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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

robert enrico

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Drame, #Robert Enrico, #José Giovanni
Les grandes Gueules (Robert Enrico, 1965)

De grands espaces ; un petit propriétaire qui se bat contre un gros pour survivre ; une histoire de vengeance ; une équipe patibulaire qui descend dans un village ; un cheval ; des chevaux (de bois).

Pas de doute, nous sommes dans un western.

Mais alors que le western est un genre plutôt américain – même si Sergio Leone en a réalisé » de magnifiques, l’intrigue se situe toujours outre-Atlantique – il n’empêche que le film de Robert Enrico s’apparente curieusement à cette catégorie.

 

Hector Valentin (Bourvil) revient du Canada à la mort de son père et décide de reprendre la scierie de son père à Vagney (Vosges). Mais Therraz (Nick Stephanini) le propriétaire de la grande scierie du coin, aimerait bien récupérer cette dernière parcelle. Aidé de Laurent Dannecker (Lino Ventura) et Mick Evratt (Jean-Claude Rolland), il va tenir bon face à Therraz, en faisant appel – suivant la suggestion de Laurent – à des prisonniers en libération conditionnelle : il les accueille pour venir travailler  chez lui plutôt que de finir leur sentence entre quatre murs.

 

Encore une fois, nous retrouvons une histoire de gangsters due à la plume de José Giovanni. Mais, et c’est alors rare dans le cinéma français en 1965, il nous montre un aspect peu mis en valeur dans la société française, la réinsertion des condamnés de droit commun et dans le cas qui nous intéresse les libérations conditionnelles.

Il faut dire que le passé de José Giovanni lui fournit matière pour ses différents romans policiers : lui qui fut condamné à mort connaît très bien le milieu carcéral tout comme le Milieu tout court.

Et Robert Enrico rejoint Giovanni pour nous présenter une bande de types aux mines patibulaires certes, mais tout de même bien sympathiques. De plus, on y retrouve quelques seconds rôles emblématiques du cinéma français des années 1960-1970 dont Jess Hahn (Nénesse) est un représentant fort truculent.

 

Our la tête d’affiche, on trouve un duo inédit et surprenant : Lion Ventura et Bourvil (qu’on connaît surtout pour les comédies dans lesquelles il a joué – avant et après).

On a tendance à oublier que Bourvil avait un réel talent qui ne se limitait pas à des personnages un tantinet ahuris et comiques comme on l’a un peu (vite) enfermé après Le Corniaud et La grande Vadrouille. Tout comme Melville quelques années plus tard qui lui offrira l’un de ses derniers rôles, Enrico lui donne un rôle grave, celui d’un propriétaire de scierie capable de donner une chance à des proscrits notoires. C’est une grande responsabilité pour son personnage ainsi que pour son image auprès du public : une cinquantaine d’années après le film, les mentalités n’ont pas beaucoup évolué en ce qui concerne les « repris de justice » (1) et leur acceptation dans la société.

De son côté Ventura reprend un rôle de dur qu’on lui connaît mais cette fois-ci, la fréquentation de Bourvil/Hector va amener quelques nuances dans son personnages, les deux hommes déteignant l’un sur l’autre : Hector est un homme courageux qui n’hésite pas à jouer des poings si nécessaire, et Laurent voit son désir de vengeance diminuer avec le temps, surtout après la mort de Mick.

 

Mais comme je l’annonçais au début, nous sommes dans un western.

Outre les beaux paysages des Vosges, la musique de François de Roubaix n’est pas sans rappeler celle d’Ennio Morricone. De plus, les sonorités tirées du bois se retrouvent dans les différents instruments joués par les musiciens.

On retrouve le combat du petit contre le grand – qu’on a dans différents films américains – avec en prime les méchants qui débarquent en ville. Même si dans ce cas, ce ne sont pas vraiment les méchants qui sont là : on peut dire qu’ils sont en sursis…

Et bien sûr, nous avons droit à une gigantesque bagarre – l’une des plus belles du cinéma français – avec distribution généreuse de bourre-pifs ainsi que destruction partielle du décor (la fête des Bûcherons de Vagney).

 

SI le film reste marqué du fait des costumes et des coiffures, on note tout de même que le thème reste d’actualité, quand on entend certaines réflexions de n’importe quel Café du Commerce à propos des prisons.

Et Giovanni et Enrico n’inventent pas tellement quand ils abordent cette histoire de repris de justice mis au ban : une centaine d’années plus tôt, Victor Hugo faisait paraître l’un de ses plus grands romans (en intérêt ainsi qu’en volume…), Les Misérables (2).

 

Un film qui, lui aussi, mérite une seconde chance.

 

 

  1. « Repris de justesse » disait Coluche…
  2. Et comme c’est étrange (?), Lino Ventura jouera Jean Valjean dans le film de Robert Hossein, alors que Bourvil fut Thénardier dans celui de Jean-Paul Le Chanois…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Drame, #Robert Enrico
Le vieux Fusil (Robert Enrico, 1975)

Julien Dandieu (Philippe Noiret) est chirurgien à Montauban. Il a une fille de treize ans, Florence, et une femme belle comme le jour, Clara (Romy Schneider, lumineuse).

Tout est donc au mieux. Sauf…

Sauf que c’est la guerre, nous sommes en 1944. Les Alliés viennent de débarquer en Normandie, la division das Reich y remonte, et la Milice s’excite, voulant sauver les meubles avant qu’il soit trop tard.

Alors Julien a peur. Peur pour ses femmes. Et il décide de les envoyer dans son « château », celui qu’il retape, quand il a le temps.

Alors elles y vont.

Et quand il a un moment de libre, il va les rejoindre. Il s’arrête au hameau. Silence. Personne.

Les gens ont été rassemblés dans l’église. Là, les Allemands les ont massacrés. Ensuite, ils sont montés au château. Et Clara, et Florence…

Julien est seul, contre une dizaine de soldats. Alors il ressort le vieux fusil. Celui de la chasse. Et les cartouches, celles pour tuer le sanglier.

 

Alors nous allons suivre la vengeance de Julien. Une seule journée, le temps que les FTP arrivent.

Et pendant ce temps, Julien va éliminer les Allemands, un par un, en songeant à sa vie qui vient de s’arrêter.

Robert Enrico signe ici un film de vengeance tout en subtilité. Julien Dandieu n’est pas un excité, ni un violent. Mais ce qui lui arrive va au-delà de ce qu’il aurait pu imaginer. Sans compter le poids de la culpabilité : c’est lui qui – sur le conseil de son ami François (Jean Bouise, toujours impeccable) – qui envoie les deux femmes de sa vie à l’abri, vers leur mort.

Et Julien sera taraudé deux fois par ce qui est arrivé : à la découverte du drame, puis quand tout sera terminé.

Et entre les deux, il se souviendra. Il se rappellera Clara, son sourire enchanteur et communicatif, et Florence, sa fille à lui, mais tellement proche de Clara.

 

Et nous voyons défiler ses souvenirs. Des plus proches aux plus anciens : le soir où il a rencontré Clara et que tout s’est décidé si vite, le conflit approchant. Parce que c’est là le nœud de leur vie. Ils se sont rencontrés, ont couché ensemble, et presque tout de suite après, ils se sont mariés. La guerre étant là, il fallait vivre intensément, comme si chaque jour était le dernier. Et malgré cela, leur dernier contact fut bref. Juste un au revoir à travers une vitre de voiture, puisque de tourte façon, ils devaient se revoir très tôt.

Alors ce film est très noir, très froid. Julien se venge. Mais sobrement. Pas de réaction d’enthousiasme. Une vengeance implacable, froide. Il ne se réjouit jamais de la mort d’un ennemi. Mais il continue.

 

Et quand son œuvre est terminée, que son ami François vient le chercher, il reprend le cours de sa vie, là où il en était, avant le drame. Jusqu’à ce que ce dernier le rattrape.

A partir du drame d’Oradour-sur-Glane, Enrico nous raconte une vengeance banale, mais avec une force et une émotion formidables. Noiret est magnifique, sobre. Ni courageux, ni lâche. Juste déterminé. Avec lui, Romy Schneider est – je le dis encore une fois – lumineuse. Elle éclaire chaque séquence. Et son sourire, le grand souvenir de Julien, accompagne chacun de ses souvenirs et nous gagne peu à peu. Il justifie à lui seul l’action de Julien.

 

Romy Schneider était décidément une très grande actrice.

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