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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

thriller

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Edward Berger
Conclave (Edward Berger, 2024)

Le Pape est mort : Vive le Pape !

Enfin, non. Ce n’est pas aussi simple que ça. D’abord, comme disait Coluche, il faut rassembler les cardinaux, et ils sont aux quatre coins. Ensuite, nous assistons à un vote à plusieurs scrutins jusqu’à désignation du successeur du défunt sur le trône de Saint Pierre (celui avec les clés).

Cette fois-ci, le choix est ouvert, avec en vedette le cardinal Tedesco (Sergipe Castellito) chantre d’un conservatisme ultra réactionnaire.

Et si le salut venait du camerlingue, le cardinal Lawrence (Ralph Fiennes) ?

 

Quelques jours dans la chapelle Sixtine, avec une ribambelle de cardinaux à la calotte rouge, sans pour autant connaître les différentes positions des uns et des autre : c’est ce que nous propose Edward Berger. Notre attention est portée sure le résultat de cette élection (on ne peut plus) irrégulière, avec les différents enjeux politiques et bien sûr spirituels que cela implique.

Et Ralph Fiennes porte avec beaucoup de talent la responsabilité du scrutin, ainsi que celle du film : il est un personnage primordial même si inadapté à la situation : il n’a pas, à aucun moment, la prétention de remplacer le pape sortant.

Pourtant, en tant que spectateur, nous savons – rapidement – que « s’il n’en restait qu’un, [ce] serait celui-là ! »

 

Et Edward Berger nous entraîne dans les arcanes d’une élection papale, avec ses intrigues séculières qui n’ont pas spécialement de lien spirituel : comme chez les autres politiciens, la fin justifie les moyens ! Parce que, comme le rappelle Lawrence à l’heureux élu, la fonction est l’une des plus prestigieuse au monde.

Et ce qui peut nos réjouir (1), c’est le résultat du vote : non seulement le réactionnaire en chef est écarté, mais en plus le malhonnête, (John Lithgow, encore une fois du côté obscur) aussi.

 

C’est donc un jeu de trône auquel nous assistons, même si le résultat n’est pas obligatoirement intéressant : nous savons que la place sera occupée. Mais ce sont toutes les transactions auxquelles nous n’avons pas accès d’habitude qui font tout l’intérêt du film.

Et surtout c’est la performance de Ralph « Voldemort » Fiennes qui retient notre attention. Son jeu est tout en subtilité, et sans minimiser la position de son personnage.

On va le suivre avec beaucoup d’intérêt dans cette quête papale qui l’implique malgré lui.

 

Bref, ce conclave nous tient en haleine et si son résultat n’est pas obligatoirement révolutionnaire, il bénéficie tout e même d’un basculement final étonnant mais réjouissant.

Mais rassurons-nous (?), pas de quoi déstabiliser l’institution…

Malgré l’incertitude du scrutin, la morale reste sauve.

 

Tant mieux ?

 

  1. Ce n’est qu’une fiction…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Epouvante, #Thriller, #James Wan
Conjuring 2 : Le Cas Enfied (Conjuring 2 - James Wan, 2026)

Délaissant Annabelle qui a fait parler d’elle après le premier opus, James Wan se penche sur un nouveau cas élucidé par les Warren (Vera Farmiga & Patrick Wilson) : la maison des Hodgson dans le comté d’Enfield, partie septentrionale du Grand Londres.

Nous sommes en 1977, et Janet et ses quatre enfants – encore de nombreux enfants ! – ont remarqué des phénomènes étranges dans la maison qu’ils occupent.

A un moment, une seule solution s’impose : l’intervention des deux démonologues.

Et ça tombe bien, parce que Ed et Lorraine sont le jouet d’une apparition récurrente : une nonne (Bonnie Aarons) inquiétante (euphémisme).

Ca tombe bien, parce que c’est cette même nonne qui tourmente les Hodgson. Lorraine et Ed se rendent donc en Angleterre…

 

On prend les mêmes, et on recommence. Enfin le même duo vedette et une grande partie de l’équipe technique. Pour le reste, beaucoup de nouveaux, surtout dans la distribution des rôles, ce qui est logique. Nous sommes à nouveau aux prises du Mal, personnifié par deux protagonistes très réussi : la nonne donc, mais aussi l’Homme Tordu (1) – « The crooked Man » (Javier Botet) – qui personnalisent ce Mal envahissant.

Mais, hélas, nous sommes dans une suite, et n’est pas Irving Kershner ou Francis Ford Coppola qui veut : le film de James Wan est à nouveau très bien léché, mais on y ressent une baisse d’intensité. Ce qui faisait la force de l’opus s’est émoussé et on frissonne beaucoup moins. Nous avons droit aux mêmes ressorts dramatiques – laideur des monstres, lévitation, phénomènes paranormaux (etc.) – mais on y croit moins.

 

Il faut dire que Wan avait fait très fort trois ans plus tôt et il était difficile de reprendre tout ce qui faisait le sel de la première intrigue sans tomber dans une espèce de répétition, évidemment lourdingue. Un point tout de même a été changé : l’exorcisme (un tantinet empesé la fois précédente) – inévitable – est expédié rapidement, avec toutefois le même effet : le monstre retourne d’où il vient, libérant à la fois la maison anglaise et les esprits des deux personnages principaux.

Mais si l’introduction précise que l’intrigue s’inspire d’une histoire vraie, on a du mal à pleinement entrer dedans. Même la musique de Joseph Bishara, qui avait beaucoup d’importance dans le premier film a tendance à seulement accompagner ce qu’il se passe, comme reléguée au second plan. Pire : on ne sent aucune tension dramatique dans sa présence – ou son absence.

Et c’est peut-être là qu’il faut chercher cette baisse générale de l’intensité du film.

 

Quoi qu’il en soit, on suit tout de même avec intérêt –moindre, donc – cette histoire de possession, encadrée tout de même par quelques fugaces clins d’œil à des éléments antérieurs :

La séquence d’ouverture se situe dans une maison aux fenêtres en forme de quarts de disque (eh oui, Amityville…) ; quand Ed dépose son trophée parmi ceux de ses chasses précédentes, on retrouve la boîte à musique de l’épisode 1, et bien sûr, fidèle au poste dans sa cage de verre, la terrible Annabelle, et sourire figé plus qu’énigmatique !

 

PS : Aïe, aïe, aïe, ils ont tourné un troisième opus…

 

  1. « Tordu » physiquement et moralement.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Epouvante, #Thriller, #James Wan
Conjuring : Les Dossiers Warren (The Conjuring - James Wan, 2013)

Avant Annabelle, donc, il y avait déjà Annabelle. C’est elle qui ouvre le film, dans une histoire à vous dresser les cheveux sur la tête : deux jeunes femmes ont autorisé sa possession spirituelle. Depuis, c’est un enfer qu’elles vivent.

Heureusement, Ed (Patrick Wilson) et Lorraine Warren (Vera Farmiga) sont intervenus pour les débarrasser de cette poupée maléfique.

Mais une autre tâche attend ce couple hors du commun : la maison des Perron.

Roger (Ron Livingston), Carolyn (Lili Taylor) et leurs cinq filles viennent d’emménager dans une maison isolée du Rhode Island. Ce sont des gens tout ce qu’il y a d’ordinaire, comme toujours. Par contre, la maison l’est beaucoup moins : une entité y séjourne, faisant de ce foyer (doux foyer…) un véritable enfer. Normal, elle en vient. Elle s’appelle Bathsheba (Bethsabée), et n’a absolument rien à voir avec celle du roi David…

 

Il y a eu l’Exorciste, puis Amityville : La Maison du diable, Evil Dead, et toute cette sorte de choses. Alors oubliez tout ce que vous avez vu et plongez-vous dans les dossiers du couple Warren. Enfin surtout celui qui concerne cette famille américaine. C’est absolument magnifique. Certes, ce n’est pas pour tous publics, mais si, comme moi, vous aimez frissonner de temps en temps, vous allez être servi(e) !

Nous avons la maison isolée d’Evil Dead, elle est habitée par une créature démoniaque comme dans Amityville, et nous avons droit à un exorcisme de toute beauté, pratiqué – pour la première fois – par Ed, faute de temps avant l’arrivée du père Gordon (Steve Coutler), le seul habilité dans ce domaine.

Et comme nous sommes dans l’ère numérique, les effets spéciaux sont encore plus époustouflants, donnant à ce film une qualité supérieure pas très loin derrière celle du film de Friedkin…

 

Il faut dire que James Wan est dans son élément (pas aquatique…), lui qui a lancé la phénoménale série des films Saw… Mais alors que le sang y était omniprésent, nous en avons beaucoup moins ici. De toute façon, pas besoin d’hémoglobine pour faire frissonner son public, ce qu’il réussit fort bien. Bien sûr, le choix d’une telle maison nous nous indique tout de suite que des choses peu naturelles vont s’y passer. Mais, et c’est là qu’est le talent de ce réalisateur, il réussit malgré tout à nous surprendre, et même nous faire sourire (1) !

Et surtout, il n’a pas une bande d’adolescents désœuvrés qui passent leur temps à se séparer au lieu de rester groupés pour affronter ensemble le Mal(éfice). (2)

Par contre, l’utilisation des différentes portes est toujours très pertinente, et avec la musique (angoissante, évidemment !) de Joseph Bishara, cela devient grandiose. Surtout que l’absence de musique joue son rôle à fond, avant les cris perçants attendus. Attendus mais là encore très bine placés !

 

Seul l’exorcisme n’atteint pas le haut niveau du reste : difficile de faire mieux que Friedkin. D’ailleurs, il ne dure pas trop longtemps et ne nous fait pas oublier pour autant le reste. Il est là parce qu’inévitable dans l’intrigue.

Pour le reste, les interprètes sont réellement à la hauteur de l’enjeu, les Warren, bien sûr, mais surtout Lily Taylor, elle aussi une habituée du genre. Même les cinq (jeunes) filles de la maison sont impeccables, dans cette histoire qui ne semble pourtant pas de leur âge ! Surtout April (Kyla Deaver), la plus jeune, qui a un rôle assez intéressant, et permet )à Wan de jouer avec les nerfs du spectateur. De toute façon, comme il le fait à longueur de film…

Pas sûre que la petite Kyla l’ait vu à sa sortie…

 

Au fait, vous avez repéré la véritable Lorraine Warren (86 ans quand le film sort) ?

 

PS : quand la famille Perron s’installe dans sa nouvelle maison, nous avons droit à la chanson Time of the Season, écrite et interprétée par… The Zombies ! Ca ne s’invente pas... Ca se provoque !

 

  1. Un petit peu de détente ne nuit pas… Surtout dans une telle intrigue !

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Epouvante, #Thriller, #John R. Leonetti
Annabelle (John R. Leonetti, 2014)

Quand une intrigue fonctionne à Hollywood (et aussi ailleurs…), on la décline sous toutes ses formes, usant la trame jusqu’à la corde, cela va de soi. C’est donc le cas pour cette Annabelle, poupée maléfique, qui entre dans la vie de Mia (Annabelle Wallis) et John (Ward Horton), un beau jour de 1967.

Mia est enceinte et John lui offre une poupée de porcelaine pour compléter sa collection, cadeau de premier enfant. Bien évidemment, Mia est comblée et cette poupée prend immédiatement une place privilégiée dans la collection.

A partir de ce jour, des choses étranges vont se produire, toujours plus terribles les unes des autres…

 

D’abord, il y avait Conjuring : Les Dossiers Warren  (2013), qui relatait l’histoire des époux Warren, chasseurs de démons. Mais ne l’ayant vu, je passe. Annabelle est donc une poupée que ces deux personnes ont enfermée dans une prison de verre, prison n’étant pas un terme usurpé tant elle présente une dose maléfique. C’est une histoire de cette poupée que John R. Leonetti avec l’aide de Gary Dauberman au scénario, a choisi de nous présenter.

Et progressivement, ils vont créer l’atmosphère nécessaire de ce thriller, soutenu par une musique originale de Joseph Bishara, qui tranche avec son absence : Leonetti fait alterner comme il se doit les moments sans musique afin d’augmenter le suspense indispensable à ce genre de film.

 

Nous sommes ici essentiellement dans l’épouvante, une sorte de super thriller, où la présence d’un être inanimé va concentrer toute l’attention du spectateur, l’absence normale d’émotion sur le visage figé de la poupée la rendant d’autant plus effrayante qu’elle est souvent cadrée en gros plan, avec parfois une goutte de sang (comme sur l’affiche originale).

Et cette menace représentée par cette poupée va grandissante, à mesure que le film avance, amenant inévitablement le frisson (en anglais, « thrill ») attendu.

Mais, et c’est très certainement le véritable intérêt du film, cette poupée est immobile. Ce n’est pas Chucky qui, en plus d’un visage disgracieux, se meut dans son univers : Annabelle est toujours figée. Par contre, on a beau essayer de s’en débarrasser ou la changer d’endroit, elle revient toujours et se déplace à sa guise quand on a le dos tourné.

 

Bien entendu, on est obligé de songer au Rosemary’s Baby de Polanski, surtout que les actualités télévisées parlent de la Famille Manson qui va assassiner la femme de ce dernier, Sharon Tate, alors qu’elle était enceinte, comme Mia. Bref, la référence est posée dès le début. Mais si le bébé de Rosemary est l’enfant du Diable, la petite Leah qui va naître n’en a aucun attribut. Par contre, elle va devenir, malgré elle, évidemment, l’enjeu de ce démon bien singulier. Parce que le doute n’est pas possible : la poupée est démoniaque.

Bien entendu la comparaison avec le film de Polanski s’arrête là, Leonetti se contentant de faire le job : l’atmosphère est là, les frissons aussi.

 

C’est tout ce que demandent les habitués du genre, et ils ne sont pas déçus.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #George Sluizer
L'Homme qui voulait savoir (Spoorloos - George Sluizer, 1988)

Magistral.

Pas étonnant que Kubrick ait aimé. George Sluizer déroule doucement et progressivement l’écheveau de son intrigue (il a aussi signé le scénario), prenant le temps de mettre en condition son personnage principal – Rex Hofman (Gene Bervoets) – et surtout les spectateurs, jusqu’à l’impensable.

 

Mais reprenons.

Nous sommes en juillet 1984, et Hinault & Fignon s’affrontent sur les pentes du Tour pour le maillot jaune. C’est le moment qu’ont choisi Rex et sa fiancée Saskia (Johanna ter Steege) pour venir passer des vacances dans les Cévennes, à Vieux-Bois, près d’Anduze (30). Ils ont même amené les vélos et le matériel de ping-pong.

Mais dans une aire d’autoroute proche de l’arrivée, Saskia disparaît complètement. Jamais Rex ne croit à une fugue : elle a très certainement été enlevée.

Trois ans après, la bataille pour le maillot jaune fait toujours rage, même si Hinault a pris sa retraite.

Toujours est-il que Rex est toujours à la recherche de Saskia. Ou plutôt : il voudrait savoir ce qu’il lui est arrivé.

Entre alors en scène Raymond Lemorne (Bernard-Pierre Donnadieu), professeur de physique-chimie, père de famille et bon mari. Il était là quand Saskia a été enlevée : c’est lui qui est l’auteur du rapt.

 

Bien sûr, le personnage de Donnadieu est glaçant. Encore une fois, il interprète un méchant, mais cette fois-ci de la pire espèce : un tueur sociopathe (il se définit ainsi) sans remord ni encore moins de regret. En face de lui, Rex est totalement impuissant. Qu’il le veuille ou non, il court à sa perte, malgré qu’il en soit conscient. Mais les arguments de Lemorne ont la force d’un venin qui s’insinue et contre lequel il n’y a aucun antidote.

Non seulement Rex veut savoir, mais en plus, sans contrepartie : seule la vérité l’intéresse.

Et Le morne en joue, ayant absolument tout prévu, même un éventuel refus, tout en sachant que le besoin de vérité est le plus fort : la dernière tergiversation dans l’aire d’autoroute où tout a commencé en est une illustration parfaite.

 

Mais ce qui marque le plus, c’est le modus operandi : Rex veut savoir la Vérité, il ne va pas être déçu, Lemorne va tout lui révéler. Nous assistons alors aux développements de la stratégie du tueur, comment il part en chasse, autour de chez lui, de préférence des femmes seules. Et c’est pile quand les deux jeunes gens arrivent que son stratagème fonctionne : ils étaient au mauvais endroit, au mauvais moment. Mais Sluizer se régale et nous lance tout de même sur quelques fausses pistes : la panne d’essence qui voit Rex revenir avec un jerrican plein mais une voiture vide… Saskia était sortie du tunnel, un tantinet angoissée par la solitude.

Même lors de l’enlèvement de la jeune femme, Lemorne doit s’y reprendre à deux fois, pour une histoire de monnaie…

 

Et Lemorne expose tout cela à sa (future ?) victime : il veut que Rex ressente tout ce qu’a vécu Saskia, qu’il s’en imprègne… Jusqu’au bout. Et le tout dans un état de calme apparent, lui qui a tendance à faire de la tension.

C’est ce calme qui impressionne le plus. Lemorne est un être d’une incroyable dangerosité et surtout un tueur de la pire espèce. Non seulement il n’éprouve aucune pitié envers ses victimes, mais en plus il mène une vie des plus rangées, profitant seulement des vacances pour chasser « le gibier le plus dangereux » comme disait Schoedsack…

Ca en devient presque inconcevable de le voir plonger pour sauver une petite fille de la noyade !

 

Bref, un thriller immanquable où Bernard-Pierre Donnadieu démontre une fois de plus - s’il est besoin – qu’il était un immense acteur.

Et Lemorne donne encore une fois raison à Fritz Lang : un tueur névrosé – névro-, socio- ou psycho-pathe – ça ne se reconnaît pas dans la foule.

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #James Mangold
Identity (James Mangold, 2003)

Dix personnes dans un motel, en plein milieu du Nevada.

C’est d’abord Caroline (Rebecca De Mornay) qui est tuée. Puis c’est Lou (William Lee Scott). Et puis…

Et puis ils disparaissent un par un, dans des circonstances toutes plus ou moins horribles.

Pourtant il y a un ex-flic, Ed (John Cusack), et un vrai, Rhodes (Ray Liotta), qui veillent. Mais la série continue…

Et quand les cadavres disparaissent, le mystère s’épaissit : est-ce la présence de tombes indiennes sur le site du motel qui explique cette situation un tantinet surnaturelle ?

Seule la résolution de cette incroyable intrigue nous donnera la solution…

Autant mystérieuse qu’inattendue !

 

Le scénario de Mickey Cooney est absolument formidable : si la cadre est bel et bien celui de l’épouvante (et de l’horreur), le traitement est plutôt inattendu. En effet, James Mangold, pour son quatrième film (seulement) dans ce genre et s’en sort magnifiquement. Pas d’ados mais des adultes et un enfant (Bret Loehr), isolés et sans aucun moyen de communication (téléphone & radio sont déconnectés), face à un tueur psychopathe qui les éliminent les uns après les autres.

Bien sûr, on pense à And then there were none (qui est d’ailleurs cité), où là encore dix personnes disparaissent les unes après les autres. Mais Mangold (et Cooney) ont ajouté une dimension surnaturelle soutenue par la musique envoûtante d’Alan Silvestri, en parfaite adéquation avec l’intrigue. Bien entendu, tout se passe la nuit, et comme si cela ne suffisait pas, le temps est orageux et il pleut à verse.

 

Mais, et c’est aussi là que Mangold se distingue du genre, il ne cherche pas vraiment à faire sursauter le spectateur, plus à le surprendre, ce qui ne manque pas. Jusqu’au bout, il se réserve le contrôle de cette intrigue singulière et très habile, emmenant le spectateur toujours plus loin dans la noirceur.

Mais surtout, il utilise avec beaucoup de maîtrise le flashback afin d’expliquer quelque point obscur de la situation : nous ne sommes jamais dans l’ignorance d’un fait, et ce jusqu’au deuxième basculement qui conclut le film.

 

L’introduction qui voit se présenter les différents personnages au motel (1) est absolument magistrale. En quelques minutes, nous savons comment les différents personnages se retrouvent dans ce « cercle rouge ». Chacune personne fait un geste ou une action qui va amener leur réunion dans cet endroit isolé. Et tout part d’une cigarette que Paris Nevada (Amanda Peet) veut allumer : elle cherche le briquet qu’elle a volé à son dernier client…

Et à partir de là tout s’enchaîne et les morts peuvent commencer.

Et même si ces différentes morts sont terribles, on ne les voit pas aussi explicitement que chez Craven (par exemple). On en voit surtout le résultat, sans pour autant s’attarder dessus.

Par contre, Mangold nous démontre que même en restant groupés, les différents protagonistes n’échappent pas à leur sort : d’un autre côté, chacun a toujours une bonne raison de s’éloigner des autres. Et alors, ça ne rate (presque) pas !

 

Bref, un thriller haletant, une sorte de film d’horreur Canada Dry (2) : ça ressemble à un film d’horreur, ça a les morts violentes et affreuses d’un film d’horreur, mais ce n’en est pas un !

Et tant mieux, d’ailleurs…

 

  1. Oui, on pense aussi au motel Bates !
  2. Comme quoi, professeur Allen John, c’est une constante chez Mangold…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #M. Night Shyamalan
Old (M. Night Shyamalan, 2021)

Quelle chance quand même !

Les Cappa vont passer des vacances de rêve : Prisca (Vicky Krieps) leur a trouvé un séjour dans un lieu idéal en bord de mer (1), où on prend soin continuellement des vacanciers. Et comme cette famille a tapé dans l’œil du directeur du lieu (Gustaf Hammarsten), ce dernier leur propose une excursion dans un endroit encore plus merveilleux.

C’est vrai que cet endroit reculé est magnifique. Mais comme toujours dans ces cas-là, c’est trop beau pour être vrai. Le rêve tourne alors au cauchemar : dans ce lieu paradisiaque, le temps s’écoule plus vite.

Beaucoup plus vite…

 

Si l’intrigue – tirée d’une BD – est intéressante, on peut émettre quelques réserves quant à son traitement. Si Shyamalan signe ici un film bien léché techniquement, on peut relever certaines incohérences autant visuelles que scénaristiques : à part les enfants qui deviennent adultes, les autres personnages ne vieillissent pas beaucoup physiquement (2). Et ce malgré des déficiences tout aussi physiques liées à la progression de leur âge : myopie pour le père Cappa (Gael Garcia Bernal) ou surdité partielle pour la mère. Pour le reste, on cherche désespérément des rides inévitables qui si elles arrivent sont tout de même bien légères. A se demander si ils n’ont pas emmené avec eux une cargaison de produit anti-âge !

Même les cheveux qui devraient tout de même un tantinet blanchir gardent leur couleur originale, et ce sans ajout de quelque teinture… (3)

 

Et puis il y a le cas de Mid-Size Sedan (Aaron Pierre). La seule affection qu’on lui connaît, c’est un saignement de nez presque constant (4). Par contre, on se demande pourquoi il est là. En effet, le film s’ouvre avec un couple sur une plage : la jeune femme (Alejandra Useche ?) se déshabille et va se baigner. Puis, nous entrons dans le vif du sujet avec l’arrivée des Cappa à leur lieu de villégiature. Sachant que les nouveaux venus ne vont aller sur la plage maudite que le lendemain, et que les enfants Cappa, à la fin du film ont pris quasiment 50 ans en moins d’une journée, comment le rappeur peut-il être aussi fringant (et absolument pas marqué par l’âge malgré tout) après une journée passée sur place avant l’arrivée des autres ? (5)

 

Alors oui, c’est beau et certains plans sont très pertinents, mais cela ne suffit pas à faire un grand film. Et le problème avec les approximations voire les incohérences (voir plus haut), c’est qu’une fois qu’on les a vues (perçues ?), on ne peut plus s’en défaire et elles nous inclinent à décrocher du film lui-même : on n’y croit plus.

Dommage.

 

PS : Quant à la résolution finale de l’intrigue, je vous laisse seuls juges. Pour ma part, je ne suis pas vraiment convaincu. J’aurais préféré une ouverture vers autre chose, voire une sorte de basculement…

 

  1. Avec piscine aussi…
  2. L’affiche du film prend alors une allure trompeuse.
  3. Qui apporte de la teinture pour cheveux dans une excursion à la journée ?
  4. Mais qui ne le tuera pas.
  5. Et quel est l’âge du capitaine ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Jan de Bont, #Dennis Hopper
Speed (Jan de Bont, 1994)

Après avoir empêché l’écrasement de l’ascenseur d’une tour de 46 étages, Jack Traven (Keanu Reeves) doit empêcher l’explosion d’un bus. Jack est un policier du LAPD et il semble que ses journées soient bien rythmées. Enfin les deux que nous voyons : après l’ascenseur, le bus est piégé et si on descend au-dessous d’une certaine vitesse, il explose. Si on essaie d’exfiltrer les passagers, il explose.

Et comme le conducteur a pris une balle (perdue donc), c’est une passagère, Annie (Sandra Bullock) qui mène le train d’enfer derrière le volant.

Et tout ça pour quoi ? Parce qu’un ancien policier (Dennis Hopper) retraité (d’office) aimerait récupérer le pactole : oui, tout ça pour de l’argent.

 

Epoustouflant !

Jan de Bont signe ici un film qui nous tient en haleine (presque) du début à la fin. Il faut dire que ces deux attentats sont des occasions magnifiques de faire un film spectaculaire. Et c’est bel et le bien le cas ! Le rythme est soutenu et le montage dynamique, sans pour autant entrer dans les travers de la décennie suivante : pas de quoi s’étourdir avec la caméra d’Andrzej Bartkowiak. Il faut dire que l’intrigue (haletante) est suffisante pour les émotions. Et les deux stars (1) qui mènent le bal sont eux aussi en pleine forme, face à un Dennis Hopper lui aussi à en pleine forme, interprétant un très beau méchant, flirtant avec ses propres limites avant de basculer définitivement dans la folie.

 

Bien sûr, les personnages sont un peu sommaires, l’accent étant mis sur le spectaculaire. Mais malgré tout, le scénario de Graham Yost nous tient en haleine constamment, renouvelant ce qu'on pourrait presque appeler un huis clos : les passagers du bus sont les prisonniers involontaires de ce maniaque que ces événements vont marquer pendant un moment, tout comme les spectateurs, au moins jusqu’au prochain épisode. Parce qu’il y en aura un.

Hélas.


Quoi qu’il en soit, savourons celui-ci à sa juste mesure. Et si on peut regretter la minceur psychologique  des différents personnages, on se consolera (largement) avec un film qui est entré – à juste titre – dans le classement des 100 heart pounding movies (2).

C’est aussi un argument.

 

  1. Reeves & Bullock ont tous deux été révélés dans les années 1990.
  2. 100 films qui font battre le cœur.

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Joseph L. Mankiewicz
Le Château du dragon (Dragonwyck - Joseph L. Mankiewicz, 1946)

Les Wells sont une famille de fermiers du Connecticut à qui un vague cousin éloigné de la mère Abigail (Anne Revere) écrit : il propose à l’une des filles de la maison de venir passer quelques temps en leur demeure (château) de Dragonwyck (New York). Après quelques tergiversations du père Ephraim (Walter Huston), Miranda s’en va rejoindre le mystérieux et séduisant Nicholas van Ryn (Vincent Price).

Si la demeure est somptueuse, l’atmosphère qui y règne est fort étrange et surtout : on y entend, les veilles de malheur, le clavecin et la voix de l’aïeule Azilde van Ryn.

La première fois, c’est quand Johanna (Vivienne Osborne), la femme de Nicholas meurt dans des circonstances mystérieuses…

 

Bien sûr, ce film est avant tout la première réalisation de Joseph Mankiewicz, après une quinzaine d’années en tant que scénariste, il était temps qu’il prenne son envol. Son dernier scénario – avant de passer de l’autre côté de la caméra – est Les Clefs du royaume et on en retrouve d’ailleurs deux interprètes, et pas des moindres : Vincent Price et Anne Revere. Autre lien avec ce précédent film, c’est Gregory Peck qui aurait dû interpréter le rôle de Nicholas van Ryn (1).

 

La première particularité de ce film un tantinet gothique, c’est la présence de Gene Tierney autour de qui se construit l’intrigue et qui donne le point de vue narratif quasiment exclusif : c’est avant tout son ressentiment que nous suivons pendant ces quelques cent minutes. Mais à la différence des films de genre qui suivront, Miranda n’est pas une de ces frêles jeunes filles qui sont la cible de méchants résolus et extrêmement dangereux. Parce que Nicholas est dangereux. Et ce n’est pas seulement parce qu’il s’agit de Vincent Price. En effet, quand sort le film, l’acteur n’a pas encore l’étiquette que nous lui connaissons. Rappelez-vous que dans le film susmentionné, il est un évêque, ami indéfectible du personnage interprété par Gregory Peck.

 

En effet, Price est encore un acteur peu connu (2), et son jeu subtil et ses manières élégantes en font un personnage des plus sophistiqués. Mais dès sa première apparition se produit un malaise qui ne nous quittera qu’une fois l’intrigue (presque) résolue. On apprécie ses manières des plus éduquées mais on ne peut s’empêcher des ressentir un malaise par rapport à lui. Et si Miranda succombe à son charme – irrésistible – elle ne peut s’interroger sur le lieu qu’elle vient de rejoindre et surtout ses habitants : entre Katrine (Connie Marshall), la fille de ces parents étranges qui ne s’aiment pas et Magda (Spring Byington), la gouvernante qui parle trop et qui amène les bonnes réflexions, il y a de quoi se demander où on est tombé.

Et Gene Tierney est magnifique (comme toujours, non ?) dans ce rôle, où son apparence n’est pas sa seule arme : elle interprète une formidable Miranda, une paysanne loin d’être arriérée – comme le conçoivent les jeunes femmes du « beau monde » et qui se révèle être plus subtil que prévu.

 

Il y a une évolution (rapide) de son personnage qui est à l’origine une jeune femme innocente et prête à tout pour vivre autre chose. Elle est tout d’abord une jeune fille naïve élevée dans la religion, religion qui tient une place très importante chez les Wells (Ephraim est pasteur). Elle va d’ailleurs en garder les habitudes tout au long du film, recourant à la bible dès que nécessaire, à l’encontre des croyances (3) de son mari, ou plutôt de ses non croyances. C’est d’ailleurs la révélation de son athéisme qui va faire basculer l’intrigue, créant un fossé infranchissable entre ceux qui furent de formidables amants.

Mais c’est la mère – Anne Revere – qui a raison dans toute cette histoire : on n’épouse pas un rêve.

 

Il n’empêche, avec ce premier film, Mankiewicz démontre qu’il ne sait pas seulement écrire de bons scénarios. Il sait aussi les mettre en scène, créant avec beaucoup maîtrise un thriller haletant aux accents gothiques : la séquence quand Miranda monte dans la « tour » de Nicholas est absolument superbe, éclairée avec beaucoup de brio par Fred Sersen, dans le style des productions allemandes d’avant 1933.

 

Bref, un grand premier film.

 

  1. Le y se prononce « aille ».
  2. On le retrouvera quelques années plus tard (1950) toujours au deuxième plan dans le formidable All about Eve du même Mankiewicz.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Thriller, #Alfred Hitchcock
La Main au collet (To catch a Thief - Alfred Hitchcock, 1955)

Côte d’Azur, 195…

Le Chat fait à nouveau parler de lui !

Le Chat, c’était John Robie (Cary Grant). Mais ça c’était avant. Avant quand il était un voleur prestigieux et habile. Mais une fois la guerre venue (la deuxième mondiale), il s’est engagé dans un réseau de résistance et s’est racheté.

Alors entendre qu’il aurait repris du service ne lui plaît pas beaucoup. C’est pourquoi il va mener sa propre enquête et essayer de savoir qui se cache derrière ce nouvel avatar.

 

Encore une fois, Hitchcock s’intéresse à un innocent qu’on poursuit pour un crime qu’il n’a pas commis. Mais si nous savons que Robie n’a rien fait, Hitchcock ne cesse de semer le doute dans l’esprit du spectateur, comme s’il voulait nous dire : « vous croyez qu’il n’a rien fait ? Pourtant tout prouve le contraire ! »

Mais ce qui nous empêche de tomber dans ce piège, c’est bien la présence de Cary Grant : depuis Soupçons, on sait qu’il est incapable d’être du côté obscur. Alors on savoure ces fausses pistes à leur juste valeur : nous savons que la vérité est ailleurs.

 

Alors on se régale en retrouvant quelques têtes déjà vues chez Hitch ces dernières années. Outre Cary Grant, on y croise la (très) belle Grace Kelly (Francie Stevens) et John Williams qui avaient déjà tourné ensemble dans Le Crime était presque parfait. Et pour compléter le tout, on retrouvera Jessie Royce Landis (Jessie Stevens, la mère de Francie) dans La Mort aux trousses avec le même Cary Grant.

Côté distribution, la présence d’un casting à moitié français donne une touche plus réaliste à l’intrigue et surtout, ce ne sont pas des acteurs américains qui essaient de contrefaire un accent français où baragouinent  la langue de Molière avec un accent tout aussi bizarre comme c’est souvent le cas.

 

Bien sûr, Cary Grant est tout à fait à l’aise dans le rôle de ce voleur repenti, et comme toujours chez Hitchcock, les personnages féminins ne sont pas ternes. Entre la cuisinière Germaine (Georgette Anys) et son rôle pendant la guerre, la jeune Danielle (Brigitte Auber, dernière survivante du film qui va sur 96 ans…) qui n’a pas froid aux yeux et la riche héritière Stevens, sans oublier la mère alcoolique mondaine de celle-ci, nous avons un large panel de femmes singulières. Sans oublier la sensualité récurrente chez Hitchcock : les décolletés de Grace Kelly et celui de la joueuse au casino en sont deux beaux exemples (le second surtout).

Et on sent chez Hitchcock une fascination pour Grace Kelly : chacune de ses apparitions est un enchantement pour les yeux. Elle est extraordinairement belle, portant avec distinction les superbes tenues d’Edith Head qui semble s’être surpassée.

 

Bref, Hitchcock déroule et nous admirons : nous sommes aux dernières étapes d’une série de films formidables qui s’arrêtera avec Mais qui a tué Harry ?, Hitch passant temporairement à la télévision.

Et si la légende (fausse) veut que Grace Kelly ait rencontré son futur mari lors du tournage, on ne peut s’empêcher de penser que la séquence qui la voit avec Cary Grant dans la voiture lancée à grande vitesse a un côté prémonitoire involontaire (1).

 

(1) Autre légende, elle n’a pas eu son accident au même endroit…

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