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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Frank Borzage, #Mélodrame
The Circle (Frank Borzage, 1925)

Katherine (Lucille Le Sueur) (1), s’ennuie auprès de son mari, Lord Clive Cheney (Derek Glynne). Elle trouve réconfort dans les bras de son meilleur ami, et témoin du mariage, Lord Hugh Porteus (Frank Braitwood).
Un jour, ils franchissent le pas et s’enfuient, laissant le jeune lord seul avec leur fils Arnold (Buddy Smith).

Trente ans plus tard, Lady Elizabeth Cheney (Eleanor Boardman, bientôt madame Vidor à la ville) s’ennuie de son mari, Lord Arnold Cheney (Creighton Hale). Elle trouve réconfort dans les bras de son meilleur ami, et témoin du mariage, Lord Edward Luton (Malcolm McGregor).

Profitant de l’absence de son beau-père (Alec B. Francis), elle invite sa belle-mère (Eugenie Besserer) – qu’elle n’a jamais vue – et son compagnon (George Fawcett) à la résidence Cheney, pour voir ce qu’ils sont devenus après ces trente années écoulées.

Arnold est inquiet, mais moins quand il s’aperçoit que son père est rentré et que les invités ne vont pas tarder.

L’histoire va-t-elle se répéter ?

 

On connaît Frank Borzage pour ses comédies dramatiques magnifiques, usant des éclairages avec beaucoup d’habileté, et proposant de véritables joyaux en noir et blanc. On le connaît moins dans un registre très différent : la comédie.

Le film est ainsi annoncé par un intertitre de présentation : « Chaque homme peut se choisir une femme, mais doit faire attention à qui elle est. » Le ton est donné.

Ce n’est pas du burlesque, mais une très agréable comédie de mœurs. En effet, Borzage réussit à nous amuser avec une histoire qui s’annonce à première vue crapuleuse. Il faut dire qu’il a deux vétérans qui s’en donnent à cœur joie : George Fawcett et Alec B. Francis. Chacun dans son domaine est très bon, l’un goguenard voire ironique (Francis), l’autre bougon et un tantinet vulgaire (Fawcett).

Et si Elizabeth conduit cette rencontre au début, rapidement, la situation va lui échapper, jusqu’au coup de théâtre final (assez prévisible tout de même).

La plupart du temps, c’est son point de vue qu’on observe : ses attentes, puis ses craintes et ses espoirs.

 

En effet, le couple qui débarque dans sa vie est assez pittoresque. D’un côté Katherine qui a bien profité de la vie et qui ressemble très peu à son portrait de jeunesse ; de l’autre un Porteus qui s’est empâté, fume le cigare et a des rhumatismes.

A première vue, Elizabeth est bien déçue de voir ces deux énergumènes qui allient vulgarité et mésentente, amenant une scène inévitable avec crise de larmes qui découle d’une partie de bridge où ils se disputent, ce qui semble tout à fait habituel : « elle va encore pleurer », dira Porteus.

 

On a connu Borzage plus inspiré, certes, mais c’est surtout dans des histoires beaucoup moins légères. En ce qui concerne les aspects techniques du film, on n’a rien à dire, les plans sont très bien travaillés et variés, donnant un bon rythme à cette comédie.

L’attente des deux amants qui reviennent trente ans après est très bien menée. D’un côté, une tension qui monte au château, pendant que nous suivons la voiture et ses deux occupants que nous voyons de dos.

Quel contraste quand on voit enfin leurs visages. Et surtout, quelle duo que celui qui prend ses aises dans la résidence : elle qui ne cesse d’embrasser son fils, digne lord britannique à la « lèvre supérieure rigide », le mettant rapidement mal à l’aise.

Bref ces deux nouveaux arrivants ne sont pas ce qu’Elizabeth attendait.

Mais… Et c’est là qu’est la complication de l’intrigue : il ne faut pas oublier la place de l’amour.

 

Alors, restera-t-elle ou  partira-t-elle avec le séduisant Teddie ?

Vous irez voir par vous-mêmes…

 

 

(1) Lucille Lesueur a réussi sous un autre nom : Joan Crawford.

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