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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Policier, #Malcolm St. Clair, #Frank Tuttle, #Louise Brooks
Le Meurtre du Canari (The Canary murder Case - Malcolm St. Clair & Frank Tuttle, 1929)

On a tué « le Canari. »

Margaret O’Dell (Louise Brooks) a été étranglée par un mystérieux agresseur. Il lui a volé une partie de ses bijoux et a disparu sans laisser de trace. Pourtant des traces, il y en a, surtout que quelques messieurs traînaient autour de son appartement cette même nuit : un mégot de cigare (enfin pas vraiment) et un journal avec des inscriptions qu’on gribouille quand on attend et qu’on n’a rien de mieux à faire. Sans oublier que l’un d’eux a vu un autre et surtout qu’il y avait du monde dans cet appartement : un témoin caché dans le placard.

Mais qui voulait donc se débarrasser de cette danseuse de cabaret au charme irrésistible : chacun de ces hommes qui traînait ce soir là. Pourquoi ? Elle voulait en épouser un – Spotswoode (James Hall) qui voulait quant à lui épouser une autre femme dont il était vraiment amoureux – Alice LaFosse (Jean Arthur) – et faisait chanter les autres qui avaient eu une relation plus ou moins approfondie avec elle…

 

Le parlant s’installe et ce film, qui s’inscrit donc dans ses balbutiements est une très belle illustration de ce nouveau procédé : en effet, la résolution de l’intrigue n’aurait pas pu être possible au temps du muet. Ou du moins, elle aurait été beaucoup plus difficile à mettre en place. Certes une version muette avait été tournée mais l’avènement du procédé Vitaphone (1) avait contraint les producteurs à changer leur fusil d’épaule et de passer à cette nouvelle technique (2). Dès lors, voici le deuxième film dans lequel on entend la voix de Louise Brooks. Parce que là encore, ce film profite de la notoriété de cette actrice singulière. Pourtant, encore une fois, elle n’est que très peu utilisée puisqu’elle meurt au bout de vingt minutes seulement (3).

 

Le véritable héros du film, c’est Philo Vance (William Powell), un détective qui vient prêter main forte et son concours à la police dirigée par Markham (E.H. Calvert) le District Attorney. Il faut dire que la police en a bien besoin, parce que celui qui mène l’enquête, c’est le sergent Heath (Eugene Pallette) et que ses déductions ne tiennent pas vraiment compte de la psychologie du meurtrier (habile) auquel on a affaire. Et Pallette nous livre ici un numéro qu’on lui connaît bien, tout en comédie et truculence. Il faut dire que son physique s’y prête admirablement.

 

Mais comme il y a meurtre, la comédie cède le pas au sérieux et William Powell nous montre qu’il est un grand enquêteur (enfin son personnage), ce qui sera confirmé dans plusieurs films de la décennie qui va suivre, montrant qu’on peut aussi avoir de l’humour et enquêter (et boire !). Mais pour l’instant, Vance est un détective sérieux,  qui va résoudre ce mystère en un tournemain (4). De plus, ridiculiser la police était un classique des histoires de détectives comme on a pu le voir depuis.

 

Au final, un petit film policier habile dont on retient tout de même, outre la performance de William Powell, la tenue de canari de la belle Louise Brooks qui participera beaucoup au succès (visuel) du film. Ainsi qu’une utilisation intelligente du son, ce qui n’était pas toujours le cas en 1929…

 

  1. Celui qui a sauvé la Warner Bros.
  2. C’est pourquoi on fit appel à Frank Tuttle pour une adaptation parlante du film.
  3. Son refus de revenir d’Allemagne où elle tournait pour Pabst, pour enregistrer sa voix, a beaucoup contribué aussi au sabotage de sa carrière américaine.
  4. Enfin moins d’une heure de notre temps
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