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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

sport

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Sport, #Jean-Jacques Annaud, #Francis Veber
Coup de Tête (Jean-Jacques Annaud, 1979)

François Perrin (Patrick Dewaere) est en prison pour viol : il aurait, de nuit, agressé une jeune femme (France Dougnac) et a été formellement reconnu par deux témoins : Brochard (Michel Aumont) & Lozerand (Paul Le Person). Déjà qu’il avait été viré du club de football pour un contact avec Berthier (Patrick Floersheim)… Et comme le club appartient au patron de l’usine de la ville, Sivardière (Jean Bouise), il s’est en plus retrouvé au chômage. Alors si en plus on lui colle un viol sur le dos, qui ira se plaindre ?

Seulement voilà, lors d’un déplacement, plusieurs joueurs sont blessés et ne peuvent pas jouer. La mort dans l’âme, Sivardière s’arrange pour faire jouer Perrin. Pas de chance : il marque les deux buts de la victoire.

En attendant le match retour, pendant six jours, Perrin est « le patron de la ville ».

 

C’est à nouveau une comédie (très) grinçante que nous propose Annaud pour son deuxième long-métrage. Après la (drôle de) guerre, c’est le milieu du football amateur qui est pris pour cible. Et surtout ses dirigeants, en la personne d’une bande de notables dont la mesquinerie n’est pas sans rappeler celle des colons dans son film précédent. Et parmi eux, la palme revient au président du club, interprété par un Jean Bouise magnifique. Sa mèche qui recouvre impeccablement son front donne le ton : on devine une calvitie naissante non assumée par cet entrepreneur cynique.

Autour de lui, les autres gens importants qui constituent les possédants de cette ville n’ont rien à lui envier. Entre Brochard et Lozerand qui n’hésitent pas à faire un faux témoignage pour accabler Perrin, et Berri (Maurice Barrier) qui vire ce dernier comme un malpropre, nous avons toute une gamme de « petits bourgeois » méprisables.

 

Et au milieu de ce microcosme malsain, François Perrin (1). Patrick Dewaere campe un buteur (très) occasionnel avec beaucoup de force et de conviction – même s’il était un très piètre joueur – donnant à son personnage la dimension adéquate : Perrin est avant tout un pauvre type, qui est toujours là au bon moment mais pas obligatoirement au bon endroit. Et ces deux buts providentiels pour le club le deviennent automatiquement pour lui : voilà vingt-sept ans qu’il galère dans cette ville qui le traite comme un moins que rien, alors il est temps qu’il prenne sa revanche sur tous ces mesquins.

 

Parce que le sel de l’intrigue, ce n’est pas comment on en arrive là (la première partie du film), mais bel et bien ce que sa nouvelle position lui apporte. Outre les avantages en nature – gazinière moderne (four à double épaisseur) et autre voiture de démonstration (« de clown ») – il devient un intouchable en attendant la deuxième manche au football. Et il va en profiter à sa manière, prévenant ceux qui le méprisaient que les choses vont changer, au cours d’un repas – à ses frais – mémorable. Surtout pour les autres… Quoique.

Et cette revanche va tourner à la vengeance, mais à la manière d’une bombe à retardement : à aucun moment il n’exécutera ce qui est attendu de lui, plongeant alors ses différentes victimes dans un état de frustration qu’on peut qualifier de jouissif. Jouissif pour nous spectateurs, mais très certainement aussi pour ce personnage non-conformiste qui, malgré le titre, ne fait rien sur un « coup de tête » !

 

Et si je vous dis qu’on plus, la fine fleur des seconds rôles (2) est là, vous ne pouvez que vous précipiter sur ce formidable film d’un réalisateur qui a préféré consolider sa place dans le cinéma français avant de s’attaquer à l’international.

A voir (et revoir) de toute urgence !

 

  1. Encore un : le scénario étant de Francis Veber, pas besoin de chercher l’origine du nom…
  2. Sauf Jean-François Zardi !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Spike Lee, #Denzel Washington
He got Game (Spike Lee, 1998)

Jake Shuttleworth (Denzel Wahington) est en prison pour meurtre : il a tu sa femme. Pendant ce temps, son fils Jesus (Ray Allen) et sa fille Mary (Zelda Harris) continuent à vivre.

Quand l’administration lui propose une remise de peine pour les aider à faire signer son fils dans l’équipe de basket-ball de l’état, Jake accepte sans (presque) condition. Seulement voilà, Jesus a plus que du ressentir envers son père.

Normal, il a tué sa mère…

 

Spike Lee continue son introspection. Encore une fois, nous sommes dans une intrigue où les personnages principaux sont noirs et doivent se sortir d’un dilemme pas si évident que ça. Certes, pour Jake, rien n’a été plus simple – surtout depuis qu’il a été incarcéré :faire signer son fils dans l’université d’état. Mais quand on a goûté au meilleur (le secteur privé ?), il est difficile de se faire une idée objective…

Pour Jake, cela signifie aussi une réduction de peine : en clair, un cas de conscience…

 

Bien entendu, rien de cela n’arrivera (voir juste au-dessus) : le père et le fils vont trouver un terrain d’entente et se rabibocher (1). Mais bien sûr, encore une fois,c’est dans cette résolution que tout réside. Et si Jesus est interprété par un véritable basketteur, c’est encore une fois Denzel Washington qui fait tout le travail (2),d’un autre côté, c’est quand même ce qu’on attend de lui ! Quoi qu’il en soit, on se plonge avec délectation dans ce milieu du basket avec d’autant plus de plaisir que Spike Lee ne nous met (enfin ses interprètes, vous m’avez compris) en véritable situation de compétition : nous sommes avec des gens comme vous et moi (enfin plus vous que moi) et si nous voyons de véritables situations de match, elles ne concernent pas l’intrigue.

Le basket-ball est alors un vecteur qui permet à Jake de reprendre contact avec son fils à un moment crucial, pour tous les deux : pour Jake, si son fils signe, il aura(peut-être) une réduction de peine, et pour Jesus, c’est sa carrière professionnelle future qui est engagée. Là encore, les deux ne s’accordent pas spécialement…

 

Et Spike Lee s’appuie (c’est normal !) sur Denzel Washington pour mener à bien cette intrigue, avec en gage d’authenticité Ray Allen : autant avoir un véritable basketteur pour une telle intrigue. Et la confrontation entre ces deux professionnels est des plus bénéfiques. Washington est encore une fois formidable, mais Allen lui tient tout de même la dragée haute, interprétant un grand frère on ne peut plus convaincant – ce qui est la moindre des choses, non ?

C’est d’ailleurs ce domaine qu’on aurait aimé voir un peu plus développé (moi en tout cas…) : la relation entre Marie et les deux membres de sa famille. D’un côté un père absent (normal,il est en prison) et de l’autre un frère qui est (presque) trop présent parce que (trop) conscient de ses responsabilités.

 

En conclusion, nous avons un film sportif pas si simple que ça (étonnant pour du sport non ?) et surtout un Denzel Washington au top niveau. Et en plus, nous avons le privilège de retrouver la formidable Lonette « Rosa » McKee.

Au final, qui est le pus talentueux (3) ?

 

  1. Je ne révèle aucun secret : ayant vu quelques films américains ces dernières années, je n’ai aucune difficulté à comprendre comment va évoluer l’intrigue…
  2. Attention : si Ray Allen est avant tout un basketteur de (très) haut niveau, son jeu ici n’est pas insipide.
  3. Traduction (possible) du titre : « quelqu’un de talentueux ».

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Sylvester Stallone
Rocky 2 : La Revanche (Rocky II - Sylvester Stallone, 1979)

Si plus de deux ans et demi ont passé pour les spectateurs, pour Rocky Balboa (Sylvester Stallone), Apollo Creed (Carl Weathers) et Adrian (Talia Shire), le temps s’est figé puisque les cinq premières minutes du film (environ) sont les cinq dernières du film précédent.

Et quand ce deuxième opus commence vraiment, les deux boxeurs sont conduits à l’hôpital. De toute façon, Rocky a décidé d’arrêter la boxe. Mais ça, ça ne plaît pas à son adversaire qui est inondé de courrier haineux déclarant que le match était truqué, voire que c’est Rocky qui aurait dû gagner. Il y aura donc un match retour, mais cela ne prendra que les vingt dernières minutes du film.

Le reste ? La nouvelle vie de Rocky qui se met à ressembler à celle d’avant, les manœuvres illégales en moins : Rocky est maintenant marié et Adrian attend un enfant… Et en plus, il lui a promis de ne plus boxer.

 

Stallone n’a donc pas raccroché les gants, et même, cette fois-ci, il signe non seulement le scénario, mais aussi dirige lui-même le film ! (1) Et à nouveau, l’adage qui dit qu’une suite est toujours moins bien ne fonctionne pas vraiment ! Parce que Stallone réussit à nous pondre un film très correct, mâtiné d’un scénario qui tient la route, ramenant Rocky à ses origines : les bas quartiers de Philadelphie (Pa).

Mais Rocky n’a pas beaucoup changé, il est juste devenu honnête : il n’a toujours pas une intelligence extraordinaire mais c’est suffisant et surtout, cela sert le scénario. Et donc à nouveau, cette descente dans la société après les ors du ring (et ceux de la ceinture d’Apollo) garde toute sa dimension réaliste qui faisait un des atouts du premier film. La vie est dure pour Rocky et ce n’est qu’avec un certain degré de volonté qu’il pourra revenir au plus haut niveau : très américain, non ?

 

Quoi qu’il en soit, Stallone signe ici (pour son second long métrage) un film qui, s’il n’est pas du niveau du premier opus, n’en est tout de même pas si éloigné. Il ne fera d’ailleurs pas mieux dans les suites qui vont émailler les années 1980, mais nous n’en sommes pas encore là.

Stallone a plaisir à retrouver ce personnage fruste mais attachant. Il s’amuse – jusqu’à un certain point (2) à l’interpréter et le diriger, multipliant les clins d’œil au premier film, dont évidemment la montée des marches avec la musique des Grosses Têtes… Avec en outre une belle variante.

Bref tout est là pour cette revanche du titre français, même le combat qui est d’une très grande intensité, Carl Weathers et Sly retenant à peine leurs coups parfois.

Et ça marche !

Il y a quarante ans, si on m’avait dit que j’allais apprécier ce second opus, je pense que j’aurais été plus que dubitatif…

 

Quoi qu’il en soit, je vous encourage à le voir autrement qu’une stallonnerie comme on tendance (parfois un peu trop vite) à qualifier les films de l’acteur.

Et puis si vous n’aimez pas, qu’est-ce que j’y peux ?

 

  1. On n’est jamais mieux servi que par soi-même.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Richard Thorpe
La Foule en délire (The Crowd roars - Richard Thorpe, 1938)

Elle rugit (1), cette foule en délire, quand Tommy McCoy utilise sa droite magique et envoie au tapis son adversaire. Pour de bon.

Tout commence quand le jeune Tommy (Gene Reynolds) accompagne son père (pour chanter dans des lieux de « spectacle », essentiellement des salles avec rings de boxe. Il y rencontre Johnny Martin (William Gargan) qui le prend sous son aile.

Les années passent et Tommy monte en puissance : il va rencontrer Martin sur le ring !

Hélas, de sa droite magique, il envoie son ami au tapis, avec en prime un aller simple vers le cimetière.
Il devient alors Tommy « Killer » McCoy, acquitté certes, mais un tueur tout de même pour ses congénères. Il veut raccrocher les gant – ce qui se comprend – mais son père (Frank Morgan) le contraint à travailler pour un nouveau manager pas très clair, Jim Cain (Edward Arnold), bookmaker. Heureusement pour Tommy, Cain a une jolie fille : Sheila (Maureen O’Sullivan). Mais il a aussi une accointance  plus que douteuse : « Pug » Walsh (Nat Pendleton), gangster notoire.

 

Veuillez excuser cette longue présentation, mais ce film de boxe n’est pas facile à résumer en deux mots, l’intrigue, un brin complexe, mérite un détour littéraire. Si ce n’est pas le film le plus célèbre de son auteur, il  n’en demeure pas moins un jalon dans sa carrière et surtout le véritable début d’une collaboration avec un acteur emblématique d’Hollywood : Robert Taylor. Ayant travaillé l’année précédente sur un court métrage avec Hathaway, Thorpe va donc commencer une série de huit films en presque vingt ans avec cet acteur, dont deux de chevalerie déjà évoqués ici. Et là, pour un début, c’est plutôt prometteur, même si la résolution de l’intrigue est fort convenue (2), avec en prime l’inévitable rédemption chère au cinéma américain.

 

Bien sûr, Robert Taylor crève l’écran dans ce rôle fait pour lui : il est jeune et beau – brun aux yeux clairs – et possède un sacré punch, et pas seulement celui de son personnage ! A ses côtés, on trouve deux pères fort différents : l’un calculateur (Cain) et l’autre pas du tout (McCoy Sr.) au point d’ailleurs d’être débiteur du premier !

Bien sûr, les frasques du vieux McCoy sont indispensables à l’intrigue et vont, d’une certaine façon, amener le bonheur du fils, et ce malgré les coups durs qu’il crée et que son fils doit encaisser. Et comme on va bientôt fêter les 5 ans de l’abolition du Volstead Act (Prohibition), le vieil homme est rarement sobre, ce qui amène à nouveau un coup dur et surtout un rebondissement dans l’intrigue, avec l’enlèvement de la fiancée de Tommy, qui est donc aussi la fille de son manager trouble.

 

Mais là encore, ce rebondissement (3) est indispensable pour la résolution de cette intrigue, et surtout, cela amènera la rédemption annoncée (voir plus haut) : McCoy Sr. Gagnera son salut et de manière aussi magistrale que radicale.

Bien sûr, si la Prohibition n’est plus de mise, le code Hays reste en vigueur et tous les éléments « troubles » (truands, activité douteuse de Cain…) sont éliminés l’un après l’autre, amenant une véritable fin heureuse.

 

Et la boxe ? Elle tient ses promesses et on en arrive presque à aimer passionnément ce « noble art » qui consiste avant tout à frapper un adversaire jusqu’à le faire tomber. Parfois définitivement. Je ne vois pas où est la noblesse là-dedans.

Mais comme c’est Robert Taylor (4)…

 

  1. D’où le titre original.
  2. Même si elle difficile à résumer en deux mots !
  3. N’y a-t-il que moi qui y vois une réminiscence dans Le grand Combat (1950) dans la série Lucky Luke de Morris ?
  4. Tommy McCoy possède un point commun avec Rocky Balboa (Sylvester Stallone). Saurez-vous trouver lequel ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Drame, #Lee H. Katzin
Le Mans (Lee H. Katzin, 1971)

« OK. »

C’est la trente-septième minute du film, et on entend enfin la voix de Steve McQueen. Auparavant, pas de véritable dialogue (comme on l’entend au cinéma) : des annonces au haut parleur ; des échanges en italien (incompréhensible si on ne parle pas la langue de Dante), et des images, des bruits de moteurs et d’accident.

 

Samedi 13 juin 1970 : Le Mans (et alentours) s’apprête à accueillir la course prestigieuse qui a fait sa renommée mondiale (après les rillettes). Les grandes écuries – prestigieuses elles aussi – sont présentes (Porsche, Ferrari, Lola…) et les pilotes chevronnés aussi.

A 16 heures, c’est le grand départ pour une course longue, fatigante et dangereuse.
L’année passée, Michael Delaney (Steve McQueen a eu un accident avec Belgetti qui est mort. Cette année, Delaney est revenu, et Lisa (Elga Andersen) la femme de Belgetti aussi : elle suit la course de Claude Aurac (Luc Merenda).

Et cette année, c’est Erich Stahler (Siegfried Rauch) qui est le grand rival de Delaney.

 

C’est spectaculaire, grandiose et en plus il y a Steve McQueen. Ce dernier était très fier d’avoir fait ce film, même si ce fut un échec retentissant aux Etats-Unis. Il faut dire que ce n’est pas un film comme on l’entend d’habitude, mais plus un documentaire sur le monde automobile. On y retrouve les différentes constituantes de ce monde de l’endurance, du pilote au simple mécanicien, dans une atmosphère enfiévrée où la moindre erreur, aussi minime soit-elle, peut conduire à la catastrophe mortelle.

Et si ce n’est qu’un film, on déplore tout de même un accident (très) grave qui coûta sa jambe à un des pilotes (1).

 

Si l’intrigue est très légère, voire inexistante, il faut plutôt voir le film comme un témoignage d’un milieu très particulier dont on peut se demander, comme Lisa Belgetti, son intérêt. Et surtout cinquante ans après (déjà !), alors que la pollution aux hydrocarbures a grandement contribué au réchauffement climatique qui n’est encore qu’une chimère pour certains ramollis du bulbe.

Surtout, ce film est un formidable témoignage du déroulement de cette épreuve sportive, côté route, bien sûr, mais aussi autour, avec ce rassemblement populaire de tous âges et de tous horizons.

 

Et à l’instar de Leni Riefenstahl pour ses Dieux du Stade (1936), Lee H. Katzin (et avant lui John Sturges qui démissionna) a pléthore de caméras (là s’arrête la comparaison) pour rendre compte de cette course assez unique dans son genre. Ces caméras sont positionnées tout autour du circuit, bien entendu, mais aussi au plus près de l’action : sur les voitures voire dans les cockpits des pilotes. Et si beaucoup d’images sont tirées de la véritable épreuve qui eut lieu cette année-là, les séquences de raccord montrent très bien les différents plans utiles pour la montée en puissance de la course. Et si Steve McQueen n’a pas pu réellement participer à la course comme il en avait envie, il va tout de même conduire un de ces prototypes pendant ces mêmes séquences.

 

Il est clair que si le sport automobile ne vous intéresse pas particulièrement, voire vous rebute, je vous conseille de passer votre chemin. Pour ma part, je ne sais pas si sans McQueen ce film m’aurait intéressé. Mais je dois avouer que l’atmosphère de la course y est très bien rendue. Et pour moi le meilleur moment reste les minutes avant le départ qui voient une tension monter progressivement à mesure que l’heure fatidique arrive et que les bruits de la course laissent la place au(x) battements de(s) cœurs qui s’&accélèrent jusqu’à la libération quand le drapeau s’abaisse, signal du début de la course.

Et ces battements de cœur(s) sont amenés de manière progressive et régulière jusqu’à envahir le silence qui précède l’envoi. C’est un silence qui va doucement s’atténuer pour laisser place à la fureur des moteurs : un de ces silences qui précèdent les grandes batailles. Parce que c’est une grande bataille qui va opposer les pilotes et un seul duo (2) l’emportera sur les autres.

Et puis quand la course est entamée, l’intérêt s’émousse (3), avec tout de même quelques accidents spectaculaires, même s’ils ne sont pas mortels.  Celui de Delaney en deux temps illustre très bien l’environnement sonore du film.

En effet, malgré le ronflement des moteurs, la, musique Michel Legrand (4) s’accorde très bien avec la course, utilisant le rythme des défilés de voitures comme tempo. De même, Delaney va revivre les quelques secondes de son accident juste après l’avoir éprouvé, une fois son véhicule immobilisé : il ne retient comme éléments sonores que les différentes fois où il va buter contre les rampes de sécurité, les déplacements de la  voiture, emportée par son élan, d’un côté à l’autre de la chaussée se faisant dans un silence absolu, et au ralenti.

 

Bref, un film plutôt atypique où les regards sont aussi importants que les rares phrases échangées. Et pour ça, Steve McQueen était vraiment dans son élément.

 

  1. David Piper, qui est cité en fin de film.
  2. Ils sont deux par voiture.
  3. C’est mon impression, voir un petit peu plus haut.
  4. Je n’aime pas la musique de Michel Legrand !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Sport, #David S. Ward
Les Indians (Major League - David S. Ward, 1989)

La « Major League » (le titre original), c’est ce qu’on pourrait appeler la première division de base-ball dont l’équipe de Cleveland (Ohio) est membre depuis plusieurs décennies. Mais le dernier titre de champion remonte à 1948, soit quarante ans ! (1)

De toute façon, Rachel Phelps (Margaret Whitton), ex-showgirl, n’a qu’une envie, c’est de déménager l’équipe à Miami. Pour cela, les Indians doivent finir dernier. Elle engage donc une équipe de bras cassés (2) pour mener à bien ce projet.

Est-il besoin de dire qu’elle n’y arrivera pas ?

 

On connaît David S. Ward comme surtout scénariste, et en particulier comme celui qui écrivit l’intrigue de The Sting : belle performance. Par contre, question réalisation, il ne faut pas s’attendre à des merveilles : chacun son métier, aurait-on tendance à penser.

Mais son film n’est pas pour autant inintéressant. On peut décemment le qualifier de sympathique, même si le scénario est un tantinet cousu de fil blanc : un tel ramassis de minables doit gagner le championnat !

Et comme Ward est un réalisateur occasionnel, il se base sur des interprètes à la hauteur : Tom Berenger (Jake Taylor) en vétéran-mentor aux genoux en lambeaux ; Charlie Sheen (Rick « Wild Thing » Vaughn) en lanceur myope ; Rene Russo (Lynn Wells) ou encore Wesley Snipes (Willy Mays Hayes) coureur (presque) incapable de frapper une balle.

A ce quatuor de personnages s’ajoutent quelques phénomènes vieillissant – Eddie Harris (Chelcie Cross) et Roger Dorn (Corbin Bernsen) – ainsi qu’un batteur adepte du vaudou.

 

Bref, tout ce qu’il faut pour constituer une comédie réjouissante et cela fonctionne. D’autant plus que Ward pimente cette intrigue d’hommes par quelques incursions amoureuses voire sexuelles histoire de sortir de ce milieu un tantinet rempli de testostérone.

Cinq ans après The Natural, le base-ball fait toujours recette au cinéma, et malgré son côté institutionnel voire nationaliste, on peut aussi s’en moquer (gentiment).

On n’en sait tellement plus sur le jeu une fois le film terminé, mais ce n’est pas le plus important.

Ward a voulu nous détendre et nous faire rire (3). Il y parvient. Que demander de plus ?

 

  1. Le film a été tourné en 1988.
  2. C’est le cas de le dire.
  3. Grande ambition !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #John G. Avildsen
Rocky (John G. Avildsen, 1976)

Du sur mesure.
Sylvester Stallone, acteur de seconde zone dans les années 1970s, a écrit le scénario de cette histoire on ne peut plus américaine, illustration de ce célèbre – et chimérique – rêve américain : saisir l’opportunité de devenir riche, de devenir quelqu’un (1).

 

Rocky Balboa est une petite frappe de Philadelphie. Petite frappe dans deux sens : petit truand qui sert de coursier à un caïd local et boxeur obscur d’une salle de sport de quartier.

A l’autre bout du sport, on trouve Apollo Creed (Carl Weathers), champion du monde incontesté et qui veut, pour fêter le bicentenaire des Etats-Unis (nous sommes en 1976) donner sa chance à un boxeur inconnu pour un match de gala où sera tout de même mis en jeu le titre.

Et devinez quoi ? C’est Rocky qui est choisi !

Comment ? Par son nom « d’artiste » : The Italian Stallion (2).

 

Si John G. Advilsen a réalisé le film, c’est avant tout parce que Stallone ne se sentait pas de le faire, n’étant pas, à) l’époque, une vedette aussi incontournable que maintenant. Parmi les petits rôles qu’il interpréta auparavant, on notera un voyou qui s’en prend à Woody Allen dans Bananas. D’ailleurs, fort du succès du film, Stallone lui-même réalisera les trois épisodes suivants de la série avant le retour d’Advilsen pour le cinquième.

Bien sûr, comme c’est un film de boxe, ce n’est pas ce sport qui est le plus important dans l’intrigue, mais bien le personnage titulaire.

 

Rocky n’est rien d’autre qu’un minable qui va, par sa persévérance, devenir quelqu’un. Comme je l’ai déjà dit pus haut, nous sommes en plein rêve américain. Mais cette évolution ne se fera pas facilement.

Et ce qui va sauver Rocky, c’est l’amour, cet amour qu’il éprouve pour Adrian (Talia Shire), vendeuse dans une animalerie et surtout sœur de Paulie (Burt Young), vendeur de viande du même quartier.

Sauver Rocky ? Bien sûr, il n’était pas concevable que nous n’eussions pas de rédemption !

En effet, de par ce combat à venir, Rocky va s’éloigner de Gazzo (Joe Spinell), le caïd local. De plus, son entraînement va le voir pratiquer une vie plus saine – ni alcool ni tabac (3) – ce qui est illustré par une séquence devenue depuis « culte », où on le voit monter les marches du Philadelphia Art Museum avec facilité, ce qui nous change de la première fois où il avait plutôt tendance à y cracher ses poumons qu’autre chose !

Cette montée des escaliers est surtout célèbre pour la musique qui l’accompagne : Gonna fly now de Bill Conti.

 

Au final, si le combat est bien sûr l’aboutissement du film, il n’en demeure pas moins accessoire dans l’intrigue. Tout au long du film, Rocky n’a qu’une envie : avoir une vie normale, avec la femme qu’il aime. Mais malgré ses allures de petite frappe, c’est un homme timide avec les femmes, voire carrément gauche : sa soirée avec Adrian est d’ailleurs une bonne illustration de cet état de fait.

Mais une fois l’exploit accompli – tenir 15 rounds et surtout faire vaciller le champion de son piédestal – Rocky n’a qu’une envie : retourner à sa vie quotidienne. Ni match retour (4) ni célébrité passagère (les médias qui couvrent l’événement) ne l’intéressent : la seule chose qui lui importe quand tout est – enfin – fini, c’est de retrouver Adrian, d’où ces appels désespérés devenus eux aussi « cultes », et qui vont au-delà de l’anecdote (5) : Rocky va enfin avoir la vie normale qu’il recherche.

 

  1. C’est bien connu, le monde se divise en deux catégories : « ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien. » Personnellement, je préfère sans hésiter la distinction entre « ceux qui ont un flingue et ceux qui creusent. »
  2. « L’Etalon italien ». A noter qu’étalon se dit « stallone » en italien… Puisque je vous dis que c’est du sur mesure !
  3. Ni sexe non plus, d’ailleurs…
  4. Mais si, il y en aura un !
  5. La première diffusion à la télévision française nous permit d’entendre à longueur de récréation des adolescents plus ou moins boutonneux – et surtout plus ou moins distingués – hurler le prénom de la fiancée de Rocky. La première fois faisait sourire. La millième fois beaucoup moins.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Sport, #Robert Redford
La Légende de Bagger Vance (The Legend of Bagger Vance - Robert Redford, 2000)

Hardy Greaves (Jack Lemmon) est un joueur de golf invétéré. Son ambition : jouer jusqu’au bout. Et il y est presque arrivé. Cinq fois. Cinq fois il a eu un infarctus qu’il a laissé passé avant de reprendre le parcours.

Et quel parcours !

Tout commence à Savannah (Géorgie) où la star locale est Rannulph Junuh (Matt Damon), mais avec la grande Guerre, ses illusions s’en vont, avec son swing.

Qu’importe, pour le petit Hardy Greaves (J. Michael Moncrief), il est son idole, son modèle.

Alors quand la crise de 1929 fait rage et qu’Adele Invergordon (Charlize Theron), la fille du propriétaire du golf de Savannah décide d’un immense coup de pub pour son site en invitant les deux plus grands golfeurs de l’époque, le troisième participant ne peut être qu’un petit gars de Savannah : Rannulph Junuh.

Mais ce dernier a perdu son swing, alors comment gagner ?

Heureusement passe par là un vagabond comme on en croisait beaucoup à cette période de disette. Mais ce vagabond n’est pas n’importe qui : il s’appelle Bagger Vance (Will Smith), et il est caddie.

Ca tombe plutôt bien, non ?

 

Evacuons tout de suite : il s’agit du dernier film de Jack « Daphne » Lemmon. Mais ce n’est pas lui qui nous intéresse ici, même si son rôle est tout de même important (il est le narrateur).

Non, celui qui nous intéresse, c’est ce drôle de caddie venu de nulle part – et qui y retourne – véritable catalyseur dans le retour à la vie de Junuh.

Parce que Bagger Vance est un passeur. C’est lui qui passe les clubs, mais aussi qui permet aux personnes qu’il côtoie de grandir et de devenir meilleures.

Eh oui, cette vieille idée de rédemption qui ne quitte pas le cinéma américain…

Et le parcours de golf devient alors parcours initiatique avec le salut au bout, ou tout au moins la victoire, l’objectif final des différents joueurs.

 

Et bien sûr, ici, la victoire finale n’est pas l’enjeu, mais bine la vie de Junuh, en lambeaux depuis son retour du front, dix ans après la fin du conflit : il faut dire que revenir sain et sauf et surtout seul survivant d’une compagnie a tendance à désorienter même un esprit sain.

Nous allons donc assister au retour graduel de Junuh, vers cette vie qu’il n’aurait jamais dû quitter, mais vous savez ce que c’est : on ne fait pas toujours ce qu’on veut dans la vie…

Alors on suit avec plaisir ce retour à la vie, sur fond de compétition de golf, et on savoure avec gourmandise les différentes interventions de ce caddie bien singulier, qui a en plus la particularité d’être noir, et ce en plein dans ce Sud fier et farouche où la défaite de 1865 (1) à laquelle il est fait référence plusieurs fois dans le film.

Mais qu’importe, Robert Redford gomme cette différence et resserre son intrigue autour du jeu, le racisme ambiant du Sud (2) étant mis de côté dans ce film qui n’est pas un pamphlet, même s’il reste une leçon de vie.

Sans oublier l’aspect comédie – i.e. : qui se termine bien – qui enveloppe le film de bout en bout, et ce malgré les incursions tragiques qui frappent les différents personnages.

 

Bref, c’est un beau film plein de bons sentiments – on peut donc faire de beaux films avec – qui nous est offert, et ce à travers les yeux d’un enfant – le jeune J. Michael Moncrief interprétant avec bonheur ce jeune garçon qui a la chance de pouvoir vivre sa passion. De plus, les autres interprètes – Will Smith en tête – sont eux aussi à la hauteur du challenge et on se laisse emporter par cette intrigue positive, émaillée d’images très belles autour d’un sport qui ne m’a pourtant jamais beaucoup attiré.

Un film généreux.

Normal, c’est un acteur qui le réalise…

 

  1. La Guerre de Sécession…
  2. La ségrégation ne sera abandonnée qu’une trentaine d’années plus tard avec les mouvements pour les droits civiques.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Sport, #George Clooney
Jeux de Dupes (Leatherheads - George Clooney, 2008)

« Jeux de Dupes ». Quelle traduction (1) !

Le titre original est Leatherheads, qu’on peut traduire par « tête de cuir », du fait des casques utilisés dans les années 1920s pour le football (américain, cela va de soi).

Parce que c’est un film sur le football, au moment où le jeu va se professionnaliser, avec les contraintes et surtout les règles que cela implique.

Nous suivons deux joueurs emblématiques : un jeune qui monte – Carter Rutherford (John Krasinski) et un autre qui est sur la fin – Jimmy « Dodge » Connelly (George « What else » Clooney), alors que le sport est en pleine mutation.

C’est d’ailleurs Dodge qui va initier cette mutation, utilisant Carter « The Bullet » Rutherford pour promouvoir le jeu et éviter à son club (les Duluth Bulldogs) de disparaître.

Mais cette initiative va échapper au contrôle des principaux concernés et l’état va donc y mettre de l’ordre en nommant un responsable national, entérinant la professionnalisation de ce sport.

 

Encore une fois la troisième), George Clooney nous invite à un voyage dan le temps, dans cette histoire des Etats-Unis que nous Européens ne connaissons pas vraiment.

Après les années 1970s (Confession of a dangerous Mind) et les années 1950s (Good Night, and good luck), nous plongeons en plein cœur des années 1920s. Et en plus on s’y amuse beaucoup, l’équipe des Bulldogs n’étant pas vraiment une équipe comparable à celles qu’on peut voir chaque année au Superbowl, l’un des rares événements retransmis sur les chaînes européennes.

Ni d’ailleurs leur façon de jouer qui se rapproche plus du combat de rue que du sport. Il faut dire qu’à cette époque, les règles étaient on ne peut plus floues et plutôt sujettes à l’appréciation de l’arbitre – quand celui-ci réussissait à finir le match en un seul morceau.

 

Ajoutez à cela une sous-intrigue concernant Carter sur son expérience pendant la Grande Guerre – il aurait capturé les soldats de toute une tranchée seul – et vous avez l’élément manquant de l’intrigue : la femme.

Elle est journaliste et s’appelle Lexie Littleton (Renée Zellweger) et enquête sur les conditions de la reddition de la tranchée ; embarrassant grandement Carter qui aurait préféré des échanges un tantinet plus légers (2).

Cela nous amènera à un rapide épisode dans la tranchée, expliquant comment Carter a réellement contribué à la reddition de cette tranchée.

 

Mais bien sûr, c’est avant tout l’aspect sportif qui nous intéresse le plus ici, même si la reconstitution est encore une fois bien réalisée : Clooney prend un soin minutieux à recréer l’atmosphère de cette époque, usant de photographies en noir et blanc rappelant très bien l’importance des journaux à cette époque,

Et surtout, il renoue avec la tradition hollywoodienne de ces comédies (presque) intemporelles (3), qui vont surtout s’épanouir dans les années 1930s avec en particulier Frank Capra.

Parce qu’en plus, on s’amuse.

 

On s’amuse de cette équipe de bras (presque) cassés obligés de louvoyer et prendre certaines libertés pour emporter la victoire, contraints par l’évolution des mœurs de jouer « proprement », sous peine d’éviction (pour Dodge, surtout). Bien évidemment, Dodge n’en fera qu’à sa tête, mais s’il jouait réglo, où serait l’intérêt et surtout le plaisir ?

Mais derrière cette comédie brillante, pointe une réalité entrevue, noyée dans les différentes sous-intrigues du film : les joueurs de cette époque n’étaient absolument pas considérés : quand les Bulldogs doivent mettre la clef sous la porte, tous les joueurs (sauf Dodge) doivent réintégrer la « vie active » et s’affairer à des métiers non qualifiés et surtout pénibles : la mine, le ramassage des fruits, l’usine…

Dodge échappe à cet univers pénible mais pour se retrouver dans une situation qui n’dst guère plus enviable : la fonctionnaire de l’agence du chômage ne peut le classer dans une rubrique en rapport avec ses qualifications. Normal, il n’en a pas : jouer au football est un loisir, pas un gagne-pain.

 

Bref, Clooney réalise ici une comédie subtile, alliant avec bonheur les éléments comiques plus ou moins faciles, rappelant sur certains côtés le cinéma burlesque (muet) de l’époque, soutenu par la musique contemporaine à cette période. Parsemant son intrigue de quelques éléments d’actualité : la Prohibition et surtout les speakeasy et leur alcool de contrebande ; la radio et le langage réglementé…

Comme quoi on peut faire un saut dans le temps sans oublier de rire, même avec des sujets pas si comiques que ça.

 

Un plaisir, encore une fois.

 

  1. Encore !
  2. Le charme de Renée Zellweger incite plus à cette inclination.
  3. Si ce n’est le contexte, les éléments sont toujours les mêmes

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Sport, #Hugh Hudson, #Lindsay Anderson
Les Chariots de feu (Chariots of Fire - Hugh Hudson, 1981)

En 1924, Paris accueillait (déjà) les Jeux Olympiques.

Le film de Hugh Hudson revient sur les épreuves d’athlétisme et surtout de course, dans lesquelles participaient quelques jeunes britanniques dont Harold Abrahams (Ben Cross) et Eric Liddell (Ian Charleson), tous deux médaillés d’or (1).

Avec ce film, Hugh Hudson remet à l’honneur deux grands champions anglais dont l’un venait de mourir  quelques années plus tôt (Abrahams, le 14 janvier 1978).

Le film s’ouvre sur Lord Lindsey (Nigel Havers) qui fait l’éloge funèbre de son compagnon, nous faisant basculer dans l’Angleterre de l’après Première Guerre Mondiale, en partie à Oxford, et le reste à Paris pour le grand événement.

 

C’est une très belle reconstitution que nous avons là, Hudson prenant un soin particulier aux tenues et autres accessoires tirés de cette époque de répit, suite à cette guerre (inutile, bien sûr) si meurtrière.

C’est généreux, c’est bourré de bons sentiments et toute cette sorte de choses, mais on y trouve aussi quelques attitudes britanniques beaucoup moins glorieuses, et en particulier les deux mandarins de Cambridge : le principal de Trinity College (Sir John Gielgud) et celui de Caïus (Lindsay Anderson).

 

Ces deux « gentlemen » représentent une frange on ne peut plus conservatrice d’une société qui disparaît et leur attitude envers Abrahams n’est pas exempte de tout reproche. Au contraire, le judaïsme de ce dernier n’est que très peu accepté (surtout pour celui de Caïus), n’hésitant pas à le rabaisser puisque n’ayant pas réussi à le convaincre.

Autre paria de l’intrigue : Sam Mussabini (Ian Holm, toujours impeccable). Il est l’entraîneur d’Abrahams, interdit un peu partout en Angleterre, et ses origines « métèques » ne semblent pas étrangères à cet état de fait : moitié italien et moitié arabe, dans cette société archaïque qui parle de « race » pour l’appartenance à un pays, il se retrouve doublement relégué sur la touche (2).

 

Bref, Hudson ne fait pas l’impasse sur les travers de cette société dans une période qui va devenir de plus en plus troublée avec la montée des totalitarismes et leur tentation même sur le sol anglais. L’antisémitisme feutré des deux représentants de Cambridge nous rappelle que la société n’était pas toujours tendre avec ses Juifs, et on peut se demander quel aurait été le sort d’Abrahams auprès de ses concitoyens en cas de défaite.

 

Mais la question en se pose pas et nous assistons avec plaisir – surtout pour ceux qui aiment le sport – à cet événement où le dépassement de soi est de mise comme le rappelle la devise des Jeux : « Plus vite, plus haut, plus fort. »

Sans oublier toutefois l’un des éléments qui fit beaucoup pour le succès du film, la musique qui est devenue depuis indissociable de Vangelis (Papathanassiou).

Et bien sûr, du fait de la course à pied, nous ne pouvions passer à côté du cantique Jerusalem d’Hubert Parry, tiré d’un poème de William Blake et qui commence ainsi : « and did those feet, in ancient time / Walk upon England’s mountains green ? » (3).

Mais l’utilisation de cet hymne par les Monty Python ne peut toutefois pas m’empêcher d’esquisser un sourire, un tantinet déplacé dans le contexte de l’intrigue…

 

Décidément, 1981 fut une bonne année pour courir : quatre mois (environ) après la sortie du film, Peter Weir proposait Gallipoli, autre film de coureurs, mais beaucoup moins optimiste.

 

PS : c’est lors de ces jeux que fut révélé un jeune athlète (20 ans) qu’on retrouvera quelques années plus tard à Hollywood : Johnny Weissmuller (3 médailles d’or, excusez du peu).

 

  1. Je ne révèle rien : c’est dans tous les livres d’histoire du sport anglais.
  2. La place de l’entraîneur, surtout dans les sports collectifs.
  3. « Dans les temps anciens, ces pieds ont-ils/Foulé les vertes montagnes d'Angleterre ?»

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