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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Comédie dramatique, #Marion Davies
Roxelane (The bride's Play - George Terwilliger, 1922)

 

Il faut absolument qu’on m’explique : pourquoi « Roxelane » ?

Etant curieux (à plus d’un titre) de nature, je suis allé chercher une quelconque parenté, et deux choix s’offraient à moi :

- La Roxelane est une rivière de Martinique longue de 7 km et 852 m. Ce n’est pas là qu’il faut chercher.

- Roxelane (vers 1500-1558) était la sultane de Soliman le Magnifique. Ah, ça se précise.

Sauf que là s’arrête l’éventuelle analogie : Roxelane, avant, était esclave et notre héroïne, ici, vient du peuple et doit épouser un représentant de la noblesse (bien loin du niveau d’un quelconque sultan).

Mais rien ne rapproche l’histoire de Roxelane et celle d’Aileen Barrett. Encore une fois, le traducteur a pris ses aises, et deux hypothèses s’offrent à moi : il venait de lire une biographiez de la sultane ou il avait abusé de certaines substances.

Mais reprenons.

 

En Irlande, il existe une coutume appelée « Bride’s play » qui voit la (toute) jeune mariée faire le tour des invités (mâles) de la noce en leur demandant s’il est son véritable amour. Jusqu’au marié lui-même qui répond, bien entendu, oui.

Par le passé, cette coutume fut catastrophique » pour le comte de Kenmar (Frank Shannon) qui vit sa promise Enid of Cashell (Marion Davies) s’enfuir avec le marquis de Muckross (John  B. O’Brien), son véritable amour.

Alors quand la jeune Aileen (Marion Davies aussi) doit se marier avec le dernier (en date) comte de Kenmar (Wyndham Standing), la mésaventure de son ancêtre refait surface. Surtout avec la présence du beau poète Bulmer Meade (Carl Miller) à qui cette même Aileen avait donné son cœur. Qu’il avait bien sûr piétiné dès qu’un nouveau cotillon était passé à proximité…

Et le jour du mariage, Meade est là !

 

Bien sûr, c’est sur Marion Davies que repose le film, interprétant pour la première fois un rôle double : celui de la jeune Aileen et celui de la mariée malheureuse du passé. Et ce n’est que justice qu’elle soit le centre de l’attention du spectateur tant son talent était grand. La réduire à la marionnette de Hearst (même s’il produit le film comme ce fut souvent le cas) est un raccourci injuste : Marion Davies interprète avec beaucoup de justesse cette jeune femme vertueuse et naïve, abusée par un bellâtre qui confond amour et désir et l’exprime avec d’autant plus de facilité qu’il a la plume facile. Elle est une superbe Aileen, même avec sa perruque de cheveux noirs, tout comme une non moins superbe Enid avec la blonde plus élaborée, la différence (outre vestimentaire) reposant sur les réactions de son visage dans deux séquences presque identiques.

 

Ces deux séquences, bien évidemment, font le sel du film : George Terwilliger nous montre deux aspects d’une même coutume, variant non seulement l’époque et donc les costumes, mais aussi (et surtout) l’éclairage : si la version « médiévale » (1) semble haute en couleur et empreinte d’un grand faste, c’est avant tout l’aspect sombre qui domine dans cette histoire racontée par les paysans autour d’un feu, donnant à la narratrice des allures de sorcière voire d’oiseau de mauvais augure. Au contraire, la séquence moderne voit le même déroulement dans les mêmes lieux (église + château) avec beaucoup moins de pompe (un peu quand même, c’est un aristo qui se marie, ne l’oublions pas !), mais en pleine journée avec des tenues très claires, le blanc dominant sur le reste (et pas seulement chez la mariée. Cette différence flagrante nous prépare à la résolution attendue : non, Aileen ne cèdera pas au bellâtre, et de quelle façon ! (2)

 

Au final, nous avons ici un film qui, s’il s’est perdu dans l’immense production hollywoodienne muette, mérite tout de même notre attention. Et ce pour deux raisons :

  1. Il y a Marion Davies ;
  2. La « reconstitution » du premier mariage est de toute beauté et d’une certaine façon fait penser au faste que déploiera Fritz Lang dans son extraordinaire diptyque Die Nibelungen.

Alors ne boudons pas notre plaisir !

 

  1. Cela se passe 800 ans plus tôt d’après les autochtones.
  2. En outre, lors du premier mariage, Enid affiche une mine affligée, due à un mariage arrangé entre les deux familles.

 

 

 

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