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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

tim burton

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Tim Burton
Beetlejuice Beetlejuice (Tim Burton, 2024)

Les revoilà : Lydia (Winona Ryder), Delia (Catherine O’Hara) et bien sûr l’incontournable Beetlejuice (Michael Keaton) qui justifient deux fois le titre !

Nous sommes toujours à Winter River (Connecticut), mais plus personne n’habite la maison sur la colline : Charles (Charlie Hopkinson & effigie de Jeffrey Jones) est mort, dévoré par un requin.

Mais sa femme et sa fille reviennent pour son enterrement, avec Astrid (Jenna « Wednesday » Ortega), la fille de Lydia.

Mais si l’enterrement se déroule presque bien, c’est après que les choses se gâtent, avec l’intervention de Jeremy (Arthur Conti) que la jeune Astrid trouve à son goût au point de l’entraîner dans l’autre monde, celui du dessous…

Il ne reste à Lydia plus qu’une seule solution, appeler trois fois le démon blond…

 

Tim Burton est donc de retour avec l’un de ses personnages fétiches, l’ignoble – et réjouissant – Beetlejuice. Chacune de ses apparitions sont un véritable plaisir, d’autant qu’il est plus présent dans l’intrigue. Bien entendu, il n’a pas spécialement évolué et demeure un rustre parfait mâtiné d’un pignouf absolu. Bref, Beetlejuice EST Beetlejuice !

Et Michael Keaton s’amuse presque autant que nous à interpréter ce démon maléfique – et un tantinet idiot – dans des situations absolument extravagantes (pouvait-il en être autrement ?). A ses côtés, on retrouve avec autant de plaisir Winona Ryder, pour interpréter une Lydia dans la droite lignée de l’adolescente que nous avions laissée trente-six ans plus tôt (eh oui, tout le monde vieillit…). Sauf que sa fascination morbide lui empoisonne la vie : elle voit des revenants – surtout un ! – partout, au grand désespoir de sa fille qui est une véritable cartésienne : pour elle, c’est du flan.

Autre personnage de retour, celui de Delia, donc, et Catherine O’Hara reste dans la même optique que dans le premier opus : artiste – incomprise (nulle ?) – improbable dont la conduite n’est pas toujours supportable.

 

Bref, Burton a repris les personnages qui comptaient pour une nouvelle intrigue complètement brindezingue où tout se termine bien, même si pas pour tout le monde ! Le grand Tim, s’il ne réalise pas son plus grand film, reste dans son domaine de prédilection : la mort. Et donc la vie, parce que l’un ne va pas sans l’autre. D’ailleurs, la mort n’est toujours pas une fin et tout continue après, pour ceux qui ont la chance de ne pas avoir Mr. B. comme guichetier ! Cet entremonde administratif nous ramène au premier opus, mais aussi à L’étrange Noël de Mr. Jack ou encore La Fiancée funèbre. Normal, Burton est toujours là !

Ce sont donc 105 minutes menées tambour battant dans un monde que nous connaissons bien, mais avec un petit plus tout de même : les effets numériques. Nous sommes loin des effets spéciaux à l’ancienne qui émaillaient le premier film, et nous apprécierons la fluidité voire la quasi réalité des différentes séquences concernées : la réparation de Delores (Monica Bellucci) ou encore les sables de Titan, sans oublier son serpent qui n’est pas sans rappeler l’Alien de Ridley Scott.

 

Par contre, je rejoins certaines critiques qui jugent de l’(in)utilité d’un tel film. On aurait très bien pu s’en passer. Mais nous aurions manqué une nouvelle occasion de nous amuser avec ce personnage autant répugnant qu’attirant.

Ca aurait été dommage, non ?

 

PS : Doit-on voir un lien entre Catherine O’Hara, pardon, Delia Deetz qui offre à son défunt mari une fin à la Cléopâtre, quand on sait que la belle Monica a interprété ce rôle ?

Et poser la question etc…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Batman, #Tim Burton, #Danny DeVito
Batman : Le Défi (Batman returns - Tim Burton, 1992)

Trois ans ont passé depuis que Tim Burton a renvoyé Batman sur les grands écrans : Gotham est toujours une ville gangrenée par le crime, Batman (Michael Keaton) doit toujours intervenir pour assurer la sécurité de ses concitoyens, et surtout, Vicky Vale (Kim Basinger) est partie !

Mais heureusement (pour nous) de nouveaux méchants sont arrivés : Max Schreck (Christopher Walken), homme d’affaires (très) louche qui veut mettre Gotham sous sa coupe (malfaisante) et un curieux personnage handicapé qui répond au nom d’Oswald Cobblepot, mais qu’on connaît surtout sous le pseudonyme du Pingouin (Danny DeVito).

 

Et autant vous le dire tout de suite, c’est bien le Pingouin qui attire toute l’attention, campé par un Danny DeVito en grande forme, maquillé avec brio par Shane Mahan (d’après la conception de Mark McCreety) et est presque méconnaissable (1). C’est en outre la première de plusieurs collaborations entre  lui et le réalisateur, avec à chaque fois des créatures différentes, qu’on n’appelle plus des « monstres ».

Et la grande différence avec le premier opus, c’est l’appropriation de l’univers de Bob Kane (2) par un réalisateur obsédé par la différence. La séquence d’introduction qui voit l’arrivée à la vie du Pingouin est dans la plus pure veine burtonienne : un décor gothique, des personnages au physique particulier (les parents d’Oswald : Diane Salinger & Paul Reubens) et qu’on enferme dans une cage. Quand à la demeure qu’ils habitent, elle n’est pas sans rappeler celle de La Famille Adams que Barry Sonnenfeld a porté à l’écran l’année précédente.

 

Mais (parce qu’il y a toujours un mais, c’est aussi là que le bât blesse : à force de s’approprier ce monde et d’en faire un univers burtonien, on arrive à un excès qui se traduit par certains jeux un tantinet outrancier : si le Pingouin est par essence exubérant, le personnage de Catwoman (Michelle Pfeiffer) en devient insupportable, et on préfère largement la (belle) prestation qu’en fera Zoë Kravitz trente ans plus tard.

Et dans l’ensemble, la bonne impression qu’avait laissé le premier film s’estompe : on ne retrouve pas la même atmosphère ni les mêmes références. Disparue la référence à Fritz Lang et son Metropolis : Gotham nous apparaît artificielle, voire en carton-pâte.

Et pourtant le budget a été doublé !

Et si l’artificialité se prêtait admirablement à son film précédent (Edward Scissorhands), il n’en va pas de même ici, et c’est bien dommage parce qu’en plus l’aspect grotesque prend le pas sur le reste et Batman devient alors un personnage presque secondaire : difficile de rivaliser avec un tel Pingouin !

 

Un dernier mot enfin. Le nom du personnage de Christopher Walken est bien sûr inspiré de l’acteur qui interpréta le formidable Nosferatu de Murnau. A l’instar de ce vampire qui aspire la vie (et donc l’énergie) de ses proies par une morsure dans le cou, il est dit ici que la réalisation de Schreck (une centrale électrique) va aspirer l’énergie de Gotham.

A son propre profit, cela va de soi…

 

PS : AU fait le titre original, c'est Batman revient. Moins vendeur semble-t-il...

  1. La taille caractéristique de l’acteur le trahit.
  2. Le créateur du Batman.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #DC Comics, #Batman, #Tim Burton
Batman (Tim Burton, 1989)

Un couple et leur fils s’est perdu dans les rues de Gotham City. Et à force de se perdre, ils se retrouvent out les trois dans une partie mal famée et sont inévitablement agressés : lui est frappé, elle volée et l’enfant assiste en témoin impuissant…

Mais ce n’était pas l’histoire de Bruce Wayne (Michael Keaton) : les aficionados du vengeur masqué le plus célèbre (après Zorro) en sont pour leurs frais !

Tim Burton donne le ton dès cette séquence d’ouverture : il faudra aller chercher ailleurs  Batman. Enfin pas tellement loin puisqu’il intervient et fait arrêter les deux agresseurs.

 

Si on pense de suite à la mort des parents de Wayne, ce n’est que dans le troisième tiers du film que Burton nous livre les origines de ce héros singulier : comment ses parents sont morts et pourquoi lui a réussi à survivre. Mais contrairement à Christopher Nolan treize ans plus tard, Burton ne base pas son film sur cet épisode traumatique : quand le film commence, Batman est déjà une menace pour les criminels de tous poils de Gotham City. Et bien sûr, parmi ceux-ci, il en existe des beaucoup plus redoutables que d’autres : Carl Grissom (Jack Palance) et son bras droit Jack Napier (Jack Nicholson). Tellement redoutables que l’un commence à faire de l’ombre à l’autre, mais surtout à lui piquer sa petite amie Alicia (Jerry Hall).

Pendant une opération qui tourne mal – normal, Grissom avait prévenu les policiers – Jack (1) termine dans un bain d’acide. Opéré par un chirurgien plastique, il ne peut faire mieux que lui laisser un sourire éternel : il sera le Joker.

 

Il est clair que Batman devait rencontrer Tim Burton : un héros sombre, un tantinet misanthrope et qui vit dans une grande bâtisse isolée. Et Tim Burton, qui se régale – en même temps que ses spectateurs – des ombres fait se dérouler la plupart de son intrigue la nuit, jouant à l’envi avec la lumière, rehaussée par les différentes formes architecturales que possèdent les différents édifices de Gotham City.

Cette Gotham City, d’ailleurs, n’est pas sans rappeler une autre grande ville moderne : Metropolis. Oui, celle de Fritz Lang. On y retrouve le même gigantisme ainsi qu’une teinte industrielle très prononcée. Ce ne sont que rivets et tuyaux dès que nous entrons quelque part (sauf chez Wayne : normal, sa famille n’est pas spécialement prolétaire !).

 

Et bien sûr, on retrouve une dimension fantastique dans le héros lui-même et surtout ses accessoires et autres gadgets qui le font apparaître majestueusement en battant des ailes (2).

Et comme toujours dans ce genre de film, il faut aller voir du côté du méchant : encore une fois, nous sommes servis !

Jack Napier-Nicholson est un méchant à l’allure pas fière du tout, qui bascule dans une folie criminelle (et onc meurtrière) suite à son bain forcé. On appréciera au passage le travail de maquillage de Nick Dudman qui a élaboré ce visage souriant à l’extrême. Jack Nicholson est dans son élément, un peu de cabotinage par ci, un peu de grandiloquence par là, et vous avez un psychopathe comme il faut, ou plutôt comme on pouvait l’attendre, même si à un moment son jeu outré a tendance à lasser.

 

Quoi qu’il en soit, Tim Burton réussit ici une belle adaptation des aventures du héros de Bob Kane et Bill Finger, jouant la carte du spectaculaire tout en restant dans ses thèmes de prédilection, avec une pointe d’humour qui manquera parfois aux adaptations du siècle suivant (Christopher Nolan ou surtout Zack Snyder). Par contre, le personnage du Joker sera autrement plus impressionnant sous les traits du regretté Heath Ledger (The black Knight, 2008) ou de l’extraordinaire Joaquin Phoenix (Joker, 2019).

Que voulez-vous, on ne peut pas tout avoir…

 

  1. Vous avez remarqué que Nicholson interprète souvent un personnage qui s’appelle Jack (Napier, Torrance…) ?
  2. Oui, ça donne parfois un effet un brin grotesque, mais que demander à un type qui se balade masqué et en collants noirs ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Fantastique, #Disney, #Tim Burton, #Danny de Vito
Dumbo (Tim Burton, 2019)

Petit, comme beaucoup, j’avais appris le poème de Robert Desnos, La Fourmi :

« Une fourmi de dix-huit mètres avec un chapeau sur la tête,

Ça n’existe pas, ça n’existe pas. […] »

Ce poème, après une liste de choses semble-t-il impossibles se termine par un dernier vers rempli d’espoir : « Et pourquoi pas ? »

Ici, on pourrait facilement paraphraser le grand Robert en énonçant :

« Un éléphant qui vole avec l’aide de ses oreilles,

Ca n’existe pas, ça n’existe pas !

Et pourquoi pas ? »

 

C’est le parti qu’avaient pris Disney en 1941 quand le petit éléphanteau (pléonasme ?) était apparu sur les écrans grâce aux pattes magiques de John P. Miller, Martin Provensen, John Walbridge, James Bodrero, Maurice Noble & Elmer Plummer (1).

Et c’est ce qu’a confirmé Tim Burton à son tour en réalisant ce très beau film mélangeant images de synthèse et prises de vues réelles, exclusivement coloré (2), porté par la musique enchanteresse de Danny Elfman (3).

 

C’est à nouveau une histoire hautement improbable que Burton filme ici, mais avec le savoir-faire qu’on lui connaît – mais qui n’a pas toujours été au rendez-vous par le passé, hélas – et la dose indispensable de réalisme qui nous fait accroire finalement que « pourquoi pas ? »

Bien entendu, on pense à Big Fish, qui se passe lui aussi dans un cirque et cela est renforcé par la présence de Danny de Vito (Maximilian Medici) à nouveau directeur de ce petit monde.

Et avec Danny de Vito, ce sont d’anciennes connaissances du monde de Burton qu’on retrouve tout au long du film : Eva Green (Collette Marchant), Michael Keaton (V.A. Vandervere), Alan Arkin (J. Griffin Remington) n’en sont pas à leur première collaboration avec le réalisateur.

 

Dumbo se situe dans une tendance Disney à adapter ses dessins animés en images réelles : après La Belle et la Bête ou encore Le Livre de la jungle, c’est au tour de ce « grand classique » d’être adapté avec les limites habituelles. Comme le disait Tex Avery, on peut tout se permettre dans un dessin animé. Beaucoup moins dans un film en images « réelles ». Et Tim Burton nous prouve que les deux peuvent s’accorder et donner un très beau résultat. Certes, la part merveilleuse subsistant concerne le vol de l’éléphanteau. Faire parler les animaux aurait été complètement incongru et n’aurait pas eu l’effet escompté : on n’aurait pas pu vraiment y croire. Il reste toutefois quelques emprunts au film de 1941 comme l’œil de la mère à travers la fenêtre du wagon ou la séquence entre Dumbo et cette même Jumbo avec leur échange de caresses de trompes (4).

Mais comme on ne pouvait adapter totalement le film de 1941, il a fallu créer de nouveaux personnages : les enfants sont à l’honneur – Disney oblige – mais et surtout ce sont de véritables méchants qui apparaissent, ingrédients indispensables à la réussite d’un film.

 

Le premier, c’est Rufus Sorghum (Phil Zimmerman), un homme de cirque au fouet facile et qui voit – justement – sa méchanceté se retourner contre lui. Mais c’est son caractère mauvais qui va entraîner l’intrigue principale du film : Dumbo ne va voler qu’à la condition d’être réuni avec sa mère une fois le cirque renfloué.

L’autre, c’est V.A. Vandervere qui confirme le passage du côté obscur de Michael Keaton après Spider-Man : Home coming.  A nouveau, on a une illustration de la théorie qui veut que les acteurs américains passent de l’autre côté (le côté sombre !) en vieillissant.

Et pour notre plus grand plaisir, Keaton est à la hauteur (pouvait-il en être autrement ?), devenant un autre méchant qu’on aime détester.

 

Avec Dumbo, Burton confirme son retour au premier plan qui avait été amorcé avec Big Eyes et conforté par Miss Peregrin’s Home for peculiar children, sortant de son univers sombre et gothique qui fit sa réputation (5). ON y respire plus librement, sans pour autant y perdre du point de vue merveilleux.

Tant mieux (pour nous !).

 

PS : n’y a-t-il que moi qui trouve que la mère des enfants qu’on peut voir sur une photo ressemble (beaucoup !) à Thandie Newton, la mère de Nico Parker ?

 

  1. Choisissez le bon. Une suggestion, professeur Allen John ?
  2. Aucun costume seulement noir et blanc !
  3. Toujours fidèle au rendez-vous.
  4. Pas terrible comme expression…
  5. Merci professeur Allen John.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame, #Fantastique, #Tim Burton
Edward aux Mains d'argent (Edward Scissorhands - Tim Burton, 1990)

Pourquoi la neige tombe-t-elle ?

C’est à cette réponse que va répondre la vieille Kim (Winona Ryder) à sa petite-fille qui ne veut pas dormir sans une histoire.

Une histoire, elle va en entendre une. Et quelle histoire !

Celle d’Edward (Johnny Depp), un jeune garçon créé par un vieil inventeur (Vincent Price) qui a pour main des lames ce qui explique le titre original (1) traduit plus poétiquement en français (2).

Bien sûr, Edward est extrêmement adroit de ces mains tranchantes et le prouve autour de lui en modelant les buissons des jardins et les coiffures des dames voire des chiens.

Mais Edward n’est pas adapté à ce monde stéréotypé très américain et très propre, lui qui vivait dans un vieux manoir de style Universal dans années 1930s…

 

Le parallèle avec la Universal dans les années 1930s n’est pas anodin. Dans les années 1930s, les studios Universal ont sorti quelques films fantastiques mâtinés d’horreur qui sont toujours cités en exemple près de 90 ans plus tard. Et en voyant Edward, je pense surtout à celui qui a inauguré cette série : Frankenstein.

Et la première vision que nous avons de ce manoir tranche complètement avec la ville américaine qui nous est proposée : tout y est bien propre et bien soigné, les gazons ont la hauteur d’herbe réglementaire et les maisons ont chacune une couleur différente de sa voisine, tout en restant dans des coloris doux.

Alors quand Edward pénètre dans ce milieu propret et bien équilibré – chacun a/à sa place – on sait que ça ne va pas bien se passer. Le premier indice est le plus flagrant : Edward est habillé de cuir noir, tranchant avec la vêture colorée (un brin pastel) des autres protagonistes.

 

Pourtant, comme dans toute tragédie, tout commence bien pour lui : il est accueilli par chaleureusement Peggy Boggs (Dianne Wiest) et son mari Bill (Alan Arkin) ainsi que leur fils Kevin (Robert Oliveri). Le voisinage est lui aussi très enthousiaste de découvrir ce jeune homme aux mains magiques, et surtout les femmes qui n’ont pas grand-chose à faire de leur journée.

Mais quand Harry va résister aux avances de Joyce Monroe (Kathy Baker), la situation va progressivement se dégrader. C’est d’ailleurs un des parallèles qu’on peut observer avec Frankenstein : tout comme le monstre du docteur, Edward s’échappe et tout se met à mal tourner.

Mais alors que le monstre de Mary Shelley est la cause directe du mal, Edward en est la première victime, et il en va ainsi (presque) tout le temps : la créature interprétée par Johnny Depp est le négatif de celle jouée par Boris Karloff. Tous deux ont la même naïveté envers le monde extérieur et aucun des deux n’est « achevé ». En effet, Edward n’a pas reçu les mains promises, ni la créature le cerveau adéquat.

 

Et puis il y a Winona. Révélée par un précédent film du même Tim Burton (Beetlejuice, 1988), elle est une Kim Boggs magnifique, révulsée par l’apparition d’Edward (3), mais qui va progressivement (là aussi) apprendre à l’apprécier, jusqu’à l’aimer. On retrouve ici une nouvelle référence fantastique : Kim n’est ni plus ni moins que la Belle qui tombe amoureuse de la Bête Edward, comme chez Mme Leprince de Beaumont.

Mais alors que La Belle et la Bête se termine bien, je vous ai annoncé que nous sommes dans une tragédie – douce, certes – et le final avec les habitants de ce quartier modèle(s) n’est pas sans rappeler celui du film de James Whale.

 

Un petit mot pour finir sur le temps de l’intrigue. A aucun moment  Tim Burton ne marque franchement son film dans le temps. Les habillements des différents habitants du quartier ainsi que leurs coiffures ou encore leurs matériel et accessoires nous emmènent dans les années 1960s, celles avant 1968.

Mais de nombreux détails vont à l’encontre de cette datation. Les couleurs chamarrées des maisons ou des voitures, les nouvelles coupes de cheveux créées par Edward nous en éloignent. De même que le van des jeunes gens qui traînent avec Kim n’a pas grand-chose à voir avec cette supposée période.

 

Mais qu’importe, ce qui compte le plus, c’est la magie qui émane de ce film, cette histoire d’amour impossible et donc très beau, avec une petite pointe d’ironie qui adoucit le côté tragique (3), le tout soutenu par la très belle musique de Danny Elfman.

C’est à nouveau un très beau film sur la différence, mal acceptée encore une fois, et qui se transformerait presque en conte merveilleux si Edward accédait à la normalité. Mais de ce cas, y aurait-il cette magie ?

 

PS : c’est la dernière fois que nous voyons Vincent Price au cinéma. Sa prochaine et ultime contribution ne concernera que sa voix. Et quand quelque chose se termine, une autre commence : c’est la première collaboration de Tim Burton avec Johnny Depp (7 à ce jour).

 

  1. « Edward aux Mains de ciseaux »
  2. Pas si mal tout compte fait.
  3. Quand on n’est pas prévenue, c’est un peu normal de paniquer en trouvant quelqu’un dans son lit, surtout avec des lames à la place des mains…
  4. Le retour des maris le soir ou leur départ le matin…

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Tim Burton
Beetlejuice (Tim Burton, 1988)

Ca commence comme une comédie – ça tombe bien, c’en est une. Les Maitland – Barbara (Geena Davis) et Adam (Alec Baldwin) – sont en vacances et vont en profiter pour refaire les intérieurs de leur maison.

Bref, tout va bien. Sauf que…

Sauf que, malheureusement pour eux, un chien se met sur leur passage et les oblige à faire le grand plongeon : ils sont morts et enterrés, à leur insu.

C’est quand ils sont vraiment conscients de leur nouvelle qualité de décédés qu’il est déjà trop tard : les Deeze viennent de s’installer dans leur maison, les cantonnant au grenier : il faut que cela cesse.
Ils vont alors faire appel à Betelgeuse [‘bi:tldʒu:s], un exorciste en free-lance, pour se débarrasser des importuns.

 

Cela fait trente ans cette année que Tim Burton a réalisé ce film, et ce qu’on peut dire, c’est que malgré l’utilisation de techniques dépassées aujourd’hui avec l’avènement du numérique, le film n’a rien perdu de son mordant ni de sa beauté. Bien sûr, Burton utilise le fond bleu pour les scènes de désert (Jupiter ?), mais quelle importance quand c’est bien fait.
Et surtout, avec  cette réalisation, on entre de plein pied dans son univers un tantinet déformé pour être bizarre, mais pas tant que ça, ce qui nous le rend tout de même familier.

 

Ce sont des portes biscornues et des couloirs aux perspectives faussées qu’il nous propose, ainsi que toute une faune de morts vivants qui n’a plus rien à voir avec ceux de George Romero. Il y a une influence évidente des décors de Röhrig, Reimann & Warm du film Le Cabinet du docteur Caligari, mais avec en plus des personnages correspondant à ces décors.

De plus, l’utilisation des morts dans leur état de cadavre est une magnifique trouvaille, amenant des situations comiques (noires, évidemment) qui contrebalancent cette galerie des horreurs.

Avec, cerise sur le gâteau la grande (par le talent) Sylvia Sidney (77 ans quand le film sort) dans le rôle de Juno(n), sorte de conseillère administrative post-mortem, continuant de fumer malgré son état cadavérique.

Et puis il y a Beetlegeuse. Michael Keaton, qui nous campe un Beetlegeuse extraordinaire, dans tous les sens du terme. Betelgeuse est un rustaud sans manière, une espèce de barbare infect des plus repoussant. Mais tellement savoureux en tant que personnage. Il est du type primaire, extrêmement grossier et sale sur lui, ainsi que libidineux à souhait : une véritable réussite ! Michael Keaton, que Tim Burton qualifie de « complètement cintré, […] un maniaque, une pile électrique et il a des yeux incroyables. » Bref, il est totalement fait pour le rôle.

Et ce ne sont pas de vains mots. Il est méconnaissable et son regard adopte successivement de nombreuses expressions (de la pitié à la luxure…) qui contribuent grandement à son rôle comique. Mais Betelgeuse, malgré tout, est un être maléfique. Si les parents (Catherine O’Hara – superbement insupportable et Jeffrey Jones, pas si bien intentionné que ça) de Lydia (Winona Ryder, toute jeune) ne sont pas obligatoirement la crème des parents voire des humains appréciables, on ne peut tout de même pas laisser faire un personnage aussi répugnant, quoi que très drôle !


Bref, bienvenue dans le monde de Tim Burton, où la réalité, comme je l’ai déjà écrit, est décalée mais somme toute familière, où les morts ne le sont pas tout à fait, et où l’humour reste toujours d’actualité, avant ou après le grand Passage.

 

Bientôt une suite ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Fantastique, #Tim Burton
Miss Peregrine et les Enfants particuliers (Miss Peregrine's Home for peculiar children - Tim Burton, 2016)

« Peregrine », ça veut dire « pèlerin », comme le faucon du même nom (Falco peregrinus). Et c'est normal que miss Peregrine (Eva Green) s'appelle ainsi, puisque c'est en cet oiseau qu'elle se transforme. C'est une ombrune (en v-o ymbryn). Elle s'occupe d'enfants particuliers et les protège.

De qui ? Du méchant docteur Barron (Samuel L. Jackson) qui recherche les enfants particuliers afin de manger leurs yeux.

Un jour Jake (Asa Butterfield) va voir Abe (Terence Stamp) - son grand-père qu'on prend pour un doux illuminé - qui se sent menacé. Sauf que cette fois-ci, on peut douter de sa folie : Jake le retrouve mort, ses yeux ayant disparu. Et en plus, il échappe à une attaque d'un drôle de géant...

Il part alors à la recherche de Miss Peregrine et ses enfants si particuliers... En 1943 !

 

Il y a chez Tim Burton une fascination pour le bizarre et la mort assez contagieuse, avec toujours une pointe d'humour plus ou moins noir. Mais cette fois-ci, pas d'humour. Ou si peu qu'on peut le négliger.

Au contraire, beaucoup de noirceur. Merveilleuse, certes, mais noirceur tout de même. Et pourtant on reste optimiste pendant toutes ces pérégrinations (c'est vraiment le terme adéquat, non ?). Et on savoure cette belle histoire sur la différence où cette fois-ci, elle n'est pas sujette à une condamnation extérieure comme dans la série X-Men, les enfants vivant en autarcie dans une boucle spatio-temporelle. Ils n'ont que très peu de contact avec le monde extérieur, et de toute façon, ce qu'ils peuvent y faire n'a pas d'incidence, ils revivront le lendemain ce même jour : celui de la destruction de leur maison...

Avec Miss Peregrine, on retrouve le grand Tim Burton, celui de Edward aux Mains d'argent ou Big Fish, qui nous entraîne dans un rêve merveilleux (mais noir, je le redis !) où il nous présente ses monstres les plus effrayants : certains des enfants eux-mêmes, ainsi qu'une brochette de Sépulcreux (Hollows), sorte d'échassiers à la gueule remplie de dents acérées et de repoussants tentacules.

Et au milieu de tous ces gens particuliers : Jake, un gamin timide, solitaire et pas très bien dans sa peau. Bref, le véritable héros burtonien. Comme Charlie face à Willie Wonka, Ed Bloom dans la ville de Spectre ou encore Adam et Barbara Maitland à propos de Beetlejuice, Jake est confronté à un choix qui changera sa vie. Et - heureusement - il fait le bon choix.

Est-il utile de préciser que les séquences contenant les monstres sont époustouflantes ? Oui. C'est un festival de merveilleux noir. Avec en prime un clin d'œil à Ray Harryhausen, quand une armée de squelettes entre en scène.

 

Un régal.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tim Burton, #Comédie dramatique, #Danny DeVito
Big Fish (Tim Burton, 2003)

Edward Bloom (Ewan McGregor quand il est jeune, Albert Finney quand il est vieux) ne séduit pas, il envoute. Il a toujours une anecdote pour chaque moment de sa vie. Alors on l'écoute, et on se prend à rêver.

Pour son fils Will (Billy Crudup), c'est avant tout un baratineur. Il faut dire qu'il n'était pas là pour sa naissance, alors ça donne un motif de fâcherie. Et puis ses histoires, il les a tellement entendues qu'il s'en est lassé.

Mais maintenant, Edward est en train de mourir, et Will se dit qu'il serait temps de faire la paix. Même s'il faut pour cela l'entendre à nouveau narrer ses aventures abracadabrantesques.

Il se rend avec sa femme Joséphine (Marion Cotillard), qui elle, ne connaît pas toutes ces histoires...

Alors Edward raconte, une dernière fois, et nous spectateurs, découvrons ce monde (presque) fabuleux qui nous emmène de Ashton, Alabama à... Ashton Alabama. Mais en passant par Le Japon et la mystérieuse ville de Spectre où il n'était pas attendu si tôt ; rencontrant une sorcière (Helena Bonham Carter), Karl - un géant - (Matthew McGrory), Amos - un directeur de cirque - (Danny deVito), Jing & Ping - des siamoises - (Ada & Arlene Tai), et bien sûr celle qui sera sa femme : Sandra (Alison Lohman quand elle est jeune, Jessica Lange, quand elle est âgée).

 

Toutes ces histoires sont des prétextes. Prétexte à raconter pour Edward, prétexte à se fâcher pour Will. Mais Will n'a pas encore compris que son père ne vit qu'e par et pour ses histoires. Pour Will, c'est un tissus de mensonges sans cesse développé, renouvelé, embelli. Il ne supporte plus les élucubrations de ce père à l'imagination débordante. Mais pour Tim Burton, un personnage pareil est une aubaine. Son imagination débridée lui permet un véritable feu d'artifices d'images et de couleurs, dans des décors trop bien arrangés pour être vrais.

Mais c'est aussi l'occasion de s'arrêter sur les relations familiales entre un père encombrant et un fils avide de vérité quant à ses racines.

 

Les enfants ont toujours cette peur d'avoir été abandonnés à la naissance et adoptés par une autre famille. Ils ont besoin d'être rassurés, d'être confortés quant à leurs réelles racines. Et Edward n'est pas un parent très rassurant, racontant chaque épisode de sa vie antérieure comme s'il s'agissait d'une superproduction hollywoodienne, où tout s'enchaîne en dépit de la vraisemblance. Peu importe la vraisemblance, d'ailleurs, pour Edward, qui semble avoir fait sienne la citation de Boris Vian : « Cette histoire est entièrement vraie puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre. »

Et comme toujours dans ces cas-là, cette réalité virtuelle a une base très réelle. Il a suffi à Edward de grossir très légèrement sa réalité pour la rendre féérique.

 

Mais finalement, ne faisons-nous pas tous un peu comme Edward ? Quand nous racontons une (més)aventure qui nous est arrivée, n'enjolivons-nous pas la réalité (à notre profit, bien sûr) ?

Et pour Edward, raconter sa vie de cette façon, n'est-ce pas finalement faire preuve d'une forme d'altruisme : en sublimant la réalité pour son auditoire, ne la rend-il pas un peu plus facile à affronter, voire à supporter ? 

Quant au gros poisson du titre, il est là. Tout le temps.

Il suffit d'ouvrir son esprit, et il apparaîtra. Tout d'un coup.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tim Burton, #Science-Fiction, #Comédie, #Danny DeVito

Au début, c’est un jeu de cartes des années 60.

Avec Tim Burton, c’est devenu un jeu de dominos : il les a bien alignés avant de les faire tomber un par un.

Le casting est éblouissant. Les effets spéciaux sont à la pointe et le film se situe dans la vague de films catastrophe de la deuxième moitié des années 90 : Independance Day, Armaggedon, Deep Impact.

Mais à la différence de ces trois films, les effets spéciaux servent le film et surtout, Burton ne se prend pas au sérieux.

Le film s’ouvre sur une image que j’ai toujours trouvée surréaliste : des vaches en feu qui courent.

Surtout, le ton du début est des plus sérieux : comme pour X-Files, nous avons des situations précises à des horaires précis, afin d’injecter un peu de réalisme. Le décor se plante et nous sommes sans cesse ballotés d’une époque à l’autre.

En effet, tout ce qui concerne les Martiens est daté années 60, alors que sur terre, la limite est plus floue. Alors qu’une ère numérique s’ouvre, le traducteur sophistiqué utilise des bandes magnétiques ! Les téléphones sont filaires et la vie dans le Kansas est un tantinet arriérée.

Mais c’est cette absence de limite franche qui fait la réussite de ce film.

Nous avons l’impression d’être dans un de ces films de science fiction des années 50, avec les techniques des années 90.

Et tout y est :

  • les Martiens hideux ;
  • l’attaque inopinée contre les Etats-Unis ;
  • les expériences scientifiques douteuses ;
  • le président américain arrogant ;
  • les scientifiques optimistes même devant l’évidence ;
  • la destruction des grands monuments par les Martiens (Obélisque de Washington, Tour Eiffel, Taj-Mahal et surtout Big Ben) ;
  • et même le monologue humaniste et pacifiste par ce même président, avec en prime la larme dans l’œil du méchant extraterrestre.

Pour le reste, c’est 1h45 de plaisir. Le casting permet des seconds rôles interprétés par des pointures, ce qui ne nous donne aucun instant de répit. Je donnerai même une mention spéciale à Danny deVito, en avocat rustre et égoïste.

Rien n’est pris au sérieux, et c’est pour ça que ça marche. Mais aussi, parce que les moyens sont là. Il faut, pour réussir une parodie, s’en donner les moyens et ne pas lésiner sur la production, ce que Burton fait avec brio.

Alors on savoure.

Je n’ajouterai qu’une chose : « Ak ak, ak, ak ak ak, ak ! »

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