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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Robin des Bois, #Michael Curtiz
Les aventures de Robin des Bois (The adventures of Robin Hood - Michael Curtiz, 1938)

Quinze ans après Douglas Fairbanks, Errol Flynn est le nouveau Robin des bois.
Et cette version n'a rien à envier à la précédente : ici aussi, ça virevolte, ça brette et ça bondit, dans une atmosphère tout aussi joyeuse.

 

Deux atouts supplémentaires pour ce film : le son - Robin des bois parle ! - et le Technicolor !

C'est un véritable festival de couleurs chatoyantes, voire pétantes ! Ce sont des rouges éclatants, des bleus merveilleux, et toute la gamme que propose la palette. Les tenues de Lady Marianne (sublime Olivia de Havilland) sont superbes. C'est un régal pour les yeux - même les daltoniens trouvent leur compte !

On a longtemps considéré ce film comme le premier en Technicolor. Bien entendu, il n'en est rien. Mais ce qu'on peut dire sans se tromper, c'est que ce  fut  un succès phénoménal - mérité - et que la couleur y a joué un grand rôle.

 

En plus de cet aspect esthétique, Michael Curtiz - qui retrouve ici une partie de la distribution de Capitaine Blood - a renoué avec la légende du hors-la-loi de Sherwood. Alors qu'Allan Dwan insistait sur le rôle des Croisades dans l'éloignement de Richard, Michael Curtiz considère ce départ comme accompli et s'intéresse au sort des Saxons sous la houlette de l'infâme Prince Jean (Claude Rains, toujours impeccable en méchant). On a donc droit aux trois éléments légendaires incontournables (sauf pour Allan Dwan) : Robin apportant le cerf royal, la rencontre avec Petit Jean (Alan Hale) et le tournoi d'archers. La scène du cerf permet surtout de poser les bases de l'intrigue concernant Robin : Jean est séduit par cet ennemi à sa mesure, alors que Gisbourne (Basil Rathbone, formidable) exprime sa haine envers ce hors-la-loi. On remarque à ce moment aussi la couardise latente du shérif de Nottingham (Melville Cooper). Mais surtout, on jubile devant la hardiesse de Robin, qui va défier Jean jusque dans le château de Gisbourne. Quant à la rencontre avec Petit Jean, elle nous permet de retrouver Alan Hale qui fut déjà le petit Jean de Robin Fairbanks. La distribution nous permet aussi de retrouver celui qui fut Aramis avec le même Fairbanks, Eugene Pallette, ici un frère Tuck d'une grande truculence, et Herbert Mundin - second rôle notable dans Les Révoltés du Bounty (1935) et Tarzan s'évade l'année suivante - dans un de ses derniers rôles avant son tragique accident de voiture en 1939.

Mais ce film est aussi une nouvelle occasion d'admirer l'esthétique de Michael Curtiz et sa prédilection pour les jeux d'ombres : à plusieurs moments du film, l'action principale est supplantée - avec adresse - par sa transposition ombrée sur un mur. Quand les Saxons sont suppliciés, quand Robin est enchaîné... Mais surtout pendant le combat final entre ce dernier et Gisbourne, duel à mort parmi les plus spectaculaires du cinéma. Il faudra attendre Gene Kelly dans Les trois Mousquetaires (1948) pour retrouver un duel de cet acabit !

Ce duel mortel est phénoménal (euphémisme). On retrouve la grandeur de Robin, son esprit chevaleresque (il rend son épée à Gisbourne) et la bassesse voire la traîtrise de ce même Gisbourne : il n'hésite pas à utiliser sa dague pour en finir plus vite !

Mais c'est justement quand il abuse de ces effets vils que le sort du duel se joue : il est - justement - châtié. Pour sa traîtrise, mais surtout pour l'ensemble de son œuvre.

 

Près de quatre-vingts ans après sa sortie, ce film n'a pas pris une ride. C'est aussi l'occasion de revoir toute cette ribambelle de grands acteurs dans une histoire qui devient presque intemporelle tant elle est vécue par chaque nouvelle génération de spectateurs. J'en veux pour preuve mon fils qui, dès l'âge de quatre ans, regardait en boucle ce film formidable.

Et puis Olivia de Havilland (101 ans aujourd'hui 1er juillet...) est tellement belle...

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