Overblog Tous les blogs Top blogs Films, TV & Vidéos Tous les blogs Films, TV & Vidéos
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

spike lee

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Spike Lee, #Denzel Washington
He got Game (Spike Lee, 1998)

Jake Shuttleworth (Denzel Wahington) est en prison pour meurtre : il a tu sa femme. Pendant ce temps, son fils Jesus (Ray Allen) et sa fille Mary (Zelda Harris) continuent à vivre.

Quand l’administration lui propose une remise de peine pour les aider à faire signer son fils dans l’équipe de basket-ball de l’état, Jake accepte sans (presque) condition. Seulement voilà, Jesus a plus que du ressentir envers son père.

Normal, il a tué sa mère…

 

Spike Lee continue son introspection. Encore une fois, nous sommes dans une intrigue où les personnages principaux sont noirs et doivent se sortir d’un dilemme pas si évident que ça. Certes, pour Jake, rien n’a été plus simple – surtout depuis qu’il a été incarcéré :faire signer son fils dans l’université d’état. Mais quand on a goûté au meilleur (le secteur privé ?), il est difficile de se faire une idée objective…

Pour Jake, cela signifie aussi une réduction de peine : en clair, un cas de conscience…

 

Bien entendu, rien de cela n’arrivera (voir juste au-dessus) : le père et le fils vont trouver un terrain d’entente et se rabibocher (1). Mais bien sûr, encore une fois,c’est dans cette résolution que tout réside. Et si Jesus est interprété par un véritable basketteur, c’est encore une fois Denzel Washington qui fait tout le travail (2),d’un autre côté, c’est quand même ce qu’on attend de lui ! Quoi qu’il en soit, on se plonge avec délectation dans ce milieu du basket avec d’autant plus de plaisir que Spike Lee ne nous met (enfin ses interprètes, vous m’avez compris) en véritable situation de compétition : nous sommes avec des gens comme vous et moi (enfin plus vous que moi) et si nous voyons de véritables situations de match, elles ne concernent pas l’intrigue.

Le basket-ball est alors un vecteur qui permet à Jake de reprendre contact avec son fils à un moment crucial, pour tous les deux : pour Jake, si son fils signe, il aura(peut-être) une réduction de peine, et pour Jesus, c’est sa carrière professionnelle future qui est engagée. Là encore, les deux ne s’accordent pas spécialement…

 

Et Spike Lee s’appuie (c’est normal !) sur Denzel Washington pour mener à bien cette intrigue, avec en gage d’authenticité Ray Allen : autant avoir un véritable basketteur pour une telle intrigue. Et la confrontation entre ces deux professionnels est des plus bénéfiques. Washington est encore une fois formidable, mais Allen lui tient tout de même la dragée haute, interprétant un grand frère on ne peut plus convaincant – ce qui est la moindre des choses, non ?

C’est d’ailleurs ce domaine qu’on aurait aimé voir un peu plus développé (moi en tout cas…) : la relation entre Marie et les deux membres de sa famille. D’un côté un père absent (normal,il est en prison) et de l’autre un frère qui est (presque) trop présent parce que (trop) conscient de ses responsabilités.

 

En conclusion, nous avons un film sportif pas si simple que ça (étonnant pour du sport non ?) et surtout un Denzel Washington au top niveau. Et en plus, nous avons le privilège de retrouver la formidable Lonette « Rosa » McKee.

Au final, qui est le pus talentueux (3) ?

 

  1. Je ne révèle aucun secret : ayant vu quelques films américains ces dernières années, je n’ai aucune difficulté à comprendre comment va évoluer l’intrigue…
  2. Attention : si Ray Allen est avant tout un basketteur de (très) haut niveau, son jeu ici n’est pas insipide.
  3. Traduction (possible) du titre : « quelqu’un de talentueux ».

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Drame, #Spike Lee
BlacKkKlansman (Spike Lee, 2018)

Ron Stallworth (John  David Washington, le fils de Denzel), jeune recrue, arrive à la police de Colorado Springs. S’il a été engagé, c’est aussi, et surtout, parce qu’il est noir.

Après un passage aux archives, il est envoyé sur le terrain en infiltration. Il rejoint alors Flip Zimmerman (Adam Driver), Jimmy Creek (Michael Buscemi, le frère de Steve) et le sergent Trapp (Ken Garito) qui les dirige.

Alors qu’il consulte le journal, il tombe sur une annonce du Klan : par jeu ou par sens de la provocation (ou autre ?), il appelle et se retrouve alors en bonne position pour devenir membre de cette terrible « organisation ».

Le seul problème : il est noir.

 

Comme l’annonce l’affiche, il s’agit d’une histoire vraie, celle de ce policier qui infiltra le triple K, avec l’aide de son équipe : les rencontres avec les membres ne pouvant avoir lieu avec Stallworth, c’est donc Zimmerman qui s’y rend, donnant alors le change à ces racistes ô combien dangereux.

Au début, cela semble relever de la gageure, voire de la plaisanterie. Mais rapidement, Stallworth rentre dans le jeu et convainc ses collègues.

C’est donc une descente dans ce milieu des plus malsains où les hommes et les femmes sont inégaux, et où la haine est de mise. Haine anti-noir tout d’abord et antijuive ensuite.

Et Spike Lee ne fait pas dans la demi-mesure (1), nous présentant froidement cette organisation néfaste : ses membres et surtout ses idées, exposées régulièrement par celui qui était leur chantre : David Duke (Topher Grace).


Et cette descente en enfer va définitivement éliminer l’élément comique original. Cette infiltration n’a rien de drôle : au contraire, les deux policiers sont constamment en danger – Zimmerman surtout – au milieu de ce groupuscule de ravagés qui sont en outre armés.

Mais alors qu’on a l’habitude de voir de la violence dans les films de Spike Lee, ici, pas une seule fois ces Américains dits « supérieurs » ne recourent à la violence physique : ce sont plus des échanges oraux entre les membres ou encore les réflexions de Stallworth qui nous intéressent ici. Il faut dire que le discours nauséabond de Duke est suffisamment violent pour éviter d’avoir en prime des images chocs.

Mais ces images ne nous seront pas épargnées : une fois l’intrigue terminée, Spike Lee termine sur ce qui faisait partie de l’actualité du film : Charlottesville. Et en particulier l’attaque à la voiture-bélier qui fit une victime, dans le cadre des manifestations des suprémacistes blancs qui protestaient contre l’enlèvement de la statue de Robert Lee, le célèbre héros du Sud.

 

Ce rappel historique est des plus pertinents quand il s’agit de parler du Klan : c’est au sortir de la Guerre de Sécession qu’est né cette organisation comme on peut le voir dans deux films-phares américains : Naissance d’une Nation et Autant en emporte le Vent. Ce n’est pas non plus un hasard si ces deux films sont cités ici : le film s’ouvre sur Atlanta et ses blessés pendant que Scarlett O’Hara (Vivien Leigh) recherche le docteur Meade. L’autre est projeté après la cérémonie d’intronisation des nouveaux membres (1).

Mais malgré la démonstration que représente ce film, nous sommes au cinéma, et Spike Lee mène son film de façon magistrale, réservant quelques grands moments d’émotion – c’est avant tout ce qu’on recherche dans une salle obscure, non ? – tout le long du film.

 

Lee premier, c’est le discours de Stokely Carmichael/Kwame Ture (Corey Hawkins) où Lee insère des plans des visages attentifs, isolés sur fond noir, donnant une solennité à son discours qui, n’en déplaise aux policiers, n’est pas un véritable appel au meurtre : il s’agit juste de changer de point de vue et de se dire « Black is beautiful ».

Autre moment de grâce (non, je n’en fais pas trop !) : le récit par Jerome Turner (Harry Belafonte) du lynchage d’un jeune homme noir en 1916. La voix de Belafonte va nous hypnotiser et nous allons nous imprégner de ce qu’il raconte, de cette injustice raciste flagrante qui amena la mort de ce jeune homme coupable – semblait-il, mais je n’y crois pas du tout – de viol su une jeune femme blanche. Et Turner remet ce lynchage dans son contexte : l’année précédente avait vu le retour du Klan, grâce à la projection du film de Griffith déjà mentionné plus haut.

Mais ce qui donne encore plus de force à l’histoire que nous avons entendue, ce sont les photos qui ont été prises de ce triste événement, lançant crûment à nos regards les effets de ce genre d’auto-justice.

De plus, cette histoire se tient dans une séquence de montage parallèle : l’autre sous-intrigue concerne l’intronisation des nouveaux membres de cette société, accentuant la force de ce qui nous est raconté.

 

Si Spike Lee réussit à nous tirer un sourire lors de l’une des dernières interventions de Ron Stollworth, ce sourire disparaît très vite quand surgissent les images de Charlottesville. Cette histoire qu’on aurait pu croire enterrée dans les années 1970s retrouve toute son actualité dans les événements d’août 2017. Et la violence qu’on n’a pas vue pendant le film se retrouve pleinement étalée dans les extraits d’actualité : ces gens du Klan ne sont pas des orateurs mais bel et bien des personnes d’action, prêts à tout pour imposer leurs idées sordides.

A ces images sont ajoutées celles du président américain actuel qui ne semble pas beaucoup dérangé par ces citoyens particuliers, renvoyant les deux camps sans les distinguer ni exprimer une quelconque préférence. Abject.

 

PS : David Duke, en 2017, tient toujours le même genre de discours, comme le confirme la dernière séquence du film.

 

  1. En va-il autrement avec lui ?
  2. Et une première fois au tout début alors qu’on assiste à la répétition d’un discours haineux prononcé par le docteur Kennebrew Beauregard (Alec Baldwin) en 1957.

 

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Spike Lee
Inside Man (Spike Lee, 2006)

Tout commence dans une cellule, où se trouve Dalton Russell (Clive Owen), nous expliquant Qu’il vient de réaliser un hold-up parfait.

Dès lors, les 120 minutes (environ) qui suivent vont nous montrer comment tout cela s’est passé, et comment, puisqu’il a réalisé le hold-up parfait, il peut se retrouver dans une cellule.

 

Spike Lee ajoute une nouvelle corde à son arc, s’attaquant au film de braqueurs de banque. Il faut avouer que le challenge est élevé, Steven Soderbergh ayant placé la barre très haut avec sa trilogie Ocean’s 11, 12 et 13. Mais Spike Lee parvient tout de même à nous intéresser voire à nous mystifier – c’est toujours comme ça que ça se passe, avec un braquage à l’allure ordinaire mais dont la résolution n’est pas évidente à imaginer.

 

Pourtant, la première intervention de Dalton est primordiale : non seulement il nous annonce son coup de maître, mais en plus, il nous donne des indices pour résoudre l’intrigue. Seulement nous, spectateurs, découvrons et ne faisons pas trop attention à ce qu’il dit. Heureusement, si Dalton n’aime pas se répéter, Spike Lee nous rappelle sa première intervention et nous découvrons (plus ou moins) ébahis ce qu’il s’est vraiment passé pendant ce braquage peu ordinaire.

 

Dès lors, le braquage peut commencer : une équipe de peintres en bâtiment (1) entre dans une banque prestigieuse de Manhattan, et après avoir aveuglé les caméras, les braqueurs prennent en otage les clients et les employés.

Commence alors une partie d’échec entre les peintres et la police, par l’intermédiaire du négociateur Frazier (Denzel Washington) et son coéquipier Mitchell (Chiwetell Ejiofor). A cette parie s’ajoute le policier du secteur, John Darius (Willem Dafoe).

Parallèlement (?), le directeur de la banque, Arthur Case (Christopher Plummer) s’inquiète du contenu d’un des coffres-forts – qui comme par hasard n’apparaît pas sur les liste de la banque – fait intervenir dans les négociations une jeune femme spécialiste des tractations : Madeleine White (Jodie Foster), avec la bénédiction du maire (Peter Kybart).

Bien sûr, le coffre-fort secret est l’enjeu du braquage, mais pour différentes raisons selon les points de vue.

 

C’est un braquage magistral qui nous est présenté avec une intrigue des plus solides et une narration qui mêle les différents temps : le présent et le passé se mêlent étroitement jusqu’à la résolution qui nous ramène finalement dans le présent.

Nous donc suivons le déroulement du casse, la passé de Dalton & les autres, comment tout se met en place puis les différentes négociations entre les braqueurs et les négociateurs : officiels (Frazier & Mitchell) ; et officieuse (White).

A ces différentes opérations s’intercalent des séquences de débriefing entre les deux policiers et les différents otages relâchés par les braqueurs. Ces séquences sont tournées avec des saturations lumineuses, accentuant les noirs et les blancs de l’image, bien distinctes du reste. Si le braquage appartient au passé, ces séquences seraient alors au futur antérieur : le braquage est bel et bien fini quand tous les acteurs fortuits (les otages) sont interrogés.

 

Bref, un film de braquage très habile, avec une distribution prestigieuse et surtout solide, et un scénario des plus inventifs.

Pourquoi bouder son plaisir.

 

 

PS : Bien sûr, la résolution finale nous explique qui est cet homme de l’intérieur dont nous parle le titre.

 

(1) Le slogan de cette entreprise est dans la droite lignée de ce qu’il va se passer : « nous ne partons qu’une fois le boulot terminé ».

Voir les commentaires

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Spike Lee
Old Boy (Spike Lee, 2013)

Joe Doucett (Josh Brolin) est un sale con. Et alcoolique, en plus.

Il a une ex-femme et une petite fille : Mia.

Un matin, il se réveille dans une chambre d’hôtel, seul.

Il va y rester vingt ans, pendant que sa fille, ailleurs, grandit et devient une femme.

Libéré, Joe n’a qu’une idée : la retrouver.

 

C’est une histoire terrible que nous propose Spike Lee. Et avec la manière : nous sommes comme Joe, nous avançons dans le noir. Et nous voyons les choses se préciser en même temps que lui, comme une résurgence de la mémoire : un voile qui se déchire et qui fait revivre le passé.

Parce que la réponse est dans le passé. Et comme Joe a toujours été un sale con, il lui est difficile de répondre aux questions qui se posent quant à son aventure.

 

Spike Lee a délaissé pour un temps les histoires identitaires pour se concentrer sur une histoire pourtant très noire (sans jeu de mots !). Son héros (si on peut l’appeler ainsi n’est pas un type reluisant et son enfermement, pour injuste qu’il soit, est tout de même une bonne chose pour lui.

Et on retrouve alors le thème de la rédemption dans cet homme, coincé dans une pièce – comme Phil Connors l’est dans une journée (sans fin !) – avec comme seul contact extérieur la télévision qui lui permet de mesurer le temps qui passe. Mais cet enfermement salutaire lui permet de rompre avec son passé peu glorieux. Et quand il sort, vingt ans plus tard (un peu après la réélection d’Obama), c’est un homme neuf, plus sain, mais avec vingt ans de plus. Son ventre arrondi par les excès a laissé place à un corps athlétique et résistant.

 

Mais pourtant, cette rédemption n’est que passagère : il ne pourra être complètement transformé que quand il aura retrouvé sa fille. S’ensuit alors un déchaînement de violence comme Lee sait en proposer, ne cachant rien au spectateur quant aux effets macabres voire gore. Joe est peut-être un homme nouveau, mais c’est toujours un tueur. Avant, c’était un tueur en affaires, maintenant, c’est un tueur tout court, avec un paquet de victimes à son actif.

 

Mais parallèlement à ces épisodes brutaux, Lee nous propose de magnifiques flashbacks où ses personnages revivent des souvenirs, devenant alors observateurs de ce qu’il s’est passé dans les lieux visités. On passe alors doucement d’une époque à l’autre sans rupture de narration. C’est magique.

Mais cela n’atténue pas pour autant les images fortes proposées.

 

Si Josh Brolin interprète un Joe plutôt crédible, malgré le manque de marques du temps sur le personnage (il aurait une petite cinquantaine d’années quand il est libéré), Sharlto Copley est un terrible Adrian Pryce. Un homme d’une grande faculté de nuisance. Et son aspect d’homme riche et raffiné n’est pas pour rassurer.

 

Sans rien révéler, j’ajouterai que même la fin est surprenante et, pour une fois pas spécialement heureuse. Mais sachez tout de même que Joe atteindra cette chère rédemption, même si ça doit arriver après la fin du film.

 

Une histoire forte pour un film encore plus fort. Et même parfois insoutenable.

Voir les commentaires

Articles récents

Hébergé par Overblog