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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Charles Chaplin
Le Cirque (The Circus - Charles Chaplin, 1928)

C’est un petit cirque miteux, installé près d’une foire. Les clowns n’y sont plus drôles et le patron est un véritable dictateur, autoritaire et brutal même avec sa propre fille, la belle Merna (Merna Kennedy), la voltigeuse.

Et puis le vagabond (Charles Chaplin) paraît, involontairement, maladroitement, précipitamment… Et il sauve le cirque !

 

Depuis qu’il est passé au long métrage, Chaplin a beaucoup freiné sa production. Mais quand arrive un nouveau film, c’est à chaque fois un festival d’humour et d’émotion.

Situé entre La Ruée vers l’or et Les Lumières de la ville, Le Cirque n’a pas le prestige de ces deux autres productions. Pourtant, on y rit autant sinon plus, et l’émotion est toujours là.

Mais il manque quelque chose. Peut-être est-ce l’histoire, peut-être est-ce l’équilibre (beaucoup de scènes comiques). Toujours est-il qu’on reste un peu sur sa faim quand se rallument les lumières.


On y retrouve les ingrédients habituels : un vagabond de passage, une belle jeune femme dont il tombe amoureux (mais qui ne l’aime pas de la même façon), et une fin mélancolique. Parce que là encore, la fin n’est pas si heureuse que ça.

La jeune fille est mariée – et donc à l’abri de son père – mais ce n’est pas avec le vagabond. Et quand le cirque se met en route vers une nouvelle étape, ce dernier reste seul dans ce qui fut la piste.

Et si c’était le vagabond le problème ?

En effet, plus que d’habitude, il est la cause de son malheur. C’est lui qui met la fille dans les bras du funambule (Harry Crocker), refusant de s’en charger. Malgré un début prometteur – la séquence avec le pickpocket (Steve Murphy) et les policiers – le vagabond nous apparaît un peu plus adapté à la vie en société : il est moins égoïste, plus partageur.  Il semble avoir perdu un peu de son naturel.

 

Mais pour le reste, les séquences comiques sont formidables. C’est un déferlement : entre la poursuite avec les policiers et le pickpocket et les interventions dans les numéros du cirque, on rit de bon cœur devant de magnifiques trouvailles. Même le numéro de funambule est formidable, réglé au détail près, comme d’habitude.

Mais cette frénésie comique prend le pas sur l’émotion et déséquilibre le film. On cherche les moments poétiques qui ont fait la force de ses longs métrages précédents, et on a du mal à les trouver. Hormis la fin, peu de scènes nous émeuvent : la révélation de l’amour de la jeune fille, et son impact sur le vagabond. Mais c’est tout de même peu.

 

Mais n’oublions pas que le film sortit dans un contexte dur pour Chaplin : divorce (avec battage dans la presse), pellicule abîmée … Pas étonnant que le film s’en ressente.

 

Quant à l’ajout d’une chanson (en 1968), en ouverture, alors que la jeune fille s’entraîne aux anneaux, à part nous faire entendre la voix de Chaplin, à quoi sert-elle ? A conjurer la peur que les gens ne s’y retrouvent plus quand on leur présente un film totalement muet ?

 

Dommage.

 

 

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