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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Thriller
L'Oiseau de nuit (The Bat - Roland West, 1926)

Traduire « L’Oiseau de nuit » pour « The Bat », deux erreurs d’entrée :

  • « Bat » se traduit par « chauvesouris » ;
  • Une chauvesouris n’est pas un oiseau.

Une fois cette précision réglée, entrons dans le vif du sujet : le film de Roland West.

Pour nous spectateurs du vingt et unième siècle, mentionner une chauve-souris au cinéma renvoie irrémédiablement à Batman, le héros de Bob Kane et Bill Finger. Sauf que nous sommes 13 ans avant l’apparition du justicier masqué et qu’ici, cette chauve-souris est à classer du côté obscur, ce personnage étant un voleur et un meurtrier de la pire espèce.

Par contre, on ne peut ignorer un détail qui sera repris par nos deux artistes (1) : la forme d’une chauve-souris dans un rond de lumière, puisque c’est ici qu’on peut le voir, dans ce qui semble être sa première utilisation. Et là aussi, c’est pour faire peur, mais certainement pas aux criminels.

 

Dans le manoir de Courtleigh Fleming, banquier, vivent Cornelia van Gorder (Emily Fitzroy) et sa nièce Dale Ogden (Jewel Carmen, madame West à la ville) depuis la mort de son propriétaire. Ce dernier a été tué et Brooks (Jack Pickford, le frère de), son secrétaire, s’est enfui avec l’argent de la banque.

Dans le même temps, the Bat (mais qui est-ce donc ?) rôde dans les parages, sur la piste, lui aussi de l’argent de la banque puisqu’il y est arrivé trop tard.

Mais pourquoi venir dans ce manoir ? On raconte qu’une pièce secrète sert de cache aux 200.000 $ dérobés…

 

A l’origine, c’est une pièce de théâtre écrite (2) quelques années plus tôt (jouée entre 1920 et 1922 à Broadway) par Mary Roberts Rinehart et Avery Hopwood. Et, mais ce n’est pas très bon signe, on sent énormément le côté théâtral dans la mise en scène.

Mais cela n’empêche tout de même pas qu’on est quand même au cinéma et que les différents interprètes ainsi que les séquences qui s’enchaînent donnent une dimension supérieure à l’intrigue, du fait des conditions de tournage – la plupart du temps la nuit – et des différents jeux d’éclairage ainsi que des effets spéciaux.

 

Mais ce qui est bien dommage dans ce film plutôt sympathique, c’est que Roland West n’arrive pas à s’arrêter sur le ton qu’il veut donner au film : on oscille sans cesse entre la comédie et le drame frôlant l’épouvante sans toutefois s’arrêter d’un côté ou de l’autre.

Ce sont alors une suite de scènes alternant le sérieux et le comique, desservant alors le traitement de l’intrigue.

Il faut dire que la présence de la pétulante Louise Fazenda – transfuge de chez Mack Sennett – amène le rire presque à chaque intervention : c’est aussi ça le talent. Il faut dire que son personnage de servante (hystérique ?) d’une dame comme il faut assure un équilibre entre ces deux femmes : là où l’une n’est que retenue et discrétion, l’autre ne cesse d’ouvrir sa grande bouche, la plupart du temps pour hurler.

Autre élément comique du film, le détective Anderson (Eddie Gribbon) : sa première intervention nous le fait classer d’entrée dans les incapables, fort en gueule mais bien faible en faits, il possède deux immenses pistolets qu’il n’ose utiliser. De plus, son allure n’est pas sans rappeler celle de Mike Mac Adam, détective privé dans Tintin en Amérique : même allure et surtout même efficacité.

 

Pour le reste, l’intrigue rebondit de nombreuses fois avec intervention de personnages mystérieux dont on ne saisit pas le rôle tout de suite : l’anonymat de « The Bat » est maintenue jusqu’au dernier moment, une fois ce méchant personnage arrêté (oui, c’est un homme).

Par contre, ne comptez pas sur moi pour vous révéler son identité : un intertitre d’introduction nous recommande de ne rien révéler. Comme quoi Clouzot et Hitchcock n’ont rien inventé de ce côté-là, mais est-ce vraiment le plus important ?

 

  1. Kane déclarera d’ailleurs que ce film fut une source d’inspiration pour son personnage.
  2. Adaptée du roman (?) L’Escalier en colimaçon.
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