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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Horreur, #Robert Wise
Le Récupérateur de cadavres (The body Snatcher - Robert Wise, 1945)

Décidément, tout le monde veut voir le docteur MacFarlane (Henry « Garbitsch » Daniell) !

Quand ce n’est pas le jeune (apprenti) docteur Fettes (Russell Wade) qui vient apprendre sous ses ordres, c’est la jeune madame Marsh (Rita Corday) et sa petite fille Georgina (Sharyn Moffett) qui est paraplégique et espère que ce bon docteur pourra la guérir.

Mais une fois la nuit tombée, c’est un autre genre d’individu qui vient lui rendre visite : le mystérieux et un tantinet inquiétant John Gray (Boris « the Beast » Karloff) arrive avec sa carriole, tirée par son cheval blanc, et vient déposer sa cargaison lugubre.
Gray fournit le dispensaire de MacFarlane en cadavres que ce dernier va disséquer avec ses étudiants afin de tout connaître de l’anatomie humaine.

Le premier arrivage, c’est un jeune homme qu’on vient d’enterrer et que Gray s’est empressé de déterrer. Le second, c’est une chanteuse des rues (Donna Lee), qui n’avait pas prévu de mourir prématurément.

Fettes s’inquiète de ces livraisons, tout comme Joseph (Béla « Dracula » Lugosi) qui s’en va trouver Gray afin de le faire chanter…

 

NB : si vous ne voulez pas savoir comment se termine ce film, je vous conseille de revenir plus tard : quand vous l’aurez vu, ou quand vous en aurez assez d’attendre de le voir…

 

Il s’agit ici de la dernière confrontation entre Karloff et Lugosi (la 8ème) et si Lugosi peut, d’une certaine manière, sembler inquiétant, il reste loin derrière son partenaire qui tient le rôle-titre. Encore que. Si Gray déterre bel et bien les cadavres, c’est avant tout pour fournir le docteur MacFarlane qui devient alors un peu plus qu’un complice. Karloff est encore une fois magistral, sans maquillage outrancier mais surtout avec une voix normale, voire douce. Donc en opposition à son personnage. En face de lui, c’est vers Henry Daniell qu’il faut se tourner pour trouver un adversaire à sa hauteur. Daniell était d’ailleurs un tel acteur que même Karloff n’était pas serein en face de lui : la peur de mal jouer. Parce que MacFarlane est un personnage complexe, tiraillé entre son besoin de découvrir de nouvelles choses anatomiquement parlant, mais en même temps (1) il ne veut plus avoir à faire avec cet homme inquiétant.

 

Bien sûr, il y aura une explication entre ces deux hommes qui ne pourra pas se terminer bien, pour l’un ou pour l’autre. Ou plutôt pour l’un et pour l’autre ! Et Wise conclut cet affrontement – et son film par la même occasion – avec toute sa maîtrise et surtout dans la plus grande veine hollywoodienne du genre, avec nuit pluvieuse et revenants : il faut voir MacFarlane hanté – une dernière fois – par Gray alors qu’il revient d’avoir récupérer un ultime cadavre, entendant sa voix qui se répète, tel le cœur révélateur de ce cher Edgar Poe, jusqu’à l’apparition finale de Karloff, torse nu et très pâle, qui va entraîner la fin funeste prévisible et inévitable. C’est un final haut en couleurs (bien qu’en noir et blanc) qui est la dernière bonne raison de voir ce film.

 

Malgré tout, Robert Wise n’est pas vraiment un cinéaste d’horreur, tout juste d’épouvante : son « truc qui fait sursauter » n’est pas très convaincant, peut-être (déjà) éculé… Surtout plus de 75 ans après.

 

Il n’empêche que ce Récupérateur de Cadavres tient ses promesses. On en redemande !

 

  1. Comme ils disent…
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