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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame, #Roy Calnek
Ten Nights in a barroom (Roy Calnek, 1926)

Joe Morgan (Charles Gilpin) est maire. Mais ce n’est pas arrivé comme ça : sa vie fut très difficile et marquée par le malheur.

Dépossédé de son moulin, il sombre dans l’alcoolisme. Au cours d’une bagarre, sa fille Fannie (Myra Burwell) est mortellement blessée par un tesson de bouteille.
C’est le déclic qui va le ramener sur le droit chemin et qui lui permettra d’accéder à la fonction énoncée ci-dessus.

 

Quand le film sort, nous sommes en plein cœur de la Prohibition. Et comme le dit mon ami le professeur Allen John, cette interdiction absolue d’alcool n’est pas des plus efficaces. Et pourtant, ce film très honnête de Roy Calnek en rajoute une couche sur les dangers de ce poison : outre la violence de son personnage principal, nous assistons à l’intervention d’une foule vindicative qui va mettre le feu au débit de boisson local.

Bien entendu, du fait du contexte, l’histoire que nous voyons défiler se situe dans le passé (un peu plus de sept ans, donc), ce qui permet d’aborder ce sujet sans crainte d’une quelconque censure. De toute façon, l’intrigue s’inspire d’un roman édifiant de Timothy Shay Arthur qui met en garde contre ce fléau qu’est l’alcoolisme.

 

Ce n’est pas la première fois que ce roman est adapté au cinéma (1), mais la particularité de ce film est que l’interprétation est entièrement constituée de personnes noires. Malheureusement, ce film ne fut pas un succès et le studio indépendant Colored Players of Philadelphia s’en ressentira : encore deux films et il disparaîtra définitivement (2).

Ce qui est bien dommage parce que c’était (en plus des films d’Oscar Micheaux) une belle occasion pour les interprètes noirs de jouer autre chose que des rôles utilitaires et/ou domestiques. (3) Les Etats-Unis étaient peut-être le « Pays de la Liberté », mais certainement pas celui de l’Egalité…

 

Reste un film très soigné qui illustre très bien son propos, interprété par des acteurs à la hauteur de l’enjeu : si Charles Gilpin est magnifique, la jeune Myra Burwell tire superbement son épingle du jeu, interprétant cette victime expiatoire (pour Morgan) qui fera grandir ce héros singulier.

Eh oui, toujours cette bonne vieille rédemption…

 

  1. Cinq fois entre 1910 et 1931 !
  2. En tout 4 films sortiront de ce studio. Celui-ci est le second.
  3. Rappel : c’est pour son rôle dans Gone with the Wind que la grande Hattie McDaniel a obtenu un Oscar, devenant la première personne de couleur a être récompensée. C’était en 1940 soit près de quinze ans après ce film. Son rôle ? La servante d’une jeune femme capricieuse.
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