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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

rudolph valentino

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Mélodrame, #Joseph Maxwell, #Rudolph Valentino
L'Amant (The married Virgin - Joseph Maxwell, 1918)

Mary McMillan (Vera Sisson) aime Douglas McKee (Frank Newburg) et doit l’épouser.

Mais le comte Roberto di San Fraccini (Rudolph Valentino), maître-chanteur, va la forcer à l’épouser pour sauver son père (Edward Jobson), à l’instigation de sa belle-mère (Kathleen Kirkham), qui a une relation avec le comte.

Mais heureusement, tout se terminera bien pour Mary : le comte s’enfuira, et elle pourra épouser – enfin ! – son amoureux original.

 

Autant le dire tout de suite, c’est bien évidemment la présence de Rudolph Valentino qui donne un intérêt à ce film. Il est encore peu connu et n’a pas encore adopté son nom de scène : il est crédité ici Rodolfo di Valentini, un de ses nombreux pseudonymes qui perdureront jusqu’à sa véritable révélation : Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse (Rex Ingram, 1921).

Son personnage ici est peu reluisant : un maître-chanteur est systématiquement méprisable par le public (et la jeune première en l’occurrence) et ce malgré son visage avenant qui n’est pas mis en avant comme ce sera le cas quelques années plus tard.

 

Quant à l’intrigue, nous sommes dans un de ces mélos habituels – à l’époque – avec secret de famille – du père surtout – et intrigue menée par la belle-mère infidèle qui a épousé son mari bien évidemment pour son argent.

Pour le reste, la morale est sauve et le titre original donne une indication sur sa résolution : La Mariée vierge (1). Cette notion de virginité permet l’annulation d’un mariage puisque non consommé.

 

Bref, un de ces films qu’on peut oublier dans cette année 1918 qui vit tout de même des films cent fois plus intéressants aux Etats-Unis et ailleurs.

Reste le beau Rudolph, à l’aube de sa courte et prestigieuse carrière, dans un rôle très convenu, mais avec tout de même les prémices de ce qui fera son succès.

 

(1) La traduction littérale serait « la Vierge mariée », mais elle ne serait peut-être pas aussi précise quant au rapport à l’intrigue. Je sais, je pinaille, mais la traduction inclut parfois des nuances très subtiles. De plus, en 1918, une mariée américaine ne pouvait qu’être vierge… Au moins jusqu’à la nuit de noces !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Aventures, #George Fitzmaurice, #Rudolph Valentino
Le Fils du cheik (The Son of the sheik - George Fitzmaurice, 1926)

Comme il y a eu Don Q. son of Zorro cinq ans après The Mark of Zorro, il y a Ahmed, le Fils du Cheik, cinq ans après Le Cheik.

Et encore une fois, c’est le beau Rudolph Valentino qui l’interprète.

Et même mieux : il interprète aussi son père, lui aussi prénommé Ahmed.

Nous suivons donc les aventures d’Ahmed Jr. lui aussi conquis par la beauté d’une jeune femme blonde.

Mais comme il n’était pas envisageable de refaire exactement la même chose, George Fitzmaurice, qui succède à George Melford, fait appel à la talentueuse Frances Marion qui écrit donc une suite dans la même verve mais avec beaucoup plus d’humour.

 

Ahmed (le fils) est tombé amoureux de la belle Yasmin (Vilma Bánky), danseuse mais surtout fille d’André (George Fawcett), une espèce de renégat, allié à des Arabes cruels et stupides, qui vont tout faire pour les séparer et essayer de s’enrichir aux dépens du prince.

Bien sûr, ils n’y arriveront pas et tout se terminera bien, mais était-il nécessaire de le préciser ?

 

Plus que Don Q. Son of Zorro, ce film est devenu mythique. Et pour deux raisons. La première, c’est que Valentino était alors au fait de sa gloire, adulé par des cohortes de femmes qui succombaient à son charme d’Italien ténébreux. Mais la seconde est beaucoup plus tragique : Rudolph Valentino est mort trois mois après la sortie du film. Vous avez donc compris : il s’agit de son dernier film, Character Studies ayant été tourné bien avant ce film (1).

 

Ce deuxième opus, en plus d’une technique beaucoup plus maîtrisée (2), a les allures d’un film avec Douglas Fairbanks, Valentino réalisant des bonds et des prouesses courageuses lors de toutes les scènes d’action : il saute sur la selle de son cheval, brette comme un forcené, et enlève les jeunes femmes avec toute sa fougue légendaires.

A ses côtés, on retrouve dans une séquence quasi magique son double (lui-même jouant son père), et tout comme pour Mary Pickford dans The little Lord Fauntleroy, le père touche l’épaule de son fils sur un même plan ! Evidemment, l’artifice est connu, mais il n’empêche, on ne peut que se réjouir devant cette prouesse technique.

Agnes Ayres (sa mère) a bien voulu jouer dans cette suite, reprenant son même rôle, et ce grâce à monsieur Samuel Goldwyn, comme c’est annoncé dès le générique de présentation, précisant même que c’est aussi par amitié pour la star monumentale qu’elle a bien voulu participer.

Et cette présence nous permet aussi de constater que les canons de la beauté d’Hollywood sont en train de changer : alors qu’Agnes Ayres est une belle femme plantureuse, Vilma Bánky est beaucoup plus mince, même si pour le reste, elle n’est pas différente.

 

Si les méchants sont facilement identifiables – George Fawcett en père indigne et son bras droit en bandit (Montagu Love) tout droit sorti des Mille et une Nuits (3), il reste tout de même une paire de personnages qui se rangent de leur côté, mais sont avant tout des éléments comiques de l’intrigue : Bull Montana et Bynunsky Hyman. Ce n’est pas la première fois que ces deux-là sont associés. En effet, ils apparaissent tous les deux dans le film de Max Linder The three Must-Get-There : Bull Montana est le Cardinal Richie-Loo, et il tire sur les rares cheveux d’un moine, interprété par Bynunsky Hyman !

Autre personnage comique – dans une moindre mesure – le second d’Ahmed, Ramadan, interprété par le goguenard Karl Dane : toujours aussi grand et aussi rigolard que dans The big Parade, mais cette fois-ci, il ne meurt pas avant la fin.

 

Le film fut un immense succès, dépassant largement le premier opus. Mais rien d’étonnant là-dedans, ce deuxième film est beaucoup mieux maîtrisé, les cadrages originaux renforçant cette impression (et qui n’en est pas une) de qualité.

Le moment où Ahmed, ivre de jalousie s’approche de Yasmine donne lieu à des mouvements de caméra subjective alternant champ et contre-champ et surtout culminant avec le regard de Vilma Bánky occupant la totalité de l’écran.

Du grand art !

 

Pas étonnant qu’il y ait eu une telle effervescence quand on annonça la mort de Valentino, le 23 août de cette même année 1926.

 

 

  1. Sorti en 1927, il aurait été tourné aux alentours de 1922.
  2. En 5 ans, beaucoup de choses ont évolué, et surtout la manière de filmer.
  3. Encore une fois, Montagu Love interprète un méchant, rôle de prédilection qui le suivra toujours : il est entre autres l’infâme évêque dans The Adventures of Robin Hood.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Robert Z. Leonard, #Rudolph Valentino
Un délicieux petit Diable (The delicious little Devil - Robert Z. Leonard, 1919)

Ce délicieux diable s’appelle Mary McGuire (Mae Murray) et vit avec sa mère et son oncle Barney (Richard Cummings) et par intermittence son père (Harry L. Rattenberry).

Renvoyée d’un poste de vestiaire, elle profite d’un scandale mondain pour se faire passer pour Gloria de Moine.

Elle est alors embauchée comme danseuse à la Peach Tree Inn, tenue par Larry McKean (William V. Mong) et y exécute quatre soirs par semaine la danse du Paon.

Elle y fait aussi la connaissance de Jimmy Calhoun (Rudolph Valentino) dont le père est le grand entrepreneur Michael Calhoun (Edward Jobson), qui voit d’un mauvais œil cette danseuse tourner autour de son fils.

Il décide alors de la confondre, mais non seulement il n’y arrive pas, mais en plus le Duc de Sauterne (Bertram Grassby), amant de la véritable Gloria, s’invite à la soirée…

 

Robert Z. Leonard (le réalisateur) était alors marié à Mae Murray (1), et lui offre une comédie sur mesure dans laquelle on retrouve surtout un petit jeune homme qui monte : Rudy Valentino (2). Mais ce n’est pas lui la vedette, même s’il interprète un jeune premier tout à fait correct. Mais nous sommes dans une comédie très stéréotypée et Jimmy est alors le jeune premier idéal mais assez insipide : il n’a besoin que d’être beau. Même s’il prend un peu plus d’épaisseur dans la dernière séquence, aidant à parvenir à un dénouement heureux inévitable.

Outre la belle Mae, les véritables ressorts comiques du film sont les autres hommes, des personnages très facilement identifiables.

 

En effet, les deux beaux frères (l’oncle et le père de Mary) sont d’incorrigibles paresseux : tout peut être chamboulé autour d’eux, ils ne lâcheront pas leur partie de dame. Une exception tout de même : ils s’arrêtent manger.

Le père Calhoun est l’archétype du gros homme d’affaire, soucieux d’éviter les croqueuses de diamant pour son fils naïf. Restent alors le directeur du cabaret prêt à tout pour se faire mousser et Percy (Ivor McFadden), le bon gros copain amoureux de Mary mais qui ne peut pas rivaliser avec le beau Jimmy.

Finalement, c’est Mary la seule femme du film qui a de l’importance (sa mère fait deux apparitions sporadiques). Elle a beaucoup d’énergie et une fausse pudeur assez drôle : elle se présente comme la sulfureuse Gloria de Moine et n’ose pas porter des robes plutôt légères…

 

Ce n’est pas une comédie extraordinaire, bien sûr, mais la générosité des protagonistes permet de passer un moment agréable, et Mae Murray est plutôt irrésistible dans ce rôle de « petit diable » (pas si terrible que ça au final).

 

 

  1. Ils divorceront en 1925.
  2. Alors mentionné « Rodolph ».

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Rex Ingram, #Rudolph Valentino
Eugénie Grandet (The conquering Power - Rex Ingram, 1921)

Quatre mois après Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse, Rex Ingram sort un nouveau film avec le même duo vedette : Alice Terry (Mme Ingram à la ville) et Rudolph Valentino, la révélation du film précédent.

Derrière le titre original – The conquering Power – se cache une adaptation du roman de Balzac, Eugénie Grandet.

Cette puissance évoquée par le titre original est l’amour, qui réussit à se jouer de tout pour triompher.

Enfin, c’est le cas ici, et c’est tant mieux.

 

Victor Grandet (Eric Mayne) est ruiné, et envoie son fils Charles (le beau Rudolph) chez son frère Félix (Ralph Lewis) qui a une charmante fille, la belle Eugénie (Alice Terry, donc). Bien sûr ces deux-là tombent amoureux, mais Grandet père, qui est un avare de la pire espèce ne veut pas partager sa fille et va même jusqu’à spolier son neveu en l’envoyant à la Martinique, espérant le séparer pour de bon d’Eugénie.

Mais comme l’annonce donc le titre original et les intertitres de présentation, tout se terminera bien.

 

N’ayant pas lu le roman, mais connaissant l’histoire, je pourrai m’indigner de cette adaptation qui est bien loin de l’intrigue balzacienne. Mais je n’en ferai rien : nous sommes au cinéma, que diable !

En quoi cette adaptation est-elle moins bonne que celle de Rupert Julian pour Notre-Dame de Paris ?

 

Toujours est-il que si les amoureux sont les protagonistes les plus importants du film, le personnage le plus intéressant est le père Grandet, celui d’Eugénie.

Et Ralph Lewis est magnifique dans ce rôle d’homme obsédé par l’argent.

Le plus grand (et beau) moment du film est d’ailleurs le moment où ce dernier devient fou, voyant les victimes de ses opérations financières venir l’accuser (on a alors de très belles surimpressions), jusqu’à l’apparition d’une espèce de divinité de l’or (C.E. Collins) : serait-ce Mammon en personne ?

 

Autour de ces trois personnages-clés de l’intrigue, Ingram compose une petite bourgade française avec ses personnages truculents, amenant une intrigue parallèle entre la servante de Grandet (Mary Earne) et un paysan du coin (Eugene Pouyet), seules personnes à se réjouir après le coup de théâtre final.

Cette dernière scène est construite comme une scène classique : tous les protagonistes (encore vivants) y participent pour le triomphe de l’amour (1). On y retrouve d’autres participants croquignolets : la trinité Cruchot.

Ces trois personnages sont aussi fats que ridicules : un notaire (Edward Connelly) un tantinet véreux – ce n’est pas toujours un pléonasme ! – un abbé (Willard Lee Hall) obséquieux et le fils à marier (George Atkinson) d’un âge déjà avancé.

Ce trio est l’un des éléments comiques du film avec le marivaudage ancillaire.

 

Ingram nous offre un film dans la lignée de ses précédents, où Valentino et Terry sont sur la même longueur d’onde et joue avec la retenue nécessaire, ce qui est préférable vu la démesure de la folie du père Grandet/Ralph Lewis.

L’exubérance de Grandet annonce celle d’Oliver Haddo (Paul Wegener) dans The Magician quelques années plus tard, l’intervention surnaturelle du Fantôme de l’Or étant dans la même lignée.

 

J’ajouterai enfin que le scénario est signé par la grande June Mathis qui, à la mort de Valentino, fera reposer son corps dans un emplacement tout près du sien, le rejoignant moins d’un an plus tard, victime d’une crise cardiaque. Elle avait 40 ans.

 

 

(1) comme annoncé plus haut.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Roscoe Arbuckle, #Buster Keaton, #Harold Lloyd, #Douglas Fairbanks, #Rudolph Valentino
Character Studies (Roscoe Arbuckle, 1927)

Parmi tous les films qui sont sortis en 1927, l’une des plus belles années du point de vue de la production cinématographique, il est un petit film (6 minutes environ) qui aurait pu passer inaperçu s’il n’y avait eu autant de stars à y participer.

 

Tourné en 1925 par Roscoe Arbuckle, le principe en est simple : Carter de Haven, un acteur oublié qui a travaillé avec Chaplin sur Les Temps modernes (entre autres), joue le rôle d’un transformiste.

Installé devant un grand coffre il se maquille et endosse des tenues (avec couvre-chef) pour personnifier des stars du cinéma.

Ce sont alors tour à tour Buster Keaton, Harold Lloyd, Douglas Fairbanks, Roscoe Arbuckle, Rudolph Valentino et Jackie Coogan (11 ans au moment du tournage) qui se produisent sous les yeux (ébahis ?) d’un public virtuel (finalement ce sont les spectateurs du cinéma qui endossent ce rôle).

 

En 1921, Douglas Fairbanks avait déjà interprété ce rôle de faux transformiste dans le film The Nut) avec le même résultat un tantinet absurde.

Mais quand Arbuckle en fait une nouvelle version, l’exploitation sera beaucoup plus difficile du fait des retombées de l’affaire le concernant (1921) qui le poursuivra jusqu’à sa mort (1933).

Mais si The Nut révélait les ficelles de la supercherie (le paravent tombait et on apercevait tous les protagonistes), ici, aucune révélation, mais un montage très précis qui amène finalement le sourire (et plus) aux spectateurs.


Si Keaton reste impassible (on s’en serait douté) et ne fait que se montrer, Lloyd, Fairbanks et Arbuckle nous livrent un petit échantillon de leur rôle passé :

  • Arbuckle récupère sa poêle à frire avec laquelle il fait sauter un morceau de viande ;
  • Fairbanks, en Robin des bois (1922), saute pardessus le coffre pour se présenter au public ;
  • Lloyd exécute les pas qui accompagnent chaque réalisation de son personnage dans The Freshman*.

Même si le procédé n’est pas nouveau, ce film est une véritable perle parmi les grandes productions de cette année faste (1927). Mais c’était aussi l’occasion de retrouver Valentino, dans son dernier rôle officiel, et à titre posthume (il est mort le 23 août 1926).

 

 

* Cette intervention devrait faire taire ceux qui considèrent que le film fut antérieur à la date proposée (on annonce même 1921). En effet, si le film fut tourné avant, comment expliquer les pas de Lloyd…

Character Studies (Roscoe Arbuckle, 1927)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Sam Wood, #Gloria Swanson, #Rudolph Valentino
Le Droit d'aimer (Beyond the Rocks - Sam Wood, 1922)

Elle est jeune, elle est belle, elle est brune, elle a de magnifiques yeux bleus.

Elle, c’est Theodora Fitzgerald (Gloria Swanson).

Il est jeune, il est beau, il est brun, il a le regard sombre des latin lovers.

Il, c’est le Lord Hector Bracondale (Rudolph Valentino).

 

A leur première rencontre, il la sauve de la noyade.

A leur deuxième rencontre, il la sauve d’une chute en montagne.

Alors ils tombent amoureux l’un de l’autre.

Mais entre-temps, elle s’est mariée à Josiah Brown (Robert Bolder), un riche homme d’affaire.

Riche, mais beaucoup plus âgé qu’elle.

Et le devoir commande.

 

Longtemps considéré comme perdu, une copie teintée de ce film fut retrouvée aux Pays-Bas. Restaurée autant que faire se peut – des passages ont été irrémédiablement abîmés par le temps, la faute à la pellicule de nitrate –  on a ajouté une musique originale (2005), et, hélas, on n’a pas pu s’empêcher de sonoriser une partie !

Qu’un film tourné en 1928 soit sonorisé s’explique facilement : le sonore étant en plein essor, nombre de studios ont voulu mettre leurs production un petit peu au goût du jour. Mais en 1922, il n’était pas question d’une quelconque sonorisation.

Passons.

 

Le grand intérêt de ce film, c’est la réunion des deux plus grands stars des années 1920 : Gloria Swanson et Rudolph Valentino. Ces deux personnes étaient de véritables légendes vivantes, et je vous engage à visionner la sixième partie de Hollywood, the Pioneers (Kevin Brownlow, 1980) afin de vous rendre compte de qui étaient ces deux personnes.
Alors on savoure cette rencontre au sommet, en regrettant tout de même que ce ne soit pas un grand réalisateur qui les ait dirigés. Sam Wood n’est pas un mauvais metteur en scène, mais il manque cruellement d’envergure. Cecil B. DeMille aurait donné plus de faste à cette histoire d’amour et d’honneur qui se passe dans les milieux aisés voire aristocratiques. Dommage.

Et cette rencontre est tout de même décevante. On attendait plus que ce rôle d’homme d’honneur de celui qui fut Julio Desnoyer (Les quatre Cavaliers de l’Apocalypse) ou le Cheik dans le film éponyme.

 

Parce que finalement, celui qui tire son épingle du jeu, c’est le mari plus ou moins trompé : Robert Bolder. C’est un homme d’un certain âge (voire d’un âge certain), aux yeux bleus, rattrapé par les problèmes de santé de son âge, et ainsi incapable d’apporter à sa femme la vie qu’elle aurait pu rêver d’avoir.

Alors son attitude est d’une grande noblesse quand il décide de s’effacer devant la jeunesse et des sentiments d’amour vrai.

Son sacrifice ultime nous permet de retrouver les sables du désert que Valentino avait arpenté l’année passée, ainsi qu’une horde de méchants Arabes (comme Hollywood savait les faire) bataillant, là encore, à l’aide de fusils aux canons incroyablement longs. Une autre époque.

Autre écho aux films de la même époque : la scène de montagne nous renvoie, dans une certaine mesure à Blind Husbands (1919) du grand Erich von Stroheim.

 

Une curiosité, à voir pour le duo de stars…. Ou pas !

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #George Melford, #Rudolph Valentino
Le Cheik (The Sheik - George Melford, 1921)

Quelle idée ! Non mais, quelle idée de vouloir voyager dans le désert, sans autre escorte que les gens du crû !

C’est l’idée qu’a eue Diana Mayo (Agnes Ayres), une jeune Anglaise indépendante et farouche.

Surtout que le désert, c’est avant tout le fief du terrible cheik Ahmed ben Hassan (Rudolph Valentino) : un riche prince redoutable à la tête d’une armée de fiers guerriers.

Alors évidemment, le prince Ahmed l’enlève pendant sa sortie.

Depuis qu’il l’a rencontrée, le prince est subjugué et n’a qu’une envie : en faire sa femme.

Mais ça n’est pas si facile que ça. Il faudrait avant tout que la jeune femme soit d’accord.

 

Depuis mars et les quatre Cavaliers de l’Apocalypse (avec la scène du tango), Rudolph Valentino est passé au statut de sex-symbol, voire de mythe. Alors quand le Cheik sort, c’est à nouveau le délire chez les spectatrices.

 

Il faut dire qu’il entretient son personnage : le cheik est racé, bien éduqué, son intérieur est un savant mélange d’éléments orientaux et de disposition occidentale (n’oublions pas qu’il a fait ses études à Paris). Mais malgré cela, il conserve quelques tendances barbares (et surtout un regard lubrique) inévitables dans un film des années 1920.

En effet, les Arabes présentés ici sont un tantinet caricaturaux, mais passons. Valentino, pour sa part, nous propose un cheik intéressant : en effet, son personnage de brute lubrique (après l’enlèvement) se civilise au contact de la jeune femme. C’est quand il la voit pleurer et prier qu’il prend conscience du mal qu’il a pu faire. Et il se met à changer. Si le premier baiser, arraché de force reflète sa bestialité, le second devient plus humain. Il est pris, certes, mais une forme de tendresse commence à s’installer.


Mais c’est l’intervention de son ami Raoul de Saint-Hubert (Adolphe Menjou) qui amène une possibilité de résolution heureuse (et puis avoir Adolphe Menjou dans un rôle sympathique, c’est toujours bon à prendre…).
Diane se laisse doucement prendre au charme de ce bel Arabe, et l’amour s’installe. Seulement voilà : il n’était pas question qu’une femme blanche embrasse un homme de couleur (les Etats-Unis, pays de la Liberté, mais pas de l’Egalité…). Alors on s’en tire par une pirouette et tout est bien qui finit bien.

 

Enfin presque, parce qu’il y a un méchant : Omair (Walter Long). Omair est l’antithèse d’Ahmed : barbu quand ce dernier est glabre, sournois quand l’autre est franc, et surtout, c’est un bandit. Walter Long nous propose un méchant un peu différent de ce qu'on aurait pu attendre : pas de cruauté ni de perversion. En effet, il prend soin de lui, et on n’a pas le temps de voir en quoi il était vraiment mauvais, dès qu’il entreprend de violer Diane (qu’il a enlevée), Ahmed et son armée interviennent.

 

D’ailleurs, cette intervention – la prise d’une forteresse et la libération de la femme – est menée tambour battant. En peu de temps, les méchants sont tués et tout le monde rentre à la maison.

Il est dommage que cette dernière partie de l’intrigue n’ait pas été un peu plus développée : donner un peu plus d’épaisseur à Omair aurait donné un peu plus de crédibilité à son personnage.

En effet : qu’a fait Omair pour mériter un tel châtiment, sinon la même chose qu’Ahmed au début du film ?

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #George Melford, #Rudolph Valentino
Morane le Marin (Moran of the Lady Letty - George Melford, 1922)

Morane le marin est, comme le titre français ne l’indique pas, une femme (Dorothy Dalton). En plus d’être un marin (une marine ?), elle est la fille d’un capitaine norvégien au long cours (Charles Brinley), navigant sur le Fru Letty (Lady Letty du titre original).

De l’autre côté de l’Atlantique (et même de l’autre côté des Etats-Unis), on trouve Ramon Laredo (Rudolph Valentino), jeune dandy blasé de la haute société. Un jour de croisière en yacht, ce dernier arrive en retard. Il est alors enrôle de force sur le Heart of China (Cœur de la Chine), bateau louche au capitaine qui l’est autant, Kitchell (Walter Long). Rapidement, ce capitaine et son équipage de pirates modernes apprennent un nouveau métier à Ramon…

 

Comme le pronostique l’intertitre d’introduction du film, Morane (sans « e » en VO*) et Ramon doivent se rencontrer. C’est leur destin.

Alors, puisqu’il en est ainsi, ils se rencontrent : la Fru Letty connaît une grave avarie à laquelle seule Morane survit et est embarquée par les pirates. Rapidement elle et Ramon sympathisent (normal, sinon, pas de film !).

 

Fort du succès du Scheik l’année précédente, George Melford reprend son acteur vedette et nous propose une intrigue qu’on pourrait presque qualifier des 7 mers. Valentino y joue un jeune homme riche et blasé (pléonasme ?) alors que Walter Long a encore le rôle du méchant, pour notre plus grand plaisir : allure de brute, fine moustache tombante (attribut de méchant dans le film)...

 

Et malgré tous ces ingrédients, c’est la femme qui tient le haut de l’affiche. Mais reconnaissons-le, c’est bien Valentino la vedette. Mais alors que dans ses films précédents, il interprète des personnages bien campés, voire altiers, ici, il est un jeune blanc-bec qui n’a pas vécu grand-chose : un riche oisif, quoi ! Et les autres marins ne s’y trompent pas : il est tout de suite surnommé « Lillee of the Vallee » (Muguet).

Mais il reste malgré tout un homme, un vrai (!), capable de jouer des poings si nécessaire.

 

Au final, on passe un agréable moment dans cette histoire marine (très) convenue, mettant en valeur le beau Rudolph, mais faisant la part belle à une actrice méconnue, brune avec de magnifiques yeux bleus (même si le film est en noir et blanc, on ne peut pas se méprendre sur la couleur de ses yeux !), Dorothy Dalton.

 

Et puisque le titre français est ce qu’il est, reconnaissons tout de même qu’il s’agit avant tout d’une histoire… D’hommes !

 

 

* A noter que Moran et Ramon sont deux magnifiques anagrammes.

Coïncidence ? Ca m'étonnerait...

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Rex Ingram, #Rudolph Valentino, #Drame
Les quatre Cavaliers de l'Apocalypse (The four Horsemen of the Apocalypse - Rex Ingram, 1921)

La conquête, la guerre, la pestilence et la mort.

Tels sont ces quatre cavaliers qui sèment la désolation partout où ils passent.

Tout commence dans une hacienda d’Amérique du Sud, dirigée par Madariaga (Pomeroy Cannon). C’est un patron aimé, mais surtout craint.

Il a deux filles qui ont épousé deux hommes très différents : l’une un allemand, von Hartrott(Alan Hale), l’autre un Français, Desnoyers (Josef Swickard). L’Allemand n’a pas la préférence, et le jour où le couple français a un fils, Madariaga est aux anges : voilà – enfin – son héritier, Julio (Rudolph Valentino).
Cet héritier grandit et devient l’un des plus grands danseurs de tango du pays. Mais il doit retourner au pays de son père, où, sous des dehors d’artiste, il s’adonne à une vie oisive.

Et puis un jour, c’est la rencontre de trop : Marguerite Laurier (la belle Alice Terry), mariée trop tôt à un ami de Desnoyers.

C’est tout de suite la grande passion entre Marguerite et Julio, au grand dam du mari.

Mais, alors que tout semble se régler pour les deux amants (divorce en cours, réunion prochaine), François Ferdinand est assassiné. La guerre éclate, annonçant l'arrivée prochaine des quatre cavaliers.

Même si la guerre occupe la deuxième moitié du film, il s'agit d'une histoire d'amour impossible. Impossible du fait des circonstances et surtout de la morale (l'action se passe en 1914 !). Mais (mal)heureusement, la guerre arrange tout. Parfois même définitivement.

Alors parlons de la guerre. Rex Ingram nous fait un portrait fidèle de cette guerre que les Américains n'ont connu que sur la fin : Julio est un Poilu (il n'est pas rasé quand son père vient le voir) ; les soldats se grattent la tête (poux) mais aussi le dos (puces) ; la solidarité bat son plein (Julio partage tous ses paquets) ; et puis on assiste à une (courte) vie dans les tranchées.

L'autre versant de la guerre, c'est l'occupation. Le château de Desnoyers doit accueillir des Allemands qui se comportent comme seuls savent le faire les vainqueurs dans un territoire conquis. Ce sont des brutes avinées dont le lieutenant-colonel von Richthosen est un magnifique spécimen, joué par l'incomparable Wallace Beery, absolument pas en subtilité. Un vrai Teuton, barbare à souhait.

Mais si la guerre va régler certains points, elle en soulève d'autres : Julio s'engage du côté français, certes, mais ses cousins sont en face. Et le devoir oblige à tirer.

Rassurez-vous, il n'y aura pas de cas de conscience. Ce seront des bons petits soldats.

Au-delà de cette histoire faussement scandaleuse (finalement, la morale est sauve), nous assistons à la naissance d'un mythe : Rudolph Valentino.

Il est Julio, cet Argentin arrogant, sûr de lui, séducteur. Un tantinet horripilant, même. Mais quand il se met à danser le tango avec Beatrice Dominguez, on passe dans une autre dimension. Alors que le premier couple nous sert un tango conventionnel, voire prude, dès que Valentino dirige, un grand souffle de sensualité se lève sur l'écran. Il est irrésistible.

Pourtant, malgré ce rôle de tombeur absolu, en rencontrant la belle Marguerite, il nous montre qu'il peut aussi être l'homme d'une seule femme, allant jusqu'à s'engager dans la guerre afin de ne plus souffrir de leur séparation.

Bref, un grand acteur est né, dont l'aura survivra à sa mort prématurée cinq ans plus tard.

 

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