner son salut, éprouvant une dose suffisante de remords pour prêter main forte à Freddy, amenant alors la résolution attendue.

 

Copland est un film particulier : une curiosité où pour une fois, les policiers restent entre eux, aucun grand truand n’étant d’une façon où d’une autre le centre de l’intérêt.

Une histoire de linge sale qui se lave en famille, celle des flics de New York.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Martin Scorsese, #Gangsters, #Robert de Niro
Mean Streets (Martin Scorsese, 1973)

Little Italy, New York (New York).

Charlie (Harvey Keitel) est un petit truand qui travaille pour son oncle Giovanni Cappa (Cesare Danova), avec l’espoir de gravir les échelons : il travaille dans la mafia new-yorkaise.

Mais malheureusement pour Charlie, il y a Johnny Boy (Robert de Niro), qui doit de l’argent à tout le monde, surtout à Michael (Richard Romanus), et ce dernier perd patience.

 

Pour son troisième long métrage, Martin Scorsese fait ses premiers pas dans le film de gangsters, avec bien sûr l’incontournable mafia qu’il reprendra une quinzaine d’années plus tard dans Goodfellas.

Mais ici, pas de rituels mafieux ni de parrain. Charlie et ses « amis » sont des truands de petite envergure, l’oncle de Charlie n’étant pas vraiment un grand ponte du système.

Et déjà on retrouve des éléments qu’il développera à nouveau ultérieurement : l’amitié, l’ambition et la religion (catholique, bien sûr).

 

La religion est omniprésente dans le film. En effet, on voit une procession dans Little Italy, avec la statue d’un saint (François d’Assise ?) qui défile, ainsi que les différentes réjouissances qui se déroulent pendant le temps de l’intrigue. En effet, l’intrigue ne se déroule pas sur une période bien longue, ce resserrement temporel permettant de plus se concentrer sur ce qu’il se passe pendant ces quelques jours.

De plus, la religion est aussi un soutien dans la vie de Charlie, donnant un sens à sa vie et surtout lui permettant d’accéder à une rédemption temporaire grâce à la confession.

 

L’amitié, qui est déjà couplée avec un sentiment d’honneur (la parole donnée), est omniprésente. Les différents protagonistes sont amis, ce qui amène toutefois quelques échauffourées, surtout entre Johnny et Michael, pour cette histoire d’argent, bien sûr.

On retrouve tout de même cette amitié virile et presque indéfectible qui marquera les protagonistes de Goodfellas ou encore Casino : l’analogie avec Casino devenant plus que pertinente. En effet, tout comme Sam Rothstein (Robert de Niro) par rapport à Nicky Santoro (Joe Pesci), son amitié avec Johnny Boy est de plus en plus difficile puisque ce dernier s’enfonce de plus en plus vers une issue déjà fatale.

 

Mais c’est avant tout l’ambition de Charlie qui est le moteur de l’intrigue. Charlie veut sortir des petites combines qu’il a montées avec ses amis et veut plaire à Cappa qui peut l’introduire dans un milieu plus important que ces petits larcins.

Mais l’amitié avec Johnny va sérieusement compromettre son avenir, son oncle n’approuvant pas son choix. Alors quand Johnny découvre que Charlie sort avec sa cousine Teresa (Amy Robinson), la situation se complique dangereusement.

 

Et puis il y a la violence.

C’est Johnny qui tire des coups de feu du haut d’un toit pour effrayer le voisinage ; c’est aussi la rixe dans le bar où  Charlie est venu encaisser les frais de « protection ». Et c’est bien sûr les coups de feu tirés sur Johnny par un tueur répondant au nom de Shorty, mais qui est surtout interprété par Martin Scorsese, qui aime à apparaître dans ses films.

 

Et déjà, dans ce premier film de gangsters, tout comme dans ceux qui suivront, Charlie aura beau tout tenter pour se hisser dans la « famille » de son oncle, il n’y arrivera pas. La fin le ramènera à sa situation initiale, voire plus bas : comment expliquer à son oncle la dernière séquence avec ces mêmes coups de feu, surtout après les mises en garde…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Paul Weitz, #Robert de Niro
Mon Beau-père et nous (Little Fockers - Paul Weitz, 2010)

Comme dans la vraie vie, six ans ont passé.

Greg (Ben Stiller) et Pam (Teri Polo) sont maintenant parents de jumeaux : Samantha (Daisy Tahan) et Henry (Colin Baiocchi).

Greg est maintenant chef de service, même si ce n’est pas tellement mieux financièrement.

Pour le reste, son rien n’a changé : ses parents et beaux-parents restent identiques à eux-mêmes.

Sauf qu’un soir, alors qu’il est seul à la maison, Jack Byrnes (Robert de Niro) fait un infarctus : il se sent tout d’un coup mortel et commence à imaginer sa succession. Comme son premier gendre – docteur Bob (Tom  McCarthy) – s’est séparé de sa fille, il ne reste plus que Greg pour reprendre le flambeau.

Bien entendu, cette situation de faiblesse s’estompe rapidement, et Jack recommence sa « surveillance » de son gendre, pour lequel il n’a que peu d’estime.

 

Nous retrouvons le même cas de figure que pour le premier épisode : si Jack ne parle pas du « cercle de confiance », il n’en demeure pas moins très attentif au comportement de son beau-fils. Comme si ce n’était pas suffisant, débarque dans la vie (professionnelle) de Greg une représentante de produits pharmaceutiques : Andi Garcia (Jessica Alba). S’ensuit un série de quiproquos en rapport avec le thème du désir qui s’émousse avec l’arrivée des enfants… Bref, tout pour induire Jack en erreur et nous amener des situations comiques.

 

Ce dernier opus sent tout de même la fin. Les rapports entre Greg et Jack sont toujours aussi tendus, mais ça sent tout de même un peu le réchauffé. Sans parler d’une touche un tantinet grivoise qui finalement n’apporte pas grand-chose à l’intrigue. LE film nous fait rire, et c’est le principal, mais était-il vraiment utile de faire cette suite ?

Sans parler de la scène absolument gratuite de la rencontre entre Jack et les ouvriers de la maison de Greg.

Cette séquence n’a qu’un seul intérêt : les retrouvailles entre Robert de Niro et Harvey Keitel (le contremaître) qui avaient tous deux commencé chez Martin Scorsese.

ON sent que ces deux-là sont heureux de se retrouver, à tel point qu’on peut voir Keitel un petit peu trop le sourire aux lèvres alors qu’il se mesure à de Niro.

 

Par contre, il y a dans ce film deux références cinématographiques assez intelligentes : Le Parrain (les trois) et Les Dents de la mer.

Le Parrain à propos de la passation de témoin future entre Jack et « don » Focker. Outre le fait que de Niro fut le jeune don Corleone, nous assistons alors à une rencontre toute en respect et chaleur humaine quand Jack arrive chez Pam et Greg : des embrassades outrées, en total décalage avec la personnalité de Jack, homme peu tactile quand il s’agit d’un autre homme. On retrouve aussi un store à la fenêtre quand Greg se sent « don ». Et un côté anecdotique quand Jack recherche sur internet des informations sur Andi Garcia.

Les Dents de la mer, quand Jack plonge dans la piscine à balles et les fait se soulever pendant que les accords de la musique du film l’accompagnent… Et même plus.

 

Finalement, tout rentre dans l’ordre, et Jack reconnaît enfin son gendre comme quelqu’un de valeur, ce dont nous n’avons jamais douté.

Mais – malgré tout – jusqu’à quand ?

 

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