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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Martin Scorsese, #Drame
Taxi Driver (Martin Scorsese, 1976)

Travis Bickle (Robert de Niro). C'est lui, le conducteur du taxi.

C'est un insomniaque, un ancien du Viet Nam, un petit, un sans grade...

Alors pour meubler ses nuits, il devient chauffeur: « n'importe quand, n'importe où ».

Alors il charge des passagers, de toutes sortes, des hommes, des femmes, des noirs, des blancs, des gens honnêtes, des truands, et puis un soir, un enfant. Un fille de douze ans. Et demi.

Et là, sa vie bascule.

 

Travis n'est pas un type normal. Mais comme on est en 1975, on ne parle pas encore du traumatisme post-Vietnam. Pourtant, ça pourrait expliquer des choses, non ?

Il n'a pas beaucoup d'éducation : il en est gêné quand il est embauché pour faire le taxi. Et quand il rencontre Betsy (Cybill Shepherd) une belle jeune femme, il l'invite au cinéma... pornographique. C'est en vogue. Et c'est le seul qu'il fréquente.

Travis a une petite vie, dans un petit studio, à la limite de la salubrité, allongé sur un petit lit, et regarde le monde à travers la petite lucarne de sa télévision.

C'est cette petite vie que nous suivons. Sa lente descente en enfer qui le mènera au salut.

Dès l'ouverture, nous voyons le monde - son monde - à travers le pare-brise, un soir de pluie. C'est très coloré, mais c'est aussi déformé, distordu, agressif. Avec une sale touche de rouge. Le rouge est la couleur du film : le rouge des feux de circulations, des feux tricolores, des enseignes qui font rougir les visages, des sièges du cinéma... Et le rouge du sang ! Chaque voyage du taxi de Travis est marqué par le rouge. Parfois même, les sièges arrières en sont recouverts.

Et puis il y a sa rencontre avec Iris (Jodie Foster). Cette exploitation sexuelle d'une enfant, c'est trop pour lui. Alors il change. Son esprit et son apparence changent simultanément.

Amouraché de Betsy, il s'intéresse de loin à la politique. Et quand il rencontre son candidat, il lui expose son opinion. On se rend alors compte, en voyant les conseillers, que ses idées et celle du sénateur ne sont pas vraiment compatibles.

Travis a des idées de plus en plus courtes. Elles raccourcissent avec ses cheveux. Quand enfin il ne lui reste plus qu'une bande centrale, façon iroquois, il est prêt à agir. il ne veut (ni ne peut, d'ailleurs) plus réfléchir. Il va agir.

Cette action amènera son salut. C'est une scène forte, dans tous les sens du terme. De part sa violence qui est crue et implacable (comme toujours chez Scorsese), et de par sa portée symbolique. Le tout sans musique. Nous ne percevons que les seuls bruits de la réalité. Jusqu'à l'intervention de la police où la musique de Bernard Hermann reprend le dessus et nous amène tranquillement vers la fin, alors que l'action de la police se fait en silence.

Deux acteurs explosent dans ce film : 

- Robert de Niro, bien entendu. C'est un Travis des plus inquiétants. C'est un personnage autodestructeur, primaire. C'est un marginal qui essaie de s'intégrer. Mais plus le film avance, plus nous sentons que ce qui n'était qu'un TOC devient une véritable folie qui ne se guérira que de manière radicale : dans le sang !

- Jodie Foster, ensuite. Elle a presque le même âge que son personnage. Elle fait preuve d'une grande maturité pour un rôle des plus difficile, heureusement - comme elle le dit - bien épaulée par de Niro.

 

Et quand Travis reprend son travail, plus tard, le regard sur le monde, à travers le pare-brise n'est plus le même : les images sont normales - floues dans la distance, évidemment - mais il n'y a plus de transformation. les couleurs ne sont plus agressives. Elles n'apparaissent même presque plus. Le rouge a disparu.

Un peu comme si Travis avait - enfin - trouvé la paix.

 

Quelques clins d'œil enfin :

- une paire de chaussures, sur une piste de danses pendant que des couples évoluent en musique, et tout de suite, on pense au film Les Chaussons rouges de Powell.

- une chanson de Kris Kristofferson et c'est à Alice n'est plus ici, dans lequel il jouait, que nous songeons.

- et enfin, quand Travis observe Betsy qui rentre dans le QG de campagne, un barbu est assis  devant la porte : Martin Scorsese. Est-ce le même personnage que celui qui ira épier sa femme dans le taxi de Travis ?

- La réplique culte : "You're talking to me?"

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