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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

serie

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Marvin J. Chomsky
Holocauste (Marvin J. Chomsky, 1978)

1935-1945 dix années qui ont détruit la famille Weiss : Joseph (Fritz Weaver) le père, médecin à Berlin ; Berta (Rosemary « Aunt May » Harris) la mère, Karl (James Woods), Rudi (Joseph Bottoms) et Anna (Blanche Baker) les enfants. Sans oublier Inga (Meryl Streep), la femme de Karl.

C’est par le mariage de ces deux derniers que s’ouvre cette série : un mariage « mixte » (une chrétienne et un juif) auquel ont été conviés Hans Helms (Michael Beck) un soldat qui est aussi le frère d’Inga, mais surtout Heinrich Müller (Anthony Haygarth), un ami de la famille qui est aussi membre du parti nazi.

Puis ce sont les dix années qui vont séparer tous ces gens, plus ou moins définitivement jusqu’à la fin de cette guerre et de son bilan effrayant.

 

Bien sûr, c’est une histoire très romancée voire aseptisée qui nous est contée ici par Marin J. Chomsky, et je ne reviendrai pas sur les reproches (justifiés) élevés par d’anciens déportés qui ont de leur côté transmis leurs récits de la Shoah (Primo Levi, Simone Veil, etc.). Mais quand la série est passée pour la première fois en France, je n’avais que 11 ans et j’ai alors découvert une (infime) partie de ce génocide atroce qui reste encore (heureusement) inégalé.

Parce que Chomsky a aussi émaillé sa série de documents authentiques qu’en général Erik Dorf (Michael Moriarty), un jeune juriste opportuniste montre à son supérieur, l’ignoble Reinhard Heydrich (David Warner).

 

C’est pourquoi je garde un souvenir fort de cette série car ce fut aussi l’occasion de discuter de ce qu’il s’était passé en marge de la Seconde Guerre Mondiale : les quelques films de guerre que j’avais pu voir à l’époque ne traitaient jamais ce sujet et j’étais resté sur des superproductions du style Le Jour le plus long ou Paris brûle-t-il ?

Et je sais que je ne suis pas le seul qui ai apprécié cette série : ce fut un grand moment de télévision dans beaucoup de pays du monde. Et ce fut aussi le début d’une recrudescence des films et documentaires sur le sujet, avec en point d’orgue l’extraordinaire Shoah de Claude Lanzmann. Mais attention depuis 1934, on connaît l’existence des camps de concentration au cinéma : le film documentaire Hitler’s Reign of terror (Hitler, le Règne de la terreur) est sorti sur les écrans le 30 avril de cette année-là.

 

Et n’oublions pas les différents interprètes de cette série qui ont mis beaucoup de conviction pour interpréter ces personnages, bons ou méchants. Les méchants surtout, comme d’habitude. Si Ian Holm fait une courte apparition en Himmler, c’est vers le duo Heydrich-Dorf qu’on trouve des personnages véritablement terribles. Il faut dire que David Warner a une filmographie qui parle dans ce sens et il est un Heydrich redoutable de bout en bout : froid et calculateur comme le fut son modèle. Quant à Erik Dorf, cet opportuniste, il n’est chaleureux que quand il exécute son service : planification des exécutions des Juifs de l’Est (Einsatzgruppen & camps de la mort). Et ce sont donc eux qui nous permettent de voir de véritables images (trop rares ?) des massacres effectués.

Quant aux gentils, on admire déjà Meryl Streep ou James Woods, ainsi que les deux parents Weiss, et bien évidemment Joseph Bottoms dans le rôle de Rudi qui me fit rêver quand j’étais enfant : je voulais posséder son courage et sa combativité. Et sa fiancée, Helena (Tovah Feldshuh).

 

Alors, près de 45 ans plus tard, je pense qu’il faut encore regarder Holocauste. C’est à mon avis une bonne entrée en matière pour les plus jeunes avant de découvrir la véritable horreur nazie dans toute son immensité et son abjection.

Pour ne pas oublier.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Michael Caton-Jones, #Ridley Scott, #Tony Scott
Un Monde sans fin (World without End - Michael Caton-Jones, 2012)

Retour à Kingsbridge, deux siècles (environ) après Les Piliers de la Terre.

La cathédrale est toujours debout et le prieuré a beaucoup prospéré, devenant alors la proie des convoitises de certains frères qui n’en ont que le titre. C’est le cas de Godwyn (Rupert Evans) qui rêve de devenir prieur. Et comme il peut compter sur sa mère, Petranilla (Cynthia Nixon) qui connaît certaines poudres, il va y arriver. Dans le même temps, les enfants du comte de Shiring voient leur père être exécuté pour trahison et se retrouvent livrés à eux-mêmes : Ralph (Oliver Jackson-Cohen) va tout de même devenir chevalier quand Merthin (Tom Weston-Jones) va devenir bâtisseur.

A cela se greffe la Grande Histoire : la Guerre de Cent Ans qui commence et la Peste Noire qui va s’étendre sur l’Europe. Sans oublier les procès en sorcellerie dont les femmes (déjà) feront les frais.

 

A nouveau, les frères Scott (Ridley et Tony) ont eu le nez creux en investissant dans ce deuxième opus de Ken Follett. Tout comme dans le premier, on retrouve ce même mélange savamment dosé entre la petite et la grande histoire, avec des personnages très bien caractérisés, se positionnant du bon ou du mauvais côté de la morale afin de donner toute sa puissance à cette nouvelle fresque médiévale. Et donc, encore une fois, ça fonctionne : on est à nouveau happé par cette épopée haute en couleur où les enjeux (économiques) sont synonymes de puissance (politique) et où les méchants le sont vraiment, même si on s’éloigne progressivement du roman initial.

Qu’importe, le spectacle est là et on en profite pleinement.

 

Il faut dire que Godwyn et sa mère sont des affreux rarement rencontrés, donnant véritablement le ton dans cette série. Si vous avez aimé haïr Waleran dans la première série, vous n’allez que vous complaire à abhorrer ces deux protagonistes, avec en prime (« jamais deux sans trois », c’est bien connu) sir Ralph, un chevalier qui ne s’embarrasse pas vraiment du code qui régit cet ordre. Bref, là encore, le succès de la série est porté par des méchants de première force, ce qui ne gâche rien.


Ce qui est bien rendu aussi, ce sont les différentes sous-intrigues qui émaillent cette histoire :

  • l’antagonisme entre Godwyn, ce clerc fanatique et frustré, et sa cousine Caris (la belle Charlotte Riley) qui doit renoncer à son amour pour Merthin afin d’échapper au bûcher ;
  • Celui entre ce même Godwyn et la mère supérieure du couvent pour contrôler les richesses de l’Eglise ;
  • Celui entre Ralph et Merthin, frères ennemis du fait des circonstances et dont l’apparentement avec Abel et Caïn est d’ailleurs mentionné ;
  • Celui entre Ralph et Wulfric (Tom Cullen) qui été injustement dépossédé et doit survivre en serrant les dents ;
  • Et bien sûr celui opposant un fils – Edward III (Blake Ritson) – et sa mère – Isabelle de France (Aure Attica), né après l’exécution d’Edward II, père du premier.

Et au milieu de toute ces oppositions, la présence de Thomas Langley (Ben Chaplin), dont le rôle autour de cette même exécution n’est pas très clair, surtout qu’il possède un secret qu’on aimerait bien voir disparaître.

 

Donc, n’hésitez pas et plongez-vous dans cette fresque formidable, portée par des interprètes à la hauteur de l’enjeu, même s’ils n’ont pas obligatoirement la même notoriété que ceux qui étaient là dans la série précédente.

On en redemande !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Marvin J. Chomsky
Racines (Roots - Marvin J. Chomsky & Co, 1977)

1767, Gambie.

Kunta Kinte (LeVar Burton puis John Amos) est un jeune guerrier mandinka fraîchement initié. Alors qu’il est en forêt à la recherche d’un tronc pour faire un tambour, il est capturé par des esclavagistes et est envoyé en Amérique (1) et vendu au riche juge Reynolds (Lorne Greene).

Bien entendu, Kunta n’a qu’un seul souhait : s’échapper de cet esclavage. Mais à chaque fois, il est rattrapé, fouetté et même mutilé (on lui coupe le pied).

Alors il se marie avec Bell (Madge Sinclair) et a une fille, Kizzy (Leslie Uggams). Il lui apprend alors sa vie d’avant, faisant naître en elle ce désir de liberté qui l’a sans cesse étreint.

Puis, c’est Kizzy qui le transmettra à son fils « Chicken » George (Ben Vereen). Et il en serait ainsi jusqu’à la fin des temps (2) s’il n’y avait eu la Guerre de Sécession…

 

Epoustouflant.

C’est une extraordinaire série qui nous est proposée là, d’après le livre d’Alex Haley – copié, certes, mais c’est tout de même celui-ci qui sert de trame – et qui a eu un succès fort mérité à sa première diffusion, voici déjà plus de 25 ans (3). Et ce qui transparaît surtout, c’est le rôle maléfique joué par tous ces esclavagistes et autres propriétaires terriens du Sud. La cruauté, l’injustice, le racisme sont leur ferment et la famille de Kunta (entre autres) va en faire les frais à différents niveaux et pendant près de cent ans (la série se termine après la Guerre Civile).La plupart des Blancs sont d’affreux réactionnaires racistes, baignés de religion mais surtout confortés dans des stéréotypes tout à leur avantage.

 

Et plus de vingt-cinq ans après cette première diffusion, Racines n’a rien perdu de sa force, même si on a pu constater certaines erreurs factuelles. Mais cela ne nous intéresse pas : à partir du moment où nous sommes dans une adaptation, c’est avant tout le(s) réalisateurs et les scénaristes qui sont aux commandes et peuvent (presque) faire ce qu’ils veulent. Ce n’est pas le cas, rassurez-vous, et c’est pourquoi nous sommes ici plus dans une espèce de docu-fiction où, même s’il y a des erreurs, la force de ce qui nous est montré est suffisante pour emporter le soutien du spectateur. Enfant (j’avais 9 ans quand c’est passé pour la première fois à la télévision), j’étais bien sûr révolté par les mésaventures de Kunta Kinte et espérais qu’il réussirait à s’évader et rentrer en Afrique. Et aujourd’hui (vous calculerez donc facilement mon âge…) son sort est tout aussi abject. Mais ce qui me révolte le plus aujourd’hui, ce sont ces riches propriétaires racistes qui sont férus de religion : ils convertissent de force leurs esclaves à la religion chrétienne (4) et surtout se prévalent de valeurs religieuses tout en traitant d’autres êtres humains comme des êtres inférieurs, moins bien traités que leurs chiens.

 

Bien évidemment, les méchants de la série sont blancs, mais pas tous, certains le sont (un peu) moins que d’autres (les Harvey) et quelques très rares individus sont carrément du côté des Noirs - Vieux George (Brad Davis) et Martha (Lane Binkley), par exemple – mais la palme de la méchanceté doit certainement revenir à Evan Brent (Lloyd Bridges), en Reb raciste et amer de la défaite du Sud.

Et si Lloyd Bridges est magnifique dans cet ignoble personnage, on ne peut pas taire la justesse des acteurs et actrices noires qui ont quasiment vécu leur rôle, créant même, paraît-il, une certaine tension pendant le tournage. On ne peut pas oublier les deux interprètes de Kunta Kinte, tout comme Kizzy, Mathilda (Olivia Cole)  ou encore Tom Harvey (Georg Stanford Brown), ni bien sûr Chicken George et sa malice, ni, un de mes préférés, Violon (Fiddler – Lou Gossett Jr.).

 

A (re)voir !

 

  1. Encore quelques années avant que ce soient les Etats-Unis…
  2. Peut-être pas, quand même…
  3. 23-1-1977 aux Etats-Unis, 28-1-1978 en France.
  4. La Bible et le fusil, les deux bases de la conversion dans l’Ouest…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Biopic, #Franco Zeffirelli
Jésus de Nazareth (Jesus of Nazareth - Franco Zeffirelli, 1977)

Six heures et vingt-deux minutes.

Des semaines de tournages.

Une liste d’interprète prestigieux longue comme le bras, et pour « seulement » 30 000 $ par semaine.

Pour au final une épopée digne des cinéastes qui ont précédé Franco Zeffirelli qui réussit ici un formidable pari : faire de l’histoire de Jésus (Robert Powell) une histoire (presque) ordinaire, où le merveilleux n’est pas aussi omniprésent qu’on aurait pu le croire.

Zeffirelli, avec cette mini-série, nous propose une synthèse des quatre évangiles, reprenant les événements les plus marquants, ainsi que les répliques les plus attendues même si ma préférée n’y est pas (1) : elle n’est pas non plus la plus importante.

 

Tout le monde est là et bien là, de Hérode le Grand (Peter Ustinov) à son fils Antipas (Christopher Plummer), en passant par Marie (Olivia «  Juliette » Hussey), Pilate (Rod Steiger), Jean-Baptiste (Michael « D’Artagnan » York), et bien sûr l’incontournable et indispensable Judas (Ian « Waleran » McShane).

Et Zeffirelli prend son temps pour nous narrer cette incroyable histoire (2), fondement de la religion chrétienne. Ce n’est d’ailleurs pas par hasard qu’il met l’accent sur les deux éléments qui délimitent la vie de Jésus, sa naissance et sa mort. En effet, ces deux éléments correspondent aux deux plus grandes fêtes de la religion, véritables éléments fondateurs : c’est de la croyance en la résurrection et donc que Jésus était le Messie annoncé que les chrétiens se sont démarqués des Juifs : n’oublions jamais que Jésus lui-même était juif…

 

Mais nous ne sommes ici que pour parler d’un spectacle, pas pour nous lancer dans un débat théologique. Et je dois avouer que cette fresque zeffirellienne est absolument magnifique. Non seulement, il réussit à développer surtout la nature humaine de Jésus, mais surtout, il limite les interventions surnaturelles au strict minimum, évitant la grandiloquence demillienne (cf. Les dix Commandements) qui était alors la référence en terme d’adaptation visuelle des Ecritures (3). Et surtout, il dépoussière cette histoire fantastique, utilisant des interprètes plus jeunes que les représentations picturales qui émaillent l’histoire de l’art : la Cène, par exemple n’a plus grand-chose à voir avec celle qui nous a été proposée depuis fort longtemps. Ce sont de jeunes hommes qui suivent Jésus, plus en adéquation avec une certaine authenticité : si Pierre doit Mourir à Rome entre 64 et 68, il ne peut pas déjà avoir des cheveux et une barbe aussi blancs !

 

Tout comme dans son Roméo & Juliette (1968), il joue sur l’authenticité des personnages et on peut alors sourire de la présence ici de Olivia Hussey qui fut sa Juliette à ce moment-là.

Mais cette authenticité a ses limites, sacrifiée sur l’autel des croyances : Robert Powell est un extraordinaire Jésus, pleinement dans son rôle, mais on a du mal à croire que ce même Jésus avait des yeux aussi bleus, Fils de Dieu ou pas ! De même, en faisant arrêter Jésus par le Sanhédrin, il tend à accréditer la thèse comme quoi les Juifs sont les assassins du Christ. Non. Les Romains ont un rôle plus important que ce qui nous est montré ici. De même, on aurait pu avoir le lavage des mains par Pilate, autre épisode, à mon avis, incontournable de cette épopée.

 

Mais là encore, nous sommes dans une adaptation, et il a fallu faire des choix. Ceux de Zeffirelli peuvent paraître contestables, et pour ma part je trouve que l’essentiel y est, servi par une distribution aussi prestigieuse que talentueuse. De plus, l’accent mis sur les deux événements fondateurs (la naissance dans le premier épisode qui prend les trois quarts du temps) et la Passion qui concerne tout le dernier est un choix très judicieux, sans pour autant sombrer dans la superstition ni l’emphase. Et l’interprétation de Robert Powell, dont le visage aux yeux clairs n’est pas sans rappeler l’Autoportrait à la fourrure de Dürer (voir ci-dessous), lui-même rappelant les représentations christiques antérieures.

 

Bref, une très belle adaptation des évangiles, même si l’aspect un tantinet sulpicien de Jésus peut lasser. Mais utiliser un acteur comme Powell et surtout ses yeux clairs, c’est peut-être aussi pour s’ouvrir aux chrétiens orthodoxes : ce visage n’est pas bien loin de celui qui fut autorisé par l’Eglise orthodoxe pour représenter Jésus.

Si vous ne me croyez pas, allez voir à Sainte-Sophie (Istanbul)…

 

  1. Jean, 19 : 28. Je vais encore me faire des amis, tiens…
  2. Tout est question de foi…
  3. Si, si, même Wyler et son Ben Hur y sacrifient…
Autoportrait à la fourrure (Albrecht Dürer, 1500)

Autoportrait à la fourrure (Albrecht Dürer, 1500)

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Drame historique
Les Piliers de la Terre (The Pillars of the Earth - Sergio Mimica-Gezzan, 2010)

25 novembre 1120.

La Blanche-Nef sombre au large du Cotentin, entraînant la mort d’une partie de la noblesse anglaise et parmi elle, l’héritier au trône d’Henri 1er (Clive Wood).

1135.

La guerre civile fait rage entre Etienne (Tony Curran) et Mathilde (Alison Pill) suite à la prise de pouvoir du premier au détriment de la seconde.

Tom le Bâtisseur (Rufus Sewell) arrive à Kingsbridge avec sa famille, accompagné de Jack Jackson (Eddie « Newt Scamander » Redmayne) et sa mère Ellen (Natalia Wörner). Il va y être engagé comme maître d’œuvre dans le chantier gigantesque qu’a décidé le prieur Philip (Matthew Macfadyen) : construire une cathédrale.

Seulement voilà, l’évêque de Shiring, Mgr. Waleran (Ian McShane) est opposé à cette construction, tout comme les nouveaux seigneurs du lieu, qui ont remplacé la famille titulaire parce que jugée traîtresse au roi puisqu’ils soutenaient Mathilde.

 

Après l’immense succès (absolument mérité) du roman de Ken Follett, il fallait bien que la télévision s’empare de cette formidable intrigue et en fasse une adaptation. C’est donc chose faire et de façon plutôt réussie : ce sont 8 épisodes haletants qui voient une petite ville (fictive) de l’Angleterre se développer avec sa cathédrale tout en subissant les conséquences dévastatrices de la guerre civile. Et cette cohabitation entre la petite et la grande histoire fonctionne parfaitement, donnant une impression réaliste impressionnante, et montrant, une fois de plus qu’un conflit, quel qu’il soit, n’a rien d’esthétique : la guerre est tout ce qu’on veut sauf belle !

 

Mais ce qui assure surtout la réussite de cette épopée, c’est l’interprétation menée de main de maître par Sergio Mimica-Gezzan de bout en bout : chaque personnage est bien caractérisé et bien campé, donnant une force et une émotion indispensable à la réussite de cette série. Avec en particulier un méchant de toute beauté : Waleran.

On sent que John Pielmeier (le scénariste) a bien compris le principe hitchcockien du méchant réussi : Waleran est parfait dans ce rôle et Ian McShane interprète avec maestria ce personnage fanatique et roué, ce rhéteur rompu qui profite de la situation troublée pour assouvir son ambition : de venir archevêque de Canterbury (1).

Bien entendu, il n’est pas le seul méchant de l’histoire puisque l’intrigue a tendance à prendre le parti de Mathilde (2), et la sous-intrigue concernant le titre du comté de Shiring amène d’autres méchants, alliés bien sûr à Waleran : les Hamleigh.

 

Et ça marche : on s’indigne devant les raids du jeune Hamleigh (David Oakes) et les fourberies de Waleran, on se réjouit de l’amour naissant entre Jack et la belle Aliena (Hayley Atwell), et on s’émeut devant le sort fatal d’un des personnages centraux de l’histoire (3).

Bref, c’est du grand spectacle où la violence n’est aucunement édulcorée et où les intrigues sont aussi bien construites que l’oeuvre de Tom le Bâtisseur.

Par contre, je trouve que le sort réservé à Waleran est plus expéditif, et certainement moins intéressant que celui qui lui est réservé dans le roman. Quoi qu’il en soit, comme toujours chez Follett, les méchants sont châtiés et c’est ce qui compte, non ?

 

  1. Le poste le plus élevé dans l’église anglaise.
  2. Normal, c’était elle qui devait succéder à son père en attendant la majorité de son fils.
  3. Je ne vous dirai pas qui, allez le découvrir.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Graham Theakston, #Ken Grieve
Cadfael (Graham Theakston, Ken Grieve & Co, 1994-1998)

Après avoir combattu pour la gloire du Christ à Jérusalem pendant la Quatrième Croisade, Cadfael (Derek Jacobi) a été touché par la grâce et a décidé de se retirer et d’y prendre l’habit. Depuis, il vit paisiblement à l’abbaye de Saint-Pierre et Saint-Paul à Shrewsbury (Shropshire), à un jet de pierre de la frontière galloise. Il est devenu le frère herboriste et soigne les malades tout en entretenant son jardin.

Enfin pas si paisiblement que cela : depuis qu’Etienne de Blois (Michael Grandage) a pris le pouvoir à la place de Mathilde l’Impératrice, c’est une guerre civile (guère civile, cela va de soi) qui déchire l’Angleterre, l’Eglise ayant son rôle à y jouer, soutenant l’un puis l’autre (à moins que ce soit le contraire).

Et si ce n’était que ça : de temps en temps, en marge du conflit fratricide, des crimes plus ou moins sordides ont lieu autour de l’abbaye, quand ce n’est pas dedans… A chaque fois Cadfael est missionné pour aider Hugh Beringar (Eoin McCarthy/Sean Perwee/Anthony Green) à résoudre ces meurtres pas aussi évidents qu’on voudrait le faire croire.

 

Il y a près de 50 ans, la grande Ellis Peters,férue de Moyen-âge, avait créé cette série comportant 20 énigmes policières,et ce quelques années avant Umberto Eco et son magnifique Nom de la Rose (1). Ici, tout tourne autour de l’abbaye, ses différents offices et les règles (de Saint Benoît) qui doivent y être respectées.

Bien sûr, de par son passé et surtout son tempérament, Cadfael a beaucoup de mal à s’y conformer strictement, au grand dam du frère Prieur Robert (Michael Culver) et surtout de son acolyte frère Jérôme (Julian Firth) qui guette le moindre faux-pas de l’herboriste pour le dénoncer. De plus, la moindre occasion qui s’offre à lui est saisie pour sortir de l’univers confiné du saint lieu pour aller se promener dans la campagne et surtout chevaucher, ce qui n’est plus vraiment une activité monastique.

 

Et si la série romanesque est formidable, la version qu’a produite ITV mérite largement le détour. On y retrouve une abbaye plus vraie que l’originale (2), et un microcosme villageois truculent, parmi lequel notre bon frère se balade comme un poisson dans l’eau : aimé de tous – sauf des méchants, cela va de soi – il prodigue soins, conseils et surtout solutions d’énigme à qui veut bien le constituer.

On y trouve tous les milieux sociaux de l’époque : clergé, Noblesse, bourgeoisie, paysannerie, et chacun reste subordonné à l’Eglise. Et les différentes intrigues (13 épisodes) reconstituent aussi bien qu’Ellis Peters cette période trouble, mêlant la petite histoire dans Shrewsbury à la grande Histoire.

Et Cadfael, en plus d’une gentillesse et d’un grand savoir botanique, possède un esprit éveillé qui se méfie des évidences et n’accepte pas aussi facilement que les autres ce qui leur semble être un miracle. Et bien entendu, il a très rarement tort.

 

On suit avec beaucoup d’intérêt ces différentes enquêtes singulières, habitués que nous sommes (devenus) des procédés scientifiques indiscutables : pas d’empreinte digitale, pas de prélèvement d’ADN, juste des observations, et surtout un raisonnement logique. Bref, Le digne aîné de Sherlock Holmes ou Hercule Poirot.

Et malgré la noirceur régulière qui entoure les différents épisodes, les différents scénaristes réussissent à y glisser quelques éléments comiques, surtout avec la présence des deux (faux) ennemis de Cadfael dans l’abbaye, Robert Jérôme. Par rapport à Cadfael, ils représentent (surtout Jérôme) la superstition et les croyances de l’époque, se référant strictement à la Règle, quitte à passer pour des personnes inhumaines. Et à chaque fois q’ils croient tenir Cadfael, rien ne se passe comme prévu, voire fait empirer les choses.

 

Reste que Cadfael est une (courte) série qui se déroule dans le même temps qu’une autre qui va arriver presque 10 ans après : Les Piliers de la terre.

 

Ces deux séries traient des mêmes choses : la vie des hommes pendant l’Anarchie anglaise, les jeux de pouvoirs, la vie et la mort, mais aussi l’amour, inévitable avec Cadfael qui, en plus de résoudre des énigmes a tendance à favoriser certaines amours…

Mais alors que les Piliers traitent plus de la politique et de la vie hors de l’abbaye, ici, c’est la vie de l’abbaye qui est au centre et tout le monde gravite autour, de quelque condition que ce soit.

 

Et Derek Jacobi est irrésistible dans ce rôle de moine bien singulier : toutes les femmes (ou presque) l’embrassent !

 

  1. Ce roman est aussi un état des lieux de l’hérésie au XIVème siècle.
  2. Celle de Shrewsbury ayant été totalement détruite, c’est une reconstitution en Hongrie que nous pouvons admirer : 6 mois ont été nécessaires pour la recréer.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Julian Fellowes
Downton Abbey (Julian Fellowes & Co, 2010-2015)

Ca y est !

J’ai enfin vu les 52 épisodes sur cette famille Crawley et leurs domestiques dans cette immense propriété d’un autre temps.

Tout commence en 1912, au milieu du mois d’avril. Patrick Crawley a été déclaré mort suite au naufrage du Titanic, le 12 avril. En quoi cela nous concerne-t-il ? En tout ! Ce monsieur était l’héritier désigné de Lord Robert Crawley (Hugh Bonneville), comte de Grantham. De plus, il devait épouser Lady Mary (Michelle Dockery) afin de préserver le domaine dans la lignée de Robert qui n’avait pas eu la chance d’avoir un fils.

Des recherches sont entreprises qui découvrent un nouvel héritier à Sir Robert : Matthew Crawley (Dan Stevens), issu (de loin) de cette même famille, mais fils d’un médecin à Manchester (quelle horreur !).

Que va devenir Downton Abbey quand Robert ne sera plus ?

 

Epoustouflant ! Superbe ! Magnifique ! (etc.)

Treize ans d’une famille aristocratique et de sa maisonnée vont des dérouler sous nos yeux, sans jamais perdre en intensité. C’est une magnifique prouesse qu’a réalisé là Julian Fellowes (l’auteur) et les différentes équipes de tournage. Ce dernier a réussi son alchimie : suivre une famille aristocratique britannique pendant le déclin de la noblesse en même temps que l’évolution de la domesticité sur cette même période, alors que le monde est en train de rentrer de plain pied dans le XXème siècle.

Et le choix du naufrage du Titanic pour ouvrir cette série n’est pas anodin : tout comme l’a montré James Cameron dans son film éponyme (1), ce désastre maritime annonce la fin d’une époque. Et cette (r)évolution va s’amplifier deux ans plus tard avec la Première Guerre Mondiale.

 

Bien sûr, il y a une barrière entre ces deux mondes, héritage edwardien du siècle passé, superbement illustré par le personnage (incontournable) de la douairière Lady Grantham (Maggie Smith), mais il existe aussi certaines passerelles qui joignent ces deux mondes distincts. La proximité est le premier facteur de rapprochement, mais c’est surtout l’intimité – obligée – entre certains domestiques (femmes et valets de chambre) et leurs maître·sse·s qui le permet. Mais si la guerre a rapproché les hommes d’un même camp, il n’en va pas de même pour les maîtres et leurs serviteurs : quand Matthieu s’en va à la guerre, il est accompagné d’un valet de pied (Thomas Howes) de Downton Abbey qui reste immanquablement sous ses ordres, prêt à le servir jusqu’à la mort, comme de bien entendu.

 

Bien sûr, la préférence du spectateur (enfin la mienne en tout cas) va aux domestiques qui doivent sans cesse s’adapter à des imprévus de dernière minute, essentiellement des réceptions, qui donnent au sous-sol (l’univers des serviteurs) une activité et une fébrilité qui sont aussi sources de tension :mais si tout allait bien, où serait l’intérêt ?

Et des tensions, il y en a : entre Thomas Barrow (Rob James-Collier) et John Bates (Brendan Coyle), c’est tout sauf l’entente cordiale surtout que le même Barrow a tendance à conspirer avec Mrs. O’Brien (Siobhan Finneran), la première femme de chambre. Et puis il y a les histoires d’amour, plus simples que celles d’en haut, mais qui ne sont pas pour autant aussi rapides : si Anna (Joanne Froggatt) trouve rapidement l’âme sœur, c’est plus compliqué pour Daisy (Sophie McShera). Alors que dire de Barrow ?

 

Et surtout, il y a le lien avec l’époque qui reste toujours très étroit pour ce microcosme, replaçant cette communauté dans ce siècle en perpétuel mouvement. Si la guerre est un tournant de la série, on n’échappe pas pour autant aux petits éléments historiques : le programme du cinéma qui se développe (2), les arrivées du phonographe et de la TSF, du frigo, du sèche-cheveux…

Mais aussi les signes du déclin aristocratique avec les menaces financières qui planent sur le domaine : les voisins qui étaient autrefois fortunés se voient poussés à la vente à cause de ce monde en évolution, mettant un terme inévitable au faste traditionnel. Et si Downton réussit à survivre à cette déferlante, elle doit tout de même s’adapter et faire des choix plus ou moins drastiques et, évidemment (presque) lourds de conséquence(s).

 

Bien sûr, l’interprétation est l’une des clés du succès (mérité) de cette série. Outre les interprètes déjà mentionnés, on peut distinguer Jim Carter (Carson, le majordome) qui est, à mon avis, l’un des personnages les mieux réussis : à l’instar de la douairière, il représente l’étiquette traditionnelle (et traditionaliste) de ce milieu, difficilement compatible avec les changements. Bien entendu, son rigorisme totalement edwardien est aussi source de comique. Parce que malgré ses allures hautaines, cette microsociété a un fort potentiel comique, britannique certes, mais très drôle. Avec en point d’orgue les rapports entre Lady Grantham (la douairière) et Isobel Crawley (Penelope Wilton), la mère de Matthew.

Mais qu’on ne s’y trompe pas, si l’humour l’emporte très souvent, la tragédie est toujours présente, avec la guerre, bien sûr,mais pas seulement puisque Downton Abbey va payer cher son tribut à ce monde en mouvement.

 

Bref, une formidable série, ponctuée (pour l’instant) par deux films qui continuent l’aventure (si on peut parler d’aventure…) et nous consolent d’en avoir fini avec ces six années de bonheur.

 

  1. Saint Paul (2 Cor, 5)
  2. On entend quelques beaux noms : Theda Bara, Lillian Gish (Way down East), Rudolph Valentino & Agnes Ayres (The Sheik), Clara Bow…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Histoire, #Claude Barma
Les Rois maudits (Claude Barma, 1972-1973)

18 mars 1314.

Jacques de Molay (Xavier Depraz) est brûlé vif sur l’Ile aux Juifs (Paris).Avant de mourir, il maudit ceux qui sont à l’origine de la chute de son ordre : le pape Clément V, Guillaume de Nogaret (Jacques Goasguen) et le roi Philippe IV, dit « Le Bel » (Georges Marchal), ainsi que sa descendance.

S’ensuivent une quinzaine d’années de désordre monarchique avec en points d’orgue différentes disparitions de monarques : Louis X, dit « le Hutin » (Georges Ser) ; Jean I, dit »le Posthume » ; Philippe V, dit « Le Long » (José-Maria Flotats) ; Charles IV, dit « Le Bel » (Gilles Béhat) ; et Philippe VI (Benoît Brione).

Avec ce dernier, c’est la fin des capétiens directs sur le trône de France (en place depuis 987) et le début des Valois (jusqu’en 1589), avec en prime les lois saliques qui interdisent le trône aux femmes, et en ligne de mire la Guerre de Cent Ans.

Et tout ça, grâce à l’intervention d’un homme : Robert d’Artois (Jean Piat), furieux d’avoir été dépossédé de son fief par sa tante Mahaut (Hélène Duc).

 

On comprend, en lisant ces quelques lignes ci-dessus, l’origine de la saga du Trône de Fer de George R. R. Martin : ce ne sont qu’intrigues et complots, luttes à mort pour arriver à son degré de pouvoir : qui un comté (Robert), qui le trône de France (Philippe V), ou celui de Saint Pierre (Jacques Duèze, futur Jean XXII – Henri Virlogeux). Et Claude Barma, aidé par la superbe adaptation de Marcel Jullian, va réussir l’exploit de faire tenir ces quelques années on ne peut plus riches en péripéties en six épisodes d’une centaine de minutes, conservant la même intensité et la même richesse. Un pur chef-d’œuvre.

 

Ce fut, bien entendu, un succès national, les Français attendant avec impatience les nouveaux développements de cette intrigue foisonnante et haletante, d’une semaine à l’autre entre le 21 décembre 1972 et le 24 janvier 1973, jusqu’à l’inévitable mort de Robert d’Artois, suite au siège Vannes.

Mais aujourd’hui, cinquante ans après cette toute première diffusion, on peut se demander légitimement si le succès serait au rendez-vous. Non pas parce que l’intrigue (c’est vraiment le terme approprié) déplairait, mais plutôt parce que la mise en scène est très éloignée des goûts du public actuel (encore que…) : la plupart des interprètes de cette série sont des comédiens de renom ce qui donne à voir du théâtre filmé plutôt que des téléfilms. De plus, la sobriété des décors (une histoire de budget ?) recentre l’attention du spectateur sur ce qui se dit plutôt que sur ce qui se voit. Certes, les costumes sont chatoyants et élaborés, mais cela renforce cette idée de théâtre filmé.

 

Mais quel théâtre filmé !

C’est absolument magnifique : les différents protagonistes tiennent leur rang avec beaucoup de talent, en particulier les relations entre Robert et Mahaut qui font tout le sel de cette série. Jean Piat (formidable) et Hélène Duc (elle aussi) se livrent à une joute verbale haute en couleur, leurs propos niant (presque) toujours leurs pensées : « ma bonne tante », mon beau neveu »…

Et d’une manière générale, c’est la rouerie qui est magnifiée dans cette œuvre. Certes, Maurice Druon avait magnifiquement décrit tout cela dans sa série romanesque, mais la gageure n’en était que plus haute et plus belle. Barma réussit ce pari parce qu’il s’est entouré de ce qui se faisait de mieux sur la scène nationale à l’époque. Avec une mention spéciale pour celui qui,  mon avis, est le plus roué de tous, Spinelli Tolomei (Louis Seigner) qui, de par sa situation – il est un banquier (1) lombard – est le point convergent de tous ces gens qui intriguent : c’est lui qui a l’argent, le nerf de la guerre. C’est d’ailleurs lui qui s’en sortira le mieux…

Une série indispensable et qui, semble-t-il, relègue loin derrière la seconde adaptation de 2005. (2)

 

  1. Ceci explique-t-il cela ?
  2. Je ne l’ai pas vue en entier, je me suis arrêté après 5 minutes. Il faudra que je réessaie… Ou pas.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Télévision, #Série, #Guerre
Colditz (1972-1974)

Puisque le monde est aux séries, revenons sur l’une d’entre elles : Colditz (1972-1974).

Nous sommes en 1940 et la guerre fait rage : le lieutenant Carter (David McCallum) est fait prisonnier lors d’une mission de reconnaissance. Elément un tantinet retors, il est envoyé à Colditz (Saxe). ET comme un malheur n’arrive jamais seul, il est placé avec un contingent d’autres prisonniers de guerres spécialistes de l’évasion : on ne s’évade pas de Colditz.

Enfin si, mais avec beaucoup de parcimonie.

 

Avant toute chose, je ne saurai vous recommande d’aller voir ce que les prisonniers du lieu ont pu mettre en place pour essayer (et parfois réussir) une évasion. C’est tout bonnement incroyable, jusqu’à ce planeur qui n’a pas pu être mis en circulation, la guerre s’étant terminée avant. Quoi qu’il en soit, nous sommes dans une configuration qui n’est pas sans rappeler celle de La grande Evasion, avec le temps nécessaire pour développer l’intrigue : au lieu d’un film de  172 minutes, c’est une série de 28 épisodes d’environ 50 minutes chacun (un peu plus en règle générale) prenant le temps de mettre en avant les différents enjeux en lice, donnant aux différents protagonistes une existence pertinente.

 

Il est clair que la présence de David McCallum est un atout non négligeable : ayant participé au formidable La grande Evasion près de 10 ans plus tôt, il est un peu le garant de l’authenticité de la série. Comme si on en avait besoin…

Il est évident que cette série (formidable) nous rappelle certains films d’évasion (La grande Illusion ou le film de Sturges susnommé), mais comme les scénaristes on eu la possibilité » d’étayer leur propos (50 minutes environ à chaque fois), l’intrigue va à chaque fois développer un élément propice à une éventuelle évasion (1). Si McCallum est d’une certaine façon la caution morale de la série (voir plus haut), il n’en demeure pas moins que ses différents partenaires sont d’une aide absolument indispensable. A commencer par un habitué lui aussi des séries : Robert Wagner.

 

Nous allons alors vivre cinq ans de captivité britannique mais avec toujours en évidence que les prisonniers ne sont rien sans leurs geôliers : outre le Kommandant (Bernard Hepton, impeccable) on trouve deux officiers eux aussi pertinents : Uhlmann (HansMeyer) et Mohn (Anthony Vaentine) aussi différents que leur grade, l’un étant plutôt Wehrmacht, le second SS.

Et cette différence va nourrir les différentes intrigues, jusqu’à la décision inévitable de choisir prendre une décision quand l’avancée alliée s’approche de la forteresse. Et si Uhlmann choisit les honneurs, Mohn, véritable salaud (normal, c’est un SS), n’a d’autre choix que de déserter afin d’éviter une mort assurée. On pourra souligner que cette désertion est totalement assumée par la production : d’un autre côté, un tel salaud ne va plus apparaître, et ce malgré son haut degré de nuisance, et surtout l’envie des prisonniers – et des spectateurs – d’en découdre avec lui.

 

Mais quoi qu’il en soit, nous sommes devant une série de haute qualité, servie par de grands interprètes, Robert Wagner et David McCallum en tête. Et si la résolution finale ne peut pas rendre hommage à tout ce qui fut mis en place pour permettre à certains de s’évader, on est tout de même heureux que quelques tentatives aient pu être couronnées de succès.

Quoi qu’il en soit, c’est avec beaucoup de bonheur qu’on va suivre cette série guerrière (deux saisons et donc 28 épisodes) qui va mettre en évidence des (petits) faits héroïques que nous ne verrons pas beaucoup dans les publications traitant de la même période…

 

  1. On ne s’évade pas de Colditz !

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