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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

tom hanks

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie dramatique, #Robert Zemeckis, #Tom Hanks
Here : Les plus belles Années de notre vie (Here - Robert Zemeckis, 2024)

La vie, l’amour, la mort.

Le film de Robert Zemeckis est une singulière ode à ces trois moments inévitables dans l’existence de chaque être humain.

Singulière, parce que vue à travers un seul cadrage, qui évolue en fonction des différentes époques évoquées : des repères chronologiques des Etats-Unis : avant l’arrivée des colons avec l’histoire d’amour entre une jeune indigène (Dannie McCallum) et un jeune homme qu’on n’appelle pas encore Indien (Joel Oulette) ; et après avec les différents propriétaires qui se sont succédés, d’avant 1776 jusqu’au COVID-19 et même (un peu) après, avec en fil rouge l’histoire des Young qui occupèrent la demeure le plus longtemps.

A quoi ressemble cette demeure ? On ne le saura qu’au dernier moment, quand le film se referme et que la caméra s’en éloigne progressivement.

 

Oui, c’est un film bien singulier que nous propose encore une fois Robert Zemeckis. Loin des blockbusters plus ou moins mâtinés de (super) héros invincibles, il resserre ses nombreuses intrigues autour d’un lieu arrêté qui évolue avec le temps : de la nature sauvage – et préhistorique – à la société actuelle, et en particulier le XXème siècle. Et si le plan proposé est toujours le même, c’est le montage qui retient toute notre attention et donne à ce film sa dimension esthétique et pleinement humaine. On y naît, on y vit, on y meurt, voire on y est enterré. C’est un magnifique concentré de Vie, avec ses joies et ses peines, ses espoirs et ses tragédies. Et la vie des Young à elle seule reprend tous ces thèmes, livrant aux spectateurs toute l’humanité des personnages, télescopant au passage les autres périodes, en reprenant quelques faits marquants de celles-ci.

 

Et ce télescopage se fait à la manière d’un album de photos qu’on feuillette, au hasard (pour celui qui le compulse, pas pour le réalisateur) des pages, hasard exprimé par des cadrages insérés dans le plan fixe qui envahissent tout l’écran pour nous plonger dans une période précise :

  • Avant les colons anglais ;
  • Au temps de la Révolution américaine autour de Benjamin Franklin (Keith Bartlett) ;
  • Les années 1910 avec Pauline (Michelle « Mary Crawley » Dockery) et John Harter (Gwilym Lee), as de l’aviation encore balbutiante ;
  • Les années 1940 (jusqu’à la guerre) avec Stella (Ophelia Lovibond) et Leo l’inventeur (David Fynn) ;
  • L’après guerre avec Rose (Kelly Reilly) & Al (Paul Bettany), leur fils Richard (Tom « Forrest » Hanks et sa femme Margaret (Robin « Buttercup » Wright) ;
  • Le XXIème siècle avec Devon (Nicholas Pinnock) et Helen Harris (Nikki Amuka-Bird).

Et c’est à chaque fois un élément du décor, encadré qui nous fait passer d’une époque à une autre. Une merveille.

 

Et encore une fois, Tom Hanks est impeccable, tout comme Robin Wright qu’il retrouve trente ans après Forrest Gump. Le duo fonctionne encore une fois à merveille, épaulé par l’autre duo des parents. Bref, ça fonctionne parfaitement et on ne peut qu’avoir le sourire une fois que la caméra s’éloigne lentement, alors que le film se termine.

Et c’est une fin douce mais un brin amère qui nous est proposée, les deux protagonistes (Richard & Margaret) fermant définitivement le livre des souvenirs – le sous-titre français – et toutes ces années qui ne furent pas obligatoirement les meilleures, mais resteront gravées dans l’esprit de leurs participants.

 

Et la rédemption, dans tout ça ? Je vous laisse juge(s), mais je l’ai trouvée dans la dernière séquence, entre ces deux personnages très attachants, avant qu’on les laisse définitivement….

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Drame historique, #Jonathan Demme, #Tom Hanks, #Denzel Washington
Philadelphia (Jonathan Demme, 1993)

Ca commence avec le Boss (Bruce Springsteen) et ses « Rues de Philadelphie » (Streets of Philadelphia), et nous voyons différents habitants de cette mégalopole nous saluer. Normal, Philadelphie est la vielle de William Penn par excellence : celle où la tolérance est le ciment de la communauté.

Alors quand Andy Beckett (Tom Hanks), jeune avocat brillant et dynamique, est licencié parce qu’il a contracté le SIDA, c’est ce principe cher aux Pères Fondateurs qui est remis en cause. Mais Beckett ne s’en laisse pas compter : il engage l’avocat populaire (il passe à la télévision !) Joe Miller (Denzel Washington) pour le représenter.

Le premier problème qu’il rencontre : Miller est ce qu’on appelle aujourd’hui un homophobe, considérant les homosexuels comme des sous-hommes.

Le deuxième problème : le temps presse, la maladie se développe de plus en plus vite et les défenses immunitaires de Beckett tombent les unes après les autres, l’affaiblissant toujours plus.

 

Magistral.

Encore une fois, Jonathan Demme nous démontre qu’il était un grand réalisateur, signant ici un film presque parfait (1), servi par une distribution non seulement prestigieuse mais aussi à la hauteur de l’enjeu : l’acceptation de l’homosexualité. Parce que derrière cette intrigue judiciaire se joue la place des homosexuels dans la société américaine – et ailleurs, son influence a un peu fait bouger les lignes un peu partout dans le monde – même si ce n’est pas encore gagné (2).

Et le plus remarquable dans ce film, c’est la façon dont Demme montre les différents stéréotypes – faux – qu’on trouve sur le SIDA : l’attraper par une poignée de mains en est la meilleure illustration, puisque c’est aussi la première.

En effet, la première poignée de mains qu’échange Beckett avec quelqu’un est mise en évidence par un resserrement du cadrage sur cette effusion qui n’était alors pas toujours considérée comme saine par les ignorants (3). Et cette insistance est prémonitoire : jusque là, un spectateur qui n’a pas eu vent de l’intrigue peut alors se poser des questions, jusqu’à la révélation de Beckett à Miller. Autre élément prémonitoire : l’observation de Kenton (Robert Ridgely) à propos de la marque que porte Beckett sur le front qui se révèlera une lésion due à la maladie.

 

Mais c’est surtout la présentation de cette maladie qui est le meilleur atout du film : avoir le SIDA dans les années1980s, c’est comme être noir avant le Mouvement des Droits Civiques. Les personnes atteintes – homosexuelles, surtout – sont marginalisées voire ostracisées. Ce n’est pas par hasard si Sarah Beckett (Joanne Woodward) déclare qu’elle n’a pas élevé ses enfants pour qu’ils se retrouvent à l’arrière des bus (4) : la place qui était réservée aux « gens de couleur » (colored) autrefois aux Etats-Unis.

Parce que si Beckett qui est licencié officiellement pour faute grave, c’est bel et bien à cause de sa maladie que ses patrons se débarrassent de lui.

 

Et pendant le procès qui suit, la défense abjecte des associés patrons est tout bonnement écoeurante, avec une mention spéciale pour les deux avocats, Belinda Conine (Mary « Miss Clayton » Steenburgen) et Jerome Green (Obba Babatundé, qu’on pouvait apercevoir dans le film précédent de Demme) : ils utilisent les arguments courants homophobes afin de criminaliser la conduite de Beckett qu’ils jugent irresponsable, comparée à celle d’une autre personne atteinte de la même maladie suite à une transfusion ; cette dernière est une véritable victime à leurs yeux, tandis que Beckett a, d’une certaine façon, reçu ce qu’il méritait. Pourtant, l’issue pour ces deux personnes sera la même : une mort annoncée.

 

Mais si ce film a eu un tel impact sur les spectateurs, c’est aussi pour les différentes performances d’acteurs, outre celle de Mary Steenburgen, on notera :

  • Jason Robards (Charles Wheeler,le grand patron) est un formidable salaud, n’exprimant aucun regret ni remord vis-à-vis de Beckett, malgré les perches que semble nous tendre Demme à chacune de ses interventions :on croit qu’il va revenir sur son opinion (son visage semble l’indiquer) mais rien ne changera. D’ailleurs, l’issue du procès (défavorable à son encontre, heureusement) lui semble aberrante et il ne veut pas en rester là.
  • Antonio Banderas (Miguel Alvarez, le « partenaire » de Beckett) un peu à contre-emploi (il sait tout jouer, cet homme-là) est magnifique de subtilité dans ce rôle difficile parce qu’un tantinet éclipsé par Tom Hanks.
  • Denzel Washington, bien entendu, pour ce rôle là aussi pas évident en face de Hanks, et surtout loin de l’image d’humanité qu’on avait l’habitude de voir chez lui dans ses rôles précédents. La première réaction qu’a Miller quand il apprend la maladie de Miller est des plus évidente et résume en quelques secondes les idées fausses véhiculées alors. Mais on ne pouvait laisser Washington dans ce rôle un brin négatif et son évolution va de pair avec la maladie de Beckett : alors que l’état général de ce dernier se détériore, la mentalité et l’attitude du premier s’améliorent, comme si ce que perdait Andy ne l’était pas pour tout le monde (perdu !). La dernière entrevue entre ces deux protagonistes est, bien sûr, la plus évidente.
  • Tom Hanks enfin, qui interprète là un de ses plus beaux rôles, avec en point d’orgue la séquence qui le voit commenter la musique qu’il fait écouter à Miller, Andrea Chénier (Umberto Giordano, 1896), avec la voix extraordinaire de La Callas, chantant La Mamma morta (« Ils ont tué ma mère », dit la traduction française officielle…). Il y a dans ce chant le même espoir et le même désespoir que ceux de Beckett, qu’il exprime avec une immense justesse, laissant Miller subjugué par ce qu’il vient de voir et d’entendre, tout comme l’est le spectateur. C’est très certainement le tournant du film pour ce dernier, le moment où il prend pleinement la mesure de son client qui n’est alors plus un client comme les autres.

 

Quant aux dernières paroles de cette aria, elle résume magnifiquement l’état dans lequel se trouve Andy à la veille de son audition :

« Corpo di moribonda è il corpo mio. / Ce corps de moribond est mon corps,
Prendilo dunque. / Prends-le donc.
Io son già morta cosa! » / Car je suis déjà morte.

 

Sublime.

 

  1. La perfection n’est pas de ce monde, et en plus, vous trouverez toujours quelqu’un pour vous dire qu’il y a ceci ou cela qui ne va pas…
  2. On trouve toujours, 30 ans après, des pays où l’homosexualité est considérée comme contre nature sinon un délit, voire un crime.
  3. Ceux qui ne savaient pas comment se véhiculait le VIH.
  4. “I didn't raise my kids to sit in the back of the bus.”

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Biopic, #Baz Luhrman, #Tom Hanks
Elvis (Baz Luhrmann, 2022)

Epoustouflant.

A nouveau, les Américains nous démontrent qu’ils ont toujours l’un des meilleurs cinémas du monde. Et pour cela, ils nous gratifient d’un nouveau biopic de toute beauté, reprenant – encore une fois – la vie de l’un des artistes les plus emblématiques, le King soi-même, Elvis Presley (Austin Butler).

Nous sommes en 1997 quand commence le film, et le « colonel » Tom Parker (Tom Hanks) est à Las Vegas, pour les derniers instants de sa vie. Va s’ensuivre la vie d’Elvis, raconté par ce personnage trouble mais d’une certaine façon génial, celui qui fut son agent même après sa mort.

Ce sont donc une vingtaine d’années qui nous sont présentées, de l’éclosion du phénomène jusqu’à l’issue fatale annoncée, et surtout les rapports entre les deux hommes qui vont évoluer d’une symbiose prometteuse à une décadence annoncée elle aussi.

 

Bien sûr, on trouve une portée didactique dans l’intrigue, mais ce n’est certainement pas là que se situe le véritable intérêt du film. Et malgré la narration de Parker, c’est toujours le King le centre de l’attention. Et Austin Butler est incroyable.

Evidemment, il ne ressemble pas physiquement à Elvis (1), mais son allure, sa voix et surtout son déhanché ne trompent personne : il est Elvis. Parce que c’est là le talent de ce jeune acteur : réussir à être son personnage sans lui ressembler (2).

Les différentes prestations en concert d’Elvis sont alors de fabuleux moments où on retrouve l’époque qui a vu les grandes étapes de sa vie : sa découverte, son retour (en 1969) et Las Vegas, dernier lieu de représentation de la Légende. Et à chaque fois, c’est formidable. Ca fonctionne parfaitement : on s’y croirait, comme on dit ! Les premières prestations sont surtout l’occasion d’une belle reconstitution. Des décors/costumes/ coiffures, bien sûr, mais ça, c’est inévitable, mais aussi des mentalités, accentuées par les commentaires de Parker (« on ne sait pas si on a le droit d’aimer ») : toutes les femmes sont subjuguées par le déhanchement – lascif – du chanteur. Cette séquence eut nous paraître quelconque, près de 70 ans après, mais il faut absolument se replacer dans le contexte. Nous sommes en plein cœur des années 1950 dans le Sud des Etats-Unis, une région au moins aussi prude, voire pudibonde que le reste du pays. Les références sexuelles sont taboues quand elles ne désignent pas une certaine partie de la population : les Noirs. N’oublions pas que la ségrégation est encore de rigueur et de façon assez autoritaire. Et pour la population blanche (qui dirige), les gesticulations lascives du jeune homme sont une atteinte aux bonnes mœurs, ravalées au rang bestial et même pire : noir. Pire insulte de la part de gens qui sont extrêmement racistes comme le montrent les interventions d’un sénateur à un meeting en même temps que le concert de charité que donnait le « nouvel Elvis ».

Et la ségrégation va émailler le film, avec les différentes rencontres musicales d’Elvis – B.B. King (Kelvin Harrison Jr.), Little Richard (Alton Mason), Mahalia Jackson (Cle Morgan)… – ainsi que des événements tragiques qui n’en sont pas étranger – assassinats de Martin Luther King et Robert Kennedy – ramenant Elvis à son enfance dans les quartiers proches du ghetto noir de Memphis.

 

Encore une fois, Tom Hanks est magnifique dans ce rôle ambigu d’homme d’affaires « charitable » (3) qui n’était rien d’autre qu’un escroc. Génial peut-être, mais escroc avant tout. Comme le disait Hitchcock, pour qu’un film soit réussi, il faut (mais ne suffit pas) que le méchant soit réussi : c’est chose faite ici. Parker a un aspect salaud (quand Elvis a une attaque en 1973) qui ne dénature absolument pas son personnage. Bien entendu, les autres interprètes (très justes) sont un tantinet éclipsés par ce duo vedette, n’étant rappelés que par leur aspect anecdotique. N’empêche : Alton Mason est  vraiment impressionnant quand il interprète Tutti Frutti.

 

Autre élément important du film : sa construction. Baz Luhrmann démontre tout son savoir faire. Outre la réalisation, il participe au scénario et il participe à la production (on n’est jamais mieux servi que par soi-même). Sa construction du film – grandement aidée par le montage éclairé de Matt Villa et Jonathan Redmond – est très pertinente, que ce soit dans la narration de Parker – l’errance du vieil homme malade dans un casino désert – ou le mélange des images d’archives et tournées.

Parker erre, malade, poussant son goutte-à-goutte de morphine et nous raconte sa vérité : on dit que quand on meurt, toute sa vie défile devant ses yeux. Et c’est ce qu’il se passe ici : Parker est en train de mourir et tout lui revient, presque dans l’ordre, avec certaines incursions dans le passé (Elvis enfant dans la chapelle improvisée reviendra souvent). Quant aux images d’archives, les reconstitutions sont parfois bluffantes, surtout quand la dernière séquence nous montre le « vrai » King.

Et l’apothéose de ce mélange, c’est bien entendu la dernière chanson qui nous est proposée, lors de son dernier concert, Unchained Melody. C’est Austin Butler qui la commence, bouffi par les années de boulimie (encore un maquillage réussi), mais à un moment tout bascule, et c’est Elvis lui-même qui la termine, avec, même s’il est assis (il ne peut plus tenir debout), la même énergie que par le passé.

 

Un film phénoménal. Autant que le personnage dont il est question.

 

PS : Un petit bémol malgré tout, alors que le générique de fin se déroule, la voix d’Elvis (le vrai) entonne In the Ghetto (merveilleuse chanson !)… Et on se dit que ce (long) générique va être agréable à regarder. Et puis patatras, c’est une espèce de meddley elvissien à la sauce actuelle qui lui succède. Je veux bien (feindre de) croire que cela illustre l’un des derniers intertitres à propos de son influence, mais là, je ne peux pas. Je suis sorti.

 

  1. Le film n’est pas un concours de sosies
  2. On trouvera le même cas de figure dans le téléfilm Hitler: the Rise of Evil (Robert Duguay, 2003) où Robert Carlisle interprétera cet ignoble personnage avec, comme Austin Butler, beaucoup de brio.
  3. « Charité bien ordonnée commence par soi-même ».

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Espace, #Ron Howard, #Tom Hanks, #Bill Paxton
Apollo 13 (Ron Howard, 1995)

 

Quand sort le film, 25 ans après les faits (et aujourd’hui encore, un peu plus de 25 ans plus tard), les spectateurs connaissent déjà la fin de l’intrigue : Jim Lovell (Tom Hanks), Fred Haise (Bill Paxton) et Jack Swigert (Kevin Bacon) sont revenus sains et saufs de leur voyage spatial après avoir fait le tour de la Lune, à défaut de s’y être posés.

Mais malgré tout cela, Ron Howard réussit à nous faire douter de l’issue de cette aventure spatiale bien singulière. Singulière parce que nous n’avons pas l’habitude, nous spectateurs, de voir un fiasco en œuvre dans un film sur l’espace.

 

Parce que cette fois-ci, rien ne se passe comme prévu : non seulement il n’y aura pas d’alunissage, mais en plus, les trois hommes vont frôler la mort. Certes, beaucoup comme moi ont encore en tête l’explosion terrible de Challenger (22-1-1986), mais nous n’en sommes pas là : il s’agit ici de 1970.

Du 11 au 17 avril, le monde va donc suivre avec angoisse le sort de ces trois hommes coincés à des milliers de kilomètres de toute vie humaine, dans un engin qui n’était prévu que pour alunir et repartir. Bref, autant dire un vol impossible.

Et ce qu’il y a de bien avec les choses impossibles, c’est que ça donne des ailes au cinéma, lieu où tout est possible, et surtout ce qui ne l’est pas.

 

Certes, l’impossible ne l’est pas tant que ça puisque nous savons comment tout cela s’est terminé. Mais le talent de Ron Howard et de tout ceux qui l’entourent sur cette aventure (à plus d’un titre) c’est de nous relancer dans cet impossible et de nous amener à ce dénouement (heureux) malgré tout, comme s’il s’agissait un tout nouvel exploit(1). Nous nous retrouvons dans les mêmes conditions que les acteurs d’alors, tendus devant cette situation qui semble inextricable.

Comme d’habitude, on trouvera quelques esprits forts pour nous signaler qu’il y a certaines approximations et que certaines choses ne son pas possibles ou ne se sont pas passées (2). Et comme toujours je dis : certes, mais on s’en fiche, on est au cinéma. Ce qui compte, ce n’est pas ce qui a été, mais ce qui se passe sous nos yeux.

 

Et de ce côté-là, la mission de Ron Howard est bel et bien accomplie, recréant un grand moment de tension cinématographique en mettant en présence les différents acteurs de ce qui aurait pu être une tragédie : les astronautes bien entendu, mais aussi le centre de contrôle de Houston (3), inévitable, et enfin ceux qui ont vécu tout cela peut-être aussi intensément que les trois hommes, leur(s) famille.

Et tout cela, en jouant avec astuce sur le chiffre 13, censé porté malheur : non seulement le numéro de la mission est celui-là, mais ils s’élèvent à 13 h 13 et doivent alunir le 13 avril !

Tout est prêt pour un film catastrophe et la catastrophe arrive : Marilyn Lovell (Kathleen Quinlan) perd sa bague de fiançailles dans la douche !

 

Sérieusement, Ron Howard réussit un très beau film sur la conquête spatiale américaine, dans la lignée du non moins superbe The right Stuff de Philip Kaufmann une dizaine d’années plus tôt, avec en commun Ed Harris (Gene Kranz) (4), mais avec un handicap de choix : l’échec de la mission.

Et c’est aussi là qu’est la magie du cinéma : réussir à tourner cet échec en une incroyable réussite, avec résolution finale émouvante. Et il faut avouer que les Américains savent le faire.

 

C’est ça, le cinéma.

 

  1. Exploit qui fut réel à cette époque.
  2. C’est bien la musique de 2001, a space Odyssey qui fut jouée !
  3. De ce côté-là, pas de problème !
  4. Avec des cheveux !

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Gangsters, #Road Movie, #Sam Mendes, #Tom Hanks
Les Sentiers de la perdition (Road to Perdition - Sam Mendes, 2002)

Michael Sullivan Jr. (Tyler Hoechlin) vit dans une famille américaine tout à fait normale : entre son père Michael (Tom Hanks) et sa mère Annie (Jennifer Jason Leigh), et auprès de son frère Pete (Liam Aiken). Ils ont une belle maison, une voiture et un garage, ce qui est bon signe dans l’Amérique de 1931, en pleine Dépression.

Il faut dire que Michael – le père – travaille pour l’un des hommes les plus riches de l’Illinois : John Rooney (Paul Newman).

Son emploi ? Tueur à gage. Oui, Rooney est ce qu’on pourrait appeler un « parrain » s’il était sicilien.

Un soir que Michael Sr. se rend à un rendez-vous avec Connor Rooney (Daniel Craig) – le fils de l’autre - ce dernier abat son interlocuteur (Ciarán Hinds). Jusque là, rien de plus normal. Sauf que Michael Jr. a assisté au meurtre. Il devient alors un témoin gênant pour Connor qui ne peut se contenter de la parole du père.

 

C’est seulement le deuxième film de Sam Mendes, mais quel film ! Il recrée avec bonheur l’Amérique de la grande Dépression, qui coïncide aussi avec la Prohibition et donc les gangsters devenus mythiques. Et si Frank Nitti (Stanley Tucci) apparaît à plusieurs occasions, Al Capone – il capo di tutti capi (1) – a été coupé au montage.

Qu’importe puisque c’est l’errance des deux Michael Sullivan qui nous intéresse ici, racontée essentiellement du point de vue du fils, comme c’est le cas dans le roman graphique de Max Allan Collins (scénario) et Richard Piers Rayner (dessins) qui sert de base à l’intrigue du film.

 

Et l’enjeu du film tient dans son titre : Road to Perdition. La traduction qui nous est proposée en français insiste plus sur l’aspect road-movie du film alors qu’à l’origine, « Perdition » est à double sens. Comme il s’agit d’un titre, il est normal que le nom perdition gagne une majuscule. Mais cette majuscule légitime cache un double sens très important : Perdition, c’est l’endroit où vi la tante du jeune Michael, au bord du lac Michigan. Cette perdition/Perdition devient alors l’enjeu véritable du film : y arriveront-ils ? Si oui, à laquelle ?

En effet, si Michael Sr., de par son activité professionnelle est déjà un homme « perdu », son fils a encore le choix de bien tourner et de ne pas être « comme son père », ainsi que le redoute ce dernier.

 

Avec bien sûr l’inévitable Rédemption, d’autant plus importante que Michael Sr. est un gangster très redoutable. Rassurez-vous, il y aura droit, et sans échappatoire possible : à nouveau, Tom Hanks disparaît avant la fin du film (c’était le cas dans Saving Private Ryan). Mais avant cela, il nous gratifie d’une très belle interprétation un tantinet à contre emploi – on le voit rarement dans un  rôle de méchant, même si ici Michael Sullivan n’est pas le pire de tous. C’est un tueur redoutable et froid – normal, c’est son boulot – mais la relation qu’il développe – enfin – avec son fils le rend plus humain et donc faible, permettant au spectateur de se ranger de son côté. On notera encore une fois une belle prestation de Paul Newman, dans son dernier rôle physique à l’écran (le vrai dernier sera une voix). Et je ne suis pas loin de rejoindre mon ami dessinateur Jean qui m’expliquait qu’Hollywood avait tendance à « recycler » ses vieux acteurs en les faisant passer du côté sombre. C’est le cas de Paul Newman ici, ce sera aussi le cas de Robert Redford dans Captain America : The winter Soldier.

 

Quoi qu’il en soit, Road to Perdition reste un film de gangster superbe, servi par quelques pointures dont certaines allaient se révéler dans les années suivantes (Daniel Craig), et soutenu par une très belle reconstitution qui nous ramène dans cette période terrible qui vit se côtoyer une grande misère ainsi qu’une richesse indécente et où les gangsters avaient aussi tendance à faire eux-mêmes la loi : ici, un seul policier dans tout le film. Et encore, il aurait mieux fait d’être ailleurs. Ou tout du moins ne rien oublier…

 

  1. Le grand Manitou

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #John Lasseter, #Pixar, #Tom Hanks
Toy Story 2 (John Lasseter, 1999)

Ils reviennent : Woody (voix de Tom Hanks), Buzz Lightyear (voix de Tim Allen), Rex (voix de Wallace Shawn), etc. Mais cette fois c’est Buzz qui va aller sauver Woody : un collectionneur peu scrupuleux (voix de Wayne Knight) l’a volé pour le vendre au musée du jouet au Japon, avec l’ensemble des personnages de la collection (1) : Jessie (voix de Joan Cusack), le Prospecteur (voix de Kelsey Grammer) et le cheval Bull’s Eye.

Une expédition est montée par Buzz à laquelle participent Mr Potato Head (voix de Don Rickles), Hamm (voix de John Ratzenberger), Rex et Slinky Dog (voix de Jim Varney).

 

On prend (presque) les mêmes, et on recommence. John  Lasseter est toujours le réalisateur, les scénaristes sont quasiment identiques au premier opus et Randy Newman signe encore la musique. Pourquoi changer une équipe qui gagne ?

Troisième long-métrage des studios Pixar, il participe grandement à la révolution numérique amorcée quatre ans plus tôt par les studios Disney. Mais l’animation « classique » n’est pas encore abandonnée, puisqu’il faudra attendre 2003 pour voir le dernier film Disney utilise la technique traditionnelle (2).

On retrouve le même principe que dans le premier film : les jouets ne s’animent qu’une foi les humains absents ou dans l’impossibilité de les voir évoluer.


Et encore une fois, ça fonctionne. Certes, il n’y a pas le plaisir de la découverte mais on suit avec beaucoup d’intérêt cette intrigue réjouissante et surtout les différentes pérégrinations plus ou moins farfelues du « commando » envoyé à la rescousse du shérif : Rex est toujours aussi stupide ; Mr Potato Head utilise ses différents éléments qui le constituent quand ils ne se détachent pas ; Slinky Dog joue de son ressort et bien sûr Buzz est le chef énergique de cette expédition.

Et à nouveau on retrouve le Buzz du premier opus : l’équipe de secours se retrouve dans le magasin de jouets d’Al et un Buzz tout neuf (et mis à jour) veille sur un immense rayon de ses propres répliques. Sa rencontre avec notre Buzz a de savoureux qu’on retrouve les mêmes attitudes qu’avait le nôtre lors de sa rencontre avec Woody.

De même on retrouve le même débat sur le rôle d’un jouet : alors que nos héros sont convaincus qu’ils existent pour être aimés d’Andy (voix de Paul Nivet après celle de John Morris), Jessie et le Prospecteur voient dans leur exposition au musée du jouet une sorte de consécration ainsi qu’une possibilité de sortir de leur prison (emballage, coffre).

 

A nouveau, John Lasseter truffe son film de références, la plus évidente – et qui se prolonge pendant tout le film) étant bien sûr Starwars, surtout quand Buzz rencontre son ennemi juré, l’empereur Zurg (voix d’Andrew Stanton). On y trouve aussi un clin d’œil à A bug’s Life ou encore à Jurassic Park (avec Rex, cela va de soi).

De plus, avec l’apparition de Jessie, c’est – enfin – un autre personnage féminin qui intervient durablement (on la retrouve dans les deux autres suites) ; jusque là, seuls trois éléments féminins intervenaient : la mère (voix d’Isabelle Ganz qui a succédé à Laurie Metcalf) et la sœur (Hannah Unkrich) d’Andy qui ont un rôle très anecdotique ici, et Bo Peep (voix d’Annie Potts) la bergère fiancée à Woody. Jessie en plus de durer est une femme battante, une cowgirl serait-on tenté de dire qui ne s’en laisse pas compter par ce shérif qui vient d’arriver dans son monde et veut lui refuser de réaliser ses ambitions.

 

Au final, on retrouve avec beaucoup de plaisir ce microcosme ludique et on s’amuse des constantes qu’on retrouve ici, et si le niveau du film n’est peut-être pas aussi haut que le premier, il n’en demeure pas moins une très belle réalisation : les suites souffrent souvent d’une baisse de régime, mais peu de sagas ont connu une baisse aussi légère que celle-ci…

 

  1. On apprend que Woody fut un personnage de série à la télévision, une marionnette à fil qui vivait de grandes aventures avec ses trois acolytes.
  2. Bien sûr, ceci est une autre histoire.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Comédie, #Pixar, #John Lasseter, #Tom Hanks
Toy Story (John Lasseter, 1995)

C’est l’effervescence à la maison Davis : on fête aujourd’hui l’anniversaire d’Andy (voix de John Morris). Et les plus excités, ce sont les jouets ! Menés par Woody (voix de Tom Hanks), un cowboy désarticulé, ils attendent avec anxiété le déballage, de peur d’être surpassés par un nouveau jouet. Mais pour Woody, pas de souci, il est le préféré du petit garçon. C’est plus pour les autres qu’il a peur, essayant de leur remonter le moral. Et la découverte terminée, tout le monde pousse un ouf de soulagement : pas de nouveau jouet en vedette.

Pourtant, la maman d’Andy a gardé un dernier cadeau (volumineux) : Buzz Lightyear (voix de Tim Allen), un astronaute qui va sauver la galaxie.

Pour Woody, le coup est rude : Buzz prend la place de favori dans le cœur d’Andy.

 

Déjà 25 ans que ce film est sorti ! Et quel film !

Alors que nous assistions à une baisse de qualité des films produits par Disney, l’association avec Pixar remet le géant américain en selle (comme Woody) et par la même occasion signe le renouveau du dessin animé : le passage au numérique !

Il était temps que ce passage ait lieu quand on voit la baisse de qualité de l’animation des dernières productions des studios Disney pendant les années 1990 (voire avant).

Mais surtout, avec Toy Story, c’est le véritable retour du merveilleux !

Pas le merveilleux magique des classiques (Blanche-Neige, la Belle au bois dormant,  Cendrillon…). Non, le merveilleux ordinaire, celui qui touche le plus les enfants, principale cible du film : leurs jouets.

 

Enfants, on a toujours su que nos jouets étaient réels et qu’ils avaient une vie propre dès qu’on les laissait seuls. Je me souviens d’un enseignant d’école maternelle qui expliquait à un élève de laisser son « doudou » à l’entrée de la classe parce que, disait-il, « il est très certainement fatigué d’avoir veillé sur ton sommeil toute la nuit ».

Et la magie « Disney » opère : tous les jouets s’animent et parlent, répondant à la question de Lamartine : oui, les objets inanimés ont une âme. Et en plus, pas toujours très belle.

En effet, l’arrivée de Buzz dans le microcosme ludique d’Andy va amener un sentiment jusqu’alors inconnu : la jalousie. Et en plus, c’est le jouet préféré qui la subit de plein fouet, amenant le déséquilibre nécessaire à l’intrigue. Parce que nous sommes dans une structure classique de conte – puisque je vous dis que nous sommes dans le merveilleux – avec sa situation initiale équilibrée (les jouets heureux) ; l’événement qui précipite le déséquilibre (l’arrivée de Buzz) ; la quête (récupérer Buzz) ; les adjuvants (les autres jouets) ; l’opposant (Sid Philips – voix de Erik von Detten) ; la résolution heureuse et la transfiguration du héros. Et comme nous sommes dans un film américain, cette transfiguration ressemble à s’y méprendre à une rédemption, que voulez-vous…

 

A propos de l’opposant, encore une fois on retrouve notre ami Hitchcock et sa théorie du méchant : plus il l’est et meilleur est le film, si je résume bien. Sid est un sale gosse comme on n’en voit que dans les films (et dans certains supermarchés…), bricoleur et surtout destructeur, ses jouets semblent tout droits sortis de l’imagination (fertile) de Stephen King. Et ce n’est d’ailleurs pas une surprise si la moquette de sa chambre ressemble à s’y p^éprendre à celle des couloirs de l’hôtel Overlook (1).

Mais malgré cette accentuation du personnage, Sid n’est pas bien différent de certains enfants que nous avons pu connaître voire connaissons encore : qui n’a pas, par exemple, coupé les cheveux d’une poupée ? Certes, les « trouvailles » de Sid sont un tantinet extrêmes, mais c’est tout à fait normal : nous sommes au cinéma.

 

Bref, cette association Pixar-Disney pour un premier long-métrage est une réussite totale et si les dessins animés traditionnels ont quand même continué après, cette nouvelle forme d’animation allait s’imposer rapidement, avec en prime une saga autour de ces mêmes personnages-jouets dont la qualité sera au rendez-vous.

Et en plus, la musique est signée Randy Newman : il n’y a donc vraiment pas de raison de bouder ce film !

 

  1. Celui de Shining.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robert Zemeckis, #Comédie dramatique, #Tom Hanks
Forrest Gump (Robert Zemeckis, 1994)

« La vie c’est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais ce qu’on va avoir. »

Cette phrase pleine de sagesse (?), c’est celle que la maman de Forrest Gump (Tom Hanks) a prononcée pour lui expliquer la vie. Il faut dire que la vie de Forrest est très particulière : Forrest est un enfant différent. Différent parce que son QI n’est pas aussi élevé que ceux des autres enfants, ceux qui sont normaux.

Qu’importe : si la vie est une boîte de chocolats, ça doit être une très belle marque, parce qu’il la conduit naturellement, et elle devient alors très belle.

L’autre réplique, c’est bien sûr « Cours, Forrest, cours ! ». Et courir, c’est peut-être ce qu’il fait le mieux, dès l’enfance, afin d’échapper aux autres enfants qui se moquent de lui.

Courir, c’est aussi ce qui le sauve au Vietnam et lui permet même d’en sauver d’autres.

 

Mais Forrest Gump, ce n’est pas seulement une boîte de chocolats et une paire de tennis.

C’est avant tout un témoin de l’Amérique des années 1950s jusqu’aux années 1980s. C’est un témoin objectif, parce qu’il n’attend rien de la vie, il prend ce qu’elle lui amène, comme l’a prévenu sa maman (Sally Field).

Et il s’en passe des choses : les présidences de Kennedy, Johnson, Nixon, Ford, Carter et Reagan ; la Guerre du Vietnam ; les mouvements de protestations contre la Guerre du Vietnam ; quelques assassinats célèbres et un nombre incalculable de rencontres qui ont un impact aujourd’hui encore !

 

Oui, c’est trop beau pour être vrai ! Mais c’est justement pour ça que ce film l’est, beau. Tom Hanks interprète l’un des rôles les plus sympathique de sa carrière, cet homme un peu bébête qui est le spectateur de tous ces changements dans la société américaine, mais qui semble aussi spectateur de sa propre vie.

A ses côtés – de temps en temps – on retrouve Robin « Buttercup » Wright dans le rôle de Jenny, sa plus vieille amie, rencontrée sur le (premier) chemin de l’école : la seule qui accepta qu’il s’installe près de lui dans le bus.

Et alors que Forrest se laisse emporter par sa vie qui se déroule, Jenny agit sur la sienne, expérimentant les différents modes de vie de la fin des années 1960s jusqu’au début des années 1980s : musique, amour libre, drogues…

 

Quand ils se retrouvent – définitivement – tous les deux ont vécu pleinement cette vie qui s’était offerte à eux. Mais s’ils en sont sortis vivants, ce n’est pas dans le même état. Dernier avatar de Jenny, alors que les années Reagan se passent, elle attrape un virus que les médecins n’arrivent pas à comprendre mais que les spectateurs de 1994 (vingt-cinq ans déjà !) comme ceux d’aujourd’hui peuvent nommer : le terrible VIH.

Et si nous sommes tristes de l’issue inévitable pour Jenny, Robert Zemeckis filme avec beaucoup de finesse et de subtilité les émotions qui étreignent Forrest, nous les partageant avec la même délicatesse de Chaplin quand il ouvre The Kid, soixante-dix ans plus tôt.

ON sourit beaucoup, mais on chasse une petite larme dans le coin de l’œil alors que Forrest Gump Jr. (Haley Joel Osment dont c’est la première apparition au cinéma) entre dans le bus conduit par la même Dorothy Harris (Siobhan Fallon Hogan*) que quand son papa est allé pour la première fois à l’école.

 

Au final, c’est un film qui se regarde avec toujours plus de plaisir à chaque nouveau visionnage. Zemeckis – je le répète – présente ses personnages avec beaucoup de finesse et de délicatesse (surtout Forrest, bien sûr) : mais il faut dire aussi que ses différents interprètes – n’oublions pas Gary Sinise (le lieutenant Dan Taylor) – jouent avec beaucoup de justesse cette fable sur la différence où justement, c’est parce qu’on est différent qu’on est aussi comme les autres. Et n’oubliez jamais que c’est de la différence que naît la richesse.

 

PS : J’oubliais (encore une fois). Les différentes séquences d’actualité retouchées avec à chaque fois Forrest Gump côtoyant des personnalités emblématiques sont absolument bluffantes et amènent plus d’une fois le sourire : les réflexions des deux présidents ou les remarques de John Lennon ; ou encore ses attitudes et paroles qui expliquent certains événements et faits de société – Watergate ; « shit happens (etc.) ». Du bel ouvrage.

 

 

* Grande amie de la regrettée Mary Ellen Trainor (1952-2015) qui apparaît aussi dans le film : elle ramène Junior à sa maman. [NB : c’était aussi Mrs Zemeckis à cette époque]

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Tom Hanks, #Comédie
Il n'est jamais trop tard (Larry Crowne - Tom Hanks, 2011)

Larry Crowne (Tom Hanks) vient d’être viré.

Sans emploi et un crédit sur le dos, il se tourne vers l’université qu’il n’a jamais pu fréquenter.

Mercedes Tainot (Julia Roberts) est malheureuse en ménage.

Elle vit avec un écrivain raté qui passe son temps à mater les filles aux gros seins sur le Net.

Il semble qu’ils étaient faits pour se rencontrer.

Ca tombe bien, elle enseigne la rhétorique où vient de s’inscrire Larry.

 

C’est la deuxième fois que Tom Hanks passe derrière la caméra, et cette fois-ci, il a le premier rôle masculin.

Comme souvent quand un acteur passe de l’autre côté (1), le spectateur peut voir un film généreux où chaque acteur compte et apporte sa pierre à l’intrigue. C’est bien sûr le cas ici, où chaque personnage important possède un côté attachant qui donne une teinte harmonieuse au film.

 

Pourtant, le début est terrible : c’est une accumulation de coup du sort. Larry est tout d’abord viré sous un prétexte fallacieux (2) : il n’est pas allé à l’université ! Pourtant, tout commençait bien le générique d’introduction voyait le supermarché où travaillait Larry se préparer à accueillir les client(e)s. Et en plus, Larry était l’un des employés le plus efficace.

L’annonce du licenciement est un bijou de langue de bois et surtout de saloperie patronale : le genre d’excuse on ne peut plus bidon qui se situe un petit peu avant le licenciement par sms.

Et comme si cela ne suffisait pas, Larry ne peut plus payer le crédit (énorme) sur sa maison.

On a alors une scène assez terrible où la banquière (Rita Wilson, madame Hanks à la ville) est à des lieues de la réalité de Larry, proposant alors un café pour « discuter »…

 

Et puis Larry intègre l’université, histoire de mettre toutes les chances de son côté. Le cours de Mercedes est on ne peut plus spécifique, tellement même que les étudiants ne s’y inscrivent pas, et sans Larry, le cours aurait été annulé. Si les étudiants qui assistent ne sont pas des champions, Hanks ne les fait pas passer non plus pour des crétins : entre Steve Dibiasi (Rami Malek, qui n’est pas encore Freddie Mercury) et Natalie Calimeris (Grace Gummer) qui agite frénétiquement sa crosse quand elle parle de son sport, Larry se retrouve d’une certaine façon avec des laissés pour compte dans une matière qui ressemble plus à une voie de garage qu’à un sésame vers des postes à responsabilité.

Mais bien sûr, Hanks réussit à tirer le meilleur de ces gens, les rendant sympathiques, avec réunion famille-voisins-amis quand Larry déménage.

 

Autres personnages attachants : Talia (Gugu Mbatha-Raw). En plus d’être très jolie, elle appartient à une bande de scooters (3), dont le leader n’est autre que son petit ami, Dell Gordo (Wilmer Valderrama), jaloux de ce « vieux » qui n’est pas insensible au charme de Talia (4).

Ses apparitions prennent toujours une dimension comique et surtout ne nécessitent que très peu de mots, le silence étant toujours le meilleur atout du comique (cf. Chaplin, Keaton, Lloyd...).

Et d’une manière générale, le film est très réjouissant, les ennuis initiaux de Larry s’estompant petit à petit jusqu’à son déménagement et l’arrivée du livreur de pizzas.

 

Un film simple, généreux et qui donne le sourire.

Que demander de plus ?

 

  1. Rien d’obscure là-dedans !
  2. Je sais, c’est un tantinet pléonastique, mais on peut difficilement jouer d’un euphémisme pour ce qui se passe.
  3. Comment appelle-t-on ceux qui en conduisent un ? Scooteux ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventure, #Ron Howard, #Tom Hanks
Da Vinci Code (Ron Howard, 2006)

Avant il y avait le best-seller (1) de Dan Brown.

Et Ron Howard est arrivé avec la lourde de tâche d’adapter l’un des romans les plus lus de ce début de millénaire.
Pas de souci : un casting international ; de belles reconstitutions en surimpression, et Tom Hanks.

 

Pour ce qui en est de l’adaptation (2), on peut la juger honorable, les grandes lignes ayant été conservées. Le seul problème de l’adaptation, c’est le bavardage.

Le livre de Brown, s’il se situe dans une zone d’ombre propice à la conspiration – avec quelques éléments véridiques – renferme une somme d’informations étayant ces aspects historiques.

 

Et c’est justement là où le bât blesse. Howard nous propose une adaptation musclée et spectaculaire où Tom Hanks et les autres semblent dans leur élément. Mais on ne peut passer à côté d’un bavardage didactique qui a tendance à rendre ce film un tantinet pénible à revoir : lors de la première vision, on ingurgite beaucoup d’informations, la deuxième peut amener l’indigestion…

 

Et c’est bien dommage parce que l’intrigue renferme tous les ingrédients d’un bon blockbuster : complot, poursuite, reconstitution, trahison… N’en jetez plus, tout est là.

Mais il faut passer par la théorie, et le film donne alors l’impression de s’enliser.

Même la présence de l’immense Ian « Gandalf » McKellen n’y change rien. C’est d’ailleurs lors de son apparition qu’on a le plus de théorie. Mais son personnage d’infirme érudit et britannique est une belle réussite.

 

Alors on se laisse distraire, en regrettant ceci plutôt que cela, pas assez de ci, et trop de ça…
Et au final, un film somme toute agréable, mais sans plus. Ron Howard nous a proposé mieux.

Quant à la belle Audrey Tautou, je la préfère dans un rôle un petit peu moins sérieux, un petit peu plus malicieux…

 

 

PS : A noter un petit plus par rapport aux films américains qui se déroulent (ou sont supposés se dérouler) en France. La présence de véritables acteurs français parlant dans leur langue dans la version originale (3), nous change des pseudo-français habituels, ceux qui ont un accent « où on pourrait accrocher un par-dessus » (Coluche).

 

  1. Euphémisme
  2. Je ne m’étends pas : ceci est un film et rien d’autre comme le dit fort justement mon grand ami le professeur Allen John.
  3. Le doublage n’a pas de place chez moi…

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