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Le Monde de Djayesse

Le Monde de Djayesse

Un peu de tout : du cinéma (beaucoup), de l'actu (un peu) et toute cette sorte de choses [A bit of everythying: cinema (a lot), news (a little) and all this kind of things]

Publié le par Djayesse
Publié dans : #Cinéma, #Muet, #Drame
The Confession (Bertram Bracken, 1920)

John Bartlett (Henry B. Walthall) est un prêtre catholique vivant dans la petite ville de Deer Lodge (Montana), avec sa mère (Margaret McWade) et son turbulent frère Tom (Francis McDonald).

Un soir, il reçoit la visite de Joseph Dumont (William Clifford), qui vient se confesser d’avoir tué un certain Jimmie Creighton (Barney Furey), alors qu’il se battait avec Tom Bartlett.

Le marshall (George Spelvin), arrivé sur les lieux, découvre le fusil de Tom et arrête ce dernier pour meurtre.

Apprenant cela, le père Bartlett se retrouve face à un cas de conscience : lié par le secret de la confession, il ne peut pas révéler le nom du meurtrier, et doit donc laisser son frère être accusé et surtout condamné à la pendaison, alors qu’il le sait innocent…

 

Bertram Bracken est un réalisateur aujourd’hui oublié – mais pas par les spécialistes du cinéma muet, n’est-ce pas monsieur Brownlow – malgré qu’il ait tourné pas moins de 80 films entre 1912 et 1932.

Et au vu de ce film, on peut trouver cela bien dommage car les 78 minutes qui nous sont proposées nous offrent quelques belles images et une maîtrise certaine de l’art cinématographique. L’utilisation de l’ombre et la lumière – ou plutôt l’absence de lumière – est assez impressionnante, les noirs étant franchement noirs et les blancs éclatants, donnant une autre dimension à l’histoire, forcément un tantinet manichéenne. (1)

 

Mais surtout, c’est le scénario William H. Clifford et Franklyn Hall (d’après la pièce de Hal Reid, le père de Wallace) qui retient notre attention. En effet, on ne peut pas ignorer une parenté évidente avec I confess du maître Alfred Hitchcock (2). Mais ici, ce n’est pas le prêtre qui est accusé mais son frère.

Bien sûr, Henry B. Walthall est impérial, dans ce rôle on ne peut plus positif mais tout de même bien pénible : parmi les nombreux gros plans proposés par le réalisateur, on retrouve souvent celui de Bartlett, tracassé par le dilemme et on sent le conflit intérieur entre ce qu’il sait et ce qu’il doit faire (et surtout ne pas dire !).

 

En face, le fourbe Dumont est lui aussi taraudé par sa conscience, même si ce n’est pas pour la même raison : non seulement il a tué un homme, mais en plus, sa propre mère (Sally Cohn) en meurt de chagrin et son esprit va hanter la vie de son fils. Cela nous donnera l’occasion de voir une belle surimpression de la vieille femme implorant son fils à moitié malade, rongé qu’il est par le remord.

 

Autre technique utilisée, le flashback : pour raconter le meurtre – nous n’avions pas vu pourquoi Creighton s’était écroulé en pleine bagarre avec Tom – et aussi pour illustrer la déposition du même Dumont devant le tribunal. En effet, il arrange à sa convenance la scène du meurtre afin de se dédouaner totalement, sous le regard sévère du père Bartlett, que l’on sent encore plus prisonnier de son devoir de prêtre.

Et c’est surtout à ce niveau que se joue le film : d’un côté il ne peut rien dire, mais il sait qu’il ne doit pas rester passif face à ce qu’il sait être de l’injustice.

 

Bref, ce n’est pas un petit film que nous avons sous les yeux, mais bien une intrigue bien ficelée et surtout bien filmée. Sans oublier le montage qui, à part un intertitre mal repositionné, est varié et dynamique, donnant à voir plusieurs éléments dans une même séquence, un montage parallèle on ne peut plus pertinent : l’exécution de Tom qui se met en place ; le point de vue de la famille – la mère et aussi Rose (Margaret Landis, alors Mme Bracken à la ville) la fiancée de Tom (et accessoirement la sœur de l’homme tué) – ;  et la course contre la montre (3) à laquelle se livre le père Bartlett, ramenant le meurtrier mourant  qui avoue.

Alors quand il meurt avant d’avoir prononcé le nom de l’homme qu’il a tué…

Mais pour cela, vous irez voir comment se termine le film. Je ne vais pas tout vous dire non plus !

 

 

  1. Avec l’incontournable rayon de lumière symbolisant Dieu… Nous sommes à Hollywood, ne l’oubliez pas !
  2. Mais le grand Alfred se basait, lui, sur une pièce beaucoup plus ancienne : Nos deux Consciences (1902) écrite par Paul Anthelme Bourde (1851-1914). Il n’est donc pas exclu que Hal Reid ait connu cette pièce.
  3. La pendule plutôt, qui est montrée plusieurs fois à l’heure fatidique (6h00).
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