La vie, l’amour, la mort.
Le film de Robert Zemeckis est une singulière ode à ces trois moments inévitables dans l’existence de chaque être humain.
Singulière, parce que vue à travers un seul cadrage, qui évolue en fonction des différentes époques évoquées : des repères chronologiques des Etats-Unis : avant l’arrivée des colons avec l’histoire d’amour entre une jeune indigène (Dannie McCallum) et un jeune homme qu’on n’appelle pas encore Indien (Joel Oulette) ; et après avec les différents propriétaires qui se sont succédés, d’avant 1776 jusqu’au COVID-19 et même (un peu) après, avec en fil rouge l’histoire des Young qui occupèrent la demeure le plus longtemps.
A quoi ressemble cette demeure ? On ne le saura qu’au dernier moment, quand le film se referme et que la caméra s’en éloigne progressivement.
Oui, c’est un film bien singulier que nous propose encore une fois Robert Zemeckis. Loin des blockbusters plus ou moins mâtinés de (super) héros invincibles, il resserre ses nombreuses intrigues autour d’un lieu arrêté qui évolue avec le temps : de la nature sauvage – et préhistorique – à la société actuelle, et en particulier le XXème siècle. Et si le plan proposé est toujours le même, c’est le montage qui retient toute notre attention et donne à ce film sa dimension esthétique et pleinement humaine. On y naît, on y vit, on y meurt, voire on y est enterré. C’est un magnifique concentré de Vie, avec ses joies et ses peines, ses espoirs et ses tragédies. Et la vie des Young à elle seule reprend tous ces thèmes, livrant aux spectateurs toute l’humanité des personnages, télescopant au passage les autres périodes, en reprenant quelques faits marquants de celles-ci.
Et ce télescopage se fait à la manière d’un album de photos qu’on feuillette, au hasard (pour celui qui le compulse, pas pour le réalisateur) des pages, hasard exprimé par des cadrages insérés dans le plan fixe qui envahissent tout l’écran pour nous plonger dans une période précise :
- Avant les colons anglais ;
- Au temps de la Révolution américaine autour de Benjamin Franklin (Keith Bartlett) ;
- Les années 1910 avec Pauline (Michelle « Mary Crawley » Dockery) et John Harter (Gwilym Lee), as de l’aviation encore balbutiante ;
- Les années 1940 (jusqu’à la guerre) avec Stella (Ophelia Lovibond) et Leo l’inventeur (David Fynn) ;
- L’après guerre avec Rose (Kelly Reilly) & Al (Paul Bettany), leur fils Richard (Tom « Forrest » Hanks et sa femme Margaret (Robin « Buttercup » Wright) ;
- Le XXIème siècle avec Devon (Nicholas Pinnock) et Helen Harris (Nikki Amuka-Bird).
Et c’est à chaque fois un élément du décor, encadré qui nous fait passer d’une époque à une autre. Une merveille.
Et encore une fois, Tom Hanks est impeccable, tout comme Robin Wright qu’il retrouve trente ans après Forrest Gump. Le duo fonctionne encore une fois à merveille, épaulé par l’autre duo des parents. Bref, ça fonctionne parfaitement et on ne peut qu’avoir le sourire une fois que la caméra s’éloigne lentement, alors que le film se termine.
Et c’est une fin douce mais un brin amère qui nous est proposée, les deux protagonistes (Richard & Margaret) fermant définitivement le livre des souvenirs – le sous-titre français – et toutes ces années qui ne furent pas obligatoirement les meilleures, mais resteront gravées dans l’esprit de leurs participants.
Et la rédemption, dans tout ça ? Je vous laisse juge(s), mais je l’ai trouvée dans la dernière séquence, entre ces deux personnages très attachants, avant qu’on les laisse définitivement….
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