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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Melodrame, #D.W. Griffith
Les Aventures de Dollie (The adventures of Dollie - D.W. Griffith, 1908)

Dollie (Gladys Egan) est une petite fille qui vit en harmonie avec sa maman (Linda Arvidson, Mrs Griffith à la ville) et son papa (Arthur V. Johnson). Un après-midi de campagne, alors que la maman et la petite fille se mettent à pêcher, un Tsigane (Charles Inslee) tente de voler le sac à main de madame. Le père intervient et chasse le vagabond. Ce dernier, pour se venger et en accord avec sa femme (Mrs George Gebhardt) va enlever la petite fille laissée sans surveillance...

 

Ca y est. Après divers métiers dont celui d’acteur, D.W. Griffith est enfin passé derrière la caméra. Avec son complice de toujours, Billy Bitzer, il réalise son premier court-métrage. Alors n’attendez pas le génie qu’on lui connaît ni un montage serré et rythmé : il fait ses gammes.

On y trouve déjà un sauvetage de dernière minute (1), mais c’est à peu près le seul point commun avec les films qui vont venir.

C’est avant tout une série de plans d’ensemble, structurés dans une intrigue qui se renouvellera pendant les années qui vont suivre :

  1. L’équilibre : une famille unie ;
  2. Le déséquilibre : le Tsigane enlève la petite fille ;
  3. le développement : le parcours fluvial du tonneau contenant la petite fille
  4. Epilogue : le sauvetage et le retour à l’équilibre.

 

Si le dernier point est la conclusion logique du film et prend très peu de temps (15 secondes, donc), les trois autres parties elles, sont quasiment de même longueur (environ 4 minutes). De plus, il n’y a aucun intertitre de tout le film, les spectateurs devant se concentrer sur le jeu des différents acteurs pour comprendre cette intrigue (fort) simple.

Les gestes sont donc un tantinet emphatiques mais permettent une rapide compréhension, sans (presque) pour autant en arriver à un surjeu lourd comme on peut parfois le voir dans d’autres productions de la période. Les rares emphases utilisées permettant une meilleure compréhension.

 

Et ce qui ressort du film, c’est avant tout le sens de la composition. La caméra de Bitzer est toujours au bon endroit, offrant un cadrage comme il faut des différents protagonistes, favorisant – encore une fois – la compréhension de l’intrigue par le spectateur. Bien sûr, nous avons droit au cliché des tsiganes voleurs d’enfants, mais n’oublions pas que nous sommes en 1908 et que les mentalités étaient fort différentes de maintenant. De plus, les spectateurs à qui s’adressaient ce film n’étaient pas obligatoirement très sophistiqués (2) : c’étaient des petites gens qui venaient se changer les idées dans les nickelodeons (3).

Et de toute façon, les « méchants » ne l’emportent pas !

 

Non, The adventures of Dollie n’est pas un chef-d’œuvre absolu, mais on y trouve déjà quelques bases de ce qui va être le modus operandi du maître. Et si on peut encore le voir maintenant, c’est avant tout parce qu’il s’agit du premier film réalisé par Griffith. Si ce n’avait été le cas, pas sûr qu’on pourrait encore le voir…

 

 

  1. Il reste quinze secondes quand la petite fille est (enfin) sauvée.
  2. Dans le sens anglais : très bien éduqués.
  3. Petites salles de spectacle où le droit d’entrée coûtait 1 nickel (5 cents).
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