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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Aventures, #Steven Spielberg, #Peter Jackson
Les aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne (The Adventures of Tintin - Steven Spielberg, 2011)

J’ai parlé ici la dernière fois de la difficulté d’adapter les bandes dessinées francophones, ce qui fut déjà le cas pour Tintin au cinéma voilà une cinquantaine d’années. Mais je parlais de film « en chair et en os », ce qui n’est pas le cas de cette (très) belle adaptation des aventures de Tintin (1).

En effet, Spielberg nous propose ici un film entièrement numérique reprenant le jeune reporter du Petit Vingtième, dans une intrigue – complexe puisqu’il y a trois albums concernés – qui permet aussi de présenter Tintin et son univers pour les spectateurs qui ne le connaissaient pas lors de la sortie du film (2) : une sorte de mise à jour.

 

Tintin (voix de Jamie «  Billy Elliot » Bell), après s’être fait tirer le portrait par un dessinateur de rue qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Hergé, découvre au marché aux puces une maquette de la Licorne, un vaisseau du 17ème siècle. Une fois le bateau acheté, Tintin est sollicité pour le revendre, ce qu’il refuse.

Mais le bateau est volé chez lui et Tintin va faire la rencontre de Sakharine (vois de Daniel « James Bond » Craig), un homme trouble et fortement antipathique.

En achetant ce bateau, Tintin a mis le pied dans une affaire qui l’amènera en Afrique et surtout sur la piste d’un trésor fabuleux : le trésor de Rackham le Rouge.

Et surtout, il va rencontrer un marin alcoolique au verbe fort : le capitaine Haddock (voix de Andy « Gollum » Serkis), qui deviendra son meilleur ami.

 

Si l’adaptation de l’univers tintinesque est très réussie, il ne faut pas trop en demander au scénario. En effet, alors que l’intrigue principale concerne l’album Le Secret de la Licorne, on y trouve des références et des personnages qui viennent du Crabe aux Pinces d’or – Allan (voix de Daniel Mays) & Omar Ben Salaad (voix de Gad Elmaleh) – et un final qui rappelle celui du Trésor de Rackham le Rouge. L’utilisation (détournée) du Crabe permet surtout la rencontre entre Tintin et Haddock sur le Karaboudjan, le mythique bateau du capitaine. Parce qu’à la différence d’Alexandre Coffre et ses Aventures de Spirou (voir précédemment), Spielberg et ses scénaristes ne dénaturent pas le personnage de Tintin et le montrent tel qu’il fut imaginé par Hergé, voilà maintenant plus de 90 ans !

Et le résultat est à la hauteur de nos espérances !

 

En effet, si on dévie inévitablement de l’intrigue originale du Secret, Spielberg réussit tout de même à capturer l’esprit de la bande dessinée de Georges Rémi. On y retrouve les rebondissements habituels, des méchants qui le sont beaucoup, un capitaine très imbibé et la paire de détectives Dupond et Dupont, appelés ici (en VO) Thompson (voix de Simon Pegg) & Thomson (voix de Nick Frost) et aussi maladroits et ahuris que leurs modèles de papier. On notera en prime un détail savoureux : les deux acteurs qui doublent ces policiers forment un duo célèbre en Angleterre (et ailleurs) et ont tourné dans une série de trois films dont j’ai déjà parlé ici.

On pourra s’étonner de la présence incongrue à première vue de Bianca Castafiore (voix de  Kim Stengel) mais son rôle est indispensable dans l’intrigue.

 

Et avec Tintin, Spielberg renoue avec la grande aventure celle d’Indiana Jones qui est un héritier assumé de Tintin : Spielberg a toujours été un grand fan du petit Belge et ne s’en est jamais caché.

Tout comme l’archéologue, Tintin est très courageux et il sait se servir d’une arme à feu, n’hésitant d’ailleurs pas à s’en servir quand il le faut. Mais les péripéties qui s’offrent à nous ici ne sont pas sans rappeler celles du professeur Jones : pilotage d’avion en panne d’essence et course-poursuite en side-car en sont les principales ressemblances.

Autre référence à l’univers de Spielberg : un détail qui n’est pas sans rappeler Jaws, dans la sous-intrigue du Crabe.

 

Bref, c’est du grand Spielberg (encre une fois) et on prend beaucoup de plaisir à suivre ces aventures – ô combien improbables – du jeune reporter en culottes de golf, et tant pis si les albums ne sont pas respectés à la lettre : nous sommes au cinéma !

Tel Alfonso Cuarón pour Harry Potter & the Prisoner of Azkaban, Spielberg saisit l’esprit dans lequel évolue son personnage principal et en fait un film de grande qualité sans dénaturer en rien l’histoire originale.

C’est spectaculaire, amusant et bien rythmé (sans tomber dans l’excès) : que demander de plus ?

 

  1. Trois d’un coup, mais à des degrés différents.
  2. Il en existe beaucoup, surtout aux Etats-Unis, pays du comix, à des années-lumière de la ligne claire belge.
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