Fatty (Roscoe Arbuckle) est en voyage. Comme clandestin, alors évidemment, il est rapidement éjecté du train par l’homme demain du convoi (Slim Summerville). Seul, au milieu de nulle part, il feint l’inanition pour attendrir Minnie Hee-Haw (Minnie Devereaux). Et ça marche.
Non seulement elle le ramène à son village (de tipis), mais en plus, elle envisage de l’épouser. Ce qui n’est pas complètement au goût de Fatty qui va s’enfuir et se retrouver dans un village de cow-boys.
Mais Minnie est à ses trousses…
Autant le dire tout de suite : Minnie Devereaux s’est aussi appelée Minnie Ha-ha (dans Mickey), et ici, son patronyme (Hee-Haw) rappelle fortement le braiement d’un âne. Quoi qu’il en soit, c’est une femme indienne (véritable) et sa stature est en parfaite adéquation avec celle Fatty, comme en témoigne la séquence du baiser. Parce que Roscoe Arbuckle, à travers son personnage, va embrasser une Indienne ! Si je mets en évidence ce fait, c’est parce que les lois américaines ne sont pas – en 1914 – pour la mixité, et au cinéma, n’oublions pas qu’« un bon Indien est un Indien mort » !
Alors quand Fatty embrasse Minnie Hee-Haw, après contorsions, c’est un grand coup donné aux racistes de tous poils qui peuplent l’Amérique de l’époque (et aussi de maintenant, d’ailleurs). Mais je ne suis pas sûr qu’il y ait un message quelconque dans ce baiser. Il est on ne peut plus naturel, même si Fatty n’a qu’une envie : s’en aller. Il faut dire que Minnie n’est pas de la première jeunesse, et la présence d’une rivale (Minta Durfee) va précipiter la séparation.
Malheureusement pour Fatty, cette jeune femme a un père, et leur amour (inexistant bien que latent) ne pourra se développer.
Quoi qu’il en soit, on s’amuse beaucoup de cette histoire fort improbable, où le héros (?) va tout faire pour se sortir d’une situation de toute façon inextricable, tout en utilisant les canons du western. Ca tire, ça se bagarre et ça boit sec. Sauf Fatty, bien sûr, qui boit du lait plus ou moins élégamment.
NB :un gag qui sera repris maintes et maintes fois, et en particulier chez Goscinny : la nourriture indienne qui contente l’étranger jusqu’au moment où il apprend ce qui compose réellement sa pitance (1)…
On attend quand même avec impatience Out West !
- Astérix, La grande Traversée ; Oumpah-Pah le Peau-rouge…
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