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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Guerre, #Samuel Fuller
Au-delà de la Gloire (The big red One - Samuel Fuller, 1980)

Ils sont cinq et ils appartiennent au 1er régiment d’infanterie américaine, le célèbre « Big Red one » (1) du titre original : sergent Possum (Lee Marvin), Griff (Mark « Skywalker » Hamill), Zab (Robert Carradine), Vinci (Bob di Cicco) et Johnson (Kelly Ward).

Ils vont vivre la seconde Guerre Mondiale sur le front ouest, du débarquement en Afrique du Nord jusqu’à la capitulation du 8 mai 1945.

Mais tout commence près de vingt-cinq ans plus tôt (et en noir et blanc), le 11 novembre 1918 quand Possum tue un Allemand qui annonçait la fin de la guerre : méfiant, il pensait que c’était un piège. Et bien sûr, ça ne l’était pas.

L’intrigue va ramener Possum sur ce même endroit, mais surtout va le voir confronté à la même situation quand Schroeder (Siegfried Rauch) – un soldat fanatique (plus que les autres) – annoncera à son tour la fin du conflit, un peu plus à l’Est, en Tchécoslovaquie.

 

Samuel Fuller nous raconte ici sa guerre, celle qu’il a livrée dans le même régiment, participant aux mêmes événements que ces cinq hommes. Le personnage de Zab, narrateur du film, est son double, reprenant quelques anecdotes le concernant, dont la publication de son livre The dark Page (the dark Deadline dans le film).

Et d’une manière générale, la guerre qui nous est montrée est une suite d’anecdotes, de petites histoires dans cette grande Histoire en marche, cette gigantesque opération de Libération du nazisme.

Samuel Fuller a eu la chance (2) de participer à ces grands événements, combattant jusqu’au dernier jour (8 mai) pour libérer le camp de concentration de Falkenau (3).

Et même si ce dernier événement l’a fortement parqué, il ne change pas le ton de son récit, restant au plus près de ses personnages.

 

Parce que à aucun moment il ne donne une vue d’ensemble du conflit et des différentes opérations auxquelles participent ses cinq héros. On retrouvera ce même point de vue dans Il faut sauver le Soldat Ryan, presque vint ans plus tard, tout comme dans la série Brothers in Arms, qui en découle.

Cette proximité a deux atouts : elle donne un cachet authentique aux différentes opérations, n’épargnant rien aux spectateurs des différents aspects violents et spectaculaires (pas dans le bon sens du terme), comme un soldat mort les tripes à l’air ; elle ne donne aucune prédominance d’un événement sur l’autre. Ainsi, on retrouve une séquence de Bangalore (sorte de torpille terrestre) sur la plage d’Omaha tout comme dans Le Jour le plus long. Mais alors que l’opération est montrée avec la distance accentuée par le noir et blanc dans le film de Zanuck, ici on assiste à la mort des différents hommes qui ont rendu possible la percée, amenant la même réplique à propos des deux sortes d’hommes sur la plage : « ceux qui sont morts, et ceux qui le seront bientôt ». La proximité de la caméra de Fuller illustre très bien ce précepte.

 

Nous avons ici un film de guerre assez original : en effet, Fuller suit ceux qui, comme lui, ont participé à de nombreuses opérations sur le front ouest. On peut se dire qu’il exagère, mais dans ce cas, que dire du film The young Lions (Edward Dmytryk, 1958) qui accumule différentes opérations à partir du Débarquement ?

Ceci : Dmytryk s’est appuyé sur un roman (celui d’Irwin Shaw), Fuller sur sa propre expérience.

Et cette retransmission de son expérience est servie par une très belle distribution – en tête Lee Marvin qui a lui-même participé à ce conflit, mais dans le Pacifique – utilisant un casting international (outre Siegfried Rauch) dont Guy Marchand, Stéphane Audran et Marthe Villalonga.

 

Un dernier point : les enfants.

Le personnage de Possum est un véritable aimant à bambins. En effet, dès le Débarquement en Afrique du Nord, c’est une fillette qui ne le quitte jamais  du regard et restant le plus près possible. Puis, c’est en Sicile qu’il rencontre Matteo (Matteo Soffoli) qui veut bien les aider s’ils l’aident en retour à enterrer sa mère. Ensuite, c’est une petite fille, toujours en Sicile qui lui rend son casque avec des fleurs prises dans le filet. Cette petite fille est la première enfant qu’on voit mourir, dans ses bras.

Vient ensuite le jeune hitlérien qui joue à la guerre, allant jusqu’à tuer un des Américains (un autre, pas un des cinq). C’est Possum qui va lui régler son compte, à la manière de John Wayne (4) dans The Horsemen.

Quant au dernier enfant, c’est celui du camp de concentration. L’autre enfant qui meurt.

Je vous laisse découvrir cette très belle séquence.

 

Au final, un film de guerre plutôt atypique (en 1980), où  à aucun moment on ne quitte le niveau humain de la guerre. On suit au plus près ces hommes qui ne se considèrent pas spécialement comme des héros mais qui seront tout de même décorés pour actes de bravoures. En outre, la guerre n’empêche pas certaines séquences où l’émotion se pose et s’en va très calmement, surtout à la libération du camp de concentration, où Mark Hamill résume formidablement le ressentir qu’a pu éprouver Fuller lors de cette découverte des plus horribles.

 

  1. On a l’explication de ce surnom dans la séquence d’introduction.
  2. En est-ce vraiment une ?
  3. Pour ceux qui veulent aller plus loin, je vous renvoie au documentaire qu’il tourna lors de la libération du camp : comment ils ont inhumés les morts empiles dans un réduit, les faisant vêtir et emmener à la fosse par les civils « qui ne savaient pas ». C’est un grand moment de cette « petite » Histoire, qui marque autant ceux qui l’ont vécu que la grande.
  4. Wayne avait d’ailleurs été pressenti pour interpréter le rôle de Possum mais Fuller s’y était opposé.
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J
Salut,<br /> Je n’ai pas encore regardé « Au-delà de la gloire », mais je compte le faire bientôt. J’aime beaucoup les films de guerre et j’utilise cette appli iPhone que j’ai trouvée sur Internet pour les télécharger : https://apps.apple.com/fr/app/playvod-films-en-streaming/id689997717 . Je te propose quelques-uns de mes coups de cœur : « Soldiers Damned », « The Gundown » et « War Land ».
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