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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

victor fleming

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Comédie, #Victor Fleming, #Douglas Fairbanks
Cauchemars & Superstition (When the Clouds roll by - Victor Fleming, 1919)

Le docteur Metz (Herbert Grimwood) est un scientifique bien singulier. En effet, il a décidé, au nom de la science, de faire mourir un homme en l'acculant au suicide. Cet homme, c'est Daniel Boone Brown (Douglas Fairbanks). Ce dernier n'est certes pas un homme irréprochable, mais il ne mérite tout de même pas de mourir. Surtout de désespoir. Mais rien n'y fait, les malheurs s'accumulent au-dessus de sa tête. Il faut dire qu'il est très superstitieux et que le docteur en use voire abuse !

Pourtant, au milieu des nuages noirs qui s'amoncellent, Daniel Brown est près de toucher au bonheur : il a même rencontré Lucette Bancroft (Kathleen Clifford), aussi superstitieuse que lui et surtout très attirée par ce jeune homme athlétique et séduisant.

Mais le docteur Metz veille au grain et organise tout pour nuire à son « patient ».

 

Avec ce film, Victor Fleming gravit l'ultime échelon de sa carrière: il devient cinéaste. En effet, il s'agit de son premier film en tant que réalisateur, et pour une première, c'(est une belle réussite. Il faut dire que la présence de Douglas Fairbanks y est pour quelque chose. En effet, l'acteur est ici aussi à l'origine du scénario de TJG (Thomas J. Geraghty), fournissant l'idée de l'intrigue. Intrigue sur mesure, cela va de soi.

Et Fairbanks fait ce pour quoi il excelle : il douglasfairbankse joyeusement (nous sommes dans une comédie). Il bondit et se livre à moult exploits acrobatiques et athlétiques pour notre plus grand plaisir, dont un exploit qui ne sera réédité que 32 ans plus tard par Fred Astaire (Royal Wedding, 1951) : il marche sur les quatre plans d’une pièce !

Certes, c’est un rêve, mais il passe tout de même du sol au mur, puis du mur au plafond, avant de rejoindre l’autre mur et de retourner sur le sol. C’est absolument époustouflant, et cela ajoute à la couleur farfelue du film. Les rêves sont aussi une occasion d’utiliser de nombreuses techniques d’effets spéciaux avec en prime la présence de Bull Montana et son physique lui aussi particulier.

 

Mais si le film fonctionne aussi bien, c’est avant tout parce que les différents personnages sont aussi bien interprétés que définis. Si Fairbanks se taille la part du lion (normal !) les autres interprètes campent des personnes très stéréotypés (la jeune femme vertueuse, l’oncle irascible…) mais indispensable au fonctionnement de l’intrigue.

Et surtout, Fleming – grâce au travail de TJG – utilise trois types de méchant patentés :

-          Curtis Brown (Ralph Lewis), l’oncle irascible qui traite son neveu comme un moins que rien (il faut dire aussi que l’attitude de ce même neveu – toujours en retard – n’est pas spécialement susceptible de le rassurer) ;

-          Ulrich Metz : ce docteur particulier est on ne peut plus dangereux pour Daniel, mais heureusement pour ce dernier, une pirouette du scénario va l’éloigner de sa victime ;

-          Mark Drake (Frank Campeau) est celui qu’on peut considérer comme le véritable méchant de l’intrigue : fourbe et retors, dénué de scrupule et opportuniste, il possède toutes les qualités requises pour endosser le rôle de l’ignoble, chose qu’il réussit à merveille.

Bref, tous les ingrédients sont là pour nous faire apprécier le film, avec en prime une catastrophe (presque) naturelle : un barrage qui rompt, entraînant des scènes tragiques attendues, bien que tout de suite traitées sur le ton de la comédie, dédramatisant complètement la situation.

Sans oublier la fin heureuse, indispensable.

 

A trente ans, Victor Fleming fait une entrée remarquée dans le monde de la réalisation. Malheureusement, cela ne durera que trente ans...

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Western, #Allan Dwan, #Douglas Fairbanks, #Victor Fleming
Paria de la Vie (The good Bad-Man - Allan Dwan, 1916)

Passin’ Through (Douglas Fairbanks) est un bandit singulier.

Un jour il attaque un train d’or et repart avec la poinçonneuse du contrôleur ; un autre, il vole des victuailles dans une épicerie qu’il va ensuite offrir à un jeune garçon orphelin ; etc.

On pourrait continuer à raconter longtemps les exploits de Passin’ Through (1), s’il n’était pas recherché par le marshall Bob Evans (Pomeroy Canon) : voler des victuailles, même pour une raison noble reste un délit.

Un jour, il fait la connaissance de la jeune et jolie Sarah May (Bessie Love), qui vit près du repaire de l’infâme Bud «  The Wolf » Frazer. Ce dernier a l’intention d’épouser la jeune fille, et ne voit pas d’un bon œil le rapprochement entre ce bandit de passage et celle qu’il s’est promise.

 

Avec ce film, c’est un tandem qui se reforme et se retrouvera dans quelques autres films : Douglas Fairbanks et Allan Dwan. Fairbanks en est encore à ses débuts de star de cinéma, alors que Dwan n’est pas à son premier film, ayant commencé à réaliser cinq ans plus tôt, dont beaucoup de courts-métrages, ce qui fait une somme vu qu’à cet époque, les tournages étaient plutôt rapides.

Ce film est aussi la première incursion de Fairbanks dans l’écriture puisque l’intertitre de présentation nous apprend qu’il a conçu cette histoire.

On peut alors comprendre pourquoi le scénario est un tantinet bancale, passant d’une situation absurde – le bandit qui vole les commissions ou une poinçonneuse (et d’autres choses) – à une sombre histoire de vengeance.

On retrouve dans cette première partie ce qui fera le sel de son premier film en tant que réalisateur, l’inoubliable Mystery of the leaping Fish (qui sort à peine deux mois plus tard) dans lequel on retrouve la belle Bessie qui n’a encore que 17 ans (2).

 

J’aurais tendance à dire que ce film est un premier jet si on le compare avec la collaboration future entre Fairbanks et Dwan. Le scénario pêche, comme je l’ai dit, mais sa première partie est tout à fait dans le ton des futures comédies dans lequel Douglas F. va exceller. De plus, on y voit une volonté de chevauchée avec l’indispensable bond pour se mettre en selle comme on le verra souvent par la suite.

En outre, derrière la caméra se trouve un jeune homme qui va lui aussi aller loin (mais malheureusement pas assez longtemps) : Victor Fleming, qui a alors 25 ans. (3)

A ces prises de vue audacieuses (de jolis plans rapprochés voire gros), ajoutez un montage dynamique qui amène une tension indispensable au film et son intrigue, et vous avez un film qui n’est au final pas si mineur que ça.

 

Une de ces curiosités comme on en trouvait beaucoup dans ce cinéma américain des années 1910s où l’expérimentation était aussi importante que le reste, où chacun essayait de maîtriser ce qui allait véritablement devenir un art et qui va toujours se perfectionner jusqu’à l’arrivée du parlant, une dizaine d’années plus tard.

Mal(?)heureusement, il ne s’agit pas de la copie originale de 1916, amis d’une restauration d’après la version qui fut reprise, avec de nouveaux intertitres, dont une copie subsiste à la Cinémathèque française.

 

A voir, donc.

 

PS : on n’échappe malheureusement pas au « mauvais Indien » qui tente d’abuser de la jeune fille. Heureusement, elle est sauvée par notre héros.

Ce stéréotype raciste aura la vie dure, hélas ! Et ce malgré The Half-Breed qui sortira le 30 juillet de cette même année. 

 

  1. Littéralement : « qui passe à travers », un nom pertinent pour un bandit qui ne se fait jamais attraper.
  2. Elle aura 18 ans le 10 septembre.
  3. C’est Douglas Fairbanks l’aîné de tous ces jeunes gens, il va sur 33 ans et Dwan en a 31. A noter la présence du « vétéran » Sam de Grasse (40 ans) qui tournera lui aussi plusieurs fois avec Fairbanks et/ou Dwan.

 

 

 

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Victor Fleming, #Douglas Fairbanks, #Western
Une Poule mouillée (The Mollycoddle - Victor Fleming, 1920)

Attention, c’est du lourd* !

Douglas Fairbanks.

Wallace Beery.

Victor Fleming.

Voici un trio gagnant magnifique : Fairbanks bondit et se bat (sans épée !) ; Beery est une immonde crapule (encore une fois) ; Victor Fleming réalise son deuxième film.

 

Et pour ce deuxième film, Fleming nous raconte un western moderne où il est question de contrebande de diamants, de voyage en bateau et de véritables Indiens d’Amérique : les Hopi, une tribu de l’Arizona.

Et alors que Wallace Beery, cette même année, était à l’affiche pour Le dernier des Mohicans de Maurice Tourneur et (Clarence Brown), Fleming se paye le luxe de filmer avec de véritables autochtones américains. Ces derniers seront crédités au générique et remerciés dans un intertitre de présentation au début du film

 

Mais il ne faut pas oublier que c’est Douglas Fairbanks qui produit. Alors on a droit à des éléments comiques et surtout de l’action ! Après une rapide présentation des ancêtres de Richard  Marshall V – fils de Richard Marshall IV, lui-même fils de Richard Marshall III (etc.) au choix patriotes en 1776 et pionniers courageux après, toujours à chevaucher dans les vastes prairies américaines – on découvre alors ce dernier rejeton chevauchant lui aussi. Mais il fait ça dans un manège. Et ce sont des chevaux de bois…

Il est aux antipodes de ses ascendants. Mais heureusement, l’intrigue va l’emmener dans une histoire où le capitaine van Holkar (Wallace Beery) exploite malhonnêtement une mine de diamants en plein cœur du territoire des Hopi. Amené malgré lui dans ce trafic, il va retrouver la fougue et le courage de ses ancêtres dans un retour au pays qu’il avait quitté à l’âge de 4 ans.

 

La première partie du film nous montre un jeune homme très bien éduqué que les Américains prennent pour un Anglais. Parmi ces Américains un trio de joyeux lurons de pure souche américaine – Ole Olsen (George Stewart), Samuel Levinski (Paul Burns) et Patrick O’Flannigan (Morris Hughes), puisque je vous dis que ce sont de véritables Américains ! – décident de l’emmener avec eux pour lui faire son éducation. Et ce voyage sera, bien entendu, une réussite pour Marshall puisqu’il retrouvera la flamme qui inspirait ses glorieux ancêtres et en plus il séduira la belle Virginia Hale (Ruth Renick), que lorgnait l’infâme van Holkar.

 

Mais si Fleming fait appel  à de véritables Américains (les Hopi), c’est aussi pour se moquer de cette société à laquelle il appartient, qui se prétend civilisée. Et pas une seule fois les Indiens ne sont montrés sous un mauvais jour, mis à part certains renégats qui de toute façon seront châtiés. On peut donc assister à des démonstrations de danses « primitives » et à une séance de calumet avec Marshall, ce dernier montrant sa danse aux Indiens, leur payant à son tour une cigarette, pour se conformer aux coutumes locales.

Les Indiens ont donc un rôle très positif, ce qui est très rare dans le cinéma hollywoodien de cette période (et même après !).

 

Pour le reste Fairbanks bondit et se bat comme d’habitude, il douglasfairbankse à fond, quoi ! Et en face de lui, il a un méchant éprouvé en la présence de Wallace Beery, encore dans un rôle ignominieux (c’est aussi là qu’il était très bon), contrebandier rompu, n’hésitant pas à se débarrasser de ses obstacles par tous les moyens, le meurtre n’en étant qu’un exemple parmi d’autres.

 

Fleming nous propose un magnifique western, riche en péripéties et rebondissements, avec en prime une bagarre finale entre Marshall et van Holkar, et qui débute par un saut de Fairbanks dans l’arbre où s’était réfugié le criminel, avec un dégringolade progressive : du haut de l’arbre au bas d’une colline en passant par différentes strates – rochers, toits de maison, pentes terreuse... Jusqu’à arriver à un indispensable cours d’eau dans lequel le méchant armateur abandonne la lutte. Bref, du grand spectacle.

Et en plus, on a droit à une explosion suivie d’une magnifique avalanche qui détruit tout sur son passage, un magnifique spectacle qui mélange adroitement maquettes et décors à l’échelle dans un chaos absolu.

 

Pas mal, pour un deuxième film, non ?

 

 

PS : A noter enfin une séquence de dessins animés pour expliquer simplement et avec un petit peu d’humour le trafic que dirige van Holkar entre l’Arizona et Amsterdam.

 

PPS: le titre original (si vous voyez ce que je veux dire...) utilise le terme mollycoddle qui vient du verbe signifiant chouchouter, couver, dorloter.

 

 

* seul le trio est « lourd » du fait de la présence de ces trois stars. Le film, lui, est très subtil.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Fleming, #Lionel Barrymore, #Pirates
L'Ile au trésor (Treasure Island - Victor Fleming, 1934)

Un pirate avec une natte et une verrue.

Un pirate aveugle.

Un pirate unijambiste.
Un trio improbable pour un trésor qui doit l'être tout autant. Quoi que...

Au milieu : Jim Hawkins (Jackie Cooper).

 

Depuis la mort de son père, le jeune Jim Hawkins dirige l'auberge de l'Amiral Benbow, avec sa mère et sa petite sœur.

Le jour de l'anniversaire de Mrs Hawkins débarque (c'est le cas de le dire) le capitaine Billy Bones (Lionel Barrymore), avec un immense coffre bien lourd, une natte relevée à l'arrière du crâne, et une immense verrue sur la joue gauche. Ce n'est pas le genre d'invité qu'on attendait. D'ailleurs, tous les autres s'en vont. Mais avec lui, en plus de son lourd bagage, Bones amène un secret : le trésor du capitaine Flint enterré sur une île de l'Atlantique. Il possède en la carte.

C'est d'ailleurs cette carte que Pew, le pirate aveugle, est venu récupérer.

C'est finalement Jim Hawkins qui va récupérer cette carte. Va commencer pour lui une aventure peu commune qui le mènera au milieu de l'Atlantique, à la recherche d'un trésor, et surtout accompagné d'un vieux forban à une seule jambe : Long John Silver (Wallace Beery).

 

Tout comme le livre, le film se déroule du point de vue de Jim. Jackie Cooper est d'ailleurs très convaincant en jeune aventurier un tantinet naïf - mais qui ne le serait pas avec un vieux loup de mer roublard comme Long John Silver ?
Parce que le personnage principal, même s'il n'est pas le héros, c'est bien Silver. Il est fourbe, menteur, meurtrier, voleur... Mais on ne peut pas s'empêcher de l'aimer. Il faut dire que Wallace Beery nous fait une magnifique prestation. Il est un Silver truculent, au-delà de sa nature criminelle. Pas étonnant que Jim se fasse avoir à chaque fois.

Parce que cette association entre le pirate et le jeune garçon est le sel du film. Trois ans après Le Champion (King Vidor, 1931), Beery et Cooper sont à nouveau réunis, pour notre plaisir. On sent une complicité entre ces deux personnages extrêmes. Ce sont les négatifs l'un de l'autre. Silver est un vieux briscard, Jim est un candide ; Jim est un garçon d'honneur, Silver ment comme un arracheur de dent ; Silver est un gros malhonnête, Jim très probe. Bref, Silver est corrompu jusqu'à l'os, quand Jim est un pur, un vrai.

Mais Silver, malgré ce que nous savons, n'en reste pas moins attaché à Jim. Il ira même jusqu'à le défendre contre ses amis pirates. Ce sauvetage est son passeport pour la rédemption. C'est cette bonne action qui lui vaudra d'être sauvé et non pendu à la grand-vergue comme il se devrait.

Parce que Silver est tout sauf un gentil, comme il aime à se qualifier quand Jim le rencontre. Pendant la traversée, les morts se multiplient, toutes plus violentes les unes que les autres. Et ce n'est pas tout. Une fois arrivé sur l'île, les morts violentes continuent, les pirates prenant d'assaut la place tenue par les comparses de Jim. Certes, il n'y a pas beaucoup de sang visible. Mais tout de même : comme dans le livre, on assiste à la mort d'un pirate tué d'un coup de mousquet par Jim. La mort est très présente dans ce film. Ca commence par celle de Billy Bones, terrassé par l'abus d'alcool, et ça continue avec Pew, qui est écrasé - sous nos yeux - par le carrosse du docteur Livesey (Otto Kruger). Par conséquent, le retour de l'île se fait avec un équipage minimal : les pirates qui n'ont pas été tués sont abandonnés sur l'île.

En conclusion : la MGM nous offre une production d'un incontournable de la littérature anglo-saxonne de très bonne facture. Fleming dirige - comme toujours - son équipe d'une main de maître et les acteurs choisis sont très pertinents. De Lionel Barrymore - inoubliable, même si le rôle est court - à Lewis Stone - toujours digne, droit, aristocratique, comme d'habitude - en passant par Otto Kruger et Nigel Bruce, sans oublier le duo Beery-Cooper, tous concourent à faire de ce film une très belle adaptation.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Fleming, #Comédie, #Fantastique
Le Magicien d'Oz (The Wizard of Oz - Victor Fleming, 1939)

Dorothy (Judy Garland) vit dans une ferme du Kansas, avec son oncle Henry (Charley Grapewin) et sa tante Em (Clara Blandick). Elle a aussi un chien : Toto. Toto est un chien qui chasse les chats, surtout celui d'une voisine : miss Gulch (Margaret Hamilton), une vieille fille acariâtre (ici, c'est un véritable pléonasme) qui veut éliminer ce même chien.

Mais comme tout ce petit monde vit dans le pays des tornades, l'une d'entre elles arrive et emporte la maison où Dorothy s'était réfugiée. Quand la maison a fini de voler, elle se pose sur la Méchante Sorcière de l'Est qui ressemble comme deux gouttes d'eau à miss Gulch.

Dorothy est arrivée par-delà l'arc-en-ciel, au pays d'Oz. En chemin pour rencontrer le grand Magicien de cet endroit (Frank Morgan), elle fait la connaissance d'un épouvantail (Ray Bolger), d'un homme en fer-blanc (Jack Haley) et d'un lion peureux (Bert Lahr). Ensemble, ils partent pour la cité d'émeraude, où vit le magicien. Mais sur sa route se dresse l'autre Méchante Sorcière (celle de l'Ouest), la sœur (jumelle ?) de la précédente, bien résolue à se débarrasser de cette petite fille et de son insupportable cabot.

 

Le film - pourtant annoncé en Technicolor - s'ouvre en noir et blanc. Et tout ce qui concerne le Kansas sera tourné en noir et blanc. De là à conclure que le Kansas est sans couleur, il n'y a qu'un pas, que d'ailleurs je ne franchirai pas.

Mais quand Dorothy sort de sa maison et entre au pays d'Oz, la couleur apparaît. Tout devient magique. D'ailleurs, des sorcières interviennent régulièrement : l'une bonne (Billie Burke), l'autre méchante (vous savez qui).

Il ne s'agit pas de la première adaptation du roman de L. Frank Baum. Ceux qui me lisent régulièrement ont déjà entendu parler de la magnifique version de Larry Semon, qui fut la première, soit dit en passant.

 

Mais cette nouvelle version laisse de côté le burlesque cher à Larry Semon pour se concentrer sur la magie de l'histoire. Tout n'est que couleur : les souliers sont rouges (rubis), la méchante sorcière est verte, l'eau est bleue et le chemin de briques, bien sûr, jaune.

Les décors ne sont pas naturels ? La belle affaire. Ce qui nous intéresse, c'est le rêve. A ce propos, j'espère ne pas trop dévoiler en disant que Dorothy rêve. On peut donc en conclure qu'elle rêve en couleurs ! Et c'est surtout ce qui donne l'effet évidemment faux des paysages.

 

D'une certaine façon, c'est tout à fait normal : nous sommes dans une sorte d'opérette où les personnages évoluent en musique, et surtout en chanson. Les costumes aussi sont ceux d'une opérette. Tout est léger, aérien, même la méchante sorcière sur son balai. Et comme c'est le rêve de Dorothy, on retrouve les personnes qui font son quotidien dans les protagonistes qui l'accompagnent, chacun ayant les mêmes caractéristiques en vrai comme en faux. Même le grand sorcier Oz (Frank Morgan).

Bien sûr, Judy Garland est la star du film. On ne voit qu'elle. Elle est une magnifique Dorothy aux souliers de rubis. Non, ce n'était pas son premier film. Mais c'est tout de même celui qui fera d'elle une star incontournable.

 

Et puis si on regarde bien, on aperçoit un frère et sa sœur, dans une foule incroyable de nains : Harry et Daisy Earles : Hans et Frieda de Freaks.

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Fleming, #Fanstatique

Troisième version de référence, cette adaptation de Fleming est un remake de celle de Mamoulian.

Tout y est : Le serviteur zélé, la jarretière, le miroir, le serveur précipité à terre, la pluie quand Beatrix est partie, Jekyll en proie à ses démons, tout. Normal. C'est le même. Quoi que.

Ici, nous sommes dans un contexte tangible, historique. Il est annoncé que nous sommes dans l'année du Jubilée de la reine Victoria.

Alors que Mamoulian évoquait Londres dans sa version, Fleming ici nous transpose dans la capitale anglaise. Les lieux fréquentés par Jekyll sont exacts : Albert Hall, National Gallery, Variety Fair... On y parle aussi de l'Empire (qui ouvrit en 1884 puis rouvrit en 1887 !). Et puis il y a aussi le légendaire brouillard qui donnera une autre dimension à la poursuite de Hyde.

Mais revenons à l'intrigue. Ici, Jekyll est un scientifique. Un vrai. Il parle science, il agit science, il est science. Quand il recherche, il ne fait pas semblant. Il a même ses cobayes. Ce n'est plus Fredric March qui trouve la formule. C'est un vrai savant qui tâtonne et finalement trouve, mais la recherche est importante. Ce docteur Jekyll n'est pas un apprenti sorcier. Il est on ne peut plus éminent. Et quand son cerveau bouillonne pour trouver la formule, Fleming illustre cette activité en superposant différentes images de recherche (fioles, liquides, alambiques, lapins et autres rats...).

Mais ce que Fleming gagne en réalisme et crédibilité, il le perd en effets. beaucoup d'éléments ici ne sonht que suggérés. L'amour de Jekyll et Beatrix est flagrant. Même si Lana Turner manque cruellement d'épaisseur. Ca doit être le rôle qui veut ça.

Par contre, tout le reste est aseptisé. Il faut dire que le Code Hays est des plus respectés. En effet, lors de la version précédente, le Code n'était pas très effectif, et toute licence était (presque) permise. Ici, il n'est pas question d'affoler le bourgeois. Tout doit être caché, suggéré. Alors ça l'est. Mais en fin de compte, la force de la version Mamoulian se perd, et c'est bien dommage. Pourtant, Spencer Tracy est très convaincant en Hyde.

D'autant plus que sa transformation n'en fait pas un monstre aussi terrible que ne peut l'être March. Ses traits sont accentués, vieillis. Sa mâchoire est ornée d'un sourire qui nous fait sans aucun doute possible penser à Lon Chaney dans London after Midnight (by Tod Browning, 1927 copie malheureusement disparue). Là encore, Fleming joue sur le réalisme de l'histoire. Pas de transformation profonde du crâne pour Spencer Tracy, comme pour Barrymore ou March. Mais cette anormalité normale de Hyde le rend presque plus inquiétant. Parce qu'il se fond plus facilment dans la foule. (Heureusement, ses actes sont toujours aussi répréhensibles).

A propos de la transformation de Jekyll en Hyde, il faut attendre la deuxième moitié du film pour la voir. Mais l'effet n'est pas aussi saisissant que dans le Mamoulian. Je dirai même qu'elle est moins bien faite. Quant à l'ultime transformation, il s'agit du même plan, en miroir.

En conclusion, un beau film. Un peu trop édulcoré, mais fidèle à l'époque de l'intrigue. Le même film que celui de Mamoulian, l'audace et le génie en moins, conforme au code Hays.

Et finalement, le fait de ne rien montrer, n'est-ce pas la revanche de la société victorienne sur l'œuvre de Stevenson ?

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Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Victor Fleming, #Western
Autant en emporte le Vent (Gone with the Wind -  Victor Fleming, 1939)

Le Sud des Etats Unis, le 12 avril 1861 jour de la déclaration de la Guerre de Sécession.

D’un côté, on a Scarlett. Enfin Katie Scarlett O’Hara (Vivien Leigh).

De l’autre Rhett Butler (Clark Gable). Rhett et ses mouchoirs.

Mais nous avons deux êtres égoïstes, orgueilleux, impitoyables, vénaux (enfin surtout elle).

Tous les deux sont guidés par le profit. L’amour n’est pas dans leur environnement. L’envie, certes, mais pas l’amour.

Et puis il y a Mélanie (Olivia de Havilland). C’est l’être le plus pur, le plus désintéressé, le plus généreux qui existe.

Elle est mariée à Ashley Wilkes (Leslie Howard). Malheureusement (sauf pour nous), Scarlett aime – enfin désire – Ashley. Et le film se déroule selon ce paradoxe. Pour notre grand plaisir.

 

Pas besoin d’être grand druide pour savoir que Scarlett et Rhett sont faits l’un pour l’autre. Il n’y a que Scarlett qui ne le sait pas. Mais quand elle s’en rendra compte, il sera trop tard, le film se finissant.

Alors on observe ce microcosme de gens du Sud ruiné par la Guerre Civile. La famille de Scarlett et celle d’Ashley ne survivront pas à ce conflit.

Mais ce qui nous importe, ce sont les destins croisés de Scarlett et Rhett.

 

Rhett, malgré un engagement tardif, est celui qui s’en sort le mieux : il a toujours son or.

Par contre, Scarlett sort de la guerre sans argent, avec une propriété ravagée, sa mère décédée et son père à moitié fou (il est toujours plaisant de voir Thomas Mitchell).

Et Scarlett, à force de ténacité, d’opiniâtreté et bien entendu d’arrivisme va se sortir de la misère et retrouver son standing d’avant-guerre.

Et elle épousera Rhett. Ce qui donne encore de beaux affrontements. Et c’est quand elle aura usé la patience de Rhett, quand il décidera de partir, qu’elle se rendra compte que finalement, c’est lui qu’elle aime.

 

A côté de cette histoire complexe, il y a les images. Et quelles images : des verts de toute beauté, des bleus qui pètent (on dirait « flashent » maintenant) et des rouges flamboyants [il faut voir l’incendie d’Atlanta et les couchers de soleil pour apprécier ce film pleinement].

Nous sommes en plein Technicolor. Il est clair que la couleur apporte un plus. On n’est plus au temps de Robin Hood (M. Curtiz, 1938) où les couleurs éclatent sur l’écran. Ici, la couleur est maîtrisée et ce film devient superbe par cette féérie colorée. [Et en plus, je suis daltonien, c’est vous dire !]

 

Mais Autant en emporte le Vent, c’est aussi l’Histoire des Etats-Unis. Ce monde sudiste romantique qui s’effondre, les ravages de la Guerre de Sécession (formidable plan qui s’élargit sur les blessés), l’arrivée des Carpetbaggers, et en filigranes, le Klan. C’est tout ça, et beaucoup d’autres choses. Mais c’est surtout la magie d’un film épique avec une distribution extrêmement pertinente. Il faut regarder le documentaire sur le making of afin de comprendre comment un tel film fut possible. Un vrai régal. Et en prime, des bouts d’essai de Paulette Goddard !

 

Par contre, il faut à tout prix éviter la version française. La dernière réplique de Rhett « franchement, ma chère, c’est le cadet de mes soucis » y tombe carrément à plat. On peut même dire qu’elle dénature le film.

 

Pour le reste, il faut laisser faire la magie.

 

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