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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

science-fiction

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Science-Fiction, #Alien, #Ridley Scott
Alien: Romulus (Fede Álvarez, 2024)

Retour aux fondamentaux :

  • Un vaisseau spatial ;
  • Un équipage de cinq personnes plus un androïde ;
  • Un autre vaisseau abandonné ;
  • Des créatures polypodes agressives ;
  • Et bien entendu des xénomorphes !

Voici Alien tel que nous le connaissons – et que nous aimons (enfin, moi, oui) – est de retour, et toujours pas besoin de crier : dans l’espace, on ne vous entend pas.

 

Ridley Scott a passé le relais à Fede Álvarez, et on peut dire qu’on ne perd pas au change. Nous nous retrouvons dans un univers connu où, à nouveau l’infâme « Compagnie » veut à tout prix élever des Aliens, afin d’améliorer la race humaine. Et à nouveau, c’est une femme qui va réussir à se sauver et faire disparaître cette sale engeance.

Elle est jeune et se nomme Rain (Cailee Spaeny) et elle est accompagnée par l’androïde de l’épisode : Any (David Johnson). Enfin, l’un des androïdes puisque nous avons la surprise (?) de retrouver le capitaine Rook (Ian Holm & Daniel Betts) qui, lui, connaît bien l’affaire et va à nouveau jouer le rôle du méchant (1), comme avec Ripley (Sigourney Weaver) la première fois.

 

Mais, heureusement, Álvarez ne propose pas un remake du premier opus. Tout d’abord, parce que nous sommes quelques temps après ce premier épisode, et aussi parce que la moyenne d’âge des différents protagonistes a prodigieusement baissé. Tellement qu’on se retrouve avec une situation qui correspond plus à un autre genre : l’horreur. Il faut dire que les agissements de l’Alien ont tendance à se rapporter un peu plus sur ce domaine. Alors une bande de jeune qui se retrouve isolée et à la merci d’une créature hostile, si ça ne vous rappelle pas The evil Dead, je ne peux pas faire plus…

Et Álvarez fait d’une pierre deux coups : il relance Alien et renouvelle le film d’horreur.

 

Mais ce n’est pas ce dernier domaine qui retient notre attention. C’est, encore une fois, le rapport entre les humains et la Bête, , et surtout entre les humains et les machines. Et cette dernière opposition est plus développée, surtout avec le rapport entre Rain et Andy qui, même s’il est une machine, obéit à la première loi d’Asimov : « Un robot ne peut porter atteinte à un être humain ni, restant passif, laisser cet être humain exposé au danger. »

Bien entendu, nous qui connaissons la série de films – enfin au moins moi, vous, je ne sais pas où vous en êtes – connaissons l’esprit retors de Rook et anticipons sur son effet néfaste à l’encontre d’un gentil robot comme Andy. Et le scénario joue habilement sur l’ambiguïté de cette machine quant à sa loyauté : La Compagnie ou Rain ?

 

Bref, c’est une très bonne suite à ce que nous avons déjà connu, même si on peut espérer qu’il n’y aura pas de suite. Parce que, d’abord, Rook n’est plus là et aussi parce qu’on va vraiment arriver à des redites, voire des remakes.

Par contre, on peut s’amuser à retrouver certaines analogies dans la structures du film, ainsi que certains éléments antérieurs qui, malgré une volonté de coller au décor – surtout informatique – du premier film, donnent quelques précisions un tantinet plus réalistes : quand Tyler (Archie Renaux) fume une cigarette (2), c’est autre chose que ses aînés de 1979…

De même on peut retrouver quelques petits détails qui n’échappent pas toujours au regard : l’espèce d’oiseau balancier qui plonge dans un verre, quand Rain prend son petit déjeuner par exemple…

 

Mais, parce qu’il y a toujours un (autre) mais, on remarque que la saga prend le tournant actuel qui veut que les personnages principaux soient jeunes et se débrouillent tout seuls. On avait une Rey jeune et néophyte (Starwars VII), ou encore Vesper dans le film éponyme, et bien d’autres…

Et là non plus, on n’y coupe pas : les adulescents ont pris le pouvoir chez les (super) héros !

 

Mais qu’est-ce que ça peut faire, puisque nous avons droit à presque deux heures de plaisir visuel (du cinéma, quoi), avec en prime la magnifique musique de John Williams dons certains passages ne sont pas sans rappeler quelques éléments un tantinet ligetiens

Alors oui : j’aime !

 

  1. NB : Les xénomorphes sont des super méchants !
  2. Eh oui, on fume dans les vaisseaux spatiaux (je sais, c’est très mal !).

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Drame, #Kristina Buozyte, #Bruno Samper
Vesper (Kristina Buozyte & Bruno Samper, 2022)

Vesper (Raffiella Chapman) est une jeune fille qui vit seule avec son père paralysé – Darius (Richard Brake) – dans un monde post-apocalyptique : les écosystèmes ont été détruits – par les humains, bien entendu – et seules les Citadelles produisent des graines à usage unique aux « paysans » qui vendent leur sang pour les acheter. Ce sang servira aux habitants de la Citadelle de prolonger ad libitum leur vie…

Un jour, un vaisseau de la Citadelle s’écrase, avec à son bord Elias (Edmund Dehn) qui ne survivra pas, et Camellia (Rosy McEwen). Cette dernière est hébergée et cachée par Vesper, parce que la Citadelle veut la retrouver.

 

« Une graine peut tout changer » annonce l’affiche qui voit une silhouette (Vesper) devant une structure difficilement identifiable quand on n’a encore rien vu : le croisement d’un champignon, d’un arbre et d’une pieuvre, dans un décor crépusculaire. Bref, du sensationnel à prévoir. Cette structure est, bien évidemment la Citadelle dont dépend Vesper : un monde supérieur qui n’a que très peu de rapport (voire pas du tout) avec des gens comme elle et son père. Et les deux réalisateurs, Kristina Buozyte et Bruno Samper, vont plus loin dans leur description de ce monde : nous sommes dans une société qui ressemble à celle du Moyen-âge, mais possède tout de même des technologies avancées.  Théoriquement, Vesper ne devait pas rencontrer Camellia, mais il faut bien un déséquilibre pour avoir une intrigue !

 

Et ça marche ! Nous sommes dans un univers très particulier qui, s’il se situait en ville, aurait eu toutes les chances de relever du steampunk : tout est sombre et technologique, dans un univers uchronique…

Mais nous sommes à la campagne, ou plutôt ce qu’il en reste : des arbres et très peu de cultures, contrôlées. Bien entendu, cette campagne est hostile, comme on peut s’en rendre compte lors de la poursuite par deux « soldats » de la Citadelle : nous avons droit à une autre herbe rouge, beaucoup plus dangereuse que celle de H.G. Wells.

Autre danger de la campagne : Jonas (Eddie Marsan). C’est lui qui traite avec la Citadelle, possédant du coup une ferme très productive, et une famille très prolifique puisqu’il s’accorde toutes les femmes de la région. Et en plus, c’est le frère de Darius…

 

Bref, tous les ingrédients sont là pour passer un bon moment, et les différent€s interprètes sont à la hauteur de l’enjeu. Eddie Marsan est encore une fois impeccable, bien que du côté obscur, mais c’est surtout Raffiella Chapman qui tire pleinement son épingle du jeu. Les deux réalisateurs ont de suite pensé à elle et on ne peut qu’approuver ce choix. Elle joue juste sans tomber dans certains travers possibles comme l’outrance. Certes Vesper vit des choses dures, mais elle exprime les émotions de son personnage avec juste ce qu’il faut de retenue. Bien sûr, le rôle de Richard Brake n’est pas spécialement reluisant : il est cloué au lit (infirme) et tout doit donc passer par son regard qui, s’il semble un peu toujours le même ne l’est pas et va tout de même établir la connexion avec Vesper et, heureusement pour nous, le spectateur.

 

Comme nous sommes dans une œuvre de science-fiction, nous avons droit à quelques effets numériques. Ils vont émailler le film sans pour autant le surcharger, certaines créatures nous rappelant le magnifique Avatar de James Cameron. C’est une utilisation subtile et raisonnable, la primeur étant donné aux différents interprètes.

Bref, une bien belle curiosité, loin du clinquant hollywoodien (1), prouvant, s’il en était besoin, que le cinéma européen a encore de beaux jours devant lui.

 

  1. J’aime bien ça aussi…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #George Miller, #Mad Max
Furiosa : une Saga Mad Max (Furiosa: A Mad Max Saga - George Miller, 2024)

Et de 5 !

George Miller poursuit sa saga, avec une histoire qui se situe avant le film précédent, centré sur le personnage de Furiosa (Anya Taylor-Joy) qui était précédemment interprété par Charlize Theron.

La petite Furiosa (Alyla Browne), qui vit dans une oasis de verdure australienne, est enlevée par les hommes du Dementus (Chris « Thor » Hemsworth). Elle va alors grandir dans un monde brutal où l’essence est toujours l’enjeu principal, même si ça ne nourrit pas son homme !

Commençant sa carrière en se faisant passer pour un garçon, elle grimpe les échelons jusqu’à devenir Praetorian grâce à sa rencontre avec Jack (Tom Burke), dans la Citadelle déjà dirigée par Immortan Joe (Lachy Hulme).

 

Oui, encore une fois, c’est violent, mais le titre ne laisse aucune équivoque : Mad Max est mentionné. On retrouve des bikers enragés, les véhicules hybrides (1). Mais bien sûr, l’intérêt est ailleurs. Surtout pour ceux qui ont déjà expérimenté la série. On y retrouve de nombreux éléments qui émaillent les films précédents, ainsi que des personnages qui en rappellent d’autres : Praetorian Jack n’est pas spécialement éloigné, dans son allure aussi, de Max Rochatansky, le personnage initial de cette série.

Mais ce qui marque surtout, encore une fois, ce sont les gueules ! Entre les hommes de la Citadelle à la peau blanche et le crâne rasé, les différents motards aux râteliers pas toujours bien entretenus et les yeux marron de Chris Hemsworth, nous sommes servis. Les seules belles personnes sont celles qui vont entourer Furiosa. Et encore, surtout au début.

 

Sans oublier certains noms qui jalonnent cette histoire : du Dementus (le fou) au People Eater (« Mangeur de gens » / John Howard) en passant par Immortan Joe (Lachy Hulmes a remplacé le regretté Hugh « Toecutter » Keays-Byrne décédé en 2020), c’est toute une galerie d’épithètes qui ne font pas spécialement rêver mais plutôt cauchemarder…

On peut aussi se demander – pas longtemps – l’origine du deuxième fils d’Immortan Joe Scrotus (Josh Helman). J’aurai bien suggéré de changer le dernier s par un m… Ce qui ne l’avantage pas vraiment… De toute façon, il est trop laid pour avoir un nom agréable. D’ailleurs, personne n’en a vraiment un.

 

Et puis il y a le reste. Les paysages grandioses de l’Australie qu’on retrouve avec beaucoup de plaisir, ce désert central déjà entrevu chez Peter Weir par exemple (Gallipoli), et que Miller met à nouveau en scène, devenant un élément indispensable dans cette intrigue post-apocalyptique. Et puis les autres références, qui sortent plus ou moins de la série initiale : le personnage christique de Mary Jo Bassa (Charlee Fraser), mère de Furiosa, qui se sacrifie pour elle est la survie végétale, crucifiée, comme il se doit par Dementus, dont la sonorité latine rappelle ceux qui ont crucifié le Christ ; et l’un des hommes de ce même Dementus qui fait s’entrechoquer des billes d’acier comme le capitaine Queeg sur le Caine…

 

Bref, un film foisonnant et très riche, superbement tourné et dirigé par un réalisateur qui « n’avait pas encore tout dit » sur Mad Max.

 

Alors, Furiosa : chapitre final ?

 

  1. En fait ils le sont : non pas pour leur consommation, mais pour leur reconstruction.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Daniel Kwan, #Daniel Scheinert
Everything everywhere all at once (Daniel Kwan & Daniel Scheinert, 2022)

 

Tout, partout et tout d’un coup.

C’est ce qui va arriver à Evelyn (Michelle Yeoh), alors qu’elle va à un rendez-vous avec une inspectrice des impôts, Deirdre Beaubeirdre (Jamie Lee Curtis) : une interférence se passe et elle se retrouve entre deux univers. Puis d’autres. Nous savons tous qu’il est difficile de se concentrer sur deux choses à la fois, alors deux univers… C’est pourtant ce qu’Evelyn va devoir apprendre – rapidement – avec l’aide de Waymond (Ke Huy « Short Round » Quan) qui se trouve être, en plus de son mari, un autre Waymond dans un univers parallèle.

Pourquoi doit-elle apprendre vite ? Parce que le/la terrible Jobu Tupaki (Stephanie Hsu) veut détruire tous les univers.

Alors elle va apprendre : tout, partout et tout d’un coup.

 

Jubilatoire.

Dieu sait que je déteste cet adjectif, mais il exprime tout de même un sentiment qui va au-delà du réjouissant habituel. Si j’étais anglophone, je dirai que c’est stupendous, mais avec toutes les acceptions que proposent les traducteurs de ce mot (1).

Si les univers multiples ont le vent en poupe en ce moment, on les appelle d’ailleurs  multivers, je dois avouer que le film des deux Daniel (Kwan et Scheinert) exploitent ce thème avec un rare brio, montrant que l’on peut aussi rire de cette interpénétration multiverselle (je sais, je néologise) qui se veut originellement dramatique. Et en plus, ça se tient.

 

C’est bien sûr un peu déroutant au début, surtout qu’Evelyn et Waymond parlent un chinois mâtiné d’idiomes anglais : on se dit que progressivement ils vont parler anglais avec accent, comme on en a un peu l’habitude dans les films américains qui se veulent exotiques. Mais ce n’est pas ça ! S’ils parlent un mélange d’anglais et de chinois c’est parce que leurs personnages sont comme ça ! En effet, dans d’autres univers, ils parlent tout à fait normalement – chinois ou anglais (américain, bien sûr) – ce qui donne une autre dimension (encore une) à l’intrigue.

Mais malgré tout, on s’y retrouve.

 

Le film se découpe en trois grandes parties qui reprennent les trois mots du titre, et constituent une trame narrative ternaire tout à fait classique : exposition – déséquilibre – résolution. Et j’avoue tout de même que comme Evelyn, nous expérimentons le tout partout tout de suite en même temps qu’elle et que ça peut devenir vertigineux. Mais quand tout arrive à la fois (la troisième partie donc, nous sommes nous aussi rôdés et nous savourons (encore plus) les différentes interactions. Et c’est là que ça devient vraiment « jubilatoire ».

 

Nous nageons régulièrement entre le sérieux et l’absurde – avec une certaine préférence pour le deuxième, mais sans jamais perdre de vue l’intrigue principale. Mais c’est plus facile à comprendre quand on voit.

Et comme si cela ne suffisait pas, les deux Daniel nous gratifient de quelques emprunts-hommages : Matrix, Ratatouille, Kill Bill et bien sûr 2001, a space Odyssey en sont les principaux éléments. Matrix parce que l’aspect jeu vidéo et monde parallèle est le plus évident, Ratatouille parce que Randy Newman (2), et 2001 pour la séquence des primates et un nouveau voyage vers l’infini aussi impressionnant, même si moins long.

 

Bref, un film phénoménal soutenu par une distribution au top, comme on dit, avec le couple Wang bien sûr, mais aussi avec une Jamie Lee Curtis incroyable ! Deux heures dix-neuf de pur bonheur, ça fait beaucoup de bien dans une actualité aussi chargée et surtout lourde.

A VOIR !

 

PS : j’oubliais A travers le Miroir de Lewis Carroll… Difficile de l’oublier pourtant, puisque c’est à ça qu’on pense quand commence le film… Moi en tout cas !

 

  1. Comme ça, pas besoin de râler contre eux…
  2. Je ne développe pas, mais sachez que je l’ai vu en VO, alors Randy Newman.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Lisa Joy
Reminiscence (Lisa Joy, 2021)

« J'ai une gueule à faire l'amour avec des souvenirs ? » Clara (Arletty) dans Le Jour se lève.

C’est à cette réplique que j’ai pensé une fois le film terminé. Il faut dire que ce que Prévert avait entrevu, Lisa Joy l’a fait !

Mais reprenons.

Nous sommes plus tard, quand la mer a envahi la terre, quand les gens ont les pieds dans l’eau, et quand les riches – toujours eux – jouissent d’endroits retirés constitués exclusivement de terre, sans pied dans l’eau. Un véritable pied-à-terre, donc.

Nick Bannister (Hugh « Wolverine » Jackman), après quelques années de guerre (la catastrophe a amené une nouvelle guerre totale, bien sûr), a mis au point un appareil qui permet de voyager (presque) physiquement dans sa mémoire. Il vend donc des souvenirs heureux.

Un soir, Mae (Rebecca Ferguson) débarque dans son échoppe : elle veut qu’il l’aide à retrouver ses clefs qu’elle a égarées. C’est le coup de foudre.

Mais c’est aussi là que bascule la vie de Nick, vers un terrible cauchemar, un de ces souvenirs qu’on préfère oublier…

 

Pas mal. Pas extraordinaire, mais quand même pas mal. L’utilisation du réchauffement climatique est intéressante, mais malheureusement, je trouve qu’elle manque un tantinet de réalisme. En effet, alors que certaines parties de villes (américaines, bien sûr) surnagent et que des gratte-ciel ont plus que les pieds dans l’eau, on remarque une activité électrique tout aussi importante qu’aujourd’hui. Vous me direz, c’est normal, avec les panneaux photovoltaïques et autre éoliennes (qu’on ne voit à aucun moment, d’ailleurs), on peut continuer à produire de l’électricité.

Mais le plus gênant, à mon avis, c’est l’importance des voitures qui sont toujours en circulation, même si les roues sont rarement sales puisque toujours humides. Alors nous sommes dans une période post-apocalyptique mais qui ressemble encore beaucoup (trop) à ce que nous connaissons.

 

Mais malgré cette révolution sociale maritime, le scénario reste essentiellement sur Nick et sa relation avec Mae d’un côté – la femme qu’il aime – et sa collaboratrice Watts (Thandiwe Newton), une ancienne de la guerre elle aussi. Deux histoires d’amour (presque) à sens unique. Et le trio qui l’interprète est à la hauteur, passant du rêve à la une réalité avec bonheur, donnant le change par rapport aux objections émises plus haut.

Mais il manque un petit quelque chose pour en faire un grand film, et c’est peut-être du côté obscur qu’on va le trouver. Ou plutôt pas assez le retrouver : si méchant il y a – et il y en a un – il n’est pas assez bien caractérisé. En clair, il n’est pas vraiment réussi. On aurait aimé quelque chose de plus fort le mettant en valeur. Et la dernière réplique que lui lance Nick résume assez bien ce que j’en pense (1).

 

Pour le reste, on aurait aimé une intrigue dénonçant un peu plus les dérives – inévitables – d’un tel procédé : l’utilisation des souvenirs par la Justice en est une illustration mais cela ne va pas assez loin. De même l’utilisation criminelle possible n’est là encore que survolée.

Bref, à chaque fois, il manque un petit quelque chose pour aller plus loin dans cette histoire et arriver à un univers aussi angoissant – et magnifiquement bien défini – que celui de Minority Report, dont l’apparentement me semble évident.

 

Mais voilà. Ca n’y est pas. On peut imaginer que comme c’est le premier long-métrage de Lisa Joy, c’est une erreur de débutante. Seul son prochain film pourra nous le dire…

 

  1. Non, je ne vous dirai rien. Voyez le film.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Science-Fiction, #David Cronenberg
Les Crimes du futur (Crimes of the Future - David Cronenberg, 2022)

Cronenberg est de retour ! Et de quelle façon !

C’est le grand retour de l’horreur de science-fiction comme il l’a déjà pratiquée par le passé. C’est sanguinolent à souhait, dans un décor futuriste où, la douleur a disparu, évolution oblige.

Encore que. Comme le dit Wippet (Don McKellar), la douleur n’est-elle pas un élément humain qui permet au corps de signaler un dysfonctionnement ? Donc un humain qui n’a plus mal est-il encore un humain ?

 

Reprenons.

Nous sommes donc dans un futur plutôt proche où la technologie de pointe concerne la chirurgie. A tel point qu’une opération est devenu un happening artistique, une performance très courue. Sans anesthésie, cela va de soi, puisque les humains (ou réputés tels) sont insensibles à la douleur.

Saul Tenser (Viggo Mortensen) et Caprice (Léa Seydoux) sont deux partenaires qui enchaînent les ablations artistiques : Saul secrète régulièrement de nouvelles tumeurs qui se révèlent être des organes nouveaux. Caprice opère en direct et devant caméras ces nouvelles protubérances dans un appareil incroyable : le Sark. Comme la destination première de cet appareil était l’autopsie, on propose au duo l’autopsie d’un petit garçon, tué par sa mère.

 

Bien sûr, ce film est dérangeant et parfois à la limite du supportable, mais après avoir vu Videodrome (1983) ou encore Dead Ringers (1988), je ne risquais plus grand-chose. Encore une fois, nous retrouvons des personnages torturés, voire inadaptés au monde qui les entoure, ce qui est d’autant plus vrai qu’on parle de mutation plus ou moins génétique. Mais qu’on ne s’y trompe pas, nous ne sommes certainement pas dans le monde des X-Men. A la limite, dans celui de Logan, et encore. Ce qui fait une grande différence avec l’univers Marvel, outre le fait que c’est Cronenberg qui est aux commandes, c’est l’aspect réaliste du film.

 

Pourtant, il n’y a aucune indication de date, seul le titre nous annonce que ce sont des lendemains qui déchantent que nous allons voir. Et même, on notera que ce futur est bien archaïque : les objets du quotidien n’ont rien d’ultramoderne, et outre l’anneau-caméra de Caprice, les autres appareils que possèdent les spectateurs (voyeurs ?) sont franchement vieillots ! Mais ces objets nous ramènent au quotidien des spectateurs, ainsi qu’à l’évolution actuelle de notre monde et surtout sa destruction progressive du fait de la pollution.

Autre élément futuriste, la faune.

Nous ne voyons que des humains. Pas de chat (comme dans Alien) ou autre chien…Un univers à la Delicatessen (1991). Et l’analogie avec le film de Caro et Jeunet se poursuit dans les décors tout aussi mieux (les intérieurs des différents appartements ne sont là encore pas très reluisants).

 

Mais si nous ne voyons que des humains, c’est l’absence de foule qui est la plus flagrante. On ne voit que très peu de gens dehors et on ne sent aucune activité plus ou moins fébrile autre que celles effectuées par les différents artistes corporels.

Ces différents artistes vont jusqu’aux limites du supportable dans leurs différentes mutilations qui nous sont montrées plutôt crûment. Et la question de Timlin (Kristen Stewart) sur une quelconque (façon de parler) substitution prend toute sa saveur quand on assiste aux différentes performances qui nous sont montrées (1).

 

  1. Je vous laisse découvrir cette question. Pour les autres qui ont vu le film, je ne ferai qu’une remarque : « nous sachons ! »

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Horreur, #Sidney Salkow, #Ubaldo Ragona
Je suis une Légende (The last Man on Earth - Sidney Salkow & Ubaldo Ragona, 1964)

La légende du titre, c’est le docteur Robert Morgan (Vincent Price). Il est docteur en chimie cellulaire et s’est retrouvé confronté – ainsi que le reste de l’humanité – à un virus très dangereux qui affectaient les humains : ils se transformaient en vampires !

Cela peut paraître un tantinet exagéré, mais les malades ne sortaient plus le jour, ne pouvaient se regarder dans un miroir ni ne supportaient la présence de l’ail.

Tout le monde, semble-t-il, a succombé à ce virus et Morgan vit seul, cloîtré la nuit, à la recherche du repaire de ces vampires le jour, détruisant ceux qui lui tombent sous la main à l’aide de pieux de bois.

Un jour, il aperçoit un chien. Puis une jeune femme, Ruth Collins (Franca Bettoja).

Il n’est plus seul…

 

Voilà 10 ans que Richard Matheson a publié son roman (1), et on comprend que les producteurs aient voulu un titre plus accrocheur : « le dernier Homme sur Terre » incite plus à venir voir de quoi il en retourne que la traduction littérale.

Et dès l’ouverture, le ton est donné : un désert urbain. Des habitations sans vie, des voitures abandonnées… Et puis les premiers corps étendus sur le sol, n’importe où, abandonnés.

Et les deux réalisateurs ajoutent une note presque ironique avec un affichage d’église : « la fin est arrivée » peut-on  lire.

Puis c’est au tour de Morgan, qui est lui aussi allongé (on le voit à travers un carreau cassé). Mais le réveil sonne et notre homme se réveille et effectue un rituel bien établi. Ce rituel, c’est la première des trois parties du film : la seconde (après 28 minutes) va nous expliquer comment nous en sommes arrivés là ; la troisième (après 55 minutes) commence avec l’apparition du chien, puis de la jeune femme. Cette séquence de découverte du personnage nous permet aussi de donner une date : nous sommes le 5 septembre 1968 quand Morgan se réveille.

 

Bien sûr, nous sommes dans une de ces séries B qui foisonnaient à l’époque, mais la présence de Richard Matheson à l’écriture nous promet une intrigue solide, ce qui est le cas. Par contre, comme toutes les séries B, la production souffre de moyens et outre Vincent Price, la distribution est italienne (2). Mais on prend tout de même plaisir à suivre cette histoire improbable, et on n’a le droit de ne pas être d’accord avec Matheson qui regrettait le choix de Vincent Price. Ce dernier est encore une fois impeccable, dernier véritable humain comme il l’explique. Cette idée d’humanité est d’ailleurs un des éléments du film qui oppose cet homme encore vivant, face à ces vampires qui reviennent inlassablement chez lui tous les soirs pour essayer de le tuer. Ces derniers ont d’ailleurs l’aspect de zombis, et auront une grande influence sur le film de Romero : La Nuit des morts-vivants.(4)

 

Autres signes d’une série B, les nombreuses erreurs de raccord qui émaillent le film. Celle des deux cadavres que Morgan place dans l’auto est la plus flagrante, pour les autres, allez sur les sites spécialisés. Ces nombreuses erreurs ont permis à Charlton Heston de trouver le film « incroyablement bâclé, absolument pas effrayant, mal interprété, peu soigné dans l’écriture et la photographie. »

S’il a raison sur quelques points, cela lui a permis de justifier le remake dans lequel il jouait sept ans plus tard. Mais il faut tout de même reconnaître une chose : l’adaptation de 1964 est la plus fidèle au livre.

 

Une quarantaine d’années plus tard (2007), une nouvelle adaptation est sortie, avec une amélioration notable par rapport aux deux premières versions : la révolution numérique est passée par là.

Mais ceci est, encore une fois, une autre histoire. Enfin, façon de parler...

 

PS : Les distributeurs, à l’instar de certains traducteurs que je fustige régulièrement ici ne se sont pas encombrés de principes pour mettre en valeur le film. Il suffit de voir l’affiche ci-dessous pour s’en convaincre : ils (ab)usent de la carrière de Price dans le cinéma d’horreur pour vanter le film, et montrent un manoir (3) que je n’ai pas réussi à apercevoir dans le film…

 

  1. I am Legend : d’où le titre français, pour une fois moins accrocheur que l’original.
  2. Le film a d’ailleurs été tourné en Italie, budget serré oblige.
  3. Qui a quelque ressemblance avec celui des Bates ou la maison de la famille Adams
  4. Qui sort en 1968 ! (clin d’œil, clin d’œil…)
  5. “Incredibly botched, totally unfrightening, ill-acted, sloppily written and photographed.”
Je suis une Légende (The last Man on Earth - Sidney Salkow & Ubaldo Ragona, 1964)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #James Cameron, #Avatar
Avatar : la Voie de l'eau (Avatar: the Way of water - James Cameron, 2022)

13 ans d’attente !

Treize ans après, et entre 350 et 460 millions de dollars dépensés, le second opus d’Avatar sort enfin.

On retrouve donc le couple d’amoureux du premier, Jake Sully (Sam Worthington) et Neytiri (Zoe Saldana), une quinzaine d’années terrestres plus tard, installés parmi les Omaticaya. Ils ont deux fils et une fille, et avec eux la fille naturelle de Grace Augustine  (Sigourney « Ripley » Weaver), Kiri (idem).

Mais si nous retrouvons ces deux personnages attachants, nous retrouvons aussi leur ennemi juré, Miles Quaritch (Stephen Lang) qui a pourtant été tué par Neytiri lors de l’épisode précédent : il a été cloné et apparaît sous la forme d’un avatar. Seul un message vidéo qu’il s’est laissé nous montre son vrai visage.

Sully et Neytiri vont donc fuir cet homme et son commando qui veulent le récupérer.

Ils sont accueillis par les Metkayina, un peuple de l’eau (d’où le titre).

 

Merveilleux. Bien entendu, nous retiendrons essentiellement les séquences aquatiques qui sont de toute beauté, férie de couleurs et de sérénité (sauf quand un monstre marin s’attaque à Lo’ak – Britain Dalton – le fils de Sully). C’est absolument magnifique, les créatures imaginées sont un véritable régal à admirer, sans oublier l’aspect relationnel fusionnel qu’entretiennent les Metkayina avec les tulkuns, ces sortes de baleines.

Le titre annoncé tient donc ses promesses. Par contre, malgré ces superbes images, la dimension écologiste du premier film a un peu disparu au profit d’une intrigue pas toujours bien originale : en plus de l’aspect revanchard qui anime Quaritch, nous avons droit à des pérégrinations adolescentes un tantinet « déjà vues », entredeux frères différents, amenant une part de jalousie pas toujours bienvenue.

 

Et Cameron est véritablement un très grand cinéaste, et il nous le prouve, prenant son temps pour toute chose – un petit peu trop tout de même pendant la bataille autour du vaisseau – amenant progressivement cet affrontement final inévitable – et quand même attendu – qui n’est toutefois pas mené tambour battant comme on a un peu l’habitude dans d’autres films.

Et en plus, il se cite à plusieurs reprises.

La référence la plus flagrante, c’est bien entendu Titanic (à ce propos, Kate Winslet est là – Ronal,  la femme du chef des Metkayina), avec le vaisseau qui sombre et se redresse à la verticale ; mais c’est dès le début que cela commence quand le commando dirigé par Quaritch se prépare à intervenir : on a l’impression de retrouver celui de Aliens qui s’apprête à intervenir sur LV-426, pas complètement préparé à ce qui l’attend (un seul rescapé au final encore une fois). Et bien entendu, l’aspect merveilleux qui se dégage de ce film nous rappelle celle de The Abyss, autre film marin inoubliable. Et j’en oublie certainement…

Autre clin d’œil, le Moby Dick d’Herman Melville, avec cette espèce de chasseur de baleines (de tulkuns, donc) qui se retrouve, tel Achab, lié à son esquif, et qui subira une fin qui n’a rien à envier à ce dernier : la substance précieuse qu’il récupère sur le cadavre de la bête rappelle la non moins précieuse huile de baleine que partait chercher le Pequod.

 

Par contre, j’ai pu voir le film en 3D et je dois avouer que mon plaisir en fut un peu gâché. Non seulement cela n’apporte pas beaucoup au film, mais en plus, à certains moments, cela a tendance à étourdir. Quant aux effets reliefs recherchés, ils ont aussi parfois tendance à nuire au film : la haute définition de l’image est magnifiée par cet effet d’optique et rend le propos encore plus irréel. La vraisemblance recherchée en prend alors un coup : on aimerait retrouver le grain de l’image qui nous confirme que nous sommes bien au cinéma !

Mais ceci est totalement subjectif. Comme tout le reste d’ailleurs !

 

Quoi qu’il en soit, ce film est un immense plaisir visuel, peu fréquent, et qu’il faut en savourer pleinement les différents temps forts, et mettre de côtés les quelques objections énoncées ci-dessus.

Laissez-vous pleinement immerger par ce très beau film…

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Planète des Singes, #Don Taylor
Les Evadés de la Planète des Singes (Escape from the Planet of the Apes - Don Taylor, 1971)

Ces évadés sont de vieilles connaissances : Zira (Kim Hunter), Cornelius (Roddy McDowall, disponible cette fois-ci). Seul le troisième évadé,  Milo (Sal « Plato » Mineo, bien entendu méconnaissable), apparaît pour la première fois, mais de toute façon, il va vite disparaître.

Rappelez-vous la dernière fois : Zira et Cornelius s’étaient enfuis alors que le cataclysme nucléaire avait lieu, réduisant à néant la Terre et l’espèce humaine par conséquent(et les autres semble-t-il), confirmant que cette race incongrue était la seule capable de s’autodétruire.

Nous sommes donc cette fois-ci à notre époque (1) où ce sont les trois chimpanzés qui viennent d’arriver. Ils sont très bien accueillis, mais rapidement vont représenter une menace pour l’espèce humaine : les singes allant prendre le pouvoir dans un futur plutôt lointain, ne seraient-ils pas une menace pour l’avenir de l’homme ? Auquel cas se débarrasser d’eux ne serait-il pas la solution pour modifier le futur et donc sauver l’humanité ?

 

C’est une intrigue habile que nous livre ici Don Taylor où les rôles sont inversés, les chimpanzés devenant les sujets d’étude des humains. Mais Taylor accélère les choses et fait très rapidement parler les singes, amenant des situations pas toujours tragiques, surtout grâce à la verve de Zira. Il y a aussi comme un écho du Tarzan in New York avec ces personnages absolument pas dans leur décor, mais là encore très rapidement l’aspect tragique s’impose et les sourires disparaissent.

Il faut dire que le personnage de Hasslein (Eric Braeden) amène cette dimension tragique : faussement perçu comme du côté des visiteurs, il n’est rien d’autre qu’un vil salaud qui ira jusqu’au bout pour se débarrasser de ces étranges invités. Il y a d’ailleurs un élément peu relevé autour de ce personnage de Hasslein dont le prénom souligne son origine germanique, Otto. Et cet élément accentue l’aspect raciste dénoncé par Taylor et son scénariste, Paul Dehn.

On peut se demander ce qu’un certain Otto Hasslein, sommité scientifique, peut faire autour d’un président des Etats-Unis (William Windom). Et on songe alors à la période qui a suivi la seconde guerre mondiale qui vit des scientifiques de haute volée être recrutés par certaines administrations (américaines ou/et russes),malgré leur récent passé peu glorieux. Et le président va sous-entendre cette origine quand il va intimer à Hasslein de ne pas tuer ces deux chimpanzés. Mais ceci reste une supputation on ne peut plus subjective.

 

Pour le reste, si les différents interprètes s’en sortent plutôt bien (pour le duo Hunter/McDowall, ce n’est pas une surprise), on appréciera à sa juste mesure les prestations entre autres d’Eric Braeden comme expliqué plus haut, mais aussi celle de Ricardo Montalban (Armando, directeur de cirque), véritable porte-parole du réalisateur.

Malheureusement, la réalisation a tendance à souffrir d’un budget plutôt serré pour ce genre de production. La technique montre plusieurs fois ses limites, comme le dernier plan qui ouvre vers cet avenir inévitable d’où viennent Zira et Cornelius.

Cette faiblesse technique plombe le film et le réduit à une série de bonnes intentions.

Mais encore une fois, cela ne suffit pas pour faire un bon film.

 

  1. Enfin, un futur très proche du temps de sortie du film : 1973. On retrouve le décalage institué par le premier film de la série.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Science-Fiction, #Denis Villeneuve
Dune (Denis Villeneuve, 2021)

Il aura donc fallu attendre trente-sept ans pour avoir enfin une adaptation de Dune digne de ce nom !

En effet, après le pensum empesé de David Lynch, personne ne s’était risqué à reprendre le flambeau. Mais maintenant que les effets numériques sont là – et bien là – la donne a changé et comme c’est en plus Denis Villeneuve qui est aux commandes, il n’y a aucun »e raison d’avoir peur !

Certes, vous me direz qu’il y a Blade Runner 2049 (2017).

Oui. C’est un bon argument. Mais je vous réponds alors qu’il y a eu juste avant Arrival (2016) et là, le débat est clos.

 

Nous sommes donc de retour sur Arrakis et nous y retrouvons Paul Atreides (Timothée Chalamet qui semble plus dans l’âge de son personnage) et ses parents Leto (Oscar « Poe » Isaac) et Lady Jessica (Rebecca Ferguson), les méchants Harkonnen – Vladimir (Stellan Skarsgård) et Rabban (David « Drax » Bautista), et bien sûr les Fremens et leurs vers.

Et encore une fois, il est question d’épice, de guerre et d’un Messie qui ne dit pas son nom.

Mais à la différence de Lynch, Villeneuve prend son temps et en prenant vingt minutes de plus, il va beaucoup moins loin que son aîné, expliquant sans assommer le spectateur, évitant les personnages inutiles (1).

 

Mais Dune 2021, c’est avant tout une fantastique épopée menée tambour battant par un maître du cinéma. Dès les premières images, on pense à Lynch puisque c’est une voix féminine que nous entendons et qui nous introduit dans ce monde : il s’agit de Chani (Zendaya «MJ »), une Fremen mais qui aura elle, un rôle important dans ce film (et la suite). Certes, on y retrouve des épisodes communs avec la précédentes version, mais là s’arrête la comparaison. Villeneuve nous gratifie ici d’un chef-d’œuvre, et puis c’est tout. Enfin presque tout.

Parce qu’on ne peut pas passer à côté d’un tel moment de cinéma. C’est absolument magnifique. On reste cloué à son siège du début à la fin du film, savourant avec régal un immense moment de plaisir.

 

En effet, Denis Villeneuve nous montre qu’on peut lancer une épopée spatiale compliquée (2) avec clarté et maîtrise technique, tout en intégrant des scènes de bataille spectaculaire sans pour autant passer à 24 plans par seconde ni asséner les images au spectateur. Parce que ce qui marque, c’est le rythme du film qui n’est que très rarement soutenu : Villeneuve (grâce à Greig Fraser son chef-op’) prend le temps de soigner chaque plan, laissant le temps au spectateur d’apprécier ce qu’il se passe, sans pour autant tomber dans quelconque piège godardien qui nous aurait vite englués…

 

On retrouve dans ce Dune la façon de filmer d’Arrival, démontrant que l’on peut arriver à un résultat spectaculaire sans pour autant essayer d’entrer dans le Livre Guinness des records. La technique est au service de l’intrigue – et non le contraire une intrigue prétexte à des effets toujours plus époustouflants – et ce parti pris de prendre son temps permet avant tout au spectateur de bien intégrer ce qu’il voit, et surtout de l’apprécier à sa juste valeur. Depuis l’arrivée des effets numériques – et je l’ai déjà écrit ici – nous assistons à une surenchère constante dans tout ce qui est proposé, avec des résultats pus ou  moins satisfaisants (3). Alors que depuis que le cinéma existe, on a pu voir nombre de films extrêmement spectaculaires sans pour autant être enivré par un tourbillon d’images agressives.

 

L’autre grande différence d’avec le film de Lynch tient aussi au traitement de l’intrigue. A aucun moment Villeneuve ne tente de racoler le spectateur avec des images plus ou moins choc (le Baron Harkonnen n’a plus rien à voir avec le pantin pathétique interprété par Kenneth McMillan), et surtout, malgré la somme d’information qui passe tout au long du film, on n’y trouve nulle part cette impression de bavardage (plus ou moins intempestif) constant qui lasse.

Non, Villeneuve déroule son intrigue comme un conteur son histoire, les mots étant remplacés par les images : mais sans parasite, ni superflu voire gratuité. Il rejoint en ça une longue lignée de réalisateurs américains qui sav(ai)ent raconter des histoires (4).

Et ça, c’est franchement rassurant pour le cinéma !

 

Et quand le film se termine, on n’a qu’un envie : qu’il recommence, puisqu’il faut attendre (hélas) pour avoir la suite !

 

J’oubliais la grande surprise du film : Jason Momoa (Duncan Idaho) n’a plus de barbe !

 

  1. J’avais oublié de parler de la princesse Irulan (Virginia Madsen) qui servait de narratrice à Lynch mais dont le rôle n’avait alors aucune importance. Elle était très belle mais n’avait aucune influence sur l’intrigue. Une voix off aurait suffi.
  2. N’ayant – depuis l’article précédent sur le film Lynch – toujours pas lu le roman de Frank Herbert, je me fie à ce que j’ai pu entendre un peu partout…
  3. Heureusement, certains ont su maîtriser ces effets sans pour autant tomber dans ce piège.
  4. Certains d’ailleurs le prolongeant à propos de leur propre vie…

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