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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

roger kay

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Roger Kay
Le Cabinet du docteur Caligari (The Cabinet of Caligari - Roger Kay, 1962)

Jane Lindstrom (Glynis Johns) est en vacances et conduit négligemment à l’aventure. Malheureusement pour elle, un pneu éclate et elle se retrouve à pieds. A la recherche d’une maison accueillante, elle arrive chez un homme étrange et fascinant : Caligari (Dan O’Herlihy). Il l’accueille à bras ouverts et la loge même pour la nuit, sa voiture nécessitant des réparations. Au matin, elle veut repartir mais n’y arrive pas : sa nourriture est droguée.

Au réveil (le soir) elle rencontre les invités de Caligari, tout aussi étranges que lui.

Mais toujours aucune occasion de partir…

 

Il fallait bien qu’à un moment Hollywood s’empare de cette histoire étrange. C’est donc chose faite (et une deuxième fois depuis !), et de façon pas si mauvaise que ça… En effet, nous retrouvons d’une certaine manière (très) basique la structure de l’intrigue de Carl Mayer & Hans Janowitz, mais alors que dans l’œuvre originale, le cabinet était une sorte de placard dans lequel dormait Cesare (Conrad Veidt), ici, il s’agit d’un véritable cabinet de médecine : Caligari, comme son prédécesseur (Werner Krauss) est médecin.

Mais il n’a pas le rôle magnifique que lui prêtait le personnage principal et narrateur (Friedrich Fréher). Tout d’abord parce que le personnage principal est une femme !

 

Ici aussi, tout est vu du point de vue de cette femme qui se retrouve prisonnière d’un lieu qu’on pourrait qualifier « de liberté » : les portes ne sont pas verrouillées sauf la grille à certaines heures (pour la nuit) et il n’y a aucune pression sur les « pensionnaires » de cet établissement. Parce que nous sommes bel et bien dans un institut psychiatrique, comme initialement chez Wiene.

Normal : c’est un remake. Par contre, il aurait été un tantinet plus honnête de préciser dès l’ouverture que le scénario « original » de Robert Bloch ne l’était pas tant que ça !

 

Quoi qu’il en soit, Roger Kay, avec l’aide son chef-op’ (John L. Russell), nous propose un film (de série B certes) d’une facture très honorable. Et l’apport du technicien y est très certainement pour beaucoup : le dernier long métrage auquel ait participé Russell était alors Psychose, on pourrait rêver pire ! Et cette façon de filmer se retrouve ici dans cette intrigue aussi oppressante que mystérieuse.

Bien sûr, Kay n’est pas Hitchcock, mais il réussit à nous tenir en haleine jusqu’au dénouement final, là aussi un basculement de dernière minute souligné par une caméra subjective insistante, mais tellement pertinente.

 

Et la fuite de Cesare avec dans ses bras Lil Dagover ? (1) Certes, il était exclu de la reproduire, et surtout de la même façon : l’Expressionnisme est terminé depuis bien longtemps, surtout que le film de Wiene n’en faisait pas partie. Mais nous avons droit tout de même à une très belle séquence dans laquelle Jane va tenter de s’évader. C’est la véritable catharsis attendue, dans un décor qui rappelle (enfin ?) le film de 1919.

Nous ne sommes plus dans l’Expressionnisme, donc, mais on y retrouve tout de même quelques touches surréalistes bienvenues.

 

Au final comme pour beaucoup de remakes, on peut se poser la question de l’intérêt d’une nouvelle adaptation. Bien sûr que celle-ci ne s’imposait pas, mais puisqu’elle est là, autant se laisser tenter, et la savourer pour ce qu’elle est, avec toutefois la sensation de le faire en cachette, comme quand on fume pour la première fois…

 

  1. Dont le personnage se prénomme elle aussi Jane…

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