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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Albert S. Rogell
Le Chat noir (The black Cat - ALbert S. Rogell, 1941)

Deuxième adaptation de la nouvelle (formidable) d’Edgar Allan Poe, à nouveau nous sommes bien loin  de l’histoire originale, même si les chats  et en particulier le noir – tiennent un plus grand rôle.

Henrietta Winslow (Cecilia Loftus dans son dernier rôle au cinéma) a réuni, malgré elle, ses héritiers : la sachant malade, ils ont tous accouru dans l’espoir de toucher – enfin – l’héritage convoité de cette vieille parente immensément riche.

Mais c’est une fausse alerte. Pourtant, l'un de ses héritiers a des impatiences et va tenter de la supprimer. Et comme la première fois ça ne fonctionne pas, la seconde sera la bonne. Un témoin a tout vu mais ne peut pas vraiment faire avancer l’enquête : le chat noir, symbole de mort comme on va s’en rendre compte.

 

Dix ans après Frankenstein, la Universal continue de produire des films d’horreur, puisant, à nouveau, dans l’œuvre de Poe, et surtout encore une fois avec l’incontournable Béla Lugosi (Eduardo Vigos). Bien que le début nous incite à penser que ce dernier va encore interpréter un personnage terrifiant et cruel – l’indispensable plan rapproché sur son regard d’acier – il n’est ici qu’un simple jardinier dans la maison gothique d’Henrietta. Mais peut-il vraiment n’être qu’un simple employé de maison ?

Outre Lugosi, on note la présence de Basil Rathbone (Montague Hartley) qui, s’il a commencé une série de Sherlock Holmes, rappelle qu’il a accédé à la notoriété en interprétant des personnages qui appartiennent au côté obscur.

 

Et Rogell va s’appuyer sur ces deux acteurs pour accentuer l’aspect angoissant de l’intrigue, l’installant dans un décor plusieurs fois utilisé dans les films de ce genre : une grande demeure sombre à l’aspect gothique, où bien entendu la quasi-totalité du scénario se passe de nuit. Avec en prime un orage violent et un vent de tempête qui va ouvrir les fenêtres et agiter les rideaux, comme de bien entendu.

Mais, et c’est peut-être là l’intérêt du film (1), Rogell nous envoie sur des fausses pistes – personnages qui s’épient, coup de téléphone qui peut être interprété – pour mieux amener la révélation finale… Que je me garderai bien de vous partager !

N’ayant pas (encore) vu la version 1934, je ne peux pas vous en parler ici, ni surtout la comparer avec celle-ci. Sachez toutefois que la référence à Poe ne s’arrête pas à la présence du chat noir : son intervention finale (en fait, c’est une voix humaine qui imite celle du chat) va permettre de confondre l’assassin.

 

Mais comme l’intrigue originale ne peut décemment pas être portée fidèlement à l’écran en 1941 (2), Rogell – et surtout ses scénaristes, Robert Lees, Robert Neville, Frederic I. Rinaldo, Eric Taylor (3) – va la transposer en un huis clos dans la lignée des intrigues d’Agatha Christie, avec tentatives plus ou moins réussies de meurtre(s). Au final nous dénombrons quatre morts pas vraiment naturelles voire carrément horribles.

Mais cette accumulation de cadavres s’accompagne tout de même d’une bonne dose d’humour (4), par l’intermédiaire d'un personnage (pas si) extérieur à l’intrigue principale : Mr. Penny (Hugh Herbert), un potentiel acheteur du manoir amené par A. Gilmore « Gil » Smith (Broderick Crawford), un habitué de la maison (il martyrisait les chats quand il était plus jeune !).

 

Au final, nous ne sommes pas déçu par le film de par son atmosphère et son interprétation – outre les deux stars énoncées plus haut, on notera la belle performance de Gale Sondergaard (Abigail Doone) en gouvernante aux allures froides et mystérieuses.

Mais tout le battage fait autour de la nouvelle initiale sur les différentes affiches de promotion est tout de même un tantinet racoleur.

 

  1. Avec les prises de vue de Stanley Cortez (excusez du peu).
  2. Ah, le code Hays…
  3. Oui, ils s’y sont mis à quatre !
  4. Le « soulagement comique » salutaire (comic relief, comme ils disent…)
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