Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Casse, #Sofia Coppola
The bling Ring (Sofia Coppola, 2013)

Entre 2008 et 2009, dans la banlieue de Los Angeles, une équipe de jeunes gens a écumé les propriétés des stars en vue – essentiellement des mannequins – en s’introduisant dans leurs maisons et raflant une partie de leurs possessions (argent, bijoux, vêtements…) pour environ 3 millions de dollars. Rapidement, et suite aux plaintes des différentes stars visitées, con les surnomma « The bling Ring », soit le « cercle bling-bling » pour reprendre un qualificatif présidentiel.

C’est l’histoire de ces jeunes gens que Sofia Coppola a choisi de raconter : comment ils en sont venus là et surtout comment cela s’est terminé, avec de la prison, bien entendu.

 

Après une séquence d’introduction qui présente les différents protagonistes et leur méthode, annonçant déjà la conclusion fatale, Sofia Coppola prend le temps de nous montrer comment ils en sont arrivés là, un an plus tôt. Le personnage central – mais pas obligatoirement le plus intéressant – c’est Marc (Israel Broussard). Il fait office de narrateur visuel, étant certainement celui qui n’entre pas complètement dans le jeu : il lui reste un semblant de conscience qui lui fait un petit peu appréhender une issue malencontreuse.

A ses côtés, on trouve de jolies jeunes filles pour lesquelles ce qui se passe n’a pas vraiment d’importance. Seuls comptent le butin et les noms de leurs cibles.

 

A nouveau, nous retrouvons une forme de vide qui étreint les différents personnages de Sofia Coppola. Ces jeunes gens sont malheureux et tentent d’accéder à une forme de bonheur (illusoire, bien sûr) en copiant leurs modèles : les mannequins qui portent des tenues extraordinaires issues de très grands couturiers, et qui font l’actualité essentiellement par leurs frasques, comme Paris Hilton qui fait d’ailleurs une apparition dans le film (1).

Il s’agit d’une jeunesse insouciante dont les familles ne vivent pas dans le besoin (loin de là) et qui est essentiellement à la recherche de sensations fortes, mâtinées d’une dose de frime – le côté bling-bling. Tout est dans le paraître et cela s’exprime par une utilisation exclusive des éléments du butin exhibés sans vergogne, se vantant même de leur origine.

 

Si on a pu reprocher à Sofia Coppola un regard un peu complaisant vis-à-vis de ces délinquant·e·s, il est clair qu’elle dépeint très bien l’aspect adolescent de ses personnages. J’ai déjà parlé d’insouciance, mais c’est quand les choses tournent mal qu’on retrouve vraiment les ados. On retrouve ce sentiment d’impunité voire d’immortalité chez les différents protagonistes. Quand la police les retrouve et les embarque, tout s’écroule et ils redeviennent les petits enfants qu’ils croyaient ne plus être : ils ont voulu jouer aux grands mais ils ont perdu. Tout.

Et bien sûr, les grands absents sont les parents qui, même s’ils semblent être là, ne voient pas ce qu’il se passe sous leur nez, faisant confiance à leur progéniture pour ne pas s’embêter et surtout avoir la paix.

 

Bref, un film étrange mais qui laisse tout de même un certain malaise au spectateur quand les lumières se rallument : une atmosphère malsaine dont il est difficile de se débarrasser.

L’interprétation, par contre, est très juste, avec en vedette Emma « Hermione » Watson dans un rôle inhabituel (2).

 

  1. Les autres ne sont présentes qu’à travers les images d’archives.
  2. Il faut dire qu’après avoir joué dans les 8 Harry Potter, tout autre rôle semble inhabituel, non ?
Commenter cet article

Articles récents

Hébergé par Overblog